Cf, p. ii
5. Sommer, V, 110. UEstoire 1,203 et la Quêtt VI, 96 nonsn lent descendant de Nascien Galaad sous l'allégorie d'un fleuve ■ trouble
et espès comme boe ». Il ne sera pas engendré de mère moullier ne ■-('loue la loy de sainte Eglise, mes ensi comme en fornication et en autre » pechiét mortel » [,207),
4. u Et pour ce que li Sires en qui toute pitiés habite et qui ne juge mie « tout dis selonc les mesfais as pechi garda celé assambli ic le
« preu a ceuls del palis, comme cil qui ne voloit mie qu'il fussent t ri en eseil ; si lor donna tel fruit a engendrer et a concevoir que pour la m flor de virginité qui illuec fu corrompue, fu restorée une autre fleur dont « grans biens vint al païs, car de la douchour qui de la fiourissi tu toute la m terre raemplie, ensi comme l'Estoire del saint graal le nous a devis u fait entendant m (V, 110-111 . Cf, I, 200-291. a. Sommer, III, 216, 1. 1-3.
à lui faire dire qui est son père : il se dérobe et a « vergoigne * ».
Mais, encore une fois, c'est la carte forcée. Galaad ne peut naître en légitime mariage puisque Lancelot est obligé de demeurer célibataire. D'autre part, il faut bien que Galaad voie le jour. L'inconséquence de la donnée est inévitable et l'auteur aurait pu faire observer, comme le poète, que pour qu'il naisse un être vierge il faut bien qu'une vierge ait perdu sa virginité.
IV. Ce qui se conçoit moins et même mal c'est la généalogie de Galaad. Qu'il soit fils de Lancelot c'est indispensable. Mais on s'attendrait à ce que Lancelot fût rattaché par son ascendance au roi Salomon. UEstoire, la Quête postulent cette origine 2. Or on nous représente Lancelot comme descendant de Nascien (Seraphe), « serourge » du roi Mordrain (Evalach) 3, mais sans rien nous dire des origines de Seraphe.
Cherchons du côté de la lignée féminine. Seraphe a pour femme la « duchesse » Flegetine. D'où vient celle-ci ? Silence absolu. Mais souvenons-nous que son nom rappelle étrangement celui du savant païen Flegetânis que Wolfram d'Eschenbach donne comme auteur d'un livre traitant du graal. Or, selon le poète allemand, Flegetânis est de la race de Salomon 4. Imaginons que Flegetânis ait changé de sexe, par suite dune de ces bévues fréquentes chez Wolfram qui comprenait mal ses sources, et alors, grâce à un hasard fabuleux, nous pourrons rallumer la lanterne éteinte.
Mieux encore : c'est par sa mère, la fille de Pelles, que Galaad se rattache à Salomon. La dynastie des rois gardiens du graal se relie à Josué, fils de Bron, et à l'épouse de Josué, qui est fille de Galeb Alfassam, roi de la « Terre foraine ». Galeb, nous Lavons vu5, est un personnage historique, un roi d'Ethiopie (Abyssinie) du IVe siècle de notre ère. Or la prétention des rois d'Ethiopie et de leurs successeurs actuels, les négus d'Abyssinie,
2. C'est à l'intention du dernier de ses descendants (Galaad) que Salomon fait construire la fameuse « nef » et y dépose l'épée de David, les « trois fuseaux >> tirés de l'arbre de vie, enfin un « bref » que lira le dernier de sa race (I, 135 ; VI, 144, 160-161).