‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 191 sur 326 · Cf. plus haut, p. 227, note · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 227, note

2. « Car tout aussi com li prophète estoient venu grant t;oi> avanl la venue Jhesu Christ el avoienl anonchié l'avènement <le lui et dis qu'il vendrait salver le pueple des loiens d'enfer, tôt aussi ont anoncié vostre venue li ermite, plus a de \\ ans, et disoient Mon tout que ja le reialme de Logres ae seroit délivrés des aventures qui estoient devant

m t[uo vous fustes venus. Si vous avons. Dieu merci, tant a tendu qui nous \ --s avons VI, 28-29 .

'.\. On vient de les signaler p. 223-224 . i . Voy. plus haut, p. 61.

V>. Pour l'opinion contraire voy. plus haut. p. 224, note I.

237I i:.i i ni si i; 1.1; i.am ii.oi k\ PROSE

contre, Pseudo-Wauchier admettait que l'écoulement du sang se faisait sans interruption « <lel fier juscjues à l'arestuel », et il avouai! que oe spectacle était terrilianl ; mais, puisque ce lang csl a nustiv raençon » et que à ce coup <( nos i gaengnons », il (H prenait allègrement son parti et prolongeait récoulement (lu sang divin jusqu'au jugement dernier ].

dette naïve impiété n'a pas été du goût de l'auteur du Lanrrlot-Graal. Bien qu'il limite la durée des « merveilles » à trois ou quatre siècles, il n'en reste pas^noins que faire couler le sang du Christ pendant cet espace de temps, c est encore une terrible chose. Notre auteur, quand il s'est aperçu de la difficulté, a cru se tirer d'affaire en arrêtant l'écoulement du sang immédiatement après la guérison de Nascien et de Josephé et en réduisant la durée des « merveilles », donc de l'écoulement du sang divin, à douze ou quatorze ans. Et si cette durée est en contradiction avec d'autres passages de l'œuvre, tant pis : mieux vaut une inconséquence que l'irrévérence.

XI. Provoquées par le coup de Y a épée » les « merveilles » ne céderont qu'à la vertu de cette même épée. Et quelle épée ! celle du roi David. D'où vient cette arme sainte, « la riens el « monde que jou onques prisai plus, fors seulement le saint « vaissel que on apele graal?2 ».

Un obscur passage de Chrétien fait allusion à une « espée as estranges renges », récompense de celui qui pourra délivrer une pucelle assise au puy qui est sous Montesclaire 3. Cela a sutft pour mettre en branle l'imagination de l'auteur. Quelle transformation subit chez lui l'arme mystérieuse ! Elle devient l'épée de David, cette épée qui est transportée avec les trois fuseaux coupés dans l'arbre de vie, par la nef de Salomon, allégorie de l'Église! Quant aux « renges » (attaches) de l'épée elles signifient la rédemption de la femme ! D'abord de vile matière, « comme d'estoupes », et si faibles qu'elles ne peuvent soutenir le poids de l'épée, les renges — allégorie de la femme de Salomon, comme celle-ci le reconnaît elle-même 4 — , seront transformées deux mille ans plus tard, quand une nouvelle Vierge, une Vierge rédemp-

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