C'esl ce <pie Bruce appelle imiter le / • y. sou
p. ixxii el p. 2<
pitre 1\.
Sur ce point les critiques sont d'accord, ainsi que sur la valeur littéraire de cette finale. Voy. Ë. Brugger loc. cit.. XXXIII, 129 . 1». Bi tion \\\i\. \\\\ et dans la Romanic Review1 1913, t52-464 . Le premier parle du « tragique supérieur »>de la Mort <i Arthur loc. ci/., XXIX, 95 . Le second de geniusof exceptional order i Modem language notes, 1911,4 3 .
i. Signalons une fois de pins les épisodes de la Mort d'Arthur anno:. ou prédits dès VAgravain et même auparavant : 1 ' la Salle aux Im épisode capital Sommer, VI, 235-242 ; Bru i ; —cf. Lancelot. V,
2 17-21 S, ~22-3 1 ; — 2° le stratagème d'Agravain amenant la surprise de Lancelot et de Guenièvre , S., VI. 8; Bruc< f. Lancelot t V,
192. 1. 27 : — 3° la haine d'Agravain et d'autres chevaliers contre Laucelot (S., VI, 20a ; Bruce 3 ases racines lointaines dans une vieille jalousie, avi-
204 ÉTUDE Sl'H LE LANCELOT EN PROSE
habileté consommée et la prolonge plus même qu'il n'est nécessaire ' .
D. Sources de VEstoire.
La résolution de lier au Lancelot un Conte du Graal entraînait la réfection complète de la première partie de la Trilogie de Robert de Boron, le Joseph. En elï'et :
1° Notre auteur, sous l'empire d'une idée mystique, veut que l'élu, le prédestiné, appartienne à la race des gardiens du Graal, les « rois pêcheurs2 ». De là la nécessité de constituer par delà Lancelot une glorieuse lignée d'ancêtres à Galaad.
A cette occasion on s'efforcera de faire des premiers chrétiens venus d'Orient en Grande-Bretagne les aïeux des héros, émules et amis de Lancelot : Gauvain et ses frères (Guerrehès, Gaheriet, Mordret), Ywain, etc.
2° Le Joseph se taisait sur le transport du Graal d'Orient en Occident et sur la conversion de la Grande-Bretagne à la foi chrétienne. Il laissait espérer qu'il comblerait un jour cette lacune; de fait il n'en faisait rien 3. Il était tentant et même indispensable de remplir cet énorme hiatus dans l'histoire du Graal, d'autant que la Quête est envisagée comme une sorte de nouveau testa-
vée maladroitement par les éloges dont Arthur a comblé Lancelot et par les reproches dont il a accablé les chevaliers de la Table ronde (V, 169-171, 192, 255) ; — 4° le drame final, la brouille d'Arthur et de Lancelot, la seconde guerre de Gaule, la révolte contre Arthur, qui remplissent la fin de la Mort d'Arthur, sont annoncés à plusieurs reprises et préfigurés par la lutte du serpent et du léopard, du serpent et des serpenteaux (IV, 345, 348-9 ; cf. IV, 3*21 ; V, 147, 191-2); — 5° la lutte impie du fils incestueux (Mordret) et du roi Arthur est prophétisée dans YAgravain (V, 284-5, 319, 334-5). Avant même la rédaction de YAgravain cette parenté criminelle qui relie Mordret à son prétendu oncle est imaginée : on la trouve dès YEstoire (II, 280-281); il n'est pas douteux que cette parenté ne soit une invention de l'auteur du Lancelot, en vue de rendre plus dramatique la Mort d'Arthur; — 6° Gauvain dans ses aventures (non racontées) de lTle des Merveilles a vul'épée qui l'occira un jour (V, 382-383). Dès son séjour à Corbenic une fin tragique lui a été prédite (V, 147).
1. On peut estimer que la « salle aux images » suffisait à révéler à Arthur la trahison de Lancelot, de Guenièvre et qu'il était inutile de faire retomber le roi dans l'incertitude après cet épisode saisissant. Mais ces longueurs et ces répétitions qui nous rebutent charmaient le public français du Moyen-Age.