‹ Étude sur le HachichChapitre 20 sur 30 · SM · texte numérisé non relu

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MM. Grancher et Villard qui ont fait une série d’expériences sur les grenouilles, dans lesquelles ils ont noté du ralentissement des pulsations cardiaques et des phénomènes de vaso-constriction du côté de la circulation capillaire, n’ont pas formulé de conclusions.

Il y aurait à ce propos un certain nombre d’expériences fort intéressantes à faire pour étudier l’action du hachich sur les centres excitateurs du cœur, sur ses centres inhibiteurs, sur les modifications apportées dans la contractilité de ses fibres propres, et sur la circulation périphérique; nous ne croyons pas qu'elles aient été encore entreprises.

Dans les observations d'intoxication par des doses élevées, on voit noter: tantôt de l'accélération (134 pulsations dans un cas de Christison) et tantôt du ralentissement du pouls ; souvent aussi des périodes alternantes de dépression et d'élévation de la pression sanguine... adhoc grammatici certant.

Action sur la sensibilité et La motricité.

D'après Stanislas Julien, il semblerait que les Chinois aient employé le chanvre indien pour produire l’anesthésie chirurgicale. Amory-Hare (1) a noté également une action anesthésique locale manifeste : « cette substance, dit-il, mise en contact avec les troncs nerveux, les paralyse ; appliquée sur la muqueuse linguale, elle en diminue la sensibilité ».

(1) Amory-Hare. l'hérapeutic Gasette, avril 1887.

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Il est notable, en effet, que très souvent, les individus intoxiqués par le hachich présentent une äppréciable diminution de la sensibilité, qui devient telle après absorption de doses élevées, qu'on peut les pincer, les frapper, les meurtrir sans qu'ils paraissent ressentir le moindre effet. Ils sont insensibles et immobiles.

Par contre, l’état inverse s’observe paréillément, ét le hachiché grossit les plus légères douleurs avec ia même facilité qu'il ambplifie et exagère toutes ses sensations : l’action sur le cérveau domine évidemment l’action produite sur les conducteurs et les centres sensitifs, mais, en dernière analyse le résultat est le même: il y à au contraire hyperesthésie. (V. observations).

Mais, ce que nous avons observé de plus curieux à cet égard est certainement le phénomène suivant: dans certains cas, il n'y à plus analgésie, abolition de la senstbilité, mais renversement total des sensations, interversion de la sensibilité. « Un jour, dit M. Giraud (1), que. me trouvant dans cet état simili-hystérique, je fus pris d’un évanouissement accidentel, l'instinct profita du somméil de la raison pour s'offrir le malsain plaisir de me fâire cogner avec force la tête contre le plancher, ce qui me procurait les plus grandes délices ». .

__ Nous avons vu nous-mêmes, à plusieurs reprises ; des hachichés, se frapper la tête contre les murs de la chambre, se pincer très fortement la peau, se laisser piquer avec des épingles, et en éprouver la plus vive satisfaction. Dans un pareil état de désorganisation ner-

(1) Jules Giraud. Manuel de hachichin, pour paraître prochainement.

Re SCCpOCLS

veuse et mentale, les coups deviennent des caresses, les douleurs des voluptés profondes ; ce qui d'habitude ferait crier, fait au contraire soupirer de bonheur. On ne peut, devant ces faits, s'empêcher de penser aux martyrs chrétiens, aux flagellants ou à ces convulsionnaires de Saint-Médard qui aimaient à recevoir des coups de barres de fer sur le ventre.

Quoi qu'il en soit, et malgré ces exceptions, on est en droit de dire que — à dose élevée surtout — le hachich agit comme un anesthésique général, comme un stupéfiant.

Du côté du système musculaire les modifications apportées sont importantes au début de l'ivresse : après absorption de doses légères, on note : une tendance particulière au mouvement, un insolite besoin de locomotion, puis quelques soubressauts, quelques contractions partielles des muscles, quelquefois des tremblements saccadés, convulsifs dans lesquels l’action des muscles fléchisseurs semble prédominante (1).

Valentin a observé chez des grenouilles auxquelles il avait administré du bachich la même excitation motrice qui se manifestait par une très grande légèreté dans les mouvements, des sauts et des bonds impétueux.

A doses plus élevées, ou voit survenir le plus souvent | la fatigue, puis la résolution musculaire, avec, parfois, des phénomènes choréiques (2).

MM. Liouvilleet Voisin remarquérent, dans leurs expé-

(1) Moreau de Tours, Michel de Cavaillon. (Montpellier,

Médical, août 1880).

(2) Gairdner, Moreau de Tours.

ETUI PEU

riences sur les cobayes et les chiens, de l’incoordination des mouvements, de l'incertitude dans la démarche, et, pour terminer, de la résolution musculaire.

Sur la musculature de l’utérus, l’action du cannabis indica se manifeste par une contraction énergique des fibres musculaires, si l’on en croit Churchill et Sylver. qui utilisèrent cette propriété pour combattre la métrorrhagie, Christison et Gregor, qui l’'employèrent pour activer le travail de l'accouchement. |

Nous avons souvent remarqué qu'employé à doses très faibles — 0,03 à 0,04 centigrammes — la cannabine agit comme stimulant du système musculaire, qu’elle rend plus résistant et capable d’un plus grand effort, au même titre, mais à un degré moindre que la strychnine: « Elle permet, dit M. Giraud, de faire par jour et sans fatigue des marches de plus de cinquante kilomètres. »'

Les expérimentateurs qui ont étudié l’action du cannabis sur les réflexes ont noté, au début de l’intoxication, une notable exagération de ceux-ci, à laquelle succède une diminution très sensible, due, non pas à la paralysie des nerfs moteurs ou des faisceaux moteurs de la moelle, mais au défaut d’excitabilité des nerfs sensitifs et des faisceaux sensitifs de la moelle. D'ailleurs, son action principale s'exerçant sur le cerveau, il est logique de penser que son influence sur la moelle et les troncs nerveux soit secondaire et sous la dépendance de cette action cérébrale (Amory-Hare).

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