‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 120 sur 326 · VI, '.:, i · texte numérisé non relu

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8. On peut suivre la progression des efforts des prudhommes poui l'amener à cet aveu (VI, 47-48. 51, 92, 95).

9. Il y aurait lieu d'étudier le Lanceloi au point de vue des institutions juridiques et militaires du xnr' siècle.

Il est tout à l'ait curieux qu'un homme du \vn" siècle ait pensé à faire ce

complaisamment sur les différends du roi Glaudas avec ses vassaux et ses sujets. Il se délecte à l'exposé des cas de conscience féodaux '. On a relevé l'habileté avec laquelle il atténue la responsabilité de Lancelot à l'égard d'Arthur, en faisant de lui un commensal mais non un vassal du roi 2.

L'auteur n'a point d'illusion sur la constance et la fidélité du monde chevaleresque. Segurade est bon chevalier et « large » : il attire donc à lui les « légers bacheliers », vassaux d'une Dame qu'il veut dépouiller 3. En distribuant à profusion les dons et les

travail. Au dire de Chapelain, Chantereau-Lefèvre avait entrepris un traité de droit coutumier français fondé sur notre roman. Dans son dialogue avec le cardinal de Retz, il prête à l'un de ses interlocuteurs le langage suivant : « Je suis d'avis de vous renvoyer pour les coutumes au Grand Coutumier « du royaume de Logres, je veux dire au livre même de Lancelot, où vous « les trouverez semées fort dru, si vous n'aimez mieux attendre la publi- « cation du Traité qu'en fait le grand antiquaire M. Le Fèvre, qui n'autorise « presque ses observations que par les passages qu'il tire du Lancelot. dont « il fait son capital en cette matière de coutumes. Je vous dirai seulement, « en général, qu'elles ont le caractère des mœurs de ce temps reculé. » (De la lecture des vieux romans, Dialogue de Chapelain et de Ménage, adressé au Cardinal de Retz, publié dans la Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire, par le P. Desmolets, t. VI, part. I, 1728, p. 341.) Le traité de Chantereau-Lefèvre n'a jamais paru, si tant est qu'il ait existé, mais ce juriste s'appuie sur le Lancelot dans son Traité des fiefs, publié en 1662, pour autoriser son interprétation du terme « meffaire » : il invoque un passage du débat de Lambègue et de Pharien correspondant à la page 70 du t. III de l'édition Sommer, et ajoute : « Il y a bien des choses à recueil- « lir de ce discours : ie me persuade que l'Autheur (que la suite du liuure « montre auoiresté Moine) avoit dessein sous vne fable forgée a plaisir et des « noms supposez de représenter les mœurs etla manière de viure des Caua- « liers de son temps » (p. 88). Le Lancelot a été le livre de chevet de Marc Wlson de la Colombiere, qui l'a utilisé dans son ouvrage, Le Vray théâtre d'honneur et de chevalerie ou le Miroir héroïque de la Noblesse (1648,

2 tomes en 1 vol. in-folio). Cet héraldiste reproduit (p. 136-1*5) les armoiries des principaux héros de notre roman, et même cite (p. 134-135) les épisodes de Brumant l'Orgueilleux et de l'apparition du graal à la table ronde. Il prend au pied de la lettre les fantaisies de notre roman (voy. p. 40, 42, etc.).

Lacurne de Sainte-Palaye, dans ses Mémoires sur Vancienne chevalerie considérée comme un établissement politique et militaire (Paris, 1759, nouvelle édition, 1781, t. II, p. 115-116), s'autorisa du précédent de Chantereau- Lefèvre pour oser utiliser les œuvres littéraires du Moyen-Age.

1 . Pharien hait Claudas, mais il est bon vassal ; il retient donc sans cesse la main de Lambègue, son neveu, prête à frapper le tyran (III, 64, 65, 70, 93-94, 97-98, 100-103). Très instructif aussi est le dialogue de Claudas déguisé et du sergent, son compagnon, Arcois « li Flamens » (III, 29-33).

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