‹ Étude sur le Liber censuum de l'Église romaineChapitre 1 sur 24 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L'Eglise romaine a eu , de très bonne heure , de grandes propriétés foncières. Aussi éprouva-t-elle bien vite la nécessité de faire dresser un état général de ses revenus , ou, comme on disait alors, un « Polyptyque ; » à la fin du cinquième siècle , le pape Gélase s'acquitta de cette tâche avec tant de succès, que son œuvre , à peine modifiée par saint Grégoire le Grand , était encore d'un usage courant quatre siècles plus tard.

Mais durant les épreuves qu'eurent à subir au dixième 6t au onzième siècle la ville de Rome et la papauté , il se creusa un véritable abîme entre les temps anciens et les temps nouveaux. Les vieilles archives , les vieux titres de l'Eglise romaine disparurent dans la tourmente, et lorsque Grégoire VII entreprit de réorganiser toute chose , il eut grand peine à rassembler les débris qui avaient échappé au naufrage.

C'est de ce moment que date à Rome le double mouvement qui pousse d'une part à recueillir et à coordonner des titres domaniaux, c'est-à-dire à former des cartulaires, et d'autre part à établir de nouveaux polyptyques, c'est-à-dire de nouveaux états de revenus. De là, différents essais auxquels le camérier Cencîus, l'officier chargé des temporalités de TEglise, donna, en 1192, leur forme définitive da&fi ie livre que nous étudions ici.

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