‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 1 sur 326 · I \ PR0S · texte numérisé non relu

I \ PR0S

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Le roman de l unceloi du Lâc est plus célèbre que connu. Auprès avoir joui d'une immense réputal ion au moyen âge et même à L'époque de I;» Renaissance l, il tomba dans un oubli profond aux siècles suivants. Seuls un très petit nombre de curieui eurent

t. Le Lancelot du i .,. a été l'objet de Bepl éditions : ! i HM ;!' I i'>, 1503] : '•" 1513 : •"■" 1520 ; 5€ 1533 : 3 I >91, Lyon, chei Ben. l.'L abrégé de 166 pages .

Sur les éditions de L&ncelotvoy. Bru net, Manuel du libraire^ t. III. col. 805-808; La France littéraire au XV{ siècle, p. 105; *oy. aussi I»"1 Bruce dans VAnglia, t. XXIII, 1900, <-i dans son édition de la Mort Artu (1910), p. wu-wni. El encore Gustave Reynier, Le roman sentimental avant VAstrée 1908 . p. 7. 8, 177, 190.

l.o nombre des manuscrits du corpus Lancelot-Graal parvenus jusqu'à nous est considérable et témoigne «lu succès de l'œuvre. J'.i\ relevé t; mss. cycliques, c'est-à-dire renfermant VEsioire, le Merlin avec sa suite, le Lancelot propre, la Quête du saint (iraal, la Mort d'Arthur dont 6 du un* siècle, i du \i\'' siècle, 3 du x\ siècle . Six autres dont 3 «lu \me si. I du mv0 s., 2 du xve s.) renferment Le Lancelot propre, la Quétet la ii Arthur. Vingt-huil mss. dont 13 du xine siècle. Il du xiv'\ 2 du xv". 1 du wi° siècle donnent le texte du Lancelot propre, mais, chose curieua qu'aucun d'entre eux soit complet : tous sont tronqués de la tète ou de la fin. Treize dont 9 duxiii*, 4 du xive s.) débutent par VAgravain 3e partie du Lancelot) suivi de la Quête et do la Mort d'Arthur, c'est-à-dire représentent des mss. cycliques dont le tome Ier [Estoire, Merlin, Lancelot, parties 1 cl 2> a disparu. Vu \iu siècle ne renferme que VAgravain et la Qu<:te. Cinq (3 du xnr'. 2 du xive s.) n'ont pas VAgravain. Sept dont 3 du xiii° s., 3 du xiv°s.. 1 du du x\c s.) ont la Quête et la Mort d'Arthur. Trois (dont 2 du xme, 1 du xive s.) n'ont que la Quête. Cinq dont 4 du xui°. 1 du xiv* s.) n'ont que la Mort d'Arthur.

Ce relevé est incomplet. Il ne comprend pas les mss. propres à l'Estoire Etude sur le Lancelot. 1

2 ki i m; snt i.i LÀNl i i ni i,\ n:usi.

l'occasion de le consulter dans les manuscrits ou dans les éditions défectueuses de La fin du w e1 du \\i' siècle '.

Dans le troisième quarl du ti%ê siècle Paulin Paris tenta de le tirer de l'oubli en le présentant au public lettré sous la forme d'une analyse copieuse 2. Cette tentative, qui a coûté à l'auteur de longues années de labeur, n'est pas sans mérite: l'analyse est généralement fidèle et, pour quelques épisodes d'un intérêt particulier, elle se transforme en une traduction qui s'efforce, sans toujours y réussir, de garder la saveur de l'original.

Il est regrettable que, vers la fin, Paulin Paris ait cru devoir resserrer à l'excès son analyse. Celle de la troisième partie du Lancelot propre, dite Y Agravain, est très succincte; la Quête du saint Graal n'est que mentionnée (en deux pages) ; la Mort d'Arthur est expédiée en vingt pages 3.

Le plus grand reproche qu'on puisse adresser à l'analyse de Paulin Paris c'est d'être composite. Se bornant aux manuscrits de la Bibliothèque Nationale qu'il avait à sa disposition 4, négligeant ceux des autres bibliothèques de l'Europe, même des bibliothèques parisiennes 5, Paulin Paris n'a ni voulu ni su classer la

et au Merlin (voy. sur ces mss. Hucher I, 14-24 et 0. Sommer, I, xxx) et néglige les fragments trop menus du Lancelot. Enfin les bibliothèques particulières et les bibliothèques d'Espagne peuvent sans doute grossir les chiffres précédents d'une manière appréciable.

On sera frappé du nombre considérable de mss. du xme ou du commencement du xivc siècle. Pour la fin du xive et le xve le nombre des mss. est déjà sensiblement plus rare, mais ce sont des mss. de luxe. La popularité du Lancelot est à son apogée à cette époque dans les hautes classes de la société. René d'Anjou, roi nominal de Naples, donne, en 1446, près de Chinon, une « Emprise et pas » qui reçoit le nom de « château de la Joyeuse garde». Il institue l'ordre du Croissant le 2 août 1448 : un « greffier », à l'instar des sages clercs d'Arthur, tiendra compte par écrit des faits et gestes des chevaliers et écuyers de l'ordre. Voy. Marc Wlson de la Colombière, Le Vray théâtre d'honneur et de chevalerie (1648), p. 82 et 116.

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