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ne délie pas, dont il ne pai le môm suite par se \ an ter d'aï oir en ta prison d< l res, puis propose a Arthur de lui rendre ses prisonni< rs • 'il confie I" i' in & un che^ alier assez hardi pou le bois voisin ; puis il disparait tans dire ni son nom ni sa qualil Noua voilà plongés en plein mystèi h mi rien de I
ger insolent ni de l'étrange coutume du pays d'où il vient. I procédés des deux auteurs fèlenl donc comme très difTérents
îles le début, et cette différent use ei davanl .
l'on compare l'entrée en scène <lu héros Lui-même. Dans a roman nous voyons Lancelot, après avoir quitté a demi-fou la prison de Morgain La tée, soign £uéri par sa protectrio
dame du Lac : elle Lui * l< »n 1 1*^ des armes et un cheval ei Le conduit dans la forêl de Camaaioth Le jour de l'Ascension pour sauver la reine a là ou nus ne pot onques esti us ou Dans
Le poème de Chrétien non- ne savons rien du chevalier arm un cheval doillant et las • qui aborde tout à coup < raw ain pour lui demander un destrier, disparaît aussitôt pour réapparaîtra nouveau, à pied cette Fois, et monter finalement dans La fam< charrette du nain. Nous ne savons rien de lui, mais notre curiosité est éveillée. Gela* suffit au poète qui aune nous enveloj d'énigmes et de surprises et qui jou une véritable maestria
de tous Les effets de L'imprévu. A L'inverse de Chrétien, notre
l. Le rôle de Keu est exactement pareil dans les deux Char non relui de Gauvaia : dans le poème il laisse la reine partir, puis brusquement accable son oncle de reproches; dans le roman il n'intervient que
pour déclarer à Arthur qu'il suivra Guenièvre et Keu.
auteur ne laisse rien ou presque rien à devinera ses lecteurs; il entrelace toujours les aventures et excelle dans l'art des préparations savantes et des répercussions lointaines. Le Lancelot du roman est trop connu, d ailleurs, pour qu'on puisse se méprendre Longtemps, sur son identité : une première fois, dès qu'il paraît, il est reconnu par la reine Guenièvre, sous les yeux de laquelle il entre en lutte avec Méléaguant et ses hommes, lutte qui ne se trouve pas chez Chrétien. Une seconde fois il est reconnu, ce qui est inévitable, par son ami Gauvain dans le château du « lit merveilleux », ensuite par la demoiselle qui l'accompagne jusqu'au cimetière.
Notre surprise est donc médiocre quand il est enfin nommé. Même nous nous demandons pour quel motif, par quel scrupule, Lancelot ne veut pas que l'on sache qui il est, d'autant que personne n'est plus dupe de cet incognito?
Au contraire cette attitude se comprend chez Chrétien de Troyes qui baigne son héros dans une atmosphère mystérieuse jusqu'au moment où, tout à coup, il le fait entrer en pleine lumière. Son nom, ignoré de tous, tombe pour la première fois de la bouche de celle qu'il aime à l'heure suprême du combat contre Méléaguant.
L'effet est sûr, mais il a fallu au poète, pour l'atteindre, tourner le dos délibérément à toute vraisemblance. Car comment se peut-il, ainsi qu'on l'a déjà observé bien avant nous, que Gauvain au château où il passe la nuit avec Lancelot ne le reconnaisse pas, puisque c'est lui-même qui, au matin, le « trait arrière » de la fenêtre à laquelle se penche le chevalier « charreté » pour voir passer le cortège de la reine 1 ? Il est désarmé pourtant et ne peut plus cacher sa figure !
L'auteur de la Charrette en prose, qui prend soin de corriger les menues offenses au bon sens de son modèle, de combler ses lacunes, le modifie assez heureusement sur ce point. Jusqu'ici il l'avait suivi de très près, sauf pour le début, mais à partir de cet endroit il prend avec lui plus de libertés. Gauvain embrasse avec effusion Lancelot et parle de son ami, sans le nommer, en termes si élogieux, qu'il intrigue fortement les jeunes hôtesses qui
1. Petite divergence déjà signalée par P. Paris : c'est le nain qui, remplissant sa promesse de la veille, conduit L. à la fenêtre ; dans Chrétien, il voit le cortège par hasard, ce qui est absurde.
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unique - qui mel les sutres en oubli », tombe dan profonde, dans une espèce de I amoureuse. Il
sans sinon oe qui se passe autour de lui ; il n'entend
avertissements impérieux dugardien d'un >ù son che
altéré entre pour boire : il esl brutalement d L'eau. Se ressaisissant alors, Lani elot att iqui ion adi et,
naturellement, a vite Le dessus. Ce n'est qu'après l'aventure «lu gué que notre béros rencontre une demoiselle inconnue moult très bêle et très avenant » qui lui offre L'hospitalité a condition de partager sa couche. Bien a regret il j ut, mus se tire
tout à l'ait à son avantage de cette situation délii Seulement
on ne saisit pas très bien dans quel 1ml L'inconnue lui (ait subir une pareille épreuve. Apres L'avoir félicité vivement rtu,
elle lui demande sa protection pour continuer Le voj - temble. Dans quel but? Il faut avouer que le rôle joue par La demoiselle est aussi énigmatique que choquant et qu'il n'est expliqué nulle part dans le poème,
Les choses ne se passent pas ainsi dans le roman en : Ici
la demoiselle est celle-là même qui avait, pour les avoir mis sur la voie, exigé un don de Lancelol et de Gauvain : c'est u deux châtelaines dont nous avons parlé {dus haut ; eur
l'envoie en secret pour dévoiler l'incognito et apprendre coûte que coûte la vérité sur le mystérieux chevalier de la charrette. Voilà pourquoi la demoiselle n'hésite pas à agir comme elle le fait, voilà pourquoi elle suit de loin L., ne le quittant plus qu'à ce qu'elle ait acquis la certitude voulue. Le désir d'éprouver le héros, dont elle soupçonne certainement l'amour pour la
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reine, nous éclaire sur ses avances et la justifie au moins en partie.
Paulin Paris, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à ce pauvre imitateur, Chrétien de Troyes, déclare sévèrement : « Chrétien abandonne encore ici mal à propos son « modèle : Lancelot n'accorde plus d'avance un don à la demoi- « selle, mais il accepte un gîte à la condition de partager sa « couche. Or L. n'étant plus lié par un serment, aurait assu- « rément dû refuser. »
Oui, mais en réalité l'idée de ce changement revient à l'auteur du Lancelot, puisque c'est lui l'imitateur. Gardons-nous cependant de trop reprocher à Chrétien sur ce dernier point sa prétendue sottise: la restriction mentale que devait faire Lancelot en acceptant la singulière proposition de la pucelle, n'était certainement pas pour déplaire à l'esprit subtil du fin poète courtois. En tout cas n'oublions pas que l'invention de toute cette aventure lui revient et qu'il a su le premier tirer son héros d'un pas difficile ] .
Notre auteur a voulu, comme toujours, simplifier et clarifier les choses et il y a pleinement réussi. L'équivoque a disparu, et la demoiselle, qui ne peut s'empêcher d'admirer l'inébranlable fidélité de Lancelot, lui laisse entendre qu'elle devine bien en lui celui qui a déjà prouvé la loyauté de son cœur au « Val des faux amants ». Par cette allusion imprévue l'auteur renoue les fils qui unissent l'épisode de laCharrette au corps du Lancelot propre. L'identité de Lancelot est nettement affirmée : il est le chevalier sans peur et sans reproche, le parfait ami de la femme du roi Arthur.
Le lendemain notre héros et la demoiselle qui l'accompagne prennent ensemble le chemin qui conduit au pays de Gorre. Leur première aventure est celle du gué, rattachée non sans gaucherie à la découverte du peigne aux cheveux d'or de Guenièvre. Même Paulin Paris avoue que Chrétien est bien supérieur à son « modèle ».
1. Relevons ici ce fait, noté également par P. Paris : l'auteur du Lancelot en prose avait déjà antérieurement à sa Charrette, utilisé cette situation inventée par Chrétien, notammentdans le vol. IV, p. 127 et ss. :une demoiselle de Morgain fait subir au héros la même épreuve de fidélité et, chose curieuse, elle lui parle, comme la pucelle de Chrétien, de la coutume du pays de Logres (Charrette, v. 1307-34), détail que nous ne retrouvons plus dans la Charrette du Lancelot en pro^e
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Toute cette i< ène est très écourtée chez le rona incier, on pourrail même dire étranglée : il glisse et sur l'émotion, j douloureuse à force d'intensité de Lanoelot, et sur soc don
devant la relique d'amour. Nous remarquons aussi l'omission complète de la profonde i du héros, dépeint
sammeni à deux reprises par le poète
Nous voici maintenant au seuil «le la plus haute aventure de notre Charrette, telle du Cimetière, où Lancelot arrive, louj avec sa compagne, après l'avoir défendue contre les prétentions d'un amoureux é conduit. On retrouve cette même aventure dans Chrétien de Troyes, mais avec un caractère 1res différa nt. Le le héros, conduit par un moine de l'abbaye voisine, parcourt le cimetière et lit sur des tombes les nom chevaliers de la
Table Ronde qui un jour y seront ensevelis; ensuite, mené : d une belle tombe, qui est celle d'un riche seigneur quelconque, il lève la lame qui recouvrait le corps. Cet exploit, que personne jusqu'alors n'avait pu accomplir, désigne Lancelot comme celui qui délivrera les prisonniers de Gorre. 11 est écrit en effet sur cette tombe :
. . .(".il qui lèvera Geste lan par son co
i, Veri 1472-8, éd. W. Foerster, p. 53,
Getera ceus et celés fors
Qui sont an la terre an prison ' .
Voyons ce qu'il y a dans notre roman à cette place, mais d'abord disons tout de suite que le curieux passage relatif aux épitaphes des compagnons de la Table Ronde se retrouve dans la partie du grand Lancelot que l'on peut appeler Les premières clievalerics. C'est l'épisode de La Douloureuse garde qui consacre la gloire du jeune chevalier aux armes blanches.
Si vraiment l'auteur n'avait pour source de cette aventure que les quelques vers de Chrétien, nous ne pouvons qu'admirer la fécondité de son imagination, mais nous allons lui voir faire bien mieux encore dans l'aventure du cimetière.
Au lieu de l'unique tombe du « conte » de Chrétien, nous en trouvons deux, chacune très remarquable en son genre. Dans l'une repose le corps de Galaad le Fort « li haut roys de Gales li fils Joseph d'Arimathie. Icyls Galaad avoit conquis Galles au temps que li Graal fu portés en Bretaigne ». Pour la première fois il est fait mention de ce personnage, ancêtre de Lancelot, dans YEstoire del Saint Graal 2 et c'est le fils du roi Ban de Benoïc qui est destiné à ouvrir cette tombe. La lame, une fois levée par Lancelot, reste debout sans qu'on puisse l'abaisser et le corps
1. V. 1912-15, éd. W. Foerster, p. 69; Sommer, III, 152 et ss. Lancelot vainqueur détruit l'enchantement et transforme le nom du château de la Douloureuse garde en Joyeuse garde. On le mène dans un cimetière et lui montre des créneaux, surmontés de têtes de chevaliers, avec leur nom inscrit sur la tombe dessous. « Mais endroit les creniax ou il na nule teste « n'avoit il mie ensi escrit. Ains disoient les lettres : chi yerra chil. Si i avoit « nons de maint boin chevalier de la terre le roi Artu et d'aillors de tous « les mi lors que l'en savoit, et el milieu de le chimentiere si avoit unegrant « lame de métal très merveilleusement ouvrée a or et a pieres et a esmax. Et <( si i avoit lettres qui disoient : « ceste lame niert Ja levée par main domme « ne par esfors se par chelui non qui conquerra cest doleros castel et de chelui « est li nons escris desous ». A chele tombe lever avoient mainte gent assaié a et par forche et par engien por le non del boin chevalier connoistre. Et li « sires del castel i avoit maintefois grant paine mise por le chevalier con- (( noistre, car il le feïst ochire s'il peùst. Lors on mené le chevalier jusc'a « la lame si armé com il fu de toutes armes, et li monstrent les lettres qu'il « seit bien lire ... et quant il les ot leuees si esgarda la lame amont et aval « et vit que s'ele estoit toute deliuvre enmi une voie si i avoit assés a lever « a iiii. des plus fors chevaliers del monde... Lors le saisist a ij. mains par « devers le plus gros, si l'a tant levée qu'ele est plus haute que sa teste j. pié. « Et lors voit les lettres qui dient : « Chi girra Lancelos del Lac, li fiex au « roi Ban de Benoyc » (III, 152).