CHAPITRE IX DÉFAUTS ET MÉRITES LITTÉRAIRES
Les Dé f au/s.
La forme annalistique n'était pas des plus favorables au déploiement du talent littéraire. Elle entraînait monotonie, lenteur, puérilité même, mais elle était imposée par le genre pseudo-historique adopté par l'auteur. De là aussi la complication el l'effroyable prolixité de l'œuvre.
La multiplicité accablante des « aventures » témoigne-t-elle, du moins, d'une riche imagination ? On pourrait le croire au premier abord. Mais, assez vite, on s'aperçoit que l'invention de l'auteur est loin d'être aussi abondante qu'on aurait pu penser.
11 ne faut pas trop la rabaisser cependant. S'il doit beaucoup à ses sources *, on doit dire aussi que l'immense majorité des aventures est tirée de son propre fond. Ce fond était avant tout livresque en ce qui concerne les parties orientales et mystiques. Dans les parties profanes sa connaissance de la matière de Bretagne orale 2 et du folk-lore général était peu étendue. Somme toute, la plupart de ses épisodes sont de son invention, comme dans un roman moderne.
Sans être indigente sa faculté d'invention est cependant limitée. Aussi a-t-il pris le parti très simple de se répéter. Les mêmes situations, à peine modifiées, se présentent à nous à deux, trois, quelquefois quatre reprises. Et les ressorts sont d'une monotonie presque offensante pour le lecteur. A chaque page l'interprétation d'un songe, d'une inscription, d'une aventure,
i. Voy. le chapitre VII.