‹ Étude sur le dialecte éolienChapitre 81 sur 107 · LE FUTUR · texte numérisé non relu

LE FUTUR

Chez les Eoliens, le futur des verbes en 0 -yo -v0 vw était en -co ἧς celui des autres verbes, en -cw. Par exemple:

ἐμμενέοισι IGMA 6, 29, ἐρέω Th. 29, 3,

ὑπάρξοισι OH, II, οὔ b τι, διώξει Sa. x, 21, δικάσσω IGMA 526 © 12, ἀείσω Sa. 11, 2, ἔσσονται IGMA 6, 27, ἔσσομαι Sa. 96, ἔσσεται Sa. 68, 2, Th. 30, 6, 12, ἀναθήσει IGMA 14, 12, δώσομεν Sa. 97, ποήσω IGMA 526 c 19, φοιτάσεις Sa. 68, 4 et beaucoup d'autres *.

Le futur dorien fut étranger à l’éolien ; il semble l'avoir été au thessalien, au béotien et à l'arcado-cypriote.

Thessalien : ἐσσέσθειν SGDI 345, 16, ἐσσομέναν 1332, 39.

Béotien: γενήσεται Aristoph. Acharn. 805, ἀεισομένα Corinne 20. Le futur de εἰμί « être » eut deux formes, l'une moyenne ἔσσετη REG 1899 p. τι αὖ : l'autre active à l'infinitif ἐσσεῖμεγ SGDI 425 : 500: ὅοι : 345 c: REG 1899 p. 51 a 18, dont la diphtongue εἰ rappelle lhomérique ἐσσεῖται. ὁ

“ὦ Lusliin ἐσσιζλεν κα “ἀπ τ “εχ: ἐξ, |

1. Il est inutile d'insister sur les futurs ἄρσω ἔλσω θέρσω χέλσω χύρσω ὄρσω φθέρσω connus par les seuls grammairiens et extraits par eux du vocabulaire épique (Meister, Gr. Dial. I p. 185). 9

2. Futurs passifs ἀναγραφήσεται IGMA 5 ὃ 51, διαλυθήσονται 6, 27, ἀποδειχθησόμενον, ἀποδειχθησομένους OH, IL, 157, 6, 9. 3

Arcadien: πέσσεται " ὀπτήσει (glose), et peut-être ἔ[σ]ετοι

= att. ἔσται BCH 1892 p. 568 1. 24.

Cypriote : πείσει SGDI 60, 12, 25 ; ἔξο(ν)σι ἰδ. 1. 3x,

L'ionien-attique ne possède que quelques vestiges apparents du futur dorien., Homère emploie trois fois ἐσσεῖται et Hésiode une fois; recéoux est épique. En attique on trouve πεσοῦμαι. puis (Kühner-Blass, Gr, Gr. IX, p. 106):

χεσοῦμαι à côté de χέσομαι,

φευξοῦμαι (fréquent) à côté de φεύξομαι. πλευσοῦμαι et πλεύσομαι,

ῥευσοῦμαι (1 fois) οἱ ῥεύσομαι,

χλαυσούμεθα (1 fois) et χλαύσομαι.

γευσούμενο: (1 fois et incertain) et νεύσομαι, πευσεῖσθαι (1 fois) et πεύσομαι.

Le futur recéoux, πεσοῦμαι repose sur une base dissyllabique, comme le seul πέπτωχα suflit pour le montrer. M. Brugmann (Gr. Gr. p. 322) se demande s'il ne remonte pas à un plus ancien *pete-somai (cf. sk. pétatra «aile »). Nous admettrions plus volontiers qu'il exista tout d'abord un présent *ple-y6mai (cf. rre-p6v), qui prit ensuite le thème de l'aoriste ἔπετον. d'où résulla *peleyomai: cf. πετήσομαι « je volerai » Aristoph. Paix 35, 1126, produit de la contamination de πτήσομαι et du présent πέτομαι. Ce retéoux., ayant reçu le sens de futur, subit alors l'influence du futur véritable ἔπετσω. ἔπεσσω ἡ. d'où la forme définitive πεσέομαι, πεσοῦμαι.

Φευξοῦμαι, déjà homérique, se modela de bonne heure sur πεσοῦμαι ; l'un et l’autre verbe en ellet sont usités dans le sens de « être banni ». Cf. d'un côté οἱ ἐχπεσόντες « les bannis », et de l'autre :

δὴ τότε γ᾽ ἄλλων δῆμον ἀφίχετο πατρίδα φεύγων ο 298. 1. Cf. Oracula Sibyllina πεσσέομαι 10, aff; πέσσομαι τὰ, «39: πέσομαι

3, 83. Le changement de πετέομαι en πεσέομαι entraîna celui de ἔπετον en ἔπεσον chez les loniens et les Athéniens.

« banni de sa patrie, il arriva dans un autre pays »,

Le fait que φεύξομαι οἱ πεσοῦμαι avaient la voix moyenne, ne fut pas indifférent à la transformation du premier,

Χεσοῦμαι à son tour est analogique de πεσοῦμαι (Brugmann /, €. p. 329).

Πλευσοῦμαι, πνευσοῦμαι, ῥευσοῦμαι, νευσούμενοι, πευσεῖσθαι sont tous des futurs moyens dont la racine contient la diphtongue εὐ, Comme tous sont posthomériques, il est vraisemblable que tous ont été formés d'après φευξοῦμαι, A leur suite, ils ont entraîné χλαυσούμεθα, futur moyen avec la diphtongue αὖ,

Quant à ἐσσεῖται. il est ancien, puisque son pendant se retrouve dans le béotien ἐσσεῖμεν, Ou bien il résulte du mélange de ἔσσεται avec “era (de ᾿ξ σεται) ἡ ; ou bien plutôt il est formé sur une base dissyllabique *es-êi, qui semble exister dans l'imparfait homérique ἔην * et dans le sanscrit dsts, âsit® «tu fus, il fut ». Dans ce cas, la 2° personne du sing. de l'imparfait, sans augment, devait sonner *ées de *eseis (*esêis (cf. Ζεύς de *dyêus) et la % personne *éy(r) de *esêit (cf. πλω-τός de *plôu-los, θῆλυς de “dhèi-lus). L'addition du » euphonique produisit ἔην. qui imposa son ἡ ἃ la »° personne ἔησθα. Mais d'autre part le subjonctif tiré de la base *esei-, contenue dans *eseis « tu étais », fut *ese)-eti*, qui, soumis à l'influence de ἔσσεται. devint le futur homérique ἐσσεῖται. Semblablement, une base dissyllabique ey--êt, (cf. tu: p. 208 n. 1), se rapportant au verbe εἶμι. peut expliquer l'imparfait attique ἤεισθα «tu allais », ἤει, (few): ici, c'est le vocalisme de la 2° personne *eyeis {*éyeis qui l'aurait emporté.

Les dialectes du nord-ouest de la Grèce n'ont pas ignoré

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