‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 67 sur 107 · HAE · texte numérisé non relu

HAE

Delphien. — συλήέτω SGDI 1505, 9, συλῆν 1802, 4, ἐπιτιμῆν

… 1969, 12; 2092, 11, [νικεούσαι BCH 1899 p. 376, 3, du rv°

siècle,] et d'autres encore. Subjonctif χρηάηται SGDI 2183,

Béotien. — 1°) Sans contractions : ὁράοντι SGDI 860, 2, ἰαόντυς (dat. pl. = att. iüc:) REG 1899 p. γι a 5.

__») Avec contraction de x en ὦ et de x: en n: ἐνικῶσαν (imparfait) SGDI 503, 4, νικώντεσσι 517, 6, σουλώνθω ὅοι, 6, φυσῆτε Aristoph. Acharn. 863, ete. Comme %9 se contracte en ἃ, cf. Λαδάμας SGDI 548 ; 820, il s'ensuit que ces formes verbales appartiennent bien à la conjugaison τιμᾶω,

3°) φυσᾶντες Aristoph. Acharn. 868. M. Führer (Dial. boeot. p. 37) propose d'écrire φύσαντες, en le transformant en participe athématique ; mais en dorien nous retrouverons de semblables contractions.

4 Une scholie de l'Iliade (P 196), commentant le participe aoriste homérique γηράς, cite ὕροντάς, qui aurait été employé par Corinne avec le sens de βροντήσας, L'aoriste ἐδρόνταν serait alors formé analogiquement de £poyrév, sur le modèle de ἔδραν : δράω. ἔδυν : δύω, ἀποχλάς (part., Anacréon, frg. 19 Ὁ}: χλάω. Déjà Curtius (Verbum * ΤΡ. 199) reconnaissait la possibilité de cette explication; point n'est besoin d'imaginer un présent athématique ἔβρονταμι (Meister, Gr. Dial. I p. 280), dont βροντάς serait le participe.

Verbes en =.

Type φιλέω.

Locridien. — λιποτελέηι SGDI 1458, 14, Goxéns ἐν. 1, 30, χρατεῖν tb. L 17, 31, παματοφαγεῖσται ib. 41, 42, etc.

Phocidien. — διοικὴῆ subj. SGDI 1529, τ΄ εὐεργετεῖν IGS ILE, x, 107, 3, συνευδοχέοντος ἐν. 124, 4, etc.

Delphien. — ὁμολογέω SGDI 2146, 6,8; BCH 1898 p. 87 n° 83, 16, παρεχάλεον SGDI 2655, 10, ποείτω 1723, 9, ἀδιχέη 2088, 23, ποιέοιν 1689, 7, ἐνοιχεῖν 2901, 24, χοινανείτω 2561 ὃ

48, εὐταχτέωνται sub, 2642, 16, ἐφαχεῖσθαι 2501, 41, et beaucoup d'autres.

Béolien., — sat = rate SGDI 1145, 4, χαλέονθε 3 plur. 1145, 7, ἐπολέμιον 505, 23, οὑπερδιχιόνθω 430, δοκίει 495, 11, πολεμαρχιόντων IGS 1 2718, 2; 2920, 2; 2984, 2; 417 ; ἀδιχίωνθη subj. 1GS 1 3392, 7, ἡρἴσ[θη] (= αἴ, αἱρεῖσθαι) ib, 1519, 7, ele.

Type φϑήω,

1) — Phocidien : ποιήον τὶ SGDI 1523, 19. Sur cette inscription, qui date de l'époque romaine, la quantité des voyelles est mal observée, par exemple ἐόντοσαν 20, σώοντι o1 pour ἐόντωσαν, ζῴωντι ; de plus, ποιήοντι est un subjonctif. La graphie ποιήοντι pour ποιέωντι a donc pour cause la négligence du graveur ou du rédacteur.

2°) — Delphien: συλήοντες SGDI 2100, 10; 2107, 12, auquel s'opposent συλέων et συλέοντες plus de cent fois répétés sur les décrets d'affranchissement, a reçu son explication ci-dessus (p. 180).

3°) — Comme en béotien ἡ passe à εἰ. l'imparfait ἐχράτει IGS I 246», 4, le subjonctif ἀντιποιεῖτη SGDI 429, 4 : 430, 4 pourraient aussi bien appartenir à φιλήω, voire même à φίλημι qu'à φιλέω, mais les formes plurielles ἐπολέμιον ἀδιχίωvÿn, qui viennent d'être rapportées, enlèvent à cette hypothèse toute vraisemblance.

Le type φιλήω n'existe pas dans ces dialectes.

Type φθημι.

Le locridien, le phocidien, le delphien et le béotien ont, tous les quatre, possédé un curieux participe passif en —EULEVOS : ι |

Locridien. — ἐνχαλειμένωι SGDI 1458, 41, 43 (première moitié du γ᾽ siècle).

τ. Les subjonctifs δείη δείει — att. δέῃ REG 1809 p. 71 a 26, 36. venant de “deFnt, ne laissent place à aucun doute, cf. béotiens ἀνέθειαν Θειο-γίτα pour ἀνέθεαν Θεογίτα.

Phocidien. — παραχαλείμενα 1GS II, 1, 103, 3, χαλειμέναν | SGDI 1539 ὃ 15.

Delphien. — ἀφαιρείμενος ΒΘ ΠῚ 2089, 6; 2115, 8: 2921, 11 ; 2323, τὸ ; BCH 1898 p. 73 n° το, 13, 14; p. 98 n° 74, 9; Ρ. 99, n° 76, 8; p. 91 n° 87; ἀφαιρείμενοι BCH 1898 p. 39 n° 32, 8, χαλειμένας SGDI 92061, 9, παραχαλειμένοις 2569, 4, παραχαλείμενα 2687, 5, ποιείμενος 2677, 5; 2682, 10 ; 2737, G; πωλείμενα 20/42, 72, συνεργείμενος 2737, 9 ; συντελειμένου “720, 3, et mème χρείμενος ! 2613, P; 27306, 6 ; 2746, 11. ;

Béotien. — δειμένοις — att. δεομένοις Mitt. 1885 p. 217 L. 4.

Malgré MM. Allen (Curtius Studien IX p. 265), Osthoff (MU I p. 212), Wackernagel (ΛΖ XXVII p. 86), Johansson (Derivatis p. 44), Brugmann (Gr. Gr. p. 269), il ne résulte pas de la contraction de -ceuevos, puisque, dans ces dialectes, le participe passif des verbes thématiques se termine en -ouevos: locridien ἐπιτασσόμενον ΙΒ II, τ, 349, 7, phocidien χαταδουλιζόμενος SGDI 1532, 7, delphien τρεφόμενον 2191, 19, béotien μαντευομένω 494, 15; 590, 4; 865, 11, etc,

C'est un vrai participe athématique *, qui sonnait anciennement -ἥμένος. comme on le voit dans le béotien ἀδικήμενος Aristoph. Acharn. 914. Mais, par analogie de φιλεῖσθαι φιλεῖσθε ἐφιλεῖτο et autres formes, ὃ ouvert de φυλήμενος se transforma en ὃ fermé. L'infinitif φιλῖμεν, qui sera examiné dans un instant, oblige à supposer qu'en béotien ce changement fut indépendant du passage phonétique de tout ἡ à εἰ.

En Locride, -eyevos était en usage dès le début du v* siècle, même dans les verbes non dénominatifs.

En Phocide, la diphtongue εἰ fut même substituée à 20 dans la 3° pers. plur, ποιεῖνται IGS ILE, 1, 97, 13.

A Delphes, au contraire, le participe athématique resta cantonné, jusqu'en l'an 150 av. J.-Ch., dans les verbes

1. De χρέομαι, εἴ. χαταχρεῖσθαι 26/42, 37, χαταχρείσθωσαν a64a, 58. a. M. Danielsson (Æpigr. p. 45) en fait une création nouvelle, comme du

phocidien ποιεῖνται.

dénominatifs, où apparemment il était originel ; c'est ainsi que l'inscription SGDI 2675, qui date de 189-188, a ποιείμενος 1. 5 mais égwvovuévox 1, 8, et l'inscription 273, de l'année 150, ποιείμενος 1, G, cuvepyeluevos ἀφικνουμένοις 1. 9. Plus tard, -ειμενος s'étendit à tous les verbes en τω, de sorte que Φιλουμένα 2188, 9 n'est pas, à proprement parler, un mot delphien,

En Béotie, -eeyos ἃ été généralement délaissé, au moins par la langue épigraphique ; sauf dans δείμενος, -couevos fut seul usité: ποιιόμενος SGDI 384; 301; 397: 398; ποιιομένα 382, 10, ποιόμενος 383: 385 : 386, etc. Mais l'infinitif actif en τῆμεν -ειμεν fut très vivant. Il a encore son ancien ὃ ouvert dans le χαρτερῆμεν᾽ d'Euboulos ; mais ensuite [ὃ se ferma et se distingua des anciens ἡ. En effet, M. Meister (Gr. Dial. Xp. 226) remarque qu'en béotien ὃ ouvert passa seulement à l'état εἰ, tandis que ὃ fermé descendit jusqu'à 1. Or on lit sur les inscriptions non seulement προστατεῖμεν SGDI 811, 15, mais aussi ἀδιχῖμεν 1GS 1 4136, 4: BCH 1890 p. 19 n° 10 b 30, λειτωργῖμεν SGDI 425, 24, ποῖμεν REG 1899 p. 71 a 8. Cet infinitif en -quev n'est pas moins ancien que le participe en -juevoc.

On aimerait à découvrir dans ce dialecte, comme dans le phocidien, une création analogique montrant la vitalité de ce nouveau type. Malheureusement, lorsqu'Hérodien (II 930, δ) affirme que les Béotiens disaient νόειμι gheu τάρδειμι ποίειμι. il n'invoque aucun texte à l'appui, et le fragment 18 de Corinne porte δονεῖται. dont l'accentuation trahit une forme thématique. Les présents νόειμι ge ont-ils été imaginés à cause des participes en -eevos et des infinitifs en -eyey ?

Héraclide, cité par Eustathe 1557, 44, parle des 3° personnes du pluriel éoliennes οἴχεντι τίλεντι ἐντί. que MM. Führer (Dial. boeot. p. 34) et Meister (Gr. Dial. I p. 255) attribuent aux Béotiens. Mais, dans ce passage, Héraclide

1. φιλῆμεν ne vient donc pas de ἢν. 2 malgré Lt SGDI 802, 16, ὑπαρχέμεν 1145, 13.

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engage une polémique avec d'autres grammairiens qui soutenaient, avec raison, l'origine dorienne de ἐντί et de τίθεντι ; il n'y exprime que son opinion personnelle, et a

bien en vue l'éolien littéraire.

En conséquence, à part l'accidentel συλήοντες, aucun de ces quatre dialectes ne paraît avoir connu la conjugaison φιλήω. Les verbes en -ww, sans contractions, sont propres à trois d'entre eux; leur création analogique date d'une époque récente.

Au type φίλημι, se rattachent les participes en -ειμενος et l'infinitif béotien en -eyey; le phocidien en a tiré le principe d'une nouvelle conjugaison athématique τιλεῖμαι, dont nous ignorons l'exact développement.

Le seul mot phocidien ᾿Α σδολώμενος, selon toute vraisemblance, appartient à δοχίμωμι.

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