‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 30 sur 107 · CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

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Les gutturales labialisées primitives.

Le plus frappant, sinon le plus solide, des arguments que la phonétique fournisse à la thèse d'un groupe dialectal « éolien », est sans contredit celui de la transformation des gutturales labialisées primitives en labiales devant les voyelles ε et 7. Absolument contraire à ce que nous savons des autres dialectes, ce changement serait à la fois commun et spécial à l’éolien d'Asie, au béotien et au

thessalien. L’arcadien et le cypriote n’y auraient pas participé, puisque, dans l’ensemble, ils ont donné aux gutturales labialisées les mêmes substituts que l'ionien et

| l'attique (cf. Brugmann, Gr. Gr.° p. 1106).

"À ; Il n’a pu toutefois échapper à l'observation scrupuleuse

4 des savants que, dans les trois dialectes singularisés par

leur labiale particulière, la dentale apparaît fréquemment comme dans tout le reste de la Grèce.

Le contraste de Βελφός, et de ἀδελφ-, qui sont mots de même famille, a amené M. Meillet à formuler (SZ VII p. 285), pour les idiomes « éoliens », la loi suivante : labiale à l’initiale du mot, dentale à l'intérieur, et M. ἥ Solmsen (ΚΖ XXXIV p. 545) s’est rallié à cette doctrine.

A l’intérieur des mots. |

A l'intérieur des mots pourtant, labiales et dentales 56. coudoient, pour ainsi dire, dans un désordre apparent. Voyons par quel procédé on a rétabli l'unité et expliqué les labiales irrégulières. Une gutturale labialisée se trou-

vait primitivement dans les mots suivants:

δ Ca és ne, à

La 1:

a) — ἀδελφ- : Βελφός. Eolien : ἀδέλφεαι Alc. 92, 2. Thessalien : ἀδελφεός SGDI 324, 3. Béotien: ἀδελφιόν SGDI 559, ἀδελφιός 406 m; 406 o 12, ἀδελφεά BCH 1897, p. 553 1. 21, 25, ἀδελφεός 1bid. 1. 46.

ὃ) — Eolien cxilos' Athénée XI 500 ὃ, en regard de l'att. σχύφος, suppose une déclinaison plus ancienne ἔσχυφος gén. *oxvbecoc.

6) — ὄδελος — att. ὀδελός, serait éolien (et dorien ὀδελός) selon Schol. Nicandre Ther. 93. Ge mot ne se lit pas sur les inscriptions éoliennes ; mais nous savons que les Béotiens disaient 660166 et ὀδελός : ὀδελόν SGDI 802, ὃ. A Delphes on trouve ἡμιωδέλιον SGDI 2562, 6, 26, ὀδελός

d) — ἄφενος : att. εὐθενέω. Æolien: Διαφένεος (gén.) OH, IT, 193, 1, Διαφένεος] ἐδ. n° 102, Διαφένη (gén.) IGMA 656, 5, Διαφένης Pottier-Reinach, Myrina 1 p. 116 n° 18, Εὐαφένη IGMA 554, Κλεαφέν[η] SGDI 319, 3, Τιμαφένειος OH, IL, 111, 7. Ce mot ἄφενος fut employé non seulement par Homère, mais en divers pays de la Grèce, (v. Schulze ΟἿ p. 509 add. à p. 34 et Fick-Bechtel, Personennamen” p. 138).

Le φ provient du voisinage de ἄφνος, ἀφνειός, ἀφνεός (Meillet {. δ. p. 285). |

6) — ἴμόηρις * ἔγχελυς. Μηθυμναῖοι Hésychius, à rapprocher du latin anguis (cf. Meillet, ἰ. c. p. 282). En écrivant ἴμόιρις, on se rendrait compte sans difficulté de la labiale, cf. plus loin πίσυρες. Grec ἰμόι-. lat. angui- remontent à ie. eng%1i-. (V. aussi de Saussure MSL, VI p.78, et Schulze GGA 1897 p. 911).

À) — ἄμφην éolien — att. αὐχήν : ἄμφενα Th. 30, 28, ἀμφήν Hésychius, sans indication de dialecte ; — αὐφένα C.IIT, 16 est sans doute erroné. Si l’on admet une ancienne décli-

1. M. 7. Halévy (MSL X p. 74 suiv.) rattache l'ethnique 2004 « Scythes », proprement « gens au vase », à ce mot éolien, devenu par la suite panhellénique. Il serait curieux que l'éolien eût ainsi rendu à l'ionien et à l’attique la dentale qu'ils avaient laissée perdre,

naison : Nom, ἤάνθην. Gén. *äuyvés, d'où proviendrait le génitif éolien ἄμφενος puis le nominatif ἄμφην, alors *äpvos serait à l'attique αὐχήν à peu près dans le même rapport que l'att. δάφνη est avec le thessalien δαύχνα " : Δαυχναί[ου] SGDI 1329,.24, ἀρχιδαυχναφορείσας 372, 4 (cf. sur δαύχνα “. Prellwitz, De Dial. Thessal. p. 18; Hoffmann, Gr. Dial.

| 8) — πέμπε — att. πέντε doit son second πὰ πέ ἔμπτος, πεμπάς. ete. Quel usage lés dialectes dits éoliens ont-ils fait des deux formes πέμπε πέντε ? | | | Eolien d'Asie: πέμπων (gén.) Alc. 33, 7: τέμπτω Balb. 393, 5, 7. L'homérique ἡ πεμπάσσεται ὃ 419 est déclaré éolien EM 660, 3; πέμπε appartiendrait au vocabulaire des Eoliens, si l’on en croit Hérodien II, 566, 22, Hésychius, “.. ” Eust. 135, 4o, Schol. ad à 412: cette doctrine a été sans doute inspirée par πεμπάσσεται. Sur les inscriptions, on ne

découvre qu'une seule-trace de πέμπε. et encore bien ineer- 4 taine : πέμ[π]ε χαὶ déxoroc IGMA 8.5, 5, selon la lecture de "4 M. Paton ; mais du y, il ne reste que les deux premiers jambages, de sorte que la lecture ré|r]e est tout aussi : admissible. Partout ailleurs πέντε : IGMA 14, 5; 74. Φ 646 a 39; πεντάμναιον 498, 17, πεντα[μ]ναίω 498, 21, vo)

OH, IL, 135, 9, comme πεντεβόεια Sa. 98. | % Thessalien : πέμπε 15 fois sur l'inscription OH, I, 18. : 140 ge Béotien: πέντε BCH 1897 p. 553 n° 41. 34: REG 1899 4 | p.71 a 19; [651 2400, 23, 37; SGDI 488, 164, etc. Puis -

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