‹ Étude sur le Lancelot en proseChapitre 200 sur 326 · Hucher, III · texte numérisé non relu

Hucher, III

8. Pellinor, distingué de Pellehan, devient frère de Pelles et père de Perceval. La rédaction du Livre d'Artus renfermée dans le ms. 337 de la

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prudent dI 'i'1' .il i oi Soinmei . VI, 144; c! H . I ii ii doute que i • m i l',ll> s , ne soll une addil ion malem blanc dana l'archétype L'a u tau r • su brusquement il .iil.ui tombei en nommant le père de i I. Vu début d

pour un motif impénéti able, il écarté Uain que lui

n cf. plus haut , p .' .' i et il i lit fait de Pelles, lequel devenait le grand père d plus

h. mi . p Plut tard il renom

substituer, Perceval n'est introduit qu'à l'extrême fin d aveesonfrère Vgloval, lequel apparaît I ippluatôl IV,

absolu et intentionnel couvre les noms de leurs parent que dans le siècle elle a été roïne de la 2 VI, »3), contre!

de la Gastc forest de Chrétien cf. plus haut, p. 238, not<

\u début de la Quête ^ Galaad, amené i la cour d'Arthur par un vi< lard mystérieux, prend congé du preudome m or tous en raies, car bien a vés fais ce que on vous commanda. I « moi tous ceaua del saint os tel et mon oncle le roi P llèt et mon « riche roi pescheor, et li dites de par moi que jou l'irai veoir .il plus .< que je porrai et aurai loisir VI, s . \ la fin Galaad remplit messe, mais Pelles, qui sait qu'il ne le reverra plus, pleure neveu VI, lv . Le ms. 342, toujours circons

qu'on s'étonnerait que Pelles fût oncle »•! non grand- père de Galaad el il a substitué .:< mou oncle le mol monsignoi i l

d'Artus, en vertu de rapprochements malheureux, ont conclu textes que, neveu de Pelles, Galaad était fils de Pellinor, par Buite que Pelles et aussi Main le Gros cf. p. 222 étaient frèr*

Sommer s'est autorisé de la divergence des graphies Pelle han-PelU et des deux pas [u'on vient de citer pour imaginer un coi pu- /.

lot -{- Quête-Perlesoaus antérieur au corpus actuel Lan G&laàd. Le remanieur de l'œuvre primitive aurait oublié d'effacer 1< île son remaniement en deux ou trois | '. voy. son édition, VI, 5

note 3, s. note s. 187, note 15 : cf. 162, note 1 et 150 note 2; cf mémoire de la Romania, t. XXXVI, 1907, p. 377-378 . . —

A priori la thèse e>t d'une criante invraisemblance. Ce remanieur, qui pendant des centaines de pages répète à satiété que Galaad esl petit t Telles, aurait été assez maladroit pour laisser subsister une trace d< version «primitive - endroits essentiels ! Mt ce maladroit, cet étourdi,

e>t en même temps tellement attentif qu il ne s'embrouille jamais en rant une refonte qui porte, forcement, non sur une portion, mais sur un ensemble gigantesque ! En fait, ce système chimérique déjà en germe chez

244 in M. 61 li LE I.AV ELOf EN I'l!<>M.

11 \ a rien de solide à tirer de cette divergence de graphie1.

On pourrait relever encore d'autres inconséquences touchant la matière du graal. Elles sont peu de chose en comparaison de celle que constitue la présence même du roi mehaigné à Corbenk'. Comment ce graal ({ui nourrit et qui guérit ne peut-il sauver le bon roi, dont l'existence s'écoule au milieu d'un miracle perpétuel ? Mais cette antinomie est inhérente au Conte lui-même. C'est une donnée qu'il faut accepter comme un mystère, sans la discuter, sous peine de voir s'évanouir le sujet même du récit.

XVI. On rencontre dans les diverses « merveilles » ou épreuves du château du graal des traits inconnus à Chrétien de Troyes, à Wauchier de Denain, à Robert de Boron.

Gauvain y aperçoit une demoiselle plongée jusqu'au nombril dans une cuve de marbre remplie d'eau bouillante. Il tente vainement de l'en faire sortir 2. L'aventure n'est pas sienne, mais dedans Tannée un meilleur que lui réussira. Et en elï'et Lancelot retire de la cuve l'infortunée 3.

Comme Gauvain, Lancelot voit passer aussi le blanc « coulon » portant un encensoir. Mais Bohort n'aperçoit pas les pleureuses dont l'arrivée avait si fort impressionné Gauvain.

Cet épisode des Pleureuses est des plus mystérieux. Pendant que Gauvain est enfermé dans une salle du palais aventureux : « Et lors entra laiens uns vens si grans et si fors qu'il « emporta toute la jonchie del palais. Grant pièce après le deba- « teïs des fenestres oï mesires Gauvains les plus grans pleurs del « monde et le plus grant doel ; si li sambloit bien que ce fuissent u femmes. Et quant il se veult drechier en estant por veoir ce « que ce estoit, si vit issir d'une cambre jusques a xn. damoi- « seles qui font le plus grans doel dou monde. Si aloient l'une

Nutt, p. 83-86), repose en grande partie sur une erreur d'interprétation. Dans le second des passages étudiés plus haut le mot oncle avait pour l'auteur de la Quête, comme taion pour Robert de Boron, le sens de grandpère » et non pas d'oncle, et neveu signifiait «petit-fils » et non « neveu » (cela est admis par O. Sommer). E. Brugger s'en est fort bien aperçu (Zeitschrift fur franzôsische Sprache, t. XL, Referate, 1912-13, p. I " . aote 11 et avant lui Heinzel loc. cit., p. 7(3 iu note1. O. Sommer s'est mépris, tout comme les auteurs auxquels sont dues les suites du Merlin ! I . A l'exemple de O. Sommer qui met le feu à une maison pour retrouver une épingle.

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• lit pas idenl iqm i cellea de G nement un dessein prémédité Nfais on ain du . travail des douze pleui demmenl

lieressos arrêtées uu seuil de la chambre du •■! i;il où pénètre le i oulon

( )n voudrait aussi connaître la cause du - bâtiment <!<• I.i p demoiselle .< la cuve. Bile avait promis à messii l • ivain de I < faire connaître quand elle serait délivrée . mais ell< ne 1 1 ♦ - 1 ■ t l>.is s.i promesse

XVII, Un dernier exemple de la manière de I auteur dans I ul lisation de ses sources, nous est offert par la Table rondi

Robert de Boron avait imaginé ' que, à l'imitation de la table où le Sauveur avait célébré la Cène, Joseph d* Arimathie, sur un ordre» venu du ciel, avait confectionné une table merveilleus on ) posait le graal et autour d'elle prenaient place les nouveaux

2. V, 297-303. Lancelol est affranchi des épreuves sein : voy. plus

haut, p, 226, note \,

3. On pourrait se rappeler avec .1. L.Weston op. ci/., I. 334 : II. 2

cf. The Grail and the rites of Adonis dans Fo/A-Lore, 30 septembre 1907 l«-> pleureuses qui jouent un rôle si important danslea rites du culte d'Ad et de Tammûz. Mais les circonstances sont complètement différentes dans le Lancelot. Le rapprochement est plus que probablement fortuit.

5. Naturellement la conception de la Table Ronde est antérieure à Robert de Boron, Il n'existe pas, à ma connaissance, de travail pleinement satisfaisant sur la « Table Ronde». L'essai d'Arthur C. L, Brown, The Round table hefore Wace Boston, 1900 : extr. des Harvard Studies an<l notes on philology and Uterature, vol. VIF est plus brillant peut-être que solide.

Le mémoire de Lewis F. Mott, The round table Publications of the modem language association of America, t. XX. 1905, p. 231-264 . qui fait d'Arthur un dieu agraire et rapproche la table ronde des cercles druidiques, relève d'un genre trop suranné pour qu'il soit utile de s'y attarder.

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converti» qu'il nburrièsail spirituellement el même matériel^ lernent. A cette table une place devait demeurer vide pour « signifier « celle que Judas occupa, el nul ne devaii La remplir sans encourir un terrible châtiment ': tel lui le sorl de l'hypocrite

Moïse qui osa s'y asseoir et en fui châtié par la colère divin»

Ce thème est répris dans VËstoife. Les épisodes de la pèche du poisson miraculeux el de la punition de Moïse sont transportés (TOrient en Grande-Bretagne :1. Surtout l'interprétation du ,e vacant est entièrement différente : « cis liens mismesenefie

« le lieu OU Nostre Sire s'assist al jour de la ehaine el la sainte « table où il manja avoec ses apostres : si est ausi cis liens corn s'il « atendist son niaistre Iliesu Crist ou celui qu'il i envoiera '. n ISEslnire ne dit rien des destinées ultérieures de la table, mais il est évident que, pour l'auteur, elle devait être transportée finalement à Corbenic. Gauvain et Bohort l'y admirent pendant leurs visites ' et nous la retrouvons dans la Quête du saint <jrnal. Les douze élus, Galaad, Perceval, Bohort, ainsi que neuf autres chevaliers, venus de Gaule, d'Irlande et de Danemark, y prennent place et reçoivent la communion des mains de Josephé descendu du ciel °. La table est décrite comme étant d'argent 7. Les trois compagnons, Galaad, Perceval et Bohort, la retrouvent miraculeusement sur la nef qui les transporte en Orient. C'est sur elle

1. Le roman du saint Granl, éd. Francisque-Michel, p. 106. Cf. la version en prose dans Mucher, t. I, p. 254 et 316.

2. Le passage qui racontait le châtiment de Moïse dans le poème de Boron a disparu, deux feuillets du ms. fr. 20.047 (anc. St-Germain 1987) de la BibL Nat. ayant été arrachés il y a plusieurs siècles (Francisque-Michel, p. 116 et Hucher, 1, 373-4). On le restitue au moyen des versions en prose : elles montrent Moïse « fonduz maintenant, ne ne sambla que oneques i'eust estét » (Hucher, I. 321), « fonduz en terre, car maintenant OVl'i la terre et lou sorbi,et maintenant reclost après lui, neonques ne sembla que ilohques i eust esté (ib., I. 260) ».

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