‹ Étude sur le HachichChapitre 10 sur 30 · ET · texte numérisé non relu

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cuites dans le beurre frais, de la pistache, de la muscade, du sucre, des amandes, du muse, et de la cardamone ; sa saveur est agréable et son odeur musquée. On en prend 20 à 30 grammes sous forme de pilules ou délayé dans du caté, dose qui correspond environ à 4 grammes d'extrait gras.

LE GARAWISCH est un mélange analogue au précédent.

LE CHATSRAKI employé au Caire, est une tein- ture de hachich obtenue par infusion dans l'esprit de vin de l'écorce des tiges enlevée aux pieds en fleurs.

Il existe encore une foule de préparations, célèbres dans J'Afrique, l'Orient et l’Extrême-Orient, dans lesquelles le hachich est associé à force aromates : à de la cannelle, de la jusquiame, de Ja muscade, de l’essence de roses, de la vanille, de la cantharide, parfois même de la noix vomique, et qui sont connues sous les noms de teriaki, benghie, assyounti, malach, mosjuck, ete.

Enfin on vend en Syrie et à Constantinople sous le nom de hachich Kafour, des petits bâtons de couleur jaune verdâtre où le haghich est associé à diverses solanées et ombellifères, et qui sont destinés à être cassés en petits morceaux et fumés dans la cigarette ou le chibouk. On en retrouve j’analogue en Tunisie sous le nom de Cira.

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Il est déjà facile de supposer, d’après ces modes de préparation, que le principe actif du chanvre indien se

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trouve en grande quantité dans la résine. Mais quel est ce principe actif? et comment se trouve-t-il réparti dans les différentes parties de la plante ?

Les Orientaux avaient déjà remarqué que les sommités fleuries de la plante femelle non fécondée fournissaient un produit plus actif que celui obtenu par les autres procédés ; ce fait a souvent été vérifié depuis, — malgré que presque toutes les parties de la plante soient actives voire même les graines (1); — seules les racines paraissent inertes.

En 1848, M. Gastinel, pharmacien au Caire, traita la

plante sèche et concassée, par l'alcool à 85° à la température de 75° centigrades ; après avoir répété cette opération plusieurs fois, il distilla le produit pour retirer les 3/4 de l'alcool et évapora le résidu en extrait, puis il traita cet extrait par H*O pour dissoudre les matières -gommo-extractives et les séparer de la résine qu'il fit ensuite sécher à l'étuve. Il obtint ainsi un produit mou, visqueux, de couleur vert foncé, ayant l'odeur caractéristique du hachich, de saveur poivrée âcre et tenace, insoluble dans l’eau, soluble dans l'alcool, l’éther, les huiles fixes et volatiles et qui produisit, aux doses de 5 à 10 centigrammes, les mêmes effets que 3 et 4 grammes d'extrait gras de hachich.

Il l'appella: CANNABINE où Hachichine, et revendiqua l'honneur de l’avoir découverte avant les frères

(1) Les paysans russes qui font usage d'huile de chénevis dans la préparation des aliments sont fréquemment sujets à des phénomènes somnambuliques. Qui ne connaît aussi l'extravagance des poules qui ont mangé des graines de chénevis en abondance ?

Smidt d'Edimbourg, dont le procédé est un peu différent.

Cette substance, — sorte d'extrait hydro-alcoolique —- était, malgré sa complexité, considérée comme le principe actif du chanvre indien, lorsqu'en 1857, M. Personne présenta à la Société de Pharmacie de Paris, un important mémoire, relatant les analyses auxquelles 1l avait travaillé pendant plus de deux années. Nous croyons utile d'énumérer ses conclusions, qui bien qu'évidemment incomplètes, n’ont jamais été contredites jusqu'à présent :

« En distillant un même poids d’ean sur des quantités de chanvre relativement considérables et renouvelées à plusieurs reprises, on obtient une « huile essentielle, » plus légère que l’eau, d’une odeur étourdissante, et douée d’une activité telle qu’on ne peut s'empêcher de penser que c’est en elle que résident les principes actifs. »

Il en isola les deux suivants :

Le CANNABÈNE, qui est un hydrogène carboné, auquel il donna la formule : C**H”°' ;

Et un HYDRURE DE CANNABÈNE.

De plus, il analysa la cannabine de Smidt: en la traitant par la chaux caustique ou par la chaux sodée, il püt, sous l'influence d’une température d'environ 300° C, la priver entièrement des principes volatils qu’elle contient et la rendre tout à fait inerte, en même temps qu'il vit se produire des valérianates de chaux et de soude, c’està-dire les mêmes sels qu'avec le cannabène.

Personne coneluait donc que la résine de chanvre

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indien doit son action aux deux principes que l'on retrouve dans l'huile essentielle.

Mais en 1876, Préobrachensky découvrit la nicotine dans le chanvre indien, et lui attribua le rôle de principe actif. (1) Peltz confirma ses résultats et les précisa: trouvant la nicotine dans les proportions suivantes :

25,4 milligrammes pour 50 grammes de sommités fleuries de cannabis indica.

Et 91,44 milligrammes pour 5 grammes d'extrait alcoolique (2).

Depuis , on n’a jamais pu en découvrir la moindre trace, et comme le fait très justement remarquer M. Pou- . chet, il y a certainement là une erreur grossière de la part des expérimertateurs dont les produits employés étaient impurs et très probablement mélangés avec du tabac.

En 1881, Siebold et Bradbury ont prétendu à la société pharmaceutique anglaise que le chanvre indien, lorsqu'il est frais, possédait un alcaloïde volatil qu’ils ont pû obtenir en petite quantité, et qu'ils appelèrent cannabinine.

Un peu plus tard, en 1883, l'Américain Hay dit avoir isolé un alcaloïde nouveau qu’il appela téftano-cannabine, à cause de ses propriétés convulsivantes. Cet alcaloïde, disait-il, cristallise en aiguilles incolores solubles dans l’eau, l'éther et le chloroforme. |

Les docteurs Warden et Waddell et bien d’autres chimistes où pharmacologues, recherchèrent à maintes

(1) Préobrachensky. Thése, St-Pétersbourg, 1876. (2) Peltz. Pharmaceutische seitschrift für Russland, 1" décembre 1876.

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reprises ces divers alcaloïdes, mais ne purent jamais les retrouver

Jahns, en 1887, en découvrit encore un autre dans la proportion infime de 1/10 p. 100; on ne l’a pas revu depuis.

Merk de Darmstadt orienta ses recherches dans une autre direction et trouva ailleurs que dans la série des alcaloïdes ; il découvrit un glucoside qu'il appela cannabine, et qu’il combina avec le tannin, obtenant ainsi un tannate de cannabine très soluble dans les alcalis. Cette cannabine tannique fut étudiée de nouveau par Bombelon, qui la traita par loxyde de zinc en présence de l'alcool et obtint une poudre grisâtre très soluble dans l’éther et le chloroforme, présentant, disait-il, de hautes propriétés hypnotiques, et qu'il dénomma cannabinon. Mais, d'aprés Wood, ce corps ne procure encore aucun effet à la dose de 0,50 centigrammes et, à { gramme, on n’observe qu'une très légère Somnolence.

M. de Courtive a repris pour son compte les expériences de Merk, et il est arrivé à cette conclusion que la cannabine tannique est bien formée par un ou plusieurs glucosides, mais ‘que c'est un corps dépourvu d'activité. Administrée à la dose de 3 grammes chez un chien pesant 5 kilogrammes, elle ne provoqua aucun phénomène.

On le voit, il ne reste plus aujourd'hui de tous ces alcaloïdes, glucosides, découverts dans le chanvre indien, absolument rien. Seules, les conclusions de Personne sont restées vraies ; son cannabène vit encore.

A côté de lui, on a trouvé d’autres corps de la même

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