RE. ΣΝ
d'Athènes s'était formée d'éléments venus de diverses parties de la Grèce.
En réalité la nation athénienne et les peuples ioniens — on dirait volontiers la race ionio-attique — ne se sont constitués que tardivement. M. Eduard Meyer a même soutenu (Philologus, N. Ἐς II, p. 268 suiv.; IT, p.439 suiv.) qu'avant la colonisation des côtes lydiennes et cariennes par les Grecs, il n'existait pas d'Ioniens, à proprement parler.
A l’époque mycénienne donc, la Grèce entière était occupée par une race panachéenne unifiée !, possédant une culture avancée et sensiblement la même partout, et parlant une langue aux différences dialectales peu accentuées. Les Doriens survinrent, dans la bouche desquels sonnait un autre idiome grec. 115 troublèrent l'unité primitive ; ils la scindèrent (Kretschmer, Einleitung, p.413). Par suite de ces bouleversements, de multiples nationalités grecques se formèrent peu à peu, indépendantes et plus ou moins jalouses l’une de l'autre. Alors les différences dialectales s'accrurent ; alors naquirent véritablement et l’éolien, et l'ionien-attique, et le béotien, et les autres dialectes *.
Tandis que le langage des Béotiens et des Thessaliens se laissait imprégner par celui des Doriens vainqueurs, l'éolien, l'ionien et l'arcadien, échappant à la promiscuité avec le dorien, conservèrent leur caractère panachéen et se développèrent isolément en toute liberté.
Toutefois ni les peuples, ni les dialectes, surtout dans
παρ᾽ ᾿Αθηναίους οἱ δυνατώτατοι ὡς βέδαιον ὃν ἀνεχώρουν. χαὶ πολῖται γηνόμενοι εὐθὺς ἀπὸ παλαιοῦ μείζω ἔτι ἐποίησαν πλήθει ἀνθρώπων τὴν πόλιν, ὥστε χαὶ ἐς ᾿Ιωνίαν ὕστερον ὡς οὐχ ἱχανῆς οὔσης τῆς ᾿Αττικῆς ἀποιχίας ἐξέπεμψαν (Thucyd. I, 2).
1, Ilexistait même une sorte de vague unité politique, à laquelle font allusion ces paroles d'Ulysse au Cyclope :
2. M. von Wilamowitz dit ({ermes XXI, 108) que l'ionien et l’éolien ne sont que le produit des déplacements des peuples.
les premiers temps, ne furent séparés par des barrières infranchissables. Les Eoliens et les loniens avec les Athéniens adoptèrent une façon presque identique de décliner les thèmes en ὁ et en α, Ces habitudes de langage s'établirent-elles déjà dans la Grèce d'Europe avant l'émigration définitive des FEoliens et des Ioniens, — ou bien s'expliquent-elles par le fait que dans la race éolienne se seraient fondus de nombreux éléments ioniens, — ou bien encore la séparation nette et tranchée des Eoliens et des loniens ne s'opéra-t-elle que sur le continent asiatique? Les hypothèses que l'on échafauderait à ce propos ne pourraient guère se démontrer, Mais postérieurement, quand les Eoliens et les Ioniens furent relégués l'un près de l'autre en Asie-Mineure, ils eurent encore d'autres particularités communes : ils cessèrent d'articuler l'esprit rude et se débarrassèrent de bonne heure du duel”,
Toutefois, dans la suite des siècles, les deux dialectes voisins allèrent se différenciant de plus en plus. L'éolien confondit les deux ὃ et les deux 6, d'où lui vint sa conjugaison néo-athématique, et accorda la préférence aux formations morphologiques qui possédaient un double sigma. L'ionien au contraire continua à distinguer les voyelles longues ouvertes des fermées, et simplifia 56, ce qui occasionna la disparition de la désinence -εσσι et des aoristes δικάσσαι, τελέσσαι, ὀμόσσαι *. La poésie homérique faisait encore usage de maintes formes restées vivantes en éolien, mais déjà archaïques en ionien et destinées à disparaitre *.
1. Voir, pour l'éolien, Meister, Gr. Dial. 1 p. 100 suiv., 158 suiv. ; Hoffmann, Gr. Dial. II p. 462 suiv., 537. — On doit reconnaître que ces relations étroites entre l’éolien, l'ionien et l’attique restent encore douteuses.
2. La transformation de l'4 primitif en ἢ donne à l’ionien un cachet tout particulier, Mais, dit M. Kretschmer (AZ XXXI p. 206), elle s'est produite en un temps où il y avait d'autres différences dialectales, et n'est pas suflisante pour distinguer le groupe ionien-attique d'un autre groupe formé de tous les autres dialectes. ἌΣ, |
3. Il n'y a sans doute pas d’éolismes véritables dans les épopées homé- 9 : -
Les peuples grecs qui furent soumis aux Doriens adoptèrent à la longue le langage des conquérants ; mais ils y introduisirent quelque chose du leur, On a noté en passant : des aoristes en -554, -σὰ pour -ξα (p. 104), le datif pluriel éléen et delphien en -c661, le participe parfait delphien en -ουσα. Peut-être faudrait-il attribuer au panachéen les datifs pluriels en τοῖσι, -auot et les optatifs en -ceux qui se découvrent çà et là dans les pays devenus doriens. Ces survivances du passé ont attiré l'attention de plusieurs savants'. Si intéressantes qu'elles soient, elles rendent très difficile la comparaison du dorien véritable avec le panachéen.
C'est surtout dans la littérature que le panachéen devait, en pays dorien, laisser de nombreux vestiges. Les envahisseurs Doriens étaient des semi-barbares (Kretschmer, . L. c.), tandis que les Panachéens, beaucoup plus civilisés, possédaient des œuvres littéraires peut-être considérables. La tradition fit créer une langue poétique dorienne, où les éléments doriens et archaïques étaient mêlés au gré des auteurs eux-mêmes. Un de ses plus remarquables spécimens est le dialecte composite que Pindare a choisi.
riques ; l'origine éolienne de l'& long de θεά, λαός, -20, -αων, διψάων. etc , n'est qu'une hypothèse.
1. Cf. Hoffmann, De mixtis graecae linguae dialectis, Gôttingen, 1888. — Merzdorf, Die sogenannten äolischen Bestandteile des nôrdischen Dorismus, dans les Sprachwissenschaftliche Abhandlungen aus G. Curtius Gramm. Gesellschaft p. 21 suiv.
A LONG: Conservé sauf en ionien- ; attique, p. 23; — devenu ἢ en ionien-attique, 260 n. 2; — les ἃ homériques, 261 n. 1.
ACCENT : la barytonaison éolienne, 117 suiv.; — sa cause, 121 ; — sa date, 119; — la tradition ne remonte pas à l'époque des poètes, 119 ; — la barytonaison s'applique peut-être aux mots contractés, 117; — elle a été imposée par les Alexandrins à certains mots homériques, 119,— L'accent en béotien, 121; — en dorien, 122 ; — cas remarquable d’accentuation éolo-ionienne, 122.
ACCUSATIF singulier en τῆν, -Ety, 150, 151, 453, — en -WY 149, 153.
Accusatif pluriel éolien en -LE, LAS, -ἰς, 154; — accusatif éolien et dorien σφεῖς. 156.
ADJECTIFS en -ννος, 84 suiv.
AORISTE: ἐφίλησα pour *épuecx, 159, 207 n. 1.
Aoriste éolien en -AÀ&, 86, — en ᾿ς «ρβρᾶς 87, —en-Vvx, 88, — en μμα, 89: — aoriste thessalien en -ÀÀZ, «ρρᾶ, -ννα, 90.
Type δικάσσαι. 99 suiv. — Type
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