ἘΞΑ, ‘PS
aoriste signifie « faillir, commettre une faute »; il ne peut donc se séparer de ἁμαρτάνω, ἁμαρτεῖν, Mais ἁμαρτάνω ἃ d'abord possédé le sens de (ne pas avoir part à, être privé de », cf.
φίλου ἀπὸ πατρὸς ἁμαρτών X, 505, «privé de son père », et
ἐμοὶ δέ χε χέρδιον εἴη σεῦ ἀφαμαρτούσῃ χθόνα δύμεναι AN BI.
«il me serait préférable, si j'étais privée de toi, de descendre aux enfers. » Dans sa composition entra donc réellement, ou les Grecs se persuadèrent qu'il y entrait la racine smer: μέρος μόρος ἄμμορος μοῖρα (cf. Curtius, Ver-bum * II, p. 11). De là vient l'introduction, dans ἁμαρτεῖν, du vocalisme de ἔμμορε: enfin le p s’y déplaça comme dans le parfait dorien ἔμόραμαι : ἔμόραται: εἵμαρται Hésych., ἐμόρα-μένα Sophron (EM 304, 10). L'esprit rude de l’attique ἁμαρτάνω s'explique par celui de εἵμαρται — ἔσεσμαρται, et peut-être même de ἁμαρτῆ, — ou bien encore la véritable racine de ἁμαρτάνω, ainsi que de dueipw, fut mer (Stockes, dans Fick, Wôrterb.* IT, 211), qui a servi également à former μείρω & priver de »: μείρεται" στέρεται; μερθεῖσα’ στερηθεῖσα, ἀμερθεῖσα Hésych.; dans ce cas, [᾽΄α initial ne serait pas privatif mais copulatif (cf. Lagercrantz, Lautgesch. p. 48).
Les mots suivants n'appartiennent pas, à proprement parler, au vocabulaire éolien, mais sont comptés au nombre des « éolismes » homériques :
F. — ἔμμορε, en sa qualité de parfait actif, a la forme fléchie de sa racine, tout comme dédopxe, il n'est d’ailleurs pas uñiquement épique, car ἐμμόραντι᾽ τετεύχασι Hésych. trahit, par sa désinence, une origine dorienne (Ahrens, Dial. 11, p. 349).
G. — βεδολήατο. εδολημένος doivent être rapprochés de l’ionien-attique ἀντιδολέξω. Aristarque (Schol., ad 1, 3) remarque qu'ils ne se disaient que des blessures morales,
H.— πόρδαλις et son dérivé sont transmis, dans les textes
HD ag
homériques, de diverses manières : πορδάλιος P 90, πόρδαλις D 593, παρδαλέην L' 17, Καὶ 29, πορδαλίων, var, παρδαλίων, N 103, La même hésitation existe ailleurs : Simonide d'Amorgos écrit πάρδαλις τή, mais Aristophane πόρδαλις Lysistr. 1015 et frg. 436; on n'en peut donc rejeter la responsabilité sur la phonétique éolienne et sur le caractère « éolien » de la langue épique. Selon M. Hoffmann (Gr. Dial. II, 278 et suiv.), elle a pour cause la coexistence de πόρδαλις et de παρδαλέη : dans ce dernier, lo primitif est devenu α par assimilation vocalique".
1. — ἀναδροχέν À 586, ἀναόρόξειε μ. 240, χαταδρόξειε ὃ 299, signifiant « resorbere », ne sont pas parents de ἀναδραχεῖν «resonare », mais bien de βρόχθος « gosier » Th. 3, 54, Anth. XI, 298, « gorgée » Hippocr. 485, 30; 487, 22, de βροχθίσαι « avaler » Aristt. Probl. 35, 3, 4, de χαταδροχθίζω « avaler, engloutir » Hippocr. 126 b, Aristoph. Cher. 357, etc., et de βρόγχος «trachée-artère » Aristt. Probl. 11,11, etc. Leur rattachement à la racine βρω- βρο- βορ- (βιόρώσχω βορά) est mis tout à fait hors de doute par le témoignage des scholiastes : xatubpdËeer γράφεται χαὶ μιχρὸν χαὶ μέγα (c. à. d. avec ο et ὦ, Schol, E ad ὃ 222), et par les variantes χαταύρώξειεν ὃ 222 et dvañpobéy À 586 sine βεόρώθοις Δ 35 οἱ βάραθρον).
Deuxième groupe.
A. — ἔνο[τος] «neuvième » IGMA 83: mais ἐνάτα 81, 9: OH, Il, 156, 18, avec un α peut-être hellénistique.
B. — δέχοτος * « dixième » IGMA 85, 3 fois, δεχότω Balb. 399. à.
C. — τέτορτος « quatrième » se déduit de τετόρταιος Th. 30, 2 et de [Τ]έτορτο IGMA 509, 15, [Τέτ]ορτιν ἐϑ. 20. On lit pourtant retép(r)w (Paton τεταρίω) IGMA 500, 2. Existèrent-
1. Les indécisions de l’usage relatives à ce mot d'importation étrangère (Wharton, Etyma Graeca, p. 100), n'ont rien qui puisse étonner.
2. Δεχάτα SGDI 311, 54, Gers IGMA 539, sont trop tardifs pour être portés en ligne de compte.
ils simultanément dans le langage de l'Eolie à l'époque
langue commune ?
La série des ss Log QNHAORE éoliens comprend encore : é6douos : ἐόδόμα IGMA 81, 5 ; 527, 44; [É6]douloc] 83; — ὄγδοος IGMA 83; ὄγδοον 539; ὀγδοήχοντα 526 a 30; OH, 4 IL, 138, 6; — εἴχοιστος (v. p. 36). C'est grâce à eux que l’o
# | des inscriptions, ou le second n'est-il qu'un mot de la |
s’introduisit dans ἔνοτος, δέχοτος et τέτορτος.
Une semblable extension eut lieu aussi en arcadien mais ici l'o ne se contenta pas de modifier les noms de nombre ordinaux, il s’en revint contaminer les cardinaux eux-mêmes. Les inscriptions en effet fournissent δεχόταν SGDI 1198, et δυώδεχο OH, 1, 29, 7, 21, ἑχοτόν OH, E, 29, 4, ἙὉχοτόμδοια SGDI 1932. Mais le nom propre Τέταρτος SGDI 1249, 6 conserva son 4. En éolien, au contraire, δέχα et ἔχατον restèrent indemnes : déxx IGMA 6, 21: 14,1; 29, 25 590 0 29; OH, Il, 155, 4; Mitt. 1888, p. 57, 1. 7. Et encore ἔχατον RA 1888, 1, p. 87, 1. ὃ, Les formations analogiques furent donc différentes dans les deux dialectes.
Troisième groupe.
A. — βροχέως — att. βραχέως Sa. 2, 7 et Hésychius. La glose βρόσσονος" βραχυτέρου commente sans doute un mot éolien.
B. — ὄρπετον Sa. ήο, 2; Th. 29, 13, remonte à ἔάρπετόν, L'attique ἑρπετόν a pris le vocalisme de ἕρπω.