‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 5 sur 107 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Grâce à l'indépendance et à la jalousie réciproque des multiples cités helléniques, la langue grecque, à peu près une dès l’origine, se scinda de bonne heure et donna naissance à une foule de dialectes. Ces rejetons subsistèrent et se développèrent dans le cours des siècles, jusqu'à ce qu'enfin, très tard, les changements politiques aidant, ils disparussent presque tous devant la langue commune envahissante. Cette diversité linguistique, qui se révèle mieux encore dans les documents épigraphiques que dans les textes littéraires, s’est-elle constituée au début telle

qu'elle apparaît à nos yeux, ou bien plutôt le grec pri- -mitif a-t-il été tout d’abord la souche de deux ou trois dia- -lectes, qui à leur tour se sont subdivisés ?

Pour peu que l’on arrête son attention sur ce problème,

l’on se convainc bientôt que la multitude des parlers grecs

est issue d’un nombre restreint de dialectes primordiaux. Aussi beaucoup d'érudits ont-ils cherché à déterminer les premières divisions de la langue grecque.

D'un accord unanime, l’ionien et le dorien furent regardés comme deux branches principales. Mais à côté d'eux existaient l'éolien asiatique, le béotien, le thessalien, l’arcado-cypriote, l’éléen même, qui paraissaient ne se rattacher ni à l’un ni à l’autre. Sont-ils, chacun à part,

des rameaux indépendants émis par le tronc primitif, ou

De proviennent-ils tous d'une troisième branche maîtresse, ou bien encore quelques-uns d'entre eux seulement doivent-ils être ramenés à une commune origine secondaire 7 Les opinions sur ce point ont été très diverses.

Tout d'abord on ἃ songé à composer un groupe « éolien » de tout ce qui n'élait ni ionien ni dorien. Pour ne parler que des modernes, telle a été la doctrine de Giese (Ueber den aeolischen Dialekt, 1835), qui fut adoptée par Gelbke (De dialecto Arcadica, dans les Curlius Studien 11, 1869, p. 1 et suiv.). M. Aug. Brand, dans son ouvrage intitulé : De dialectis aeolicis quae dicuntur (1885), ἃ essayé de l'appuyer de nouveaux arguments. Toutefois ce mode de groupement fut communément abandonné, du jour où parut l'opuscule de Daniel De dialecto eliaca (Halle, 1880. Cf. Blass, Sammlung 1, p. 314), et l’éléen fut rejeté dans la masse des dialectes doriens.

Une seconde théorie consistait en la réunion, dans un groupe commun, de l’éolien asiatique, du thessalien, du béotien et de l’arcado-cypriote, à l'exclusion de l'éléen. Proposée par Curtius' (Güttingische Nachrichten, 186», p. 489 et suiv.), nous la retrouvons dans Prellwitz, De dialecto Thessalica (1885), dans Fick, Odyssee $ p. 324 (1883), dans Künstler, Das Gemeinsame in den sogen. äolisch. Mundarten (1893). — M. O. Hoffmann (De mixtis graecae linguae dialectis, 1888 ; Die Griechischen Dialekte, 1° vol. 1890 ; 2° vol. 1893) la présente sous un jour particulier : il imagine un achéen primitif qui, dit-il, se divisa en achéen septentrional et achéen méridional ; le premier des deux fut l'ancêtre du thessa-

lien, de l’éolien et du béotien; le second eut l’arcado-

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