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1/ [gravain est, à <"H|> iûr, de l'auteur «I»' la Quête, laqui de la même main que 1'/ I la Mort d irthur est de
L'auteur il*' I [gravain, donl l'œuvre, noua ! prouvé, «-^t
inséparable des deux premières parties du Lance loi propre. L'en
semble du Lancelot Graat est donc d'un seul ei même auteur.
1 1 m 1 1 d'i spmt in Lancelot Graal
lie démonstration n'est pas suffisante . Il n r le
trouble que Laisse subsister chei le Lecteur L'opposition d'esprit entre VEstoire e! la Quête d'une part, l<' Lancelot •■! I d Arthur d'autre part.
L'attribution de ces diverses parties à des auteurs <listin repose sur L'observation de psychologie Littéraire qui veut qu'un
1. Telle esl déjà L'opinion de Groeber Grundriss, II, 1005 . 1 contraire voy. Brugger /<><•. cit., t. \\l\. p. 108, aoti Weston
postériorité de la Mori d' Arthur par rapport au Lancelot et même à la Q vient de faire L'objet d'une démonstration décisive de I>. Bruce dans h Romania Review, 1 \ 61),
•J. P. Pari-- \ 54, 359 , emporté, en dépit de ses chimè c un
courant d'évidence, ose écrire : Le fond déco récit.. . permet de conjecturer que cette partie du Lancelot VAgravain est de la même main qui avait eci it ou devait écrire les deux livres du Graal. Voy. aussiG. Groeber /()(•. cit. '.«Agravain et la Qu&esonl inséparables ».Et Douglas Bruce M rt Artu, xxi, xxxiii ne doute pas que ces deux œuvres soient du même auteur.
3. On peut à ce propos répéter avec A. Pauphilet Romania, 1907, a98 qu'une démonstration simplement matérielle n'est pas suffisante : « il y a quelque chose d'injurieux pour des œuvres littéraires à les traiter ainsi par l'extérieur et à fixer leur sort d'après la lettre sans même en connaître l'esprit. C'est l'injure que font constamment les folk-loristes aux œuvres du moyen àçe.
86 ÊTTDE SUR LE LANCELOT BN PROSE
même auteur ne soit animé dans une môme œuvre que d'un seul sprit " se manifestant par des procédés identiques.
Cette observation esl parfaitement légitime, à condition qu'on en use avec tact et ménagement, à condition qu'on ne La transforme pas en postulat.
En fait, une œuvre de longue haleine *, peut difficilement être animée d'un bouta l'autre d'un esprit rigoureusement identique. Si les Misérables nous étaient parvenus sous le couvert de l'anonymat à combien d'auteurs ou de « rassembleurs » les chorizontes en attribueraient-ils la composition ?
Pour que l'opinion que nous discutons fût en principe irréfutable, il faudrait qu'elle s'autorisât d'études approfondies. Tant que ce travail préalable n'aura pas été fait, ce sera une opinion, une théorie, vraisemblable, respectable, rien de plus.
Dans le cas qui nous intéresse je soutiens que l'esprit chevaleresque et l'esprit mystique ne sont pas, en fait, séparés par une cloison étanche. Que l'esprit « mystique » domine dans YEstoire et la Quête , l'esprit « courtois » dans le Lancelot et la Mort d'Arthur, cela est incontestable, mais la question n'est pas là. Il s'agit de voir si dans chacune des parties du corpus on trouve des manifestations de l'un et de l'autre esprit simultanément.
L'esprit chevaleresque ne disparaît pas subitement à la fin du Lancelot. Il se prolonge dans les premières pages de la Quête 2. Et si l'interprétation des combats et des aventures y témoigne d'un symbolisme achevé, leur description ne diffère en rien de celles des combats et des aventures des autres parties 3. On peut même regretter que l'auteur ne sache pas se dégager autant qu'on voudrait des conventions courtoises et de la platitude du siècle 4.
1. Et même de courte haleine : relisons le Petit Jehan de Saintré.