‹ Étude sur le HachichChapitre 23 sur 30 · EE · texte numérisé non relu

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Pourtant, nous devons signaler l’ingénieuse tentative faite par M. Binet-Sanglé, pour expliquer le mode de réaction de l'activité organique vis-à-vis du chanvre indien. La voicien quelques mots:

On admet aujourd'hui que les conducteurs nerveux sont constitués chacun par une chaîne de neurones, placés bout à bout, dont les prolongements s’anastomosent entre eux, mais d'une manière imparfaite, c'est-àdire qu’il existe entre les prolongements cylindraxiles de l’un et les prolongements protoplasmiques de l’autre, non point des rapports de continuité, mais seulement des rapports de contiqütté. Or, les neurones étant doués de rétractilité, il se forme, lorsqu'ils sont modifiés dans leur densité, une séparation entre leurs prolongements, une zône mauvaise conductrice, une sorte de barrage qui met obstacle au passage du courant nerveux et que l’auteur appelle des neuro-diélectriques (1).

« Lorsqu'un neuro-diélectrique, dit-il, s’est formé dans un conducteur nerveux, la pression augmente en amont. Et comme il existe toujours par suite de la rétractilité des neurones des neuro-diélectriques dans les conducteurs, la machine nerveuse est continuellement sous pression. La répartition de cette pression dépend de la répartition des neuro-diélectriques et varie comme elle. »

C'est par les modifications apportées dans cette répartition que M. Binet-Sanglé explique les phénomènes produits par le hachich. Pour le rire, par exemple, voici

(1) P. Binet-Sanglé. Théorie des neuro-diélectriques. In Arch. de neurologie, septembre 1900.

ce qu'il nous dit: € Il résulte d’une synthèse d’observations faites par Nothnagel, et des expériences de Bechterew que les neurones qui président au rire se trouvent dans le thalamus. Ces neurones sont en rapport:

1° Avec des conducteurs centripètes venus de divers points de l'organisme au thalamus.

2 Avec des conducteurs centrifuges émanant de l'écorce cérébrale. Mais parmi ces conducteurs centrifuges, il en est aussi qui servent à l'inhibition du complexus mimique. Si ces conducteurs viennent à être interrompus, le rire se produira à la moindre sollicitation, c'est ce qui arrive dans les diverses lésions de l'écorce ou du segment antérieur de la capsule interne ; segment qui contiént les fibres inhibitrices du rire (Brissaud). Le hachich ne détruit pas ces fibres, mais il les fait se rétracter de telle sorte qu'il se forme dans leur intérieur ou à leur point de contact avec les neurones du thalamus des neuro-diélectriques qui empêchent les ondulations inhibitrices de passer. Il devient alors impossible de réfréner le rire provoqué par la moindre excitation (1).

L'engourdissement de la sensibilité générale est düe aussi à la rétraction des neurones qui servent à la conduction des ondulations centripètes aboutissant aux neurones des sensations générales et surtout à la rétraction de ceux ci, car le hachich paraît agir électiquement sur l'écorce cérébrale. Par suite, il se forme des neuro-diélec

({) Ch. Binet-Sanglé. Action du hachich sur les neurones. (In Revue scientifique, à? mars 1902),

En:

es 6%: À

triques en amont qui empêchent de passer les ondulations centripètes. et

De même, pour les troubles apportés dans la sensibilité visuelle : si, sous l’influence du hachich, les objets apparaissent comme dans un brouillard, c'est qué, par suite de la rétraction des neurones de sensation visuelle,

il se forme des neuro-diélectriques en amont: neuto-

diélectriques qui n'empéchent pas les ondulations centripètes de parvenir à ces neurones, mais qui ne les laissent passer qu'incomplètement. De plus, le corps de ces neurones étant déformé et augmenté de volume, il se pro duira de la macropsie, et, si les objets apparaissent jaunes ou verdâtres, par exemple, c’est que tous les neurones des sensations chromatiques se sont rétractés, sauf ceux du jaune et du vert. |

M. Binét-Sanglé assigne le même mécanisme aux modifications apportées à la motilité, à la mémoire, à l’association des idées, au jugement, au raisonnement, etc., et arrive à cette conclusion, que nous citons intégralement :

« Le hachich est, selon moi, une substance qui a la propriété de faire se rétracter, se gonfler (macropsie) et se déformer les neurones de l'écorce cérébrale. Il en résulte la formation de neuro-diélectriques dans les conducteurs nerveux et une modification notable dans la répartition de la pression nerveuse. » |

Nous ne pouvons ni ne voulons entreprendre la criti:

que de cette très habile explication des phénomènes pro-

voqués par le cannabis indica; mais, remarquons cependant que ce n’est là qu’une hypothèse ; elle peut être, il

est vrai, entre les autres hypothèses isgiaablen celle : qui soit adéquate à la réalité; c'est fort possible, miss nous n'en Savons rien, n0S Moyens d' expérimentation et . À x d'investigation ne nous permettent pas de nous en

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