‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 31 sur 107 · DE · texte numérisé non relu

DE

L’éolien, ainsi que le béotien, tendit à généraliser πεντau détriment de πεμτ-, auquel le thessalien, au contraire,

donna la préférence. ὃ

1. Béotien δάφνα : Δάφνη (dat. ) SGDI 952, 5, Δαφνήω 501, 2, he Yo pe 376...

2, πέμπε n’est pas homérique, mais seulement πεμπάσσεται πεμπώδολα, où le T est tres régulier devant ἃ et &. Cf. Henry, Précis 5 p. 66; Drug. , mann, Gr. Gr.3 p. 113. Homère dit πέντε Καὶ 317, IL τὴι, Σ 48x, etc., à la façon ionienne,

A l’initiale.

Puisqu'’il ἃ fallu recourir à l'analogie pour expliquer la labiale de ἄφενος ἄμφην πέμπε, puisqu'on invoque le bou facteur à l'égard des attiques ὀδελός σχύφος νείφει βέλος etc.,

il est légitime d'essayer la même méthode FA pteS γρήμεῖ sur les labiales éoliennes placées au commencement des

mots. Si cette tentative réussit, alors s’écroulera lhypo-

thèse d’une loi phonétique spéciale aux dialectes éoliens.

Une gutturale labialisée primitive aurait fait place en éolien à une labiale dans les mots suivants :

a) — πέσσυρες. On ἃ vu, à la page 53, que πέσσυρες πέσυρες πίσυρα résultent d’une sorte d’unification opérée entre les deux formes primitives τέσσαρες et *rurvp@y. Cette manière de voir trouve sa justification dans l'adjectif ordinal éolien : τετόρταιος Th. 30, 2, τετάρ(τγω IGMA ὅοο, 2, τετ[άρτα ou όρτα] 527, 27, Τετά[ρτειον] OH, IL, 136, 3, et dans retpa- 6apeiay Ale. 153, où l'éolien conserva la dentale.

La labiale ἃ pris naissance devant l'1; en cette position, elle est panhellénique, ainsi que l’a montré M. Meillet (4151, VII p. 285)*, qui allègue entre autres preuves βία et βινέω. On y ajoutera πίσσυγγος (p. 53), mot ionien-attique

et éolien, dont le x passa dans πεσσύμπτη et les mots simi-

laires.

Le nombre « quatre » ne 5 est pas encore rencontré en

thessalien.

Le béotien généralisa la labiale ; il dit aussi bien πετράδι SGDI 280 Ὁ 090; 1 ; 937, I; Πετράτα IGS I 2075, πετράμεινον SGDI 488, 115, 153, πετραχισχιλίας BCH 1890 p. 191. 38; IGS 1 4137, 4, etc., que πέτταρες REG 1899 p. 71 ὃ 52, 54; BCH 1897, p. 553 1. 33, πέτταρας IGS 1 2420, 22, 36, etc.

1. Pour rendre compte du {3 de G6évyuu, on n'a que χατασδῶσαι, connu par le seul Hérodas (cf. Brugmann, Gr. Gr.3 p. 116).

2. Cf. Schulze, GGA 1897 p. 908 οἴ suiv.; Solmsen, ΚΖ XXXIV p. 53% et suiv. ; Brugmann, Berichte d. sächs. Gesellsch.1895 p. 51 et suiv.et Gr, Gr.3 P. 114.

EN, θ᾽.

b) — τείω πείω, Le cypriote πείσει SGDI Go, 12, 25, opposé à Τισωνίδας ON, 1, 93. 3, à Τισάνδρω ib. 113 du même dialecte, et aux arcadiens ἀπυτειέτω SGDI 1229, 43, ἀπυτεισάτω 1229, 35, etc., suflit pour montrer que πείω est analogique de rowé (Meister, Gr. Dial, TE, p. 257).

Eolien asiatique : ἀπότεισαι IGMA 6, 10.— M. v.Wilamowitz (Lect. epigr. p. 14), cité par M. Schulze (GGA 1897 p. 909) parle d'un lesbien Tlescèixn. Apparemment il a en vue la Méthymnienne Ilevètn, dont il est fait mention dans les Parthenii erotica 21. Or Peisidiké est le nom de plusieurs héroïnes, par exemple de la fille d'Eolus, d'une cousine de Sisyphe, de la fille de Nestor et de celle de Pélias, etc. De plus, une Athénienne se nomme ΤΠ εισιδίχη CIA IT 1918 b. Le premier terme de ce composé peut se rattacher à πείθω aussi bien qu'à reiw.' Ainsi l'existence d’un éolien πείω n'est pas du tout confirmée, |

Thessalien : ἀππεισάτου (— att. ἀποτεισάτω) OH, IL, 5, 28, ἀππε[ἴσα]ι. OH, IT, 5, το. Mais Τεισιφόνου SGDI 341 (1v° siècle avant J.-Chr.).

Béotien : ποταποτισάτω SGDI 488, 85, en regard de ποταποπισάτω [GS 1 3172. Dans les noms propres : Τισιμένεις SGDI 591 b 9 (archaïque). Pour ce qui concerne le premier terme de ΠῚ σίδικος SGDI 485, το, Πισιδίχα IGS 1 655, Πεισιδίχη (Steph. Byz.), on ne pourrait que répéter ce qui vient d'être dit.

En résumé, l’éolien ne connaît pas re, le thessalien emploie reiw, le béotien πείω et reiw. Le désaccord le plus complet existe entre ces trois dialectes.

6) — πῆλε — att. τῆλε. La parenté de cet adverbe avec πάλιν, πάλαι, παλαιός. sk. caramä « extremus » (Bechtel, dans Fick, Vergl. Würterb. I, p. 387), autorise à regarder le π de πῆλε comme analogique *.

τ. Cf. Πεισιτέλης [65 ΠΙ τ, 569, à Leucade, c'est-à-dire en pays dorien.

2. Du reste, un habitant d’Erinéos, en Doride, s'appelle Πηλεχλέας: ΠΠηλεχλέα SGDI 1719, 5. Inutilement M. Schulze (GGA 1897 p. 909) voit dans la forme de ce nom un effet de l'influence béotienne ou thessalienne (?).

Eolien: πήλυν Sa. 1, 6, πήλυι Hérod. I 507, 5, AO II, 160, 7, πήλοι Apoll. 197, 16. (Priscien I, 37 donne à tort Thu).

Thessalien : Τηλέφου SGDI 1329, 2, dont la parenté avec τῆλε est incertaine.

Béotien : D'une part Πειλεστροτίδας SGDI 1137, Πειλεμάχω IGS I 2420, 33, Πειλεξενίς IGS I 654. De l’autre Τειλεφάνειος SGDI 707, 9, Τειλε[φ]άνιος IGS I 27924 d 6, Τειλέας ἐδ. 1752, 26, et, avec un ἡ qui n'est pas béotien, Τηλεγόνω 1h. 4267, 2, Τηλέμαχε ἰδ. 1434. Le béotien ἃ donc possédé à la fois la forme phonétique τεῖλε et la forme analogique πεῖλε,

Les trois dialectes ne concordent pas.

d) — πέλω. Ce verbe appartient au vocabulaire de la poésie ; non seulement Homère en fait un fréquent usage, mais aussi Pindare (par exemple πέλεν Pyth. IV 145) et les tragiques (par exemple πέλω Sophocle O. R. 245), et il est arbitraire de le déclarer uniquement épique. Nous le trouvons également chez les poètes éoliens : πέλεται Sa. 78, 3; 101, 1; Alc. 26 a ; 49, 4, πέλει Th. 28, 22, πέλομε(ν) Th. 29, 27, πέλ(η)ν Th. 29, 31, πέλ(εαι) Th. 30, 14, πελώμεθ᾽ Th. 29, 34. — Le π en est emprunté à ἔπλετο (Brugmann, Gr. Gr. p. 116), comme le 6 de ὀφείλω l'est à ὀφλισχάνω ὦφλον (Osthoff, ZF IV p. 269). 3

6) — σπέλλω « revêtir, étendre sur » : attiques στολή « équipement », σπολάς « fourrure, manteau ». Ce verbe doit sa labiale aux vocables éoliens σπόλα χασπολέω (Meillet MSL VIT, p. 285)‘. Les représentants de cette famille de mots sont :

χασπέλλει (NS. χασπέλη) * στορνύει,

εὔσπολον " εὐείμονα, tous trois dans Hésychius, sans indication de dialecte,

1. M. Schulze (GGA 1897, p. 910) rattache σπελ-- σπολ-- à la racine sanscite kar skar.

χασπολέω Sa, 50, 2: 81, σπόλεισα grammairiens (v. p. 42), σπόλα pour att, στολή C. III, τή.

Différent de σπέλλω «revêtir » est le verbe στέλλω RS |

voyer », dont la dentale est panhellénique, On trouve, par exemple, en éolien ἐπιστέλλίαντος IGMA 596 d 18, en thessalien ἀπυστέλλαντος SGDI 3/5, 3, 23, en Léon dre τείλαμεν 1GS 1 1797, 19. ᾿ f) --- Eolien Βέλφος — att. Δελφός.

Nous ne connaissons l'éolien Béigos que par les grammairiens Hérod. 11 35, 4, 1 399, 3, EM 200,27. Thessalien : Δελφινία OH, IL, 4, 1: mais PRET Mit. 1896, p. 110, 1. 10. À Béotien : Βελφόν SGDI 556 a. 4: Bat 705, 23; Βελφίς L'explication du £ sortira de cette phrase de M. J. he nack (Sammlung Hp. 93%) : «De Calymne on a la forme épigraphique Ackgoï:' SGDI 3607, 5: sur des monnaies

(Head, Histor. num., p. 288; Sworonos BCH XX, p. 1 suiv.) se trouvent, dans les années 500-355, Δα, Δαλφιμόν, Aa. » (Cf. Kretschmer, Vaseninschr. p. 183 n.) Le £,normal dans * Βαλφός *Bohgdce, aura été transporté dans la

forme avec €, d'où Βελφός.

La labiale apparaît commune aux trois ee dits Éoliense : mais Δελφινία montre qu'en Thessalie Δελφός ne fut

pas inconnu; Βελφός y a sans doute pénétré assez récem- ἊΣ

ment, venant de la voisine Béotie. On comprendra que l'Éolie, elle aussi, a pu adopter l'épel béotien, s'ilest vrai que les Koliens se croyaient descendants des Béotiens οἱ. entretenaient peut-être avec eux des relations politiques, comme il est à conjecturer de cette phrase de, Thucydide VID 35) : « Les Méthymniens furent forcés de me . Quoique le contenu de cette inscription dns incertain. il sy δ

Ἐκ, évidemment des Delphiens, car on y lit ces mots : Fp°opee PSE AOUATLOV. ALU

᾿ 47 ἃ F Qu: 5 ἊΝ 73 δὰ, .

ἐν: ἘΡΈΝΕ les Syracusains contre leurs AR AONEE les Béo- T2 “tiens! » | je à ἡ sl , à . ΟΣ "ἢ — Eolien βέλφωνας (— att. δελφῖνας), béotien ϑελφῖνγας sont l'un et l'autre transmis par les grammairiens en à même temps que Βελφός. Si βέλφις ἃ véritablement existé, “A il a été calqué sur ce dernier mot, Les Grecs en effet | avaient établi une corrélation entre 1e nom des dauphins

et celui des Delphiens. Apollon fut surnommé Δελφίνιος,

| parce qu'il s'était changé en un dauphin (Hom. Armn.

= Apoll. oo), qui conduisit une colonie crétoise se rendant

ἃ Delphes (Hom. Aym. Ap. 495 ; Tzétzès, Schol. à Lyco- phron 208). Le rapprochement de Delphes et des dauphins

se trouve done effectué dans ce mythe. Du reste, M. Henry : fait aimablement remarquer à l'auteur de ces lignes que le germanique kalb suppose aussi une contamination de La et de g“olbho-.

Los |

cription éolienne versifiée IGMA 285, 5, de date assez + récente, ces adjectifs font plutôt partie de la langue poétique que de l'éolien proprement dit. Pourtant M. Solmsen (KZ XXXIV p. 536) les met au nombre des « éolismes » τς d'Homère. Sans doute M. Hirt (Paul-Braune Beitr. XXII ἐς Ρ. 35 suiv.) les rattache au lithuanien gêras « bon », 4 κ᾿ mais Curtius (Grunz*. p. 300) les faisait, avec plus de raines son, dériver de la racine de φέρω. Déjà un scholiaste d'Homère (ι 276) ἃ écrit : φέρτερον τὸ χρεῖσσον λέγει ποιήσας ἔς ποὔνομα ἀπὸ τοῦ μᾶλλον φέρειν δύνασθαι τὰ προσπίπτοντα. Ces mots signifièrent d'abord « plus robuste, le plus robuste », cf.

“CRAN χρείσσων εἷς ἐμέθεν χαὶ φέρτερος οὐχ ὀλίγον περ Ἴ 217. ἐν δ ἃ ἴα δά beaucoup plus fort et plus robpate que moi », ὲ Κ οἱ χερσίν τε βίηφί τε φέρτατοι ἦσαν u 246.

| Na οὗτοι dE Αἰολεῖς (ce. à. d. οἱ Μηθυμναῖο!) Αἰολεῦσι τοῖς χτίσασι ‘à LA Ἔ Βοιωτοῖς μετὰ Συραχουσίων χατ᾽ ἀνάγχην ἐμάχοντο.

À ἣν L ΤΩΝ sfarapoc, φέρτατος. Bien qu'on lise # φέρτατοι sur l'ins- ᾿

ee TL « qui étaient les plus robustes sous le rapport des mains et de la force corporelle ».

Même sens est donné à προφερής :

ἡμιόνων af γάρ τε βοῶν προφερέστεραί εἰσιν ἑλχέμεναι νειοῖο βαθείης πηχτὸν ἄροτρον. K. 352-3.

« les mules qui sont plus robustes que des bœufs pour tirer la charrue solidement ajustée, dans la jachère au sol profond ». Enfin, la glose d'Hésychius φαρυμός " τολμηρός, θρασύς. dissipe tous les doutes. Φαρυμός, de φερ- « porter », repose sur la même métaphore que τολμηρός. cf, τλῆναι « supporter » et lat. tollo.

Primitivement donc φέρτερος φέρτατος φέριστος s'appliquèrent à une qualité physique et désignèrent des personnes ou des animaux qui portaient le mieux les fardeaux et se distinguaient par leur vigueur musculaire.

i) — φήρ. bo. Dans l'épopée homérique et chez Pindare, φῆρες était le nom d’une peuplade sauvage qui habitait les montagnes de la Thessalie (Meister, Gr. Dial. I, p. 119 ; cf. φῆρες * οἱ Κένταυροι. Αἰολικῶς Hésychius). Plus tard, il fut donné aux Satyres : on lit par exemple, dans les œuvres du médecin tonien Hippocrate (1175 6), φήρεα, que Galien commente en ces termes : « φήρεα, tumeurs des glandes parotides, semblables à celles des Satyres' ». Enfin φήρ devint synonyme de θήρ : dans l'Anthologie IX 524, Dionysos est appelé φηρομανής « passionné pour les bêtes sauvages ». Son identification avec θήρ date donc d'une époque très récente, et, à l’origine, il n’était qu’un nom propre thessalien. |

Ceci posé, voyons son emploi dans les dialectes « éoliens ». 1

Eolien : θήρων (gén. pl.) IGMA 285, 5; Εὔνομον Θηρίαον 15 ὃ 16, nom d’un citoyen de Mytilène. Inusité dans la

τ, φήρεα * αἱ περιμήχεις ὑπὸ τὰ ὦτα ἀδενώδεις ἐξοχαί, οἵας χαὶ οἱ σάτυροι ἔχουσιν (cité par M. L, Meyer, Griech, Etymol. I, p. 396). «

EL

langue des inscriptions et introuvable dans les poèmes éoliens, φήρ est néanmoins déclaré éolien par Hérodien ἢ 599, 2, Hésychius, Eustathe 1817, 43 et Scholie à IL A

- 268, à cause des homériques φῆρες φηρσίν. Hérodien et

Hésychius citent encore φήρια — att. θήρια, Ici se retrouve l'extension de sens signalée plus haut ; naturellement les grammairiens ont attribué φήρια, comme #/p, aux Eoliens, mais sans plus de raison.

Thessalien : Plusieurs noms propres sont composés avec θείρ ou φείρ : Θειραμένειον Θειρίσχειον OH, IT, Gr, Θειρομαχείοι. OH, IT, 18, 26; — Φιλόφειρος SGDI 345, 80; 352; 1306, Φιλοφείρειος 349, 53, 91. En outre l'expression ταῦρον πεφειράκοντες OH, IE, το, 5 ; Kern, Znscr. Thess. p. 7 1. 4, 12, 19; p. 8 1. 5, s'applique aux vainqueurs dans les courses de taureaux (Fick-Bechtel, Personennamen* p. 14). Le verbe φηράω ne contiendrait-il pas une allusion obscure aux Centaures de la fable? Quoi qu'il en soit, θείρ et veto appartiennent au vocabulaire thessalien.

Béotien : Le goût et la pratique des courses de taureaux se répandirent hors de la Thessalie et l'onomastique des pays voisins nous en a conservé le souvenir’. Ainsi s'explique la présence en Béotie de φείρ à côté de θείρ : Der ράδ[ας] IGS I 1951, 6; — Θηράρχω ἐδ. 2594 b 3, ἸΠανθειρίς ἐδ. 1319, Καλιθει[ρ[ίδι SGDI 900, Θειρά[ζρ]χω 812, 1, Θείραρχος 801, 8; 807 ὦ 4, Θειρίπιον 879, Βούθειρος BCH 1897, p. 552 1. 13; Mitt. 1897, p. 351 1. 13, Θηράρχω BCH 1899, p. 2 1. 3. L'isolement de Φειράδας montre bien que φείρ est d'importation thessalienne.

7) — Les mots poétiques πέλωρ πέλωρος πελώριος et Πενθεύς ne se sont pas encore rencontrés en éolien, mais il ἃ plu à M. Solmsen (AZ XXXIV, p. 536) de les ranger parmi les « éolismes » homériques. L'étymologie des trois premiers est inconnue ; ils semblent pourtant se rattacher à πέλω (v. ci-dessus p. 71). Quant à l'infortuné roi de Thè-

ts Cf, Βουθήρας. etc., dans Fick-Bechtel (ἰ, €.).

10 ᾿ς, bes, Penthée, les Grecs avaient rapproché son nom de

πένθος « douleur », cf. Chaerémon, dans Aristote Rhet, 2, 3:

et le jeu de mots fait par Euripide (Bacch. 363) :

Selon M. Fick (BB XVIII, p. 135) πένθος πενθέω Πενθεύς sont de la même famille linguistique que παθεῖν πέπονθα ; ils leur doivent leur x initial.

in résumé, la labiale de πέσσυρες πήλυ: σπέλλω est analogique, — πείω n'existe pas en éolien, — le y de gépraros remonte à un δῇ primitif, — φήρ est un mot purement thessalien, — analogique aussi est la labiale de πέλω ΤΠενθεύς Βέλφος (Βελφός). mais les deux premiers n’ont rien de spécialement éolien, etle dernier fut peut-être emprunté aux Béotiens; c'est lui qui a servi de modèle à βέλφις.

Si l'on compare en outre l'éolien, le thessalien et le béotien entre eux, on constate sur le che leur désaccord :

Eolien Thessalien ἀδελφ-- ἀδελφ-ὄδελος | En πέντε πέμπε πέσσυρες τέτορτος πήλυι | τεῖλε (2) σπέλλω ὦ τεΐω πείω Τεισι- * ΕΞ τὼς (Βέλφος) ᾿ (Βελφός) Δελφόσ... ἙὃΘΑςΩἷἄ2ὄ2ῴΦΒελφός : (Békgue) = + βελφίς 0e. Lien DURS (asie) Gale ᾿ Dès à présent, la liste des mots éoliens remarquables par leur labiale est épuisée: l'on peut done conclure que “τ l'analogie suflit à les expliquer οἱ Lun rh pothèse un

χὰ "ἢ traitement spécial de la gutturale labialisée primitive est superflue”.

En confirmation viennent les nombreux vocables où la ἊΣ dentale régulière s'est maintenue :

nr. αἰ) — τε = lat. que. Eolien : τε se lit plus de 30 fois sur ὩΣ les inscriptions et 11 fois chez les poètes; puis 12 μήτε et ὩΣ 3 οὔτε. Thessalien : τε SGDI πον 10, 0, 433 3615 ὃ τὸ: | 1329, 4o. Béotien : μείτε SGDI 29, 3, 4:430, 3: τε 429, 6 ;

| 430, 5, ete.

1 e)— τέλος. avec ses multiples dérivés, est formé sur la boy même racine que τῆλε πάλαι πήλυι (Brugmann, Gr. Gr ht CpAH0L

LAC Eolien : τέλειον OH, IL, 134, 5, τέξλ]εος (gén.) OH, II, 156, γνῷ 15, ἀτέλεες OH, ΠΗ, 155 α 16, 18, ‘El ἰδ. 1. 19, 4e] OH, 11, 156, 14, et de plus Τελέσφορος ἀτέλεια τελεύταιον. τελευτάση (subj. aer.) et diverses formes de τελείῳ διατελείω ἐπιτελείω συντελείω. --- Thessalien: ἀτέλειαν Mitt. 1896 p. 110, 1. 5 VA (archaïque) : τελείουμα SGDI 1331, συντελεσθέντος 345, 15. —

| Béotien : τέλειον. REG 1899 p. 31 b ὁ», Ἐξεργοτέλιος (gén.) BCH 1899 p. τοῦ 1. 10: [ΔΙ]|αμοτέλεις ἐδ. p. 197, 26, puis Re - διατελίωνθι ἐπιτελέσσωντι τελευτάσε! τελευτήω, de nombreux noms

propres comme Τελεσίας Τέλεσσις Τελλέας, etc. r ο Ὁ — rélw, de la même famille que ro (cf. Henry Pré- À cis * p. 66, note 4). Eolien : περιτέλλεται. Ale. 39, τ: 40.

| Eolien: dépur Sa, 46, 2, δέραις Alec. 36, τ, ποιχιλόδειροι (816 …. - mss.) Alc. 84, 2, δέρρα Hérod. II, 303, 28; EM 505, 57, Di...

h) — 0: sk. ha (Melle, MSL VIH, p. 582). Eolien :

αἴθε Sa. 9, 1. .

| à) — θέλω, cf. φαλίζει Hésychius (Brugmann, Gr. Gr.’ ‘T3 . 2 M. Buck (1F 1v p. 156 note) exprime, d'une manière dubitative, la

τ même opinion,

38) - δέρα = sk. grid « gorge » (Henry, Précis *® p. 43). |

— 18 — | p. 115). Zolien: θέλη IGMA 53, 0, 5 ; 645 a 49, 50; θέληι 4, 15: θέλων 1, 14, 15, θέλοντες SGDI, 215, 17. Et chez les poètes : θέλη Sa. Oxyrh. Pap. VI, 3, puis θέλω θέλετε ἐθέλοισα dans Sappho, θέλω, θέλεις dans Alcée, θέλω, θέλεις ἐθέλω ἐθέλεις. ἐθέλεισθα dans Théocrite, — Béotien: ἐθέλει SGDI 488, 8 ; θέλωσα Corinne 19.

J) — θερμός = sk. gharmé « brasier » (Henry, Précis * p. 68). Eolien: Θέρμας (gén.) IGMA τά, 4 ; 645 a 47, Θερμίας 67, 14 ; Θερμία (dat.) 101; 103; τοῦ; 108, 1: Θερμιάχας 294, 6; 250, 10: 248, τὸ ; 246, 5 ; 249, 7. — Béolien: θερμός IGS 1 2933, D.

k) — τηρέω (Brugmann. Gr. Gr.° p. 115). Eolien : διετήp[ex] SGDI 305, 15, de l’époque romaine, et διετήρ 9] IGMA 27, », de l'époque impériale.

A cette énumération il convient d'ajouter τίς et rw. En effet, d'après M. Meillet (SZ VIII p. 286 et suiv.), leurs + sont dus à l'analogie, l'un du génitif τέο, l'autre de

LA TELUW.

D) l) — τις. Eolien: τίς vu, τί τι, τίνα τινα, τινος, τινες, τινων.

ὅστις, ὄττι, ὄτι fréquents, οἴτινες (non ὄστινες) IGMA 526 ὃ 29. Puis les pronoms dérivés τίωι Sa. 104, 1, τίοισιν Sa. 168 ; rios Hérod. 11, 622, 25, 30; Choer. I 193, 33, 38, EG 556, 3, etc. ὄττω (gén.) Sa. 13, 2, ὄτοισι Sa. Oxyrh. Pap. NI, τι. — Le thessalien répond le plus souvent par x. Mais τις Mitt. 1806 p. 110, 7 (archaïque) ; de sorte que le x de xx fut sans doute emprunté postérieurement à d'autres formes : cf. ion. χῶς. éol. ὄχαι OH, IE, 159, 3. — Béotien : τις et τι fréquents, ainsi que ὅστις. ὅτι.

m) — τιμά. Ce nom et ses dérivés furent très usités dans tous les dialectes. Eolien: τῖμαι OH, II, 162, 4, τίμαν ἐδ. 156, το, τίμα![σ]. IGMA 5 a 98, τίμαις SGDI 305 13, τείμας IGMA 257, 8, τείμας 59, 11, puis τίμιος ἄτιμος ἐπίτιμος τίμαιμι τίματος ἀτιμάζω ἀντιτίμαιμι φιλότιμος φιλοτιμία φιλοτίμημι Τίμης Τίμων Τιμάνθα Τιμάρχειος Τίμαρχος Τιμαγένης Τιμαφένειος Τιμασιχρέων Κλεότιμος. --- Thessalien: τίμια SGDI 345, 19, puis Τιμουνίδας Τιμογένειος Τιμοχράτεια Εὔτιμος. — Béotien : τίμια BCH 1899, Ρ. 92, 9. 12, 16, 19, 23; p. 94, 7, 14, 19, puis

EN es

Τιμήνετος et d'autres encore.

Cette étude ne serait ni complète ni décisive, s'ilne s'y ajoutait l'explication des mots béotiens et thessaliens où

une labiale correspond à une dentale ionienne.

a) — Un certain Béotien Περμασίχιος SGDI 833 tire son nom du fleuve appelé Τερμησός par Pausanias IX, 29, 5. M. Fick (BB XVIIL p. 137) en a conclu que le + initial béotien tient la place d'un + attique. Mais on lit Ilepurocés sur une inscription de Thespies {BCH IT, p. 445) écrite en langue commune, et Ilepurc6< dans Hésychius ainsi que dans Hésiode (Théog. 5). Le témoignage de Pausanias est donc sujet à caution. Fût-il exact, que le πὶ trouverait sa justification dans la forme Ilæpwns6:, connue par les scholies à Hésiode Théog. 5 (Meister, Gr. Dial. I, p. 216).

Ὁ) — Si l'on en croit M. Fick (Sammlung 1 p. 389), le béotien ΤΠευμάτιος SGDI 380, 5 équivaudrait à un attique ἘΤευμήσσιος de Τευμησός. nom d'une montagne de Béotie. Mais les indigènes l'appelaient eux-mêmes ἡ béotien Τευμασιγέ[νιος] REG 1899 p. 31 a 53; par conséquent Ilévuérws semble n'avoir rien de commun avec elle, cf. achéen ΠΠυματίων (Bellermann, Monogr. des achäischen Bundes 1859 M, cité par Pape-Benseler, Wüôrterb. s. v.).

c) — L'existence du béotien βέφυρα — alt. γέφυρα est purement conjecturale : les manuscrits d'Athénée XIV 6922 a, où ce mot est attribué au poète comique Strattis, portent βλέφυραν et φλέφυραν ‘. D'ailleurs Τέφυρα fut l’ancien nom de la ville boétienne de Tanagra (Steph. Byz, 5. 0., cf. Strabon IX, 2, 10, Hécatée, frg. 89). Quelle qu'ait été la véritable forme béotienne, on n'en pourrait rien inférer, car « pont » s'exprimait en grec par des mots d'aspect assez étrange : en attique γέφυρα. avec une gutturale ; en laconien διφοῦρα Hésych. et βαβύχα Plutarque Lyc. ὃ; à

᾿ευμασός. Cf.

1. Beermann (De dialecto boeotica, Curtius Studien IX, p.58) restitue hypothétiquement βδέφυραν.

Ra δέπυρα, c'est-à-dire δέφυρα Monum. ant, M, ἢ" 154 col, 2, 1. 16; Hésychius donne encore βουφόρας' γεφύρας. nn un personnage s'appelle Bngopa dans Lycophron

; de ΕΣ »"-Ξ 5

d) — Thessalien βέλλομαι, béotien βεῦνομαι — dorien δήλομαι. éolien βόλλομαι (p. 32), attique βούλομαι, La labiale

ΠΥ οδὲ analogique de βόλομαι, forme homérique, et de βωλά βωλεύω, ete. — Béotien: βειλομέϊνυ] BCH 1895 p, 157, 4, βειλόμενον ἐν. p. 161, 8, βεῤλων[τη] ἰδ. 1. το, Beer] BCH 1807 Ρ. 553, 2, βε[} ὠντ[η] ἐδ. L 7, βηλομένη (dat.) REG 1899 p. 51 a 18, etc. A rapprocher : fox (dat.) SGDI 380, 3, βωλᾶς

305, 4, Θιοδῴλω 486, 21, προδεδωλεύμενον 488, 112, 144: BCH 1885 p. 424 L. 3, etc. — Thessalien : βέλλέιτει SGDI 345, 20, βελλομένου 1332, 15, en regard de Εὐδολῖνος SGDI 345, το, ᾿Αρετάδολος 345, 82.

e) — τῴεστος. Ce mot, qui entre dans la composition d'un certain nombre de noms propres béotiens : Θιόφεστος SGDI 488, 198, 137, Θιόφειστος 488, 90, 92, Θεόφεστος 488, 42, Θι[ο]φεστίδαο] 455, 7, Φεστίας IGS ᾿ 1752, est. rattaché par M. Fick (BB XVII, p. 143) à θέσσομαι et πόθος. Dans le cas où cette étymologie serait certaine, -φεστος. de *gehr0c, aurait subi l'influence analogique de “πόθος εἴν της να — Thessalien : Θέστουρ SGDI 350 b 8.

ἢ) — ᾿Πετθαλός Φετταλός — âtt. Θεσσαλός. midi: ide λός est fréquent sur les inscriptions : Πετθαλοί ΕΑ 1900 col. 54 n°31. 5, Πετθάλεια OH, I, το, 12, Πετθαλοῦν SGDI 345, 14,18, etc. Mais M. Schulze (GGA ‘1895 p. 901), ayant relevé sur les légendes des monnaies quelques traces d'une forme thessalienne Φετταλός. en a conclu que telle était la prononciation archaïque. Cf. Lagercrantz, Lautg. Ρ. 99. — Béotien: ethnique Θετταλόν SGDI 807, 3; noms d'homme Dérrahos 708, 8, Dérakos 906. Au témoignage |

des inscriptions, les Béotiens disaient Θετταλός, comme les Athéniens ; Φέτταλος ne serait alors que le nom de Thessaliens émigrés anciennement en Béotie. Dans ce’ cas, l'usage de la labiale fut restreint au seul eee vi ΙΑ Thessalie. :

LR

- DS PET UN at Ti met re Ἂς LA re

μι ré” : VE ΝΟΥΣ

Page 1