V, in fine
l'invention de l'épisode, si déplaisant, de la fille du roi Pelles alhmt s'offrir à Laneelot et le dupant par un stratagème odieux et ridicule ' . Quels que soient sa gaucherie et son mauvais goût, la lin deïAgravain est indispensable.
La guerre contre Glaudas n'est pas moins nécessaire. Elle pourrait être plus courte. Mais, de même qu'au tome I, au tome III l'auteur éprouve pour ce rude personnage une fascination certaine : il ne peut s'arrachera la tentation de décrire abondamment ses faits et gestes.
Dans la Quête qui approche, Laneelot va passer au second plan. D'autre part, il est nécesaire que Glaudas soit châtié. Laneelot et ses deux cousins, Lionel et Bohort ne seraient pas de parfaits chevaliers s'ils ne vengeaient leurs parents et n'arrachaient l'héritage paternel à l'usurpateur. Seulement cet héritage, Laneelot ne le conservera pas, non plus que Bohort ; ils préfèrent rester chevaliers d'Arthur : c'est qu'ils seraient obligés, s'ils acceptaient la couronne, de demeurer en Gaule et un rôle important est réservé à tous deux, surtout au second, dans la Quête du Graal.
Cette guerre de Gaule est provoquée par un message insolent de Glaudas à Guenièvre 2. La reine s'est plainte que le roi de Gaunes ait saisi et retenu en prison la messagère qu'elle envoyait à la dame du Lac. Claudas a répliqué avec une grossièreté inouïe. Le message de la reine à la dame du Lac remonte à deux ans en arrière: affolée par des visions terrifiantes qui lui faisaient croire que Laneelot, suivant la vieille 3, avait été vaincu et avait eu la tête coupée /j, Guenièvre avait dépêché une damoisellle de sa suite à la dame du Lac pour la supplier de venir lui parler 't>.
Les aventures mêmes de Sagremor, de Dodinel, de Gauvain, d'Hector, d'Yvain, de Mordret, d'Agravain, de Guerrehès, de Gaheriet, en quête de Laneelot 6 ne sont pas toutes des horsd'œuvre de simple agrément ; des « utilités » comme Agloval,
4. V, 380. Cet épisode était, à son tour, préparé par le songe de la reine (V, 63-64) ; d'où la rentrée en scène si imprévue de Banin (V, 289) et de Lambègue (V, 297).