Curtius hésitait seulement sur le caractère de l’éléen
des. À ..-
cypriote pour descendant'. — M. H. Collitz (Die Verwandtschaftverhältnisse der Griech. Dialekte mit besonderer Rücksicht auf die Thessalische Mundart, 1888, Ρ- 9 et suiv.) reconnaît à ces quatre dialectes une parenté étroite, dont la cause résiderait non dans une unité linguistique antérieure, mais dans un contact géographique ancien.
De son côté, Ahrens (De Graecae linguae dialectis 1 (1839), p. 1 et suiv., 225 et suiv,) constituait un groupe dialectal avec l’éolien, le thessalien et le béotien seuls, laissant à l'écart l’arcadien et le cypriote qu'il appelait pseudo-éoliens. Son ouvrage fut refondu et sa doctrine conservée par M. Meister (Die griechischen Dialekte, 1® vol. 1882; 2° vol. 1889). L'opinion d’Ahrens fut partagée par Schrader (Curtius Studien X, p. 260 et suiv.): elle l’est encore par M. Blass (Xühner-Blass. Ausführliche Grammatik der griechischen Sprache 1, 1890, p. 8), par M. Leitzsch (Quatenus quandoque in dialectos aeolicas quae dicuntur vulgaris lingua irrepserit, 1805). Beermann (De dialecto Boeotica, Curtius Studien IX, p. 83 et suiv.) se déclarait pour la parenté étroite de l’éolien et du béotien. Enfin M. Johansson (De derivalis verbis contractis, 1886, p. 59 et suiv.) se range parmi les partisans de la doctrine d'Ahrens.
En dernier lieu, Hirzel (Zur Beurtheilung des äolischen Dialekts, 1862, p. τ), Hinrichs (De homericae eloculionis vestigis aeolicis, 1855, p. 10), Führer (Ueber die Stellung des Lesbischen zu den verwandten Dialekten, BB, VI, p. 282 et suiv.) ont combattu l'hypothèse d'une
1. M. Prellwitz (Bursian’s Bericht, CVI, p. 84) n’aperçoit dans l’éolien aucune trace de cet achéen méridional, Il n'en persiste pas moins dans son opinion, pour des raisons historiques.
unité dialectale « éolienne », et se sont hautement prononcés pour l'indépendance de l'éolien, du thessalien et du béotien à l'égard l'un de l'autre, La même façon de voir est adoptée dans les ouvrages de MM. Henry (Précis de Grammaire comparée du grec et du latin, 5° éd., 1894, p. » et suiv.), Audouin (Ætude sommaire des dialectes grecs lilléraires, 1891, Introd., p. 11), G. Meyer (Griech. Grammatik, 3° édit., 1896, p. 6) et K. Brugmann' (Griech. Grammatik, 3° édit., 1900, p. 14 et 19 rem. 1).
Quelque position qu'ils aient prise dans le débat, les auteurs dont l’opinion vient d’être rapportée, ont été unanimes à séparer nettement l'ionien-attique de tous les autres dialectes. Seul M. Johansson (/. c. p. 6o) ἃ émis timidement cette idée que larcado-cypriote pourrait établir une sorte de communication entre l'ionien-attique d'un côté, et l’éolien, le thessalien avec le béotien de l’autre.
Bien qu'elle ait été tant de fois agitée, la question des rapports réciproques des dialectes n’a pas encore reçu de solution définitive ; aussi n'a-t-il pas paru complètement inutile de la reprendre ici. Le but du présent travail est de déterminer la place qu'occupe, dans l'ensemble des dialectes grecs, celui qui se parla en Eolie. C’est lui qui sera posé comme centre à cette étude, et les autres ne seront mis en cause que pour lui être comparés.
On n’examinera que les faits grammaticaux, tant ceux de la phonétique que ceux de la morphologie. Non pas
que le vocabulaire * ne soit une riche matière à compa-
1. Pourtant M. Brugmann ({. 6. p.115) comprend sous la dénomination de « dialectes éoliens » l’éolien asiatique, le thessalien, le béotien et l’'arcado-cypriote, et M. Henry (1. c. p. 6, note) ne repousse pas catégoriquement l'hypothèse du groupe «éolien ».
2. Les patronymiques en -106 passent pour une particularité remarquable de l’éolien, du thessalien et du béotien (Hoffmann, Gr. Dial. 11,
ἜΣ: η — raison, mais qui nous assure que les vocables rencontrés sur les inscriptions de l'Eolie appartiennent bien tous au langage des Eoliens, et ne sont pas, en plus ou moins grand nombre, empruntés à la langue commune, qui de bonne heure s’infiltra peu à peu dans les textes rédigés en dialecte ? En morphologie, on négligera la déclinaison des pronoms parce que des termes comme le cypriote ὄνυ et l’arcadien τωνί, relèvent de l'étude du vocabulaire, et aussi parce que nous sommes insuffisamment renseignés
sur la manière dont les dialectes non littéraires décli-
naient les pronoms personnels, les seuls, pour ainsi dire,
qui, dans le cas présent, offrent de l'intérêt. Malgré ces éliminations nécessaires, il reste un très grand nombre de points à traiter. Les plus importants d’ailleurs ont été conservés, car les mots voyagent d’un pays à l’autre, aussi bien que les idées, mais le squelette grammatical demeure, et c’est lui qui donne à un idiome son caractère particulier.
Avant d'entrer en matière ‘, il convient de rappeler sur
quelles sortes de documents on s’appuiera. L’éolien, que
p. 588). Ce ne sont que des archaïsmes dont il est reste des vestiges en divers pays de la Grèce, par exemple en Phocide Λαχρατεία « filia Lacratis » SGDI 1527, ΞΞενοχρατεία « uxor Xenocratis » SGDI 1518, Χαρμαδαία IGS IL, I, 186; en Phthiotide Μαχάειος SGDI 1453 ; en Locride Eüxpateius IGS IL, 1, 345. Théocrite donne à Aphrodite le surnom de KÜtpt Διωγαία XV, 106 et à la reine Arsinoé celui de Περενιχεία θυγάτηρ XV, 110. M. Meister (Gr. Dial. 1, 196) cite de Platon (Gorg. 482 A) ἸΚλεινίειος. d'Eschyle Kpôytoc, ᾿Ινάχειος. de Sophocle Τελαμώνιος. Λαῤδάχειος. Θεστόρειος. de Pindare ἸΚρόνιος. Δεινομένειος, d'Homère enfin [ἰοιάν--
1. On fera paroxytons le nom [ἰράχλης. le subjonctif ἀναγράφη!ι et le génitif pluriel μοίσαν. sans prétendre imposer cette hypothèse comme une certitude; d’ailleurs, dans le chapitre consacré à l'accent éolien, on essayera d'en établir la vraisemblance, En outre, à l’imitation des éditeurs de la Sammlung (I, 1, p. 119), on donnera l’accentuation attique aux mots doriens épigraphiques.