‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 78 sur 107 · FAC · texte numérisé non relu

FAC

δοχίμωμι. de δοχιμώω (p. 171) et par conséquent φῦημι de

4" L'imparfait éolien ἐφθης, ἐφῦη, ἐφίλητε,,, aurait, selon M. G. Meyer (Gr. οὖν, δ p. 97 et 5% suiv.), subi l'analogie des aoristes comme ἔδλην, pay, ἐδίων; il serait devenu athématique ; ensuite le présent aurait pris le même caractère, Il suflira, pour réfuter cette hypothèse, de rappeler qu'en arcadien linfinitif aoriste passif est en #y, tandis que gs a pour infinitif φιλῆναι (p. 155), Et puis l'aoriste peut-il avoir une telle influence sur l'imparfait, qu'il le détache pour ainsi dire du présent”?

5 D'après M. Hoffmann (Gr. Dial. NH, p. 573 suiv.), ἐφίχην serait un aoriste athématique aussi ancien et aussi originel que ἔβλην, ἔγνων, ete. Etant venu à jouer le rôle d'imparfait, il aurait amené φιλέω à la conjugaison en -y. On objectera que la plupart des verbes contractes sont dénominatifs; or, les aoristes en τὴν, -4v, τῶν sont des formations primaires. Par conséquent l'hypothèse d'un aoriste ἐφίλην manque de vraisemblance.

6 Depuis Hirzel (Zur Beurtheilung, p. 58) plusieurs

savants ont admis que la conjugaison gi: était originelle

(cf. Henry, Précis p. 89 n. 1: Führer, De dial. boeotica, p. 36 suiv.). Comme le fait remarquer M. Brugmann (Gr. (ἐν. p. 285), tiuau seul peut être primitif. Aussi cet auteur propose-t il cette explication — c'est sa première — : τίμαμι date de l'époque indo-européenne : φίλημι et δοχίμωμι se sont par la suite modelés sur lui. — Mais il est impossible, dans ce cas, de rendre compte de l'y éolien de δίννηντες, χατοιχήντων. ὁπ regard des participes aoristes passifs ἀγρέθεντες, ἀποστάλεντες : en eflet, un prégrec τιμᾶμι aurait eu pour participe τιμᾶντ- (cf. γέλᾶντος p. 168), d'où par analogie serait venu διννεντ- et non àwyy7-. La conjugaison entière de τίμᾶμι (τίμαιμι). telle que nous la trouvons en éolien, ne remonte pas à une aussi haute antiquité.

Elle ne s'est développée que peu à peu. A l'époque d'unité linguistique grecque, il existait déjà un infinitif

VE ei 4 “

φιλήμεναι φιλῆμεν et un participe φιλήμενος. dont les vestiges sont épars dans toute la Grèce : béotien προστατεῖμεν ἀδιχῖμεν χαρτερῆμεν. éléen δαμοσιῶμεν, crétois δαμιῶμεν. ionien épique

γοήμεναι φιλήμεναι ἀρώμεναι ; — éolien ποιήμενος τεχνᾶμενος,

thessalien διεσαφείμενος. béotien δείμενος ἀδιχήμενος. arcadien ἀδικήμενος. éléen χαδαλήμενος. pamphylien ωλήμενυς. locridien, phocidien, delphien χαλείμενος. phocidien ᾿Λσδολώμενοι, crétois χρήμενος ἀδιχήμενος. larentin «ιλημενός. liparien Φιλωμένα. ionien ἀλιτήμενος,

L'infinitif ayant été d'abord un nom verbal placé en dehors du système du présent, φιλήμεναι ne provient ni de *oveyeueva ni de ἔφιληνεέμεναι. mais fut tiré directement d'un thème φιλη-. comme les autres noms verbaux : rwrτός τίμη-σις φιλη-τός μισθω-τός, latin fé-mina, etc. (cf. Brugmann, Gr. Gr.’ p. 305). Le participe gduevos' en sortit bientôt, car φιλήμενος est à φιλήμεναι comme τιθέμενος est à *ruéueva. Restreintes primitivement aux verbes dérivés de noms, ces terminaisons passérent ensuite aux autres

verbes contractes (cf. p. 183).

Φιλήμεναι, φιλήμενος. une fois entrés dans le système de

conjugaison grecque, pouvaient être cause de formations analogiques. La première en date fut l'optatif en 7. Sur le modèle de λυθείην : λυθήμενας. γνοίην : γνώμενα! — dont l'influence analogique était accrue par τιθείην. διδοίην —, on créa φιλείην. Ainsi sont nés les éoliens φιλείην, νοείην. ἄσαιο et les éléens συλαίη. uatro.

C'est aussi par une sorte de fusion de τιμάοιμι et de τιμαίην. de φιλέοιμι et de φιλείην. de δηλόοιμι et de δηλοίην que furent constitués les optatifs attiques +gury, φιλοίην, δηλοίην. comme σχοίην le fut de σχοῖμι et de *oycérs*.

M. Wackernagel, dans ses Beiträge zur Lehre vom

1. La voyelle longue de l'aoriste ἐφίχλη-σα, verbe dénominatif, en regard de ἐχάλε-σα. verbe primaire, est due en grande partie à ces noms verbaux φιλήμεναι φιλήμενος.

a. « Traces of this [athematic] formation may be seen in .. {πὸ Opt. in

WMV, τοῖὴν (for which however in the case of verbs in τέ we expect -Ey

as in χιχείην and Aeolie gtAcér.) » Monro, 6r. Hom. ? p. 20.

Griech. Aksent, p. 33 (ef. ὦ, Meyer, Gr. Gr.! p. 6604 Brugmann, Gr, Gr. p. 338 suiv.) explique les optatifs en ou par la concordance d'accentuation qui existe dans les pluriels σχοῖμεν, φιλοῖμεν d'une part et δοῖμεν, διδοῖμεν de l'autre, d'où les singuliers σχοίην, gdoiry sur δοίην, διδοίην, Pourtant, puisque διδοῖμεν n'est pas primitif, mais a remplacé un plus ancien *ôloye) (Brugmann L. €.), pourquoi ce δίδοιμεν, qui était tout à fait parallèle à λύοιμεν, n'a-t-il pas transformé 25ow: en λνοίην 2 D'ailleurs, l'optatif ἰοίην, du verbe εἶμι, n'est pas sorti de fox par imitation de διδοίην, car le pluriel παρίοιμεν (Aristoph. Lys. 153) est proparoxyton. Il n'est que its, modifié par lou",

Les optatifs aoristes éoliens en -owy sont ἀγαγοίην Sa. 199, λαχόην Sa. 9. Cette terminaison ne s'était pas étendue à tous les aoristes thématiques, comme le montrent προμόhot Th. 29, 40, εἴποις Alc. 83. Les Athéniens disaient σχοίην. Hippocrate ἃ écrit εὑροίης 1, 590. Les meilleurs manuscrits de la Batrachomyomachie commencent le vers 159 de ce poème par les mots ἐλθοίμην ἀρωγός. M. Ludwich (Batrachomachia) les corrige en ἔλθοιμ᾽ ἠὺς épwyés. Auparavant, Franke et Baumeister avaient changé ἐλθοίμην en ἐλθοίην et Wolf en ἐρχοίμην ἧ. La correction la plus simple est évidemment ἐλθοίην.

Or les Grecs ont possédé une base 2fr-, qui a survécu dans l'aoriste crétois ἐπελθιόντες CD* 125, 5, dans l’aoriste béotien ἀπείλθειον BCH 1885 p. 417 n° 26, et dans le parfait béotien ducseihhemxe* — att. διεξελήλυθε BCH 1893 p. 553, 2. ᾿Ελθοίην lui sert d'optatif, comme φιλοίην est l'optatif de

φιλέω : il suppose un plus ancien *ë6ewy.

1. ἴοι Ξ οἱ: ἐξίη T 209 : ἰούην était en usage chez les Athéniens ; on le trouve dans Sappho frg. 159 et à Trézène : ἰοίη BCH 1893 p. 861. 5 (archaïque). Cf. εἴημι, c'est-à-dire ἔημι * πορεύομαι ; — ἴεσσα - βαδίζουσα Hésychius.

2. Ces trois derniers auteurs cités par Veitch, Greek Verbs irregular, s. Y. ἔρχομαι. |

3. Le béotien ἀπελθείοντες IGS I 1548: 1549 est plutôt un parfait qu'un aoriste, car il est traduit par ἀπεληλυθότες IGS I 1557 dans une formule analogue en langue commune. : ῳ :

Les bases σχη-. εὑρη- qui ont donné naissance à ἤσχετην, Ἐξύρειην, puis, par contamination, à σχοίην, εὑροίην se retrouvent dans les futurs σχήσω, εὑρήσω. On pourrait admettre que λαχοίην est analogique de *vyowy, dont il est parent par le sens, et qui aurait pour base τυχη- (cf. τυχήσω fütur, ἐτύχησα Ὁ 581, W 466), — et que ἀγαγοίην, est dû à une confusion des verbes ἄγω et zyéoux, comme par exemple dans le locridien ἄγειν SGDI 1459, 1, 3 (mais ἐπάyes 1478, 13). IL est à croire toutefois avec plus de vraisemblance que la terminaison -οῖὴν est sortie de son domaine. C'est ainsi qu'Hippocrate ἃ dit εἰδοίη pour εἰδείη (I 624) et que l'optatif parfait actif est le plus souvent en ou chez les Attiques !: προεληλυθοίης, rerodoir, etc. (Kühner- Blass, Gr. Gr." I p. 53).

Les optatifs du type φιλοίην n'existèérent pas seulement en attique. En ionien on trouve νικῴη Tyrtée 12, 4, ὀπτῴη Hérodote VII 137, πλουτοίη Tyrtée 12, 6, ἐννοίης, aiwpoins, διαρροίης dans Hippocrate (Smyth, Zonic p. 542 suiv.) etce., et mème ἀνωθεοίη sur une inscription de Téos OH, IH, τοῦ ἃ 10.

Les poèmes homériques ne renferment que φιλοίη ὃ 692, gopoin : 320. La rareté de ces formes ne doit pas faire illusion ; sans doute le type gd£ou: y est plus fréquent (Curtius, Verbum * I, 108), mais la disproportion n'est pas excessive : à φιλοίη s'oppose le seul géo: ο 305, et à φοροίη seulement φορέοις Z 457. En outre géo, χαλέοι trouvaient bien plus commodément place dans le vers que φιλοίη.

En pays dorien, se rencontrent à Delphes ἀπαλλοτριωοίη SGDI 1718, 13, en Crète ἀδικοίη Cauer Del.* (= CIG 2556) 119, 47, en Elide δαμοσιοία (de dauosww) Jahreshefte d. üsterr. arch. Instituts I, 193 1. 4; et chez Epicharme 135 λῴη (mss. λοίη).

Puisque φιλοίην existe dans diverses parties de la Grèce,

1. προελχηλυθοίην serait-il προεληλύθοιμι influencé par εἰδείην ? 2. ἐπισχοίης E afr est fort douteux.

φιλείην et φιλοίην furent créés avant que l'éolien devint une individualité indépendante,

Φιλήμεναι, güfueros, φύκείην (gdoirr) sont les formes Îles plus anciennes de la conjugaison néo-athématique : =s autres sont dialectales,

Din, ἐφίλην et le système entier du présent ne purent sortir de ces modestes germes sans l'intervention d'un autre facteur, Quel futil? Le phocidien nous l'apprend.

Tandis qu'en béotien les infinitifs en -eyer, avec leur apparence thématique (cf. ἐνφερέμεν), demeuraient improductifs et causaient même la disparition presque complète des participes en -ειμενος ἦς, tandis qu'en delphien -ειμενος resta confiné jusqu'après l'an 200 dans an certain groupe de verbes en -w, il fut au contraire adopté en Phocide aussi bien pour χαλέω. verbe non dénominatif, que pour géo, Alors φιλείμενος. trouvant un solide appui dans τι- Aero, φιλεῖσθε, ἐφιλεῖσθε, φιλεῖσθαι. etc., fut assez puissant pour faire surgir une 3° personne du pluriel τιλεῖνται (rorira), et peut-être toute une conjugaison néo-athématique du médio-passif (cf. Brugmann, Gr. Gr. p. 286 Remarque).

En ionien-attique et dans la plupart des dinlectes doriens, εξ se contracta en un e long fermé qui resta, jusqu'à une époque très tardive, distinct de [ἢ primitif. Par suite, φιλήμενος, φιλήμεν(αι) se trouvèrent isolés. Ils s’effacèrent donc devant φιλούμενος, φιλεῖν. et ne laissèrent que quelques vestiges attestant qu'ils avaient un jour vécu.

Mais en éolien asiatique, les contractions * produisirent φίλητε, ἐφύνητε. φίλη (impér.), φίληις, gd (sub].), φθηαι, φθα)ται, φίλησθε. Un rapprochement s'établit entre φύλητε, φυλείην.

Re Pr

1. Parce qu'ils favorisaient -E0lLEVOC, car à φερέμεν RP Pet un participe φερόμενος.

2. La survivance des formes non contractées δοχέεις. φύξει, etc, doit moins étonner encore que la coexistence de χείσεαι Sa. 68, 1, ἀχούσεαι Th. 29, 21 avec ἀποίχηι Sa. 109, 1, ἔσηι Alec. 67: 87. πέλη Th. 30, 14, πότη: Sa. 41, 2.

NC, : ἐκ, &. pe δ als. ss ET és RS ONE: δα

φιλήμενος d'une part et τίθετε, τιθείην, "τιθέμενος de l'autre. L'r tendit à supplanter le groupe vocalique 20 dans le reste de la conjugaison : φιλέονται, φιλέοντες devinrent φίληνται, φῦηντες, selon la proportion φίληνται, φίληντες : τίθενται, τίθεντες comme φίλητε, φίλησθε : τίθετε, rileche. Mais à cause de φιλείην, si semblable par sa finale à τιθείην, λυδείην, on forma aussi des participes avec € bref : φίλεντες. comme un impératif φίλεντον. De là vient l'hésitation remarquée dans le vocalisme du participe : χατοικήντων mais εὐεργετέντεσσι, Lorsque la conjugaison φίλημι fut tout entière créée, elle se trouva assez semblable mais non identique à celle de lux : les deux verbes réagirent l'un sur l'autre, et produisirent d'une part φίλεισι, de l'autre τίθη, τιθήμενος. De là aussi la variété de formes des trois premières personnes du singulier dans les verbes en -αιμι (p. 169) et en -wyx (p. 179).

La création de δοχίμωμι et de τίμαιμι s'effectua parallèlement à celle de φίλημι, Grâce en effet à la confusion des deux sortes ἰδ en éolien, la conjugaison de ôoxy60 produisit les formes contractes δοχίμωμεν, δοχίμωτε, etc, qui furent réunies en un nouveau système verbal avec δοχιμώμενος et δοχιμοίην. De même on doit supposer que τιμᾶετε, τιμᾶομεν se contractèrent en τίματε, τίμαμεν. La contraction de ἄο en à se déduit du subjonetif δύνανται (p.170), qui, comparé à ποιέωσι, ἀνατεθέωσι (p.164) remonte sans doute à ôvyxoyrai",

La formation d'une conjugaison néo-athématique complète étant subordonnée aux contractions de &c, 0e, disons mieux, au passage éolien de ὃ, à fermés à ὃ, 6 ouverts, φίλημι, στεφάνωμι ne datent pas d'une époque très lointaine. Au temps des poètes φιλέω fut encore assez fréquemment employé; il céda de plus en plus devant φῦημι, mais, la tradition littéraire aidant, il réussit à ne pas disparaître tout à fait de la langue *.

1. La contraction de -@a(F)oyt- en -φωντ- dans [᾿Δριϊστόφωντα IGMA 646 c 19 est trop récente pour lui être opposée. . 2. Τιμᾶμεναι resta improductif en ionien-attique, parce qu'il y devint τιμήμεναι, — et en pays dorien parce que l'indicatif y était τιμῶ τιλῆ!ς, τιμῆι, etc, ordinairement.

Les doublets φίλεντες, φίληντες et, pour ainsi dire, la riva-

lité de ε et de x dans la conjugaison, eurent pour consé-

quence le changement accidentel de φέω en gd4w. Mais

φήω vécut peu de temps, car on n'en voit aucune trace

sur les inscriptions, Peut-être même n'eutil une existence réelle qu'en poésie.

Lorsque ὃ ouvert eut rejoint en thessalien [δ fermé, une conjugaison néo-athématique der naquit dans ce dialecte, Différente par son origine de celle de l'éolien, elle s'en distingue encore par le fait qu'elle se modela plus exactement sur few: : son participe actif a toujours la voyelle brève : ἀγορανομέντουν. etc., contrastant avec les doublets éoliens -e7-, -1»7-, comme aussi la 3° personne du pluriel médio-passive ἐφανγρένθειν s'oppose, par l'e de son thème, aux éoliens προνόηνται, διασάφηνται, — Nous n'avons pas de preuves de la formation de τίμαμι ni de δοχίμουμι en thessalien.

L'arcado-cypriote ayant, comme l’éolien, contracté εξ en 1, 0€ en ὦ. posséda les conjugaisons φῦημι et στεφάνωμι. Mais l'infinitif actif y prit la terminaison des verbes athématiques : ἀπειθῆναι, χατυφρονῆναι, tandis qu'inversement en éolien asiatique φίλην imposa sa finale thématique à l'aoriste passif ἀνατέθην, comme στεφάνων fut cause de l'infinitif δίδων.

Enfin, si le cyrénien eut une conjugaison athématique, il a confondu aussi ὃ 6 fermés avec ὃ ὁ ouverts.

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