‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 79 sur 107 · L'AORISTE · texte numérisé non relu

L'AORISTE

Comme on a déjà étudié (p. 99 et suiv.) les aoristes διχκάσσαι et τελέσσαι, il ne reste plus à parler que du type ὀμόσσαι. Le double σ de ces aoristes, dont la base verbale se termine par une voyelle brève, est dû à l'analogie de δικάσσαι". Selon M. Schulze (AZ XXXIII p. 126 suiv.), ὀμόσσαι appartiendrait en propre à l'éolien asiatique: c'est ce qu'il s'agit de vérifier.

Eolien. — Il semble qu'au temps des poètes l'aoriste à cs unique ait été le plus usité. En effet à côté de χάλεσσαι Ale. 46, 1, nous voyons ὀνεχρέμασαν Alc. 39, 2, ἐσχέδασε Sa. οὔ, 1, ὀμπέτασον Sa. 29, 2. Théocrite et Balbilla n'ont pas employé la forme en --σσαι, mais αἰνέσαι (optatif) Th. 29, 16, ἐπαινέσαις Th. 29, 11, εἰσχαλέσαις Th. 30, 11, ἀπόπτυσαι Th. 29, 27, xotéon (subj.). Balb. 522, 5. En outre l’auteur de C. TT, au ὃ 6, nous apprend que l'aoriste éolien de ἀδικέω fut ἀδίχεσαι.

Au contraire, sur les inscriptions on trouve ordinairement l’aoriste en -σσαι : ἀποπεράσσει subj. OH, II, 156, 13, ὁμόσσαντας IGMA 5926 a 16, ὁμόσσαντες ib. b Do: EEokéos<e> var IGMA 9278, 8, χαλεσσάτωσαν OH, II, 95 ὃ 24, ἐπαίνεσσαι ᾿

A eux seuls, ἔσσομαι, τελέσσαι auraient été insuflisants pour produire ce résultat.

2. Et aussi ἐπαίνησαι IGMA 4, 4; 15b 9, 15; δοῤ, ὃ; 529, 9; SGDI a15, 81;

SGDI 38, 15, 21, ainsi que le futur [παραχαλ]έσσει OM, ΤΙ, 163,6, Le plus ancien exemple de forme à simple sigma est ἐπαίνεσαι IGMA 18, 3 qui se rencontre sur une inscripton datant au plus tard du 1115 siècle; παραχάλεσαι OH, I, 197, 2: ἐπαινέσοισι OM, I, 136, 2 sont plus récents, Il est possible que ces trois mots aient subi l'influence de la langue commune,

Employé librement en concurrence avec l'aoriste en -σσαι au temps de Sappho et d'Alcée, l'aoriste en -cx semble être tombé dans la suite en désuétude, On a fait une constatation analogue pour les types ἐδίχασσα et ἐτέλεσσα (p. 100 et 104).

Dans les dialectes où δικάσαι était seul en usage, à l'exclusion de διχάσσαι, on ne découvre naturellement que ὀμόσαι : Arcadien. ἐπελασάσθων SGDI 1222, 23. — Pamphylien. ὁμόσαντον SGDI 1269, 3. — Locridien. διομόσαι SGDI 1458, 45. — Phocidien. χαλεσάντων 1GS HE, 1, 95, 15. — Mégarien. χαλέσαι IGS 1, 21, 26, — Fhodien. ὁμόσωντι SGDI 35/49. 92. — Laconien. χαλεσάντω SGDI 4430, 21, ete.

Thessalien.— Ce dialecte, ayant perdu l'aoriste διχάσσαι. n'employa que ὀμόσαι : χατασπάσει OH, II, 5, 27, ὀμόσαντες ib. 1. οὔ (cf. ἐσσέσθειν v. p. 105).

Mais béotien : σουνχαλέσσαντες REG 1899 p. 51 a 15. Cf. ᾿Αγασσιγείτων ᾿Αγασσίδαμος IGS 1, 2446 ; 2718; 2719; 3187.

Le dorien poétique connaît ὀμόσσαι: : ἐδάμασσε SGDI 1654, inscription versifiée de Sybaris, et, dans Pindare, ἐχάλεσσε OI. VI, 65; IX, 63, ὀμόσσαις Οἱ. VI, 20, δαμάσσαις Οἱ. IV, 92. Mais sur les inscriptions doriennes rédigées en prose, dans les pays même où le 5 s'est maintenu, on ne découvre que ὀμόσαι avec un seul sigma : Ælide. ὀμόσαντες SGDI 1151, 11. — Delphes. Avant le n° siècle : ὀμόσας SGDI 25071, 15, ἐξομόσηι 2561 6 57. — Argolide. ἐπαινέσαι SGDI 3358, 5, ἐξήμεσε 3340, 128, à Epidaure. — Calymne. ἐπαινέσαι 3569, 14. — Cos. ὀμόσαντες 3636, 27. — Héraclée.

τ. Π n'y ἃ pas à tenir compte de χάλεσαι et ἐπαίνεσαι gravés sur l'inscription ionisée SGDI 215. | SU

ὀμόσαντες 4629 1 118. — Crète. παραχαλέσαι AJA 1896 p. 576 n°60 1. 7, ὀμόσοντι AJA 1897 p. 191 n° 19 L. 12, συνεασομόσαῦθαι ἰδ. p. 211 n° 24 1. 19, ἐσχαλέσωντι tb. p. 232 n° 3 1. x, etc. Cette unanimité prouve que les Doriens prononçaient ὀμόσαι" : le poétique ὀμόσσαι est un reste de la langue des populations qu'ils ont vaincues.

Dans la langue homérique, les aoristes en -σσὰ et en -σὰ vivaient côte à côte : ἐδάμασσα ὀλέσσαι, ἡρασάμην ὁμόσαι. L'ionien postérieur délaissa le type à double sigma, qui ne se maintint que dans l'élégie : τανύσσεται Archil. 3, 1, ὀλέσσαι Théogn. 323, 831, ἐγέλασσε Théogn. 9, ete. « Le seul cas de -σσα dans l'iambe, par conséquent en prose, est ἠράσσατο, Archil. 30. » (Hoffmann, Griech. Dial. HT, p. 569). Les Athéniens à l'époque historique, disaient ὀμόσαι, mais leurs poètes ne renoncèrent pas tout à fait à l'autre formation : ὀλέσσας Soph. Ajax 390, ἀφυσσαμέναν Eurip. Médée 822, Guo(c)s CIA IV D 492, inscription versifiée citée Meisterhans, Gramm. p. 72.

De plus, l'attique ἃ eu des formes qui supposent l'existence, à un certain moment, de l'aoriste en -σσα. Ce sont d'abord ἐρασθείς, χρεμαστός. ele. D'où vient ce σ analogique, sinon peut-être des doublets τασσα et -204°? — Puis les verbes en -"uw*. Ils ont été créés à des époques fort diverses : ἕννυμι est ionien et attique ; σδέννυμι se rencontre en ionien et en attique et Pindare dit σδεννύω Pyth. 1,5: χεράννυμι, χρεμάννυμι, πετάννυμι, σχεδάννυμι appartiennent en propre au dialecte attique (Kühner-Blass, Gr. Gr. II p. 230); ζέννυμι, χορέννυμι. χώννυμι n'apparaissent que chez des auteurs récents. Or ἕννυμι, est nouvellement sorti de *owu, refait lui-même (cf. hom. χαταείνυσα), non d'aprés le parfait ἕσμαι", mais d'après l'aoriste ἔσ-σαι ὃ; — σδέννυμι lui

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