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Cet artifice littéraire, destiné à mystifier le lecteur, n'a pas manqué son but : cm a cherché à identifier Le solitaire; de 717 '. Mais là n'esl pas l'intérêt. Ce qui est a relevée dans VEstoire c'est que la traduction en français du texte latin de 71 7 est mise sur le compte de Robert de Boron '-. Pourquoi pas de Gautier Map ?
La raison me semble évidente. Il saute aux yeux du lecteur que VEstoire est un remaniement du Joseph d Arimathie de Robert de Boron, et aussi quelle répond aux desiderata que celui-ci signale à la lin de son ouvrage, en s'engageant à les combler un jour3. Puisque le véritable auteur de VEstoire tient à s'elïacer, le plus simple pour lui c'était d'attribuer la mise en français de son ouvrage à Robert lui-même.
« ries ol commencement. Mais par les paroles qui chi après seront dites « porrésgrant masse apercevoir del non de celui et le pais où ilfu nés et une « g-rant partie de soulignage, mais al commencement ne se veut pas desco- « vrir. . . jasoit ce qu'il s'en volsit covrir si sera il plus descovers qu'il ne « voldroit » (I, 3) .
1. L'auteur de la suite du Merlin qu'on appelle la « vulgate » a eu l'idée d'identifier le solitaire de 717 à l'ermite Nascien, qui paraît à plus d'une reprise dans la Quête du saint Graal (VI, 11, 15, 108, 115), et de rattacher ce personnage à la famille de Joseph d'Arimathie (voy. II, 221-222). Mais cette tentative, amusante d'ailleurs et ingénieuse, est en contradiction formelle avec la Quête elle-même qui place les aventures merveilleuses d'Arthur et des « compagnons » au ve siècle.
2. L'autorité de Robert est invoquée à deux reprises : 1° à propos du baptême et du mariage de la fille du roi Label, on ajoute : « si comme ceste « estoire meïsmes le devise et ensi que le tesmoigne mesires Robers de « Borron qui a translaté ceste estoire en franchois de latin » (I, 195;; 2° à propos de la conversion du roi Luce au christianisme, grâce aux exhortations de Pierre : « car messires Robers de Borron qui ceste estoire translata « de latin en franchois et la vraie [vieille?] estorie le tesmoigne, car sans « faille chis le translata » (I, 280).
3. A la fin de son Joseph (v. 3460-3514, de Francisque-Michel, p. 145-148) Robert de Boron prend l'engagement, si Dieu lui donne vie, de nous raconter les aventures en << Occident » de Bron le « riche pêcheur », d'Alain, de Petrus, de Moïse. Mais auparavant il convient de laisser de côté ces « quatre choses » pour passer à la cinquième qui est « du Graal la plus grant estoire. » Aussitôt après Robert entame le récit du Merlin (pour arriver ensuite à « la plus grande histoire du graal », c'est-à-dire un Perceval suivi d'une Mort d" Arthur'?). Cette finale du Joseph a donné lieu à quantité de conjectures dans le détail desquelles il est inutile d'entrer présentement. Il serait d'une excessive naïveté de déplorer la perte de ces quatre parties. Robert n'a jamais sérieusement songé à les écrire : la condition qu'il pose (« se en livre les puis trouver», v. 3500) suffit à nous mettre en garde. C'est précisément parce qu'il y avait une lacune entre le Joseph de Boron d'une part, le Merlin et le Perceval de l'autre, que l'auteur de VEstoire a pris sur lui d'inventer toute la fin de VEstoire, à partir de l'arrivée des missionnaires en Grande-Bretagne.
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Lee premiers critiques qui se sont int< m Lai
Jonokbloel et Paulin Paris s'imaginaient que (Chrétien ■ !•■ Troyes avait imité dans la Charrette un épisode de notre roman en prose \ Il faudrait donc placei celui ci vers le milieu «lu \u' siècle ou dans le troisième quart de i le II y a !■
temps que cette opinion extravagante est abandonnée I au contraire le Lancelot en prose qui a imité la Charrette dont la rédaction se place vers IITi) . Il a connu également el il utilise le Conte du Graal de Chrétien, composé au plus lard en I 190
sans doute vers I ISO 8.