‹ Etude sur le grec du Nouveau TestamentChapitre 82 sur 101 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Emploi des négations dans les propositions.

348. « Le grec a deux particules négatives différentes : οὐ et μή, qui ont donné chacune de nombreux composés et dérivés. La différence principale entre οὐ et μή est la suivante : οὐ nie la réalité d’un fait; u#, au contraire, nie la réalisation d’une pensée. Par suite οὐ est la négation de toutes les propositions qui servent à énoncerun fait; μή la négation des propositions qui expriment une idée générale ou un commandement. » (CURTIUS, 612). Dans le N. T., la négation οὐ est attachée au mode indicatif, sauf quelques exceptions; la négation μή est attachée ‘aux autres modes, sauf quelques exceptions avec le participe et une seule avec l’infinitif. L'emploi des deux négations tend donc à être unifié dans le grec de ce livre; mais elles gardent toujours leur sens fondamental : la négation objective ov nie la réalité et la certitude; μή nie la réalisation, l'éventualité, la pensée pure considérée en elle-même : c'est la négation subjective.

L'hébreu possède deux négations qui correspondent à celles du grec; « l’une qui correspond au grec ur, est la négation subjective; elle nie la pensée et le sentiment de celui qui parle; l’autre correspond au grec οὖ; c'est la négation objective. » (EWALD, 320).

Propositions indépendantes.

349. a) Où s'emploie dans toutes les propositions indépendantes affirmatives et interrogatives (36), et dans les propositions consécutives introduites par ὥστε — c’est pourquoi (163), Mat., Il, 18, L., XIII, 146; Mar., X, 8, etc.

b) Μή s'emploie dans toutes les propositions indépendantes volitives, excepté avec le futur qui prend οὐ (62), Mat., I, 90: VI, 16; Mar., XII, 14, L., XX, 16; J., XIX, 24; Mat., IV, 7.

1. Cunrivs, 612 seqq. ; Kocu, 130, Cuecez et Riemaxx, 155 seqq.; Mavvio, 200 seq.

L'usage est le même dans les LXX, Nom., XVI, 28, 29; 3 Paral., XIV, 11; Sag. Sir., VII, VIII, IX.

c) Il faut suppléer le verbe avec ur dans J., XIII, 9; X VIII, 40; R., XIII, 18, etc. nn À

d) La négation suit le verbe dans J., VI, 27 : ἐργάζεσθε μὴ τὴν βρῶσιν τὴν ἀπολλυμένην ἀλλὰ τὴν βρῶσιν τὴν μένουσαν. La raison en est évidente: vor. CURTIUS, 617 bis.

e) Dans les propositions principales, les négations s’emploient comme dans les propositions indépendantes.

Propositions dépendantes.

Propositions dépendantes ayant leur verbe à un mode fini.

950. a) Où s'emploie dans toutes les propositions dépendantes exprimant un jugement : propositions affirmatives, interrogatives, consécutives, causales, conditionnelles, temporelles, relatives. ἡ

Ὁ) Μή s'emploie dans toutes les propositions dépendantes exprimant un acte éventuel et n'ayant pas leur verbe au futur : finales, conditionnelles, temporelles, relatives.

351. a) Dans les propositions affirmatives la négation est où (108). : |

Classiquement, « après les verbes négatifs ἀντιλέγειν, contester ; ἀμφισθητεῖν, melire en doute; ἀρνεῖσθαι, nier, la proposition complément avec ὡς prend la négation où. » (Kocx, 130, 12). On trouve une trace de cette construction dans 4 J., II, 29 : Τίς ἐστιν ὁ ψεύστης εἰ μὴ ὁ ἀρνούμενος ὅτι Ἰησοῦς οὐχ ἔστιν ὃ Χριστός;

b) Dans les propositions interrogatives, la négation est οὐ, quand la proposition est déclarative (124); la négation est μή, qui introduit la proposition, quand elle est délibérative, avec le sens de si... ne. pas, Gal., II, 2 (126, c).

c) Dans les propositions finales qui expriment un acteéventuel, la négation est μή (150). Elle est où dans les propositions consécutives introduites par ὥστε, et équivalant à une proposition indépendante déclarative coordonnée (163; 349, a; 350, a). ᾿ς 852. Dans les propositions causales, la négation est régu- ‘lièrement οὐ; le mode indicatif est seul employé (177).

On trouve, par exception, μή dans les deux passages suivants : J., III, 18: ὃ μὴ πιστεύων ζδη χέχριται, ὅτι μὴ πεπίστευχεν εἰς τὸ ὄνομα... Le second μή ἃ dû être attiré par le premier, la pro-

position causale ne faisant que répéter la proposition participe. — ., IX, 17 : διαθήχη γὰρ ἐπὶ νεχροῖς βεδαία, ἐπεὶ μήποτε ἰσχύει ὅτε ζῇ ὃ διαθέμενος (Tis.; WH. : μὴ τότε). C'est une négation de la pensée en elle-même.

« Les écrivains plus récents (par ex. PLur., Luc., Arr.) emploient souvent la négation μή dans quelques espèces de propositions accessoires où les écrivains anciens se servent de οὐ, comme... dans les propositions causales avec ὅτι, parce que, et ἐπεί. » (Mapvic, 207, 2; cf. SopHocees, et LIDDELL and SCOTT, sub ver. un; CUucuEL et RIEMANN, 98, note 1 de 0. R.; Josép., Apion, I, 23 : διήμαρτον ὅτι un ταῖς ἱεραῖς ἡμῶν βίόλοις Évétuycv.)

L'emploi de μή dans ces deux passages est contraire à la tendance générale de la langue du N. T. signalée plus haut (348).

353. Classiquement, μή s'emploie « dans la proposition antécédente d’une période conditionnelle et dans toute proposition assimilée à une proposition de ce genre, » c'est-à-dire : dans une proposition concessive avec xat εἰ et et χαί; dans une proposition relative conditionnelle; et dans une proposition temporelle à sens fréquentatif indéterminé.

Dans le N. T. :

a) La proposition conditionnelle de la première forme prend la négation οὐ; le verbe est à l'indicatif au mode réel (184) :

Les exemples se classent ainsi :

1° La particule fait corps avec le verbe, 2 Th., III, 10 : εἴ τις οὐ θέλει ἐργάζεσθαι, μιηδὲ ἐσθιέτω, Si quelqu'un refuse de lravailler… — L., XIV, 26; 4 Co., VII,9; XVI, 22; 2 Th., III, 14; 1 Tim., V,

8; Apoc., XX, 15, etc. Ἔξ

20 Et signifie puisque. La forme conditionnelle de la proposition n’est qu'un tour oratoire, et la proposition conditionnelle pourrait être convertie en proposition indépendanteaffirmative, J., 1, 25 : τί οὖν βαπτίζεις, εἰ où οὐχ et ὃ Χριστὸς οὐδὲ ᾿Ηλείας οὐδὲ ὃ προφήτης; — Mal., XXVI, 42; L., XVI, 31; J., III, 12; V, 47; X, 35; Κ., XI, 21; A., XII, 25, 2 P., Il, 4, etc.

3° La particule tombe sur une partie ou sur un mot seulement de la proposition conditionnelle, partie ou mot qu'il faut le plus souvent mettre en relief ou en antithèse, Jac., II, 11 : ei δὲ οὐ μοιχεύεις φονεύεις δέ, γέγονας παραδάτης νόμου. — L., XI, 8. εἰ χαὶ οὐ δώσει αὐτῷ ἀναστὰς διὰ τὸ εἶναι φίλον αὐτοῦ, διά γε τὴν ἀναιδίαν αὐτοῦ ἐγερθεὶς δώσει αὐτῷ. — L., XII, 26; XVIII, 4; J., X, 37; À., XXV, 11; 2., VII, 9; 1 Co., IX, 2; XI, 6; XV, 13,15-17; 2 Co., XII, 11; 4 Tim., Il, 5, 2 J., 9-10; Jac., IIT, 2. Etc.

Ces divers emplois de où se retrouvent chez tous les écrivains classiques (CurrTius, 617 bis, 2; MADvic, 202, Remarque; Goopwin, 384-387).

La négation μή se lit dans le passage suivant, 4 Tim., VI, 3 : εἴ τις «ἑτεροδιδασχαλεῖ καὶ μὴ προσέρχεται ὑγιαίνουσιν λόγοις. Mais dans cet exemple la négation μή tombe réellement sur le participe, et non sur la proposition.

Dans les LXX, on lit, Job, XXXI, 19 seq. : εἰ δὲ καὶ ὑπερεῖδον γυμνὸν ἀπολλύμενον χαὶ οὐχ ἡμφίασα αὐτόν᾽ ἀδύνατοι δὲ εἰ μὴ εὐλόγησάν pe, et Cf. v. 17.

b) Dans la proposition conditionnelle de la deuxième forme (mode irréel), la négation est toujours μή comme en grec classique ; la négation nie la pensée pure. Il existe un exemple de où (187 ; 188, c).

La négation μή se trouve, Mal., XXIV, 22; Mar., XIII, 20; J., IX, 33; XV, 22, 24; XVIII, 30; XIX, 11 ; 4., XXVI, 32; R., VII, 7. Etc. — La négation οὐ se trouve, Mat., XXVI, 24; cf. Mar., XIV, 21.

c) Dans la proposition conditionnelle de la troisième forme (mode éventuel), la négation est toujours μή avec le subjonctif, οὐ avec le futur (190, b). — Dans les LXX, Ps., VII, 13.

354. a) Les propositions temporelles suivent la règle générale : οὐ 86 joint à l'indicatif, et μή au subjonctif (210; 212).

b) Les propositions relatives suivent la règle générale : où avec l'indicatif, un avec le subjonctif.

Quand la proposition relative exprime non pas un fait, mais uue pensée générale, une hypothèse, une condition, la syntaxe classique demande la négation μή, comme dans la proposition conditionnelle de la première forme, qui est. équivalente à la proposition relative (Currius, 616, Rem. II; Kocx, 117, 5 ; 130, 3, δὴ. Dans le N. T., la proposition relative prend οὐ, comme la proposition conditionnelle (353, a ; 232; 233):

R., XIV, 23 : πᾶν δὲ ὃ οὐχ ἐκ πίστεως auzxot{a ἐστίν. — R., IV, 15: οὗ δὲ οὐχ ἔστιν νόμος, οὐδὲ παράθασις. — Ap., 11, 24 : ὅσοι οὐχ ἔχουσιν τὴν διδαχὴν ταύτην, οἵτινες οὐχ ἔγνωσαν τὰ βαθέα... — L., XIV, 26-27 : εἴ τις ἔρχεται πρός με χαὶ οὐ μισεῖ τὸν πατέρα ἑαυτοῦ... “Ὅστις οὐ βαστάζει τὸν σταυρὸν ἑαυτοῦ... — Jude, 10; Μαΐ., X, 38. Etc.

c) On trouve trois exemples de μή : 2 P.,1, 9 : ᾧ γὰρ μὴ πάρἐστιν ταῦτα, τυφλός ἐστιν. — ἡ J., IV, 3 : πᾶν πνεῦμα ὃ un ὁμολογεῖ τὸν Τησοῦν ἐχ τοῦ θεοῦ οὐχ ἔστιν, — Til., I, 11 : διδάσχοντες ἃ μιὴ δεῖ.

Dans les LXX, Prov., IX, 18 : γυνὴ ἄφρων nai θρασεῖα ἐνδεὴς ψωμοῦ γίνεται, À οὐχ ἐπίσταται αἰσχύνην, et ΧΙ, 14: οἷς μὴ ὑπάρχειϊχυδέρνησις, πίπτουσιν ὥστερ

φύλλα. — Deut., XIV, 10 : πάντα ὅσα οὐχ ἔστιν αὐτοῖς πτερύγια χαὶ are οὗ φάγεσθε. (Cf. ΜΑῦΌν!Ο, 203, et la note 1.)

Propositions dépendantes ayant leur verbe à un mode indéfini,

355. a) L'infinitif, dans le N. T., est toujours accompagné de la négation μή, quelle que soit la nature de la proposition, Mat., VIII, 28; ΧΙΠ, ὃ; XXII, 23; XXIIT, 23; À., VII, 19; 2 Co., ΠῚ, 18: X, 2. Etc. — Z., XI, 3, μή nie la proposition infinitive.

δ) Classiquement, la négation οὐ se rencontre dans certains cas avec l'infinitif; par exemple, « la négation οὐ s'emploie généralement dans une proposition infinitive, complément d'un verbe signifiant dire ou penser, parce qu'elle s'emploierait dans la construction de ὅτι ou ὡς.» (Kocx, 130, 4, Rem. I). Dans le N. T., la proposition infinitive prend, même dans ce cas, la négation ur, Mat., XXII, 23 : λέγοντες μὴ εἶναι ἀνάστασιν (— ὅτι οὐχ ἔστιν ἀνάστασις). |

c) Dans un seul passage, on trouve la négation οὐ, AÆ., VII, 11: εἰ μὲν οὖν τελείωσις διὰ τῆς Λευειτιχῆς ἱερωσύνης ἦν, ὁ λαὸς γὰρ ἐπ᾿ αὐτῆς νενομοθέτηται, τίς ἔτι χρεία χατὰ τὴν τάξιν Μελχισεδὲχ ἕτερον ἀνίστασθαι ἱερέα χαὶ οὐ χατὰ τὴν τάξιν ᾿Λαρὼν λέγεσθαι;

C'est un fait qui est nié, et la proposition infinitive pourrait être remplacée par une autre proposition avec la négation οὐ, comme ὃς où χατὰ τὴν τάξιν ᾿Ααρὼν λέγεται, où bien où κατὰ τὴν τάξιν ᾿Ααρὼν λεγόμενον. L'auteur explique lui-même cette idée aux VV. 14-17 : ἀνίσταται ἱερεὺς ἕτερος, ὃς οὐ χατὰ νόμον ἐντολῆς σαρχίνης γέγονεν, ἀλλὰ κατὰ δύναμιν ζωῆς χτλ. D'ailleurs, quand la négation accompagne l'infinitif après d’autres verbes que ceux qui signifient dire et croire, « celte irrégularité provient la plupart du temps de ce qu'on veut faire ressortir la négation comme portant sur telle ou telle idée en particulier. » (MApvic, 205, Rem. 4). Dans notre passage, la négation tombe précisément sur les mots χατὰ τὴν τάξιν ᾿Λαρών, que l'écrivain veut faire ressortir, et qu’il met en antithèse avec χατὰ τὴν τάξιν Μελχισεδέχ.

356. a) Classiquement, après les verbes négatifs par euxmêmes, c'est-à-dire les verbes signifiant nier et empêcher, comme ἀντιλέγειν, ἀπιστεῖν, ἀρνεῖσθαι, ἀντειπεῖν, ἀπέχεσθαι͵ s'abstenir , de; ἀπολύειν, acquilier ou absoudre; ἀντέχειν, s'Opposer ἃ; εὐλα- Geisôu, se garder de; la proposition infinitive complément prend la négation μή qui est de rigueur (Kocu, 130, 13).

Il reste dans Luc et Paul quelques traces de l'usage clas-

sique, L., XX, 21 : οἱ ἀντιλέγαντες ἀνάστασιν μὴ εἶναι (Tis.; mais WH. : οἱ λέγοντες). — L., XXII, 34 : ἕως τρὶς ἀπαρνήσῃ μὴ εἰδέναι με (Tis., mais ΜΗ. : τρίς με ἀπαρνήσῃ εἰδέναι). — Gal., Υ, Ἴ : τίς ὑμᾶς ἐνέχοψεν ἀληθείᾳ μὴ πείθεσθαι; --- Æ., XII, 19 : παρητήσαντο μὴ προστεθῆναι αὐτοῖς λόγον (Tis., mais WH. rejettent μή en marge). — CF. Æ., XI, 24 : ἠρνήσατο λέγεσθαι͵... 1 refusa de se laisser appeler.

Dans le N. T., les verbes de cette catégorie ne sont pas suivis de la proposition infinitive, en règle générale, c’est un autre tour qui est employé.

b) Ces mêmes verbes peuvent être suivis du génitif de l’infinitif. Sur cette construction et l'emploi de la négation, voy. 278, 3.

. 6) Classiquement, on assimile aux verbes de la catégorie précédente les verbes et locutions signifiant : 7e pas pouvoir, n'être pas capable de, Ἠ 0867" pas, comme οὐ δύναμαι; ἀδύνατον, où δίχαιον, αἰσχρόν, δεινόν ἐστί; αἰσχύνη ἐστί; αἰσχύνομαι. Si l'infinitif doit être nié, il prend ordinairement μὴ οὐ, (Kocx, 130, 14; cf. CurrTius, 621, d.)

Cette construction n'est pas usitée dans le N. T. Les verbes et locutions dont il s'agit sont assimilés, pour leur syntaxe, aux autres verbes et locutions analogues : l’infinitif est seul, et, s’il doit être nié, il prend μή. Il y ἃ eu unification de la syntaxe de tous les verbes et locutions de même nature.

Nota. — En hébreu, les modes indéfinis, infinitif et participe, ne s’emploient pas avec négation (sauf dans quelques passages).

Parlicipe. Ξ:

Le participe est accompagné de οὐ et de μή.

357. « Ov se construit avec tous les participes que l’on peut remplacer par une proposition subordonnée construite aux modes des propositions déclaratives. » (CurTius, 615, 4; cf. Maovic, 207, Rem. I). Où nie le fait, nie que ce qui est exprimé par le participe ait eu lieu ou ait lieu.

a) Les exemples de οὐ avec le participe sont peu nombreux dans le N. T. : Mal., XXII, 11 : εἶδεν ἐκεῖ ἄνθρωπον οὐχ ἐνδεδυμένον : ἔνδυμα γάμου, = ὃς οὐχ ἦν ἐνδεδυμένος. — L., VI, 42 ; αὐτὸς τὴν ἐν τῷ ὀφθαλμῷ σοῦ δοχὸν οὐ βλέπων, — καὶ σὺ οὐ βλέπεις. --- 4., VI, 5 : ἐπηγγείλατο δοῦναι αὐτῷ... χαὶ τῷ σπέρματι αὐτοῦ μετ᾽ αὐτόν, οὐχ ὄντος , αὐτῷ τέχνου, — καὶ ταῦτα, ὅτε οὐχ ἦν αὐτῷ τέχνον. — J., X, 12 : ὃ μισθωτὸς χαὶ οὐχ ὧν ποιμήν, οὗ οὐχ ἔστιν τὰ πρόδχτα ἴδιχ. La négation

fait corps avec le verbe et est donnée comme niant le fait. La syntaxe classique aurait demandé μή; l'emploi de οὐ est hébraïsant; car l’hébreu emploie la négation correspondant à οὐ dans ces constructions, ainsi qu'on le voit, Gal., IV, 27, citation des LXX, Es., LIV, 1 : ἣ où τίκτουσα,... ἣ οὐχ ὠδίνουσα. — A., XIX, 11; XXVIIL, 2, 19: R., VIII, 20; IX, 25; 4 Co., IX, 26; 2 Co., IV, 8: Gal., IV, 27; Ph., ΠῚ, 3; Col., IL, 19; Æ., XI, 1, 85; 4 P., 1, 8; IE, 10. — Mais, 4 Co., IV, 14, la négation porte sur toute la proposition.

Dans les LXX, 3 Mac., IX, 18 : οὐδαμῶς δὲ ληγόντων τῶν πόνων, et v. 22 : OÙX ἀπογινώσχων τὰ κατ᾽ ἐμαυτὸν...

b) La proposition participe, précédée de καίπερ, χαὶ ταῦτα, ὡς et ὥσπερ, prend la négation οὐ en grec classique (CurTIus, loc. cit.). L'usage classique se retrouve, 4., XX VIII, 19; 4 Co., IX,

358. — On trouve μή partout ailleurs, et son emploi est plus étendu dans la langue du N. T.-que dans la langue classique. Accompagné de ur, le participe exprime une condition, une supposition, une concession, une opinion, une explication propre à celui qui parle, le motif subjectif, en un mot la pensée considérée en elle-même, abstraction faite de la réalité, s'il y a lieu.

Les exemples peuvent se classer ainsi :

1° Le participe exprime une pensée générale, une hypothèse, et pourraît être remplacé par une proposition conditionnelle ; il prend alors μή comme en grec classique :

L., III, 11 : ὃ ἔχων δύο χιτῶνας, μεταδότω τῷ μὴ ἔχοντι. — J., V, 23: IX, 39: XII, 48; R., V, 14; Gal., VI, 9, etc.

20 Le participe exprime l'opinion ou le motif de celui qui parle, l'opinion ou le motif prêtés à une autre personne, ou bien l'opinion, le motif réellement exprimés par un autre :

J., VI, 64 : ἤδει γὰρ ἐξ ἀρχῆς ὃ ᾿Τησοῦς τίνες εἰσὶν οἱ un πιστεύοντες. — Mal., 1, 19 : ᾿Ιωσὴφ δὲ ὁ ἀνὴρ αὐτῆς, δίχαιος ὧν χαὶ μὴ θέλων αὐτὴν δειγματίσαι. — Α., XV, 38 : Παῦλος δὲ ἠξίου, τὸν ἀποστάντα ἀπ᾿ αὐτῶν ἀπὸ Παμφυλίας καὶ μὴ συνελθόντα αὐτοῖς εἰς τὸ ἔργον, μὴ συνπαραλαμθάνειν τοῦτον. — Μαΐ., XXII, 29; Mar., II, 4; L., I, 20; II, 45; VI, 30 ; XIII, 11 ; 4., IX, 26; XVII, 6; XX, 29; 4 Co. I, 28; 3 Co., ΙΝ, ἃ: ΗΠ... IV, 2, elc. — Dans les LXX, Ps., VII, 12.

3° Le participe exprime la supposition pure et simple : 4 Co., IV,7:et δὲ καὶ ἔλαδες, τί χαυχᾶσαι ὡς μὴ λαθών; — 4 Co., IV, 48, etc. — Dans les LXX, 2 Mac., XII, 3.

& Le participe dépend d'un verbe de volonté ou de désir (cf. CurrTius, 617 bis, 1):

H., VI, 1 : ἐπὶ τὴν τελειότητα φερώμεθα, un πάλιν θεμέλιον xaraθαλλόμενοι μετανοίας ἀπὸ νεχρῶν ἔργων. — # Co., VIE, 29; PA., III, 9, etc.

ÿ° Le participe équivaut à une proposition consécutive :

H., IV, 15 : où γὰρ ἔχομεν ἀοχιερέα μὴ δυνάμενον συνπαθῆσαι, (el qu'il ne puisse pas compalir. — Gal., IV, 8, etc.

6° La négation μή équivaut à notre préposition sans, très fréquemment :

Mal., XXII, 11-12 : εἰσελθὼν δὲ ὁ βασιλεὺς... λέγει αὐτῷ ‘Etuipe, πῶς εἰσῆλθες ὧδε μὴ ἔχων ἔνδυμα γάμου ; Sans avoir la robe nupliale. ‘Le participe avec μή exprime l'opinion de celui qui parle, et le même participe avec ov, au verset précédent, exprimait un fait (357, a). — L., 1, 20; 4., V, 7, 1 Co., VII, 37; 2 Co., V, 19; Eph., I], 12; etc.

70 La négation μή correspond à quoique... ne... pas :

4 P.,1, 8 : εἰς ὃν ἄρτι μὴ δρῶντες πιστεύοντες δὲ ἀγαλλιᾶτε, auquel croyant mainlenant quoique vous ne le voyiez pas. — 4 Co., IX, 20 : μὴ ὧν αὐτὸς ὑπὸ νόμον, quoique je ne fusse pas, MOi, soumis à la loi. — J., VII, 15; R., II, 14, etc.

& Avec le participe accompagné de l'article ne on trouve toujours μή, comme en grec classique :

Mat., VII, 26 : πᾶς ὃ ἀχούων μου τοὺς λόγους καὶ un ποιῶν. — L., XI, 29, -- Dans les LXX, Prov., XI, 29.

Quand l’article générique manque après πᾶς, on trouve toujours μή, Mat., XIIT, 19.

9 Lorsque le participe et εἶναι forment une périphrase du verbe simple, μή nie le participe, tandis que οὐ nie la proposition entière, L., 1, 20 : ἔσῃ σιωπῶν xat μὴ δυνάμενος λαλῆσαι. — L., XII, 6 : ἕν ἐξ αὐτῶν οὐχ ἔστιν ἐπιλελησμένον ἐνώπιον τοῦ θεοῦ.

959. Ce qui précède montre que dans la langue du N. T. le participe tend à ne plus prendre que la négation μή. Cette tendance appartient à la langue post-classique. « Les écrivains plus récents (par ex. PLurT., Luc., ARR.) emploient souvent la négation μή dans quelques espèces de propositions accessoires où les écrivains anciens se servent de οὐ, comme dans les propositions objectives avec ὅτι ou ὡς, et dans les propositions causales avec ὅτι, parce que, et ἐπεί, 118 emploient, de même, bien plus fréquemment que les écrivains antérieurs, la négation μή avec des participes qui désignent seulement une circonstance, sans quil y ait à en chercher d'autres raisons dans

la forme de la proposition.» (Maovic, 207, 2.) 11 faut donc s'abstenir de presser le sens (subjectif) de u dans la proposition participe.

960. a) Ce qui est dit de οὐ et de μή s'applique à leurs composés, comme en grec classique.

b) Quand le premier membre de la phrase est négatif et que le second l’est aussi, celui-ci commence par οὐδέ, μηδέ. — Quand le premier membre de la phrase est positif, et le second négatif, celui-cicommence par xat οὐ, καὶ μή (Kocx, 130, Rem. II). L'usage classique existe dans le N. T. :

Mat., V,14: οὐ δύναται πόλις χρυδῆναι ἐπάνω ὄρους χειμένη, οὐδὲ ᾿ χαίουσιν λύχνον.... -- Mar., VIIT, 2 : ἤδη ἡμέραι τρεῖς προσμένουσίν μοι χαὶ οὐχ ἔχουσιν τί φάγωσιν.

c) On rencontre assez souvent des négations accumulées, comme en grec classique, L., XXIII, 53; J., Ill, 27; V,19; VIII, 15, etc. — Dans les LXX, Es., LIV, 10.

361. a) La négation double où μή s'emploie classiquement avec le subjonctif ou le futur (Kocx, 130, 10, a; cf. Cur- TIUS, 620 ; Manvic, 124, Rem. 3). Dans le N.T., on trouve où μή:

Pour renforcer l'idée de négation, Mat., V, 26 : οὐ μὴ ἐξέλθῃς ἐκεῖθεν ἕως ἂν ἀποδῷς τὸν ἔσχατον χοδράντην. — Mat., XVI, 22 : οὐ μὴ ἔσται σοι τοῦτο. --- Mat., V, 18, 20, etc. — Dans les LXX, Deutér., VII, 2, 3. — Cf. 38.

Avec la seconde personne du futur dans une interrogation, pour commander avec impatience (Kocx, 130, 10, δ). Ce tour de la langue littéraire a disparu du N. T. Cependant on trouve une fois la négation οὐ employée dans ce sens; ΤΟΥ͂. 4., XIII, 10, et cf. 77, d.

δ) Après les verbes signifiant craindre, on emploie μὴ où, que... ne. pas, dans la langue classique. Cette construction n’est pas en usage dans le N. T. (157); on trouve seulement, 2 Co., XII, 20 : φοδοῦμαι γὰρ un πως ἐλθὼν οὐχ οἷονς θέλω εὕρω ὑμᾶς.

ΟἹ) Dans de très rares passages, deux négations valent une affirmation, À., IV, 20 : οὐ δυνάμεθα... ἃ εἴδαμεν καὶ ἠκούσαμεν μὴ

1. En grec moderne, le participe ne prend plus que la négation ur.

2. Mat., XXV, 9, les leçons varient. Tis. donne : μήποτε οὐκ ἀρχέσῃ ἡμῖν καὶ ὑμῖν C'est aussi la leçon marginale de WH. Le sens est : (nous ne pouvons pas vous en donner), dans la crainte qu'il n’y en ait pas assez pour nous el pour vous. — ΜΗ. lisent : μή ποτε où μὴ äpxéon. Le sens reste le même, parce que où μὴ ἀρκέση n'est qu'une forme de négation renforcée pour οὐχ dpxéor. Dans ce passage, μήποτε équivaut à peul-élre, el cf. le même usage dans les LXX, Gen., III, 22; XXIV, 5; etc.

λαλεῖν. — # Co., XII, 15 : ἐὰν εἴπη, ὁ ποὺς ὅτι Οὐχ εἰμὶ χείρ, οὐχ εἰμὶ Ex τοῦ σώματος, οὐ παρὰ τοῦτο οὐχ ἔστιν ἐχ τοῦ σώματος, CE N'ESÉ DAS pour cela qu'il ne serail pas du corps.

362. a) La négation οὐ se joint à certains verbes pour leur donner une signification exactement opposée à la signification qu'ils ont par eux-mêmes (Currius, 617 bis, 2). Il en est ainsi, dans le N. T., avec : οὐχ ἀφίω, je défends, j'empêche. — οὐκ ἀρνοῦμαι, 76 reconnais. — où βούλομαι, je refuse. — οὐχ ἐγχραtevouar, je Suis incontinent. — οὐχ ἔχω, je Suis pauvre. — οὐχ εὑρίσχομαι,76 Manque. — οὐχ E&, je défends, j'empêche. — οὐ θέλω, je refuse. — οὐ μισῶ, je préfère, j'aime autant. — οὐ προνοοῦμαι, je néglige. — οὐχ οἶδα, j'ignore. — οὐ φιλῶ, je dédaigne, je haïs. — Par litote, 2 Co., I, 11 : οὐκ ἀγνοῶ, je sais fort bien.

b) Dans les locutions ἐχτὸς et ur, εἰ μή, et δὲ μή, et δὲ μή γε, μή est employé invariablement.

363. Ce qui vient d’être dit sur l'emploi des négations dans les proposilion1s montre : 1° qu'il existait une tendance très forte à unifier l'emploi de chaque négation, et particulièrement à attacher la négation οὐ au mode indicatif; 2° que la différence de sens entre les deux négations était encore assez bien connue pendant la période gréco-rormaine.

364. Les deux négations οὐ et μή conservent leur sens classique dans la langue du Ν. T., et leur syntaxe suit les règles ordinaires de la syntaxe classique.

Cependant elle présente un certaiu nombre de particularités importantes :

1° Particularités de la langue familière du N. T. : Règle générale de l'emploi des négations οὐ et ur dans le N. T. et tendance à unifier leur emploi, 348; 363. — Emploi de μή dans la proposition causale, 352. — Emploi de οὐ dans la proposition conditionnelle de la première forme (mode réel), 343, a. — Emploi de οὐ dans la proposition relative équivalant à une proposition conditionnelle de la première forme, et unification de la syntaxe de ces deux propositions de mème sens, 354, ὁ. — L'infinitif est toujours accompagné de μή, 355, a. — Emploi très étendu de un avec le participe, 358;

Abandon de la négation où dans la proposition affirmative dépendante après les verbes négatifs par eux-mêmes, 351, a. — Abandon de μή dans la proposition conditionnelle de la première forme, 353, a. — Abandon de μή dans la proposition relative équivalant à une proposition conditionnelle, 354, ὃ. — Tendance à abandonner la négation μή avec l'infinitif après les verbes négatifs par eux-mêmes, 356. — Abandon de μή avec l'infinitif après certains verbes et certaines locutions ayant un sens négatif par eux-mêmes, 356, c. — Tendance à abandonner la négation οὐ avec le participe, 357. — Abandon de οὐ μή avec la deuxième personne du futur dans une interrogation, pour commander avec iippatience, 361, a. — Abandon de μὴ οὐ après les verbes signifiant craindre,

361, ὁ. — Tendance à abandonner l’emploi de deux négations pour donner un sens positif, 361, c.

2e Particularités dues à l'influence de l’hébreu : Les deux négations hébraïques correspondant aux deux négations grecques favorisaient l'emploi régulier de ces dernières, 348. — Influence de l’hébreu sur l’emploi de où avec le participe, 357, a.

3° Particularités de la langue littéraire : Exemple de où employé dans la proposition dépendante affirmative après un verbe négatif par luimême, 351, a. — Exemples de μή dans une proposition relative équivalant à une proposition conditionnelle, 354, c. — Exemple de οὐ dans une proposition infinitive, 355, c. — Exemples de μή avec l'infinitif après un verbe négatif par lui-même, 356, a. — Exemples de où avec le participe, 357; avec le participe concessif et causal, 357, ὃ. — Exemples de deux négations donnant un sens positif, 361, c.

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