‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 3 sur 101 · RET ΤΗΝ · texte numérisé non relu

RET ΤΗΝ

ÉTUDE

SUR LE

LE VERBE : Syntaxe des Propositions.

INTRODUCTION

I. — En présentant comme thèse de doctorat ses Études sur La langue et la grammaire de Tite-Live, M. Riemann a donné de ce genre de travail une apologie qui ne nous laisse rien à dire et à laquelle nous sommes heureux de renvoyer.

Nous abordons immédiatement les considérations générales qui doivent précéder l’étude spéciale de la syntaxe des propositions dans le grec du N.T.

Nous examinerons rapidement ce qu'est le grec postclassique, et, en particulier, le grec du N.T., auquel le premier sert pour ainsi dire de cadre. Puis, nous déterminerons les limites de notre travail; nous indiquerons pour quelles raisons nous l'avons entrepris, et de quelle manière nous l'avons exécuté.

Formation du Grec post-classique.

IL. — « Une langue, dit Εἰ. A. Sophocles!, ne change pas instantanément, mais peu à peu, par degrés insensibles ; il est donc impossible de fixer le moment précis où un état de la langue a succédé à un autre. Quoique l’attique soit arrivé à son apogée pendant les guerres avec la Perse, le Péloponnèse et la Macé-

1. Cette citation et les suivantes sont extraites de l'introduction mise par E. Sophocles ea tête de son Greek Lexicon, etc. On peut comparer F.-W.-A. Muccacu, Grammatik der griec. Vulgarsprache in historischer Entwickelung; Introduction, 1-33.

IV INTRODUCTION

doine, il ne faut pas conclure de là que cette apogée ait commencé le lendemain de l’incendie de Sardes et fini le jour de la mort d'Alexandre.

« L'histoire de la langue grecque se divise commodément en six périodes, savoir : |

« IV. — La période alexandrine : de l'avènement au trône de Ptolémée Philadelphe (en 283 avant J.-C.) à la réduction de la Grèce en province romaine (146 avant J.-C.).

« V.— La période romaine : de 146 avant notre ère au transfert du siège de l'empire à Constantinople en 330.

« VI. — La période byzantine : desl'an 330 à la prise de Constantinople par les Turcs en 1453. »

La langue de la quatrième et de la cinquième période est le grec post-classique, qui forme la transition entre le grec classique de la troisième et le grec byzantin de la sixième.

« Arrivé au plus haut point de son développement et à son apogée en tant que langue littéraire, l’attique tenait la tête des dialectes grecs... Dès lors, il commence à les dominer et à les refouler.… »

Au 115 siècle, le dialecte attique a déjà pénétré chez les Ioniens d'Asie (C. 1. G., 3137, 2852, 3045, 3067, 2855, 3069). Au premier siècle avant J.-C., les Béotiens l’ont adopté, comme le montrent clairement les inscriptions (C. Z. G., 1570). L’éolien d'Asie et quelques divisions du dorien résistent à ses empiètements jusqu'au second siècle de notre ère (Ὁ. I. G., 2176, 2181, 2187, 2189, 2190, 3524; 2060, 1346, 1317, 1124). En Macédoine, la cour royale et les personnes lettrées sont familières avec la langue et la littérature d'Athènes. « Dans la seconde moitié du second siècle de notre ère, l’attique a réussi à supplanter tous les autres dialectes (AnisTip., 1, 295). »

« En Égypte et dans la plus grande partie de l'Asie occidentale, le grec n'était pas la langue indigène. Ptolémée, fils de Lagus, premier roi macédonien de l'Égypte, introduisit le dia-

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lecte attique dans ce Pays. Les Grecs qui s’y établissent suivent l'exemple du roi, de ses officiers et de ses flatteurs. Dès lors, les inscriptions grecques de l'Égypte sont en attique (C. I. G., I). »

« Séleucus et ses successeurs introduisent l'attique en Syrie; Eumène et ses successeurs dans l'intérieur de l'Asie- Mineure. Les deux grands centres de ces royautés macédoniennes d'Asie étaient Antioche et Pergame. (Cf. Josëp., Antig., XVII, 11, 4, Bel. Jud., 11, 14, 4; IIL, 9, 1. Pour les inscriptions grecques de la Syrie, de l’Assyrie et de la Mésopotamie, voy. C. I. G., III, p. 211 seqq.) » On parlait et on lisait aussi le grec jusque chez les Parthes.

III La Langue commune. — Avant Alexandre, il n'existe que des dialectes grecs; la langue grecque n'existe pas; ce terme ne pourrait être appliqué qu’à l'ensemble des dialectes généralement parlés et parfois écrits des deux côtés de la mer Égée, dans les îles et les colonies grecques. Quatre ou cinq ΄ seulement de ces dialectes avaient été employés, dans une certaine mesure, pour des œuvres littéraires. A l'époque de la diffusion de l'hellénisme, l'attique seul servait en prose et en poésie pour les genres les plus variés. Ce fut donc l’attique, comme il vient d'être dit, qui remplaga les autres dialectes.

« À partir du second siècle avant notre ère, les grammairiens lui donnent le nom de langue commune (à χοινή), parfois celui de langue grecque (ἣ Ἑλληνική), pour le distinguer du dialecte attique qui est proprement la langue des auteurs attiques de l'époque classique. Quand ils appliquent par ailleurs l'épithète de χοινή, au dialecte de Pindare par exemple, ce mot reprend son sens ordinaire, et ils veulent dire simplement que ce poète a écrit dans un dialecte mêlé; on peut dire, à bon droit, la même chose de la langue d'Homère et d'Hésiode. »

Pendant les périodes alexandrine et gréco-romaine, mais surtout pendant la seconde, la langue commune était plus ou moins parlée et écrite, non seulement dans les pays grecs, d'un dialecte autre que l'attique, mais même chez des races

VI INTRODUCTION

non grecques, et « dans des provinces singulièrement éloignées : en Espagne et en Mésopotamie, et depuis l'Éthiopie jusqu’à la Sarmatie. C'était une sorte de langue universelle, un moyen de communication internationale. Toute personne qui avait reçu de l'éducation était réputée la savoir... C'est: aussi la raison pour laquelle la plupart des écrivains grecs de ce temps ne sont pas natifs de la Grèce propre : quelques-uns même n'étaient pas d'origine grecque. »

Il était impossible que l’attique se répandît ainsi et subît tant de fortunes diverses sans éprouver lui-même des modifications importantes. Quoi qu'il en soit, c'est toujours lui qui forme le fond, la substance de la langue grecque post-classique, universellement employée dans le monde gréco-oriental et gréco-romain.

Α la même époque, on voit apparaître l'atticisme et le style asiatique. Le premier est le grec des écrivains qui prétendent ressusciter l'attique classique avec sa pureté première et son antique splendeur. Le second, composé de mots sonores et de périodes harmonieuses, est représenté (dans la littérature) par les déclamations de Dion Chrysostome, d'Himérius, de Thémis-

tius, etc.

IV. Le grec hellénistique. — Les Juifs de la Dispersion adoptèrent généralement la langue du pays où ils étaient allés s'établir. Un Juif dont la nouvelle langue se trouvait être le grec était dit helléniste ou hellénisant. Le grec qu'il parlait a reçu (de Scaliger, dit Winer) le nom de grec hellénistique. Nous trouvons ce terme obscur et peu satisfaisant. Pour désigner la langue d’un Juif parlant grec, il semble qu'on doive dire : Langue judéo-grecque, langue grecque hébraïsante, grec hébraïisant. Chacune de ces trois appellations définirait son objet, et c'est toujours de l’une d'elles que nous nous servirons pour désigner le grec parlé par les Juifs de naissance et altéré dans leur bouche par l'influence de leur langue ma-

ternelle.

« Les Juifs d'Alexandrie employaient la langue commune de

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cette ville, c'est-à-dire le dialecte attique, plus ou moins modifié par les Macédoniens. Mais, comme à leur tour ils lui imprimèrent par leur manière particulière de penser une couleur hébraïsante, leur langue ne se trouvait. pas identique à celle de leurs concitoyens grecs.

« L'hébreu des Écritures n'était plus compris des Juifs d'Alexandrie ; il devint nécessaire de les traduire en grec. Suivant Aristée ou plutôt le pseudo-Aristée, Juif hellénisant, le Pentateugue fut traduit par soixante-douze savants juifs (six de chaque tribu) sous le règne de Ptolémée Philadelphe. La version de ces soixante-douze traducteurs légendaires est appelée la Version des Septante (LXX), septante ayant été adopté comme chiffre rond. (Voy. aussi Aris{ob. apud CLÉ». ALEX., I, 893 A; et apud Eusës., III, 1097 A; PxiLon, II, 138, 39; Josèe., Antig. Proœæm., 3; Ibid., XII, 2, 1 seq.; et Apion, 11, 4, p. 472; JusrTin, Apol., 1, 31; Thryphon, 68; et Cohort., 13; 1RÉNÉE, 947 À ; CLÉM..ALEX., 1, 889 C; TERTUL., 1, 378 B seq.; ANaT. Laon., 213 A; Éprrx., III, 241 C; 373 seqq.). Les autres livres ont dû être traduits après le règne de Ptolémée Philadelphe, mais antérieurement au premier siècle de notre ère... »

Outre la traduction grecque de l’Ancien Testament, il existe toute une littérature judéo-grecque ayant pour auteurs les Juifs d'Alexandrie !.

Des Juifs hellénisants d'Alexandrie nous passons à ceux de Palestine.

Depuis Alexandre et malgré l'esprit absolument juif du gouvernement des princes asmonéens, l’élément grec et ensuite gréco-romain s'était répandu et implanté dans la Palestine; il y formait souvent des cités entières telles que Ptolémais, Raphia, Césarée, Anthédon, etc. On y parlait naturellement le grec de la langue commune.

L'élément juif, qui formait la très grande majorité de la

4. Voy. l'histoire de cette littérature dans E. Scuürenr, Geschichte d. jud. Volkes im Zeitaller Jesu Christi, 2e édition. Il existe une traduction anglaise de cet ouvrage.

C'est ce même ouvrage de Schürer que nous suivons généralement dans ce que vous allons dire des Juifs de Palestine, de leur langue et de leur littérature.

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population dans la Judée , la majorité dans la Galilée, la Pérée et d’autres districts compris sous la désignation générale de Palestine, parlait non pas l'hébreu, mais l'araméen. Ce mot vient de Aram, « nom qui, dans son sens géographique désigne ce que nous appelons la Syrie. C’est de toutes les langues sémitiques la plus rude et la plus pauvre. On distingue deux branches principales : l’araméen du Nord-Est, que l'on désigne ordinairement sous le nom de syriaque; et l'araméen du Sud- Ouest, dialecte des contrées situées au Nord et au Nord-Est de la Palestine », puis, de la Palestine elle-même. « C'est l'araméen ‘de la Bible qui se rapproche le plus de l'hébreu; aussi s’écrit-il avec les caractères ordinaires de l'hébreu, tandis que le syriaque ἃ une écriture particulière. » Quand et comment l’'araméen succéda-t-il à l'hébreu, nous ne le savons pas d’une manière certaine. Mais il n'a pas été rapporté de Babylone par les exilés; car la littérature juive postérieure à l'exil est écrite presque tout entière en hébreu. C'est par le Nord que l'araméen proprement dit a dû pénétrer graduellement en Palestine?. La période de transition de l’hébreu à l’araméen est marquée par les livres canoniques d’Esdras et de Daniel écrits partie en hébreu, partie en araméen. Au temps de Jésus-Christ, l'araméen était la langue généralement parlée en Palestine comme le prouvent les mots araméens rapportés dans le N. T., &66û, ἀχελδαμάχ, γαῤθαθᾶ, γολγοθά, ἐφφαθά, χορδανᾶς et xop6av, μαμμωνᾶς, μαρὰν ἀθά, elc.; les noms de personne comme Κηφᾶς, Μάρθα, et les nombreux noms composés avec βαρ; les paroles de Jésus-Christ sur la croix. L'hébreu n'était plus compris du peuple ; on lui traduisait en araméen, verset par verset, les passages de l’A. T. qu'on lisait en hébreu au service religieux de la synagogue. Cependant l'hébreu restait la langue sacrée, en usage dans les fonctions liturgiques, et aussi la langue des savants, par exemple des Scribes ou Docteurs de la Loi.

1. S. Pagiswenk, Grammaire hébraïque, introduction, 4. — Cf. G. B. Wine, Grammaire chaldaïque, introduction.

2. Le dialecte araméen existe encore en Syrie. « Malula est silué dans l'Anti-Liban, à 25 milles environ au Nord-Est de Damas. Nous y trouvons, non sans étonnement, des restes de l'araméen que Jésus-Christ parlait à moins de 150 milles de là. » Palestine Exploration Fund, Quatency SrareuenT, 1890, p. 74.

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Malgré la résistance opiniâtre du Pharisaïsme, la civilisation hellénique avait réussi à pénétrer dans l'élément juif luimême, par ses fêtes religieuses, par ses jeux, par ses gymnases et autres institutions, par les arts, par les monnaies, par le commerce et l'industrie, par les relations fréquentes qui s'établissaient nécessairement entre l'élément juif et l'élément hellénique, juxtaposés sur le même territoire et souvent dans la même ville, Au point de vue de la langue, l'influence grecque s’exerça puissamment. Beaucoup de mots grecs (et de mots lalins grécisés) passèrent dans l'araméen des Juifs, comme ἡγεμών, στρατιά, ὀψώνιον, συνέδριον, κατήγορος, διαθήχη, ἐπίτροπος, πανδοχεῖον, χίθαρις, συμφωνία, μονοπώλης, πίναξ, δηνάριον, ἀσσάριον, σουδάριον, γλωσσόχομον, ἰδιώτης, λῃστής, etc.; beaucoup de Juifs, Juifs de sang et de religion, portaient des noms grecs.

Cependant, on ne peut conclure de là que la masse du peuple juif fût familière avec le grec. Les basses classes, en Palestine, ne devaient pas savoir cette langue, ou ne la savoir que très peu. Quand saint Paul s’adresse au peuple de Jérusalem (A., XXI, 40; XXII, 2), il le fait τῇ ᾿Εὐραΐδι διαλέκτῳ, sans doutc: en araméen. Quand Titus, assiégeant Jérusalem, somme 168 assiégés de se rendre, il leur fait parler en araméen.

Dans les hautes classes, la connaissance du grec devait être largement répandue. Non seulementles communautés grecques entouraient la Palestine presque de tous les côtés, mais elles ge reucontraient encore jusque dans l’intérieur de la province (Samarie, Scythopolis, etc.). Les grandes villes juives renfermaient une minorité de Grecs. Les Juifs se trouvaient en contact perpétuel, dans leur propre pays, avec l'élément grec. Cette situation n'a pu durer sans que beaucoup d'entre eux ne se soient familiarisés avec la langue commune.

Pour les grandes fêtes religieuses, les étrangers se pressaient à Jérusalem. On y voyait accourir de toutes les parties du monde des milliers de Juifs, Grecs par leur langue et par leur éducation, autant que l'étaient les prosélytes de race grecque qui venaient chaque année à Jérusalem offrir un 8acrifice dans le Temple. Eu outre, beaucoup de Juifs, qui avaient

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vécu dans les pays grecs et parlaient grec, revenaient ter- miner leurs jours à Jérusalem et y possédaient leurs synagogues particulières; ainsi ceux que le N. T. (4., VI, 9, et cf. IX, 20) appelle Libertint, Cyrénéens, Alexandrins, Ciliciens, Asiatiques.

Les différents maîtres étrangers de la Palestine y introduisirent bien des éléments hellénisants. Avant et après les Asmonéens, le pays avait eu des magistrats dont l'éducation était grecque, par exemple sous la domination des Ptolémées et des Séleucides, et sous celle des Hérodes; d’ailleurs quelques Asmonéens même favorisèrent la civilisation hellénique. Hérode s'entourait de lettrés grecs; il avait des mercenaires parlant grec; les jeux donnés par lui à Jérusalem y avaient attiré et des concurrents et surtout des spectateurs étrangers grecs ou hellénisants. Sous la domination romaine, les magistrats se servaient exclusivement du grec comme langue ordinaire.

La présence d'éléments grecs aussi nombreux et aussi considérables en Palestine permet de croire que beaucoup de Juifs, dans les classes élevées, savaient le grec. Aussi existet-il toute une littérature, due à des Juifs de Palestine, dont la langue est le grec. Citons les lettres du Deuxième livre des Macchabées, et la Guerre juive de Josèphe, composée en araméen et traduite en grec par l’auteur pour les Juifs de Palestine principalement. Un grand nombre d'inscriptions grecques de Palestine sont rédigées en langue commune (C. 1. G., III).

Remarquons ici que l'appellation de οἱ "EAlnves prend parfois un sens spécial dans la langue judéo-grecque, pendant les périodes alexandrine et gréco-romaine. Dans la bouche des Juifs d'Alexandrie et de Palestine, ce nom signifie : paiens, Gentits, idolätres. La diffusion du polythéisme grec suivait celle de la civilisation hellénique ; les populations grecques de langue au milieu desquelles vivaient les Juifs d'Alexandrie et de Palestine étaient en même temps grecques de religion, en général. Il est inutile de donner des preuves de ce fait pour Alexandrie. En Palestine, les monnaies de Raphia portent l'image d'Apollon et d'Artémis, tandis que celles d’Anthédon

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portent l'image d’Astarté. À Gaza s'élèvent les temples de Hé-. lios, d’Aphrodite, d'Apollon, de Perséphone, d’Hécate, etc., et un Héroon ; il existait déjà un temple d’Apollon quand Alexandre Jannée détruisit la ville. Ascalon adorait Aphrodite οὐρανίη et Asclêpios λεοντοῦχος. Hérode avait fait élever des temples en l'honneur d’Auguste et de Rome dans un grand nombre de villes, par exemple à Samarie, Panias et Césarée. Zeus était la divinité principale de Ptolémaïs, etc. — L'appellation de οἱ “ἕλληνες, les idolätres, passe ensuite dans le grec du N. T. et dans celui des Pères de l’Église.

V. Le grec du Nouveau Testament. — C'est en Palestine et en Asie-Mineure que s'est formé le grec du Nouveau Testament. « Les auteurs du N. T. étaient des Juifs hellénisants. 115 ont employé la langue commune telle que la parlaient les Juifs qui n'avaient reçu qu'une instruction médiocre. Comme un abîme séparait la doctrine des Apôtres de la religion grecque, les écrivains du N. T. furent souvent obligés de donner de nouveaux sens aux anciens mots et aux anciennes expressions. Leur diction, d’ailleurs, reposait en quelque sorte sur celle des LXX...!» Le grec du N.T. n'est qu'une variété de la langue grecque hébraïsante ; voy. plus loin XVI.

VI. « Le grec ecclésiastique (ou chrétien). — Les écrivains chrétiens subissent tous, plus ou moins, l'influence des LXX et du N. T.; ils emploient la langue commune de leur temps et de leur pays. À quelques exceptions près, leur style est moins soigné que celui de la majorité de leurs contemporains non chrétiens. Le vocabulaire chrétien s'enrichit sans cesse jusqu’à une date assez récente; cependant la plus grande partie des termes théologiques étaient déjà en usage avant la fin du γ siècle. »

VII. Le grec byzantin. — Quand Constantin transféra le siège de l'Empire à Byzauce, cette ville prit le nom de Nou-

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