‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 83 sur 101 · I. — Le discours direct et le discours indirect · texte numérisé non relu

I. — Le discours direct et le discours indirect

965. « Le discours ou style direct est : 1° l'expression de la pensée actuelle de l'historien ou du narrateur; 2 la reproduction textuelle des paroles d'un autre. |

« Le discours indirect ou style indirect est la reproduction du sens des paroles ou des pensées d’une personne autre que l'historien ou le narrateur, dans une ou plusieurs propositions subordonnées compléments d'un verbe signifiant dire. On peut rapporter sous la forme du discours indirect ses propres paroles ou ses propres pensées. »

Le discours indirect : proposition principale.

366. « On est convenu d'appeler principale dans le discours indirect toute proposition qui dans le discours direct serait principale. |

a) « Une proposition principale qui énonce un jugement est introduite par ὅτι ou ὠς, ou bien a le verbe à l’infinitif. »

14. Les citations qui suivent sont extraites de Kocx, 129; cf. Currius, 558 bis.

Dans le N. T., elle est introduite par ὅτι seulement; elle prend, le plus souvent, la forme de la proposition dépendante affirmative; moins souvent, la forme de la proposition infinitive (108 seqq.). Elle se rapproche le plus possible de la forme du style direct.

b) « Une proposition principale qui ds θπΠς un désir a le verbe à l'infinitif. »

Dans le N. T. :

1° La règle classique est assez souvent observée, et le verbe est à l’infinitif, particulièrement chez Luc et Paul (261; 262).

2 Mais la proposition finale est très souvent conservée, Mar., 1X,9; Mat., XVII, 9 et IV, ὃ.

La proposition finale après un verbe de volonté et de désir peut s'employer au style direct dans le N. T. En la conservant au style indirect, les écrivains du N. T. se rapprochent autant qu'ils le peuvent du style direct, suivant la tendance générale de la langue de ce livre (22; 261-264).

6) « Une proposition principale interrogative exprime soit un jugement, soit un désir, et suit les règles » ordinaires de la proposition dépendante interrogative.

11] en est de même dans le N. T., où la proposition dépendante interrogative garde les temps et modes du style direct (sauf quelques exemples de l’optatif oblique),

d) Il n'y a pas lieu de s'occuper, pour le N. T., de certaines constructions d’un caractère synthétique employées par les auteurs classiques. (Cf. Kocx, 129, Remarques I, 11, III.)

Le discours indirect : proposition secondaire.

367. « On estconvenu d'appeler secondaire, dans le discours indirect, toute proposition qui dans le discours direct serait secondaire » ou dépendante.

a) « Dans toute proposition secondaire, le temps est toujours celui du discours direct. »

Il en est de même dans le N. T.

b) « Si le verbe de la proposition principale est à un temps principal, le mode dans la proposition secondaire doit être aussi celui du discours direct. »

Il en est de même dans le N. T.

c) « Si le verbe de la proposition principale est à un temps secondaire, le mode dans la proposition secondaire peut être

celui du discours direct; mais l'optatif peut aussi être employé et l’est fréquemment, soit pour l'indicatif des trois temps principaux, soit pour le subjonctif avec ou sans ἄν. — Mais l'indicatif des temps secondaires, le mode potentiel et le mode irréel doivent être maintenus dans la proposition secondaire. »

Dans le N.T., la règle est la même que précédemment : le mode dans la proposition secondaire est celui du discours direct. Cependant

d) Il existe des exemples de l'optatif oblique.

Le discours indirect : l'optatif oblique.

367 ”“. Voici ce qui reste dans le N. T. de cette construction littéraire :

Propositions dépendantes affirmalives : aucun exemple. -- -- interrogatives : L., 1, 29; II, 15; VIII, 9; XVIII, 36, XXII, 23; À., XVII, 11, 27; XX, 16; XXI, 33; XXV, 20; XX VII, 12, 39.

-- — finales : aucun exemple.

— — condilionnelles : Α., XXIV, 19.

— — . causales : aucun exemple.

— — temporelles : A., XXV, 16 (bis).

— : — relalives : aucun exemple.

L'optatif oblique existe comme vestige de la langue littéraire dans Luc, et encore cet écrivain ne l'emploie-t-il fréquemment que dans la proposition dépendante interrogative. Des deux autres exemples, le premier est mis dans la bouche de Paul parlant devant le procurateur Félix, et le second dans la bouche du procurateur Festus parlant au roi Agrippa.

Il semble que l'optatif oblique ne fût pas ou ne fût plus en usage dans la langue familière; voy. 102*.

368. a) « Le Grec n’aime point à appliquer rigoureusement les règles du discours indirect, et il ne se contente pas d'employer très souvent les modes du discours direct au lieu de l'optatif oblique, mais il passe même quelquefois sans

4. Dans les inscriptions attiques de l'Empire, l'optatif oblique se rencontre aussi bien que les temps et modes du style direct; ef. C. 7. 4., 2, 5, 38, 1132, etc. Cf. au contraire les inscriptions d'Égypte de l'époque post-classique, C. 1. G., Ill, 4697 et 4951.

transition aucune à la forme du discours direct. » — Dans le N. Τ.:

1° Ce sont les temps et modes du discours direct qui sont régulièrement employés, et les écrivains du N. T. tendent à conserver le plus possible dans le discours indirect la forme du discours direct.

2 Luc seul emploie l’optatif oblique aussi bien que les modes du style direct.

3° Luc seul mélange l'optatif oblique et le mode du discours direct, 4., XXI, 33 : ἐπυνθάνετο τίς εἴη καὶ τί ἐστιν πεποιηχώς.

4 Luc passe brusquement du style indirect au style direct, L., XXIV, 46 : καὶ εἶπεν αὐτοῖς ὅτι οὕτως γέγραπται παθεῖν τὸν Χριστὸν 'χαὶ ἀναστῆναι x νεχρῶν τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ καὶ χηρυχθῆναι ἐπὶ τῷ ὀνόματι αὐτοῦ μετάνοιαν εἰς ἄφεσιν ἁμαρτιῶν εἰς πάντα τὰ ἔθνη --- ἀρξάμενοι ἀπὸ ᾿Ιερουσαλήυ,, ὑμεῖς μάρτυρες τούτων. χαὶ ἰδοὺ ἐγὼ ἀποστέλλω.. .--- L., XIX, 13; À., I, 4-5; XXV, 4-5. — Pour une construction contraire, voyez L., IX, 3, et 247, 3.

δ) 11] n’y a pas lieu de s'occuper, pour le N.T., de certaines constructions synthétiques de la langue littéraire employées au style indirect (Kocx, 129, 2. Remarque; CURTIUS, 558 bis, a, et b.)

Il. — Temps et Modes dans les propositions dépendantes.

369. Dans le N. T., la pensée emporte avec elle.le temps et le mode, qui varieront, au moins dans une certaine mesure, suivant la manière particulière dont chaque écrivain conçoit l'idée (97-99).

L'application de ce principe est à remarquer pour les propositions dépendantes. Le temps et le mode dépendent seulement de la manière dont l'écrivain envisage l'acte, et non de la particule qui introduit la proposition, ou de la forme traditionnelle de cette proposition. C’est ce que montrent les exemples suivants :

Mat., XXI, 45 : ἔγνωσαν ὅτι περὶ αὐτῶν λέγει.

J., XVI, 19: ἔγνω Ἰησοῦς ὅτι ἤθελον αὐτὸν ἐρωτᾷν.

2 Co., XII, 5 : ἑαυτοὺς πειράζετε εἰ ἐστὲ ἐν τῇ πίστει.

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