‹ Étude sur le Liber censuum de l'Église romaineChapitre 18 sur 24 · III. — Histoire des manuscrits · texte numérisé non relu

III. — Histoire des manuscrits

VaticanuB.SAib.

Son histoire au XIII* siècle.

Ms. Vaticanus 8486.

L'histoire du manuscrit original est assurément la plus précieuse, sinon la plus curieuse à connaître.

Nous ne sommes pas en mesure de la faire d'une manière complële, mais les éléments d'information que nous avons recueillis nous permettent de la reconstituer à grands traits.

Nous savons, tout d'abord, qu'avant 1228, toutes les fois qu'il est question du Liber Censuum^ c'est de ce manuscrit qu'il s'agit ; il était alors exemplaire unique. C'est lui , par conséquent, qui a servi à enregistrer tous les cens établis entre 1 192 et 1228 (1). La chose est importante à noter pour qui veut se rendre compte de la façon dont les cens s'enregistraient sur le livre censier. On peut constater , en effet , que des cens établis à un mois ou deux de distance n'ont pas été portés en même temps sur le registre; l'inscription sur le livre censier devait suivre immédiatement l'expédition de l'acte qu'elle résumait, et ceci est d'une grande importance pour l'histoire du livre censier.

Entre 1228 et 1236, on exécuta un nouvel exemplaire, plus beau et plus commode que le premier (2) ; mais l'ancien exemplaire ne fut pas mis de côté pour cela. Pendant longtemps le nouveau manuscrit ne servit pas directement à l'enregistrement des cens ; les mentions nouvelles n'y furent introduites qu'au fur

(1) J'ai relevé un témoignage relatif du ms. original antérieurement à 1236. A Bologne, dans la bibliothèque du Collège d'Espagne, figure un formulaire (n* 275) dans lequel se lit, à la page 105, à propos des appointements de la Chancellerie pontificale, une note qui est empruntée au Liber Censuum. Or, l'exemplaire auquel se réfère l'auteur de cotte note [et hoc scripium est in uUima pagina undecimi quaterni censualis camere domini pape) ne peut être que le ms. original, — avant qu'on y eût introduit, à la suite du premier cahier, un petit cahier complémentaire de quatre feuillets (dont la moitié a d'ailleurs disparu depuis) : c'est, en effet, le seul ms. du Liber Censuum où la note en question ait, à un moment, figuré an dernier folio du onzième cahier. Mais, dès l'année 1236, ce onzième cahier était devenu le douzième, par l'introduction du petit cahier supplémentaire dont les documents ont été compris dans la recension de 1236.

(2) Le ms. Riccardi 228.

LBS MANUSCRITS DU LIBER GENSUUM. 20t

et à mesure de leur inscription sur l'original de 1192, qui tint lieu de minute.

Aussi, lorsque Innocent IV partit pour le concile de Lyon , où il devait faire proclamer solennellement les droits imprescriptibles du Saint-Siège, il emporta avec lui TexempLiire original du Liber Censuum, C'est au moins ce qui résulte des notes additionnelles que nous trouvons au folio 253 (alors le dernier du registre) et qui sont datées de Lyon, 1247 et 1248 (I). 11 est permis do penser que le recueil de Cencius fut à- ce moment-là consulté au même titre que les privilèges authentiques des empereurs dont Innocent IV faisait alors exécuter les copies officielles (2).

Le pape une fois de retour à Rome, le manuscrit reprit sa place à la Chambre Apostolique et y servit de nouveau à l'enregistrement des cens jusqu'au moment où Grégoire X quitta de nouveau l'Italie pour la France, c'est-à-dire jusqu'en 1272 (3). Le registre censier reprit alors le chemin do Lyon avec les autres registres nécessaires à l'expédition des afTaires courantes. Nous en avons la preuve dans la décharge donnée par le pape à Berengarius de Securelo de gestis per eiim in camei^a domini pape y décharge datée de Genève le 10 octobre 1275 et qui figure à la dernière page du manuscrit (4).

A partir de ce moment , il semble que le manuscrit le plus ancien cesse d'être le manuscrit principal (5); nombre de pièces

(1) Innocentius... dilccto filio M. camorario nostro... (10 février 1246). Innocentius... dilecto filio Bonnacurso familiari nostro... (4 janvier 1247). Innocentius... dilecto filio Amatino laico babitatori Ânticidi de Cam>

pania (25 janvier 1247).

Innocentius... dilecto filio Bonacurso de Garfagnana (14 juillet 1248). Innocentius... dilecto filio M. camerario nostro (30 juin 1248).

(2) Peut-être est-co à la confection de copies de ce genre qu*il faut attribuer les mentions marginales que nous remarquons dans le Yat. 8486, en face des privilèges impériaux : scribe ou fac. Ces notes s'appliquent évidemment à une copie exécutée au treizième siècle.

(3) Il faut signaler l'inscription, on 1262 et 1263, d'un certain nombre do documents que le Vat. 8486 est le seul à contenir (fol. 233-238).

(4) Folio 253 V.

(3) Par exemple, lorsque maître Sinitius, envoyé en Espagne pour le recouvrement du cens, reçoit du pape, le 21 mars 1264, la liste officielle des censiers de l'Apôtre, extraite des Registres authentiques de la Chambre (census et nomina personarum et locorum ipsorum aient in registris ejusdem Romane ecclesie continenlur sub bulla nostra fecimus annotari; Archives du Vat., Reg. n* 27, fol. 131 v*), on s'aperçoit bien, au premier coup d'oeil (comparez, par exemple, la notice sur l'évéché de Coïmbro), que le registre d'où le pape a fait extraire cette liste n'est pas le ms. Vat. 8486, mais bien le ms. Riccardi 228.

figurent, dès lors, dans lo ms. Biccardi 228 qui ne sont plus insérées dans le ms. 8486; par exemple, toute une série d'actes do 1278 et de 1279qui sont relatifs à l'acquisition de terrains situés sur la colline du Vatican , dans le voisinage immédiat du palais pontiftcal(l). Pourtant, Texemplaire original du Liber Censuum s'accroit encore, postérieurement à cette date, d'un nouveau cahier. Il est vrai que nous n'avons affairé ici qu'à une simple juxtaposition. Le cahier dont il s'agit est un recueil de pièces relatives à l'administration temporelle du Saint-Siège entre 1288 et 1295, recueil qui a son titre spécial : Acta camere factaper magistrum Jacobum de Viterbio îpsius camere notarium, et qui se distingue du reste du volume» tant par son format que par le nombre de feuillets qui le composent (2). Il est assez difficile de déterminer si , dans la pensée de Jacques de Yiterbe, ce devait être une suite du Liber Censuum^ et je serais plutôt tenté de croire à une juxtaposition purement accidentelle.

Quoi qu'il en soit, à partir de 1295, le manuscrit primitif du Liber Censuum cosse d*être en usage (3) ; il demeure dans la Chambre Apostolique comme un monument à consulter, mais on ne le continue plus, et, lorsqu'au commencement du quatorzième siècle , le siège de la papauté est transporté à Avignon , ce n'est pas lui qu'on choisit pour représenter le Liber Censuum dans la chancellerie d'outre-monts. 11 fut envoyé à Assise avec le reste des archives pontiflcales et déposé avec elles dans la sacristie du couvent de Saint-François.

Le Dans l'inventaire de 1327, il n'est pas spécialement mentionné,

à Assise. mais on signale un coffre ou se trouvent des scensum Itw't continentes introituset exitus mêlés à des libri dejuridictionibuscivitatum et castrorum Romane ecelesie (4). Un document un peu postérieur nous donne quelques détails sur le coffre en question et nous apprend qu*il contenait effectivement l'exemplaire primitif du Liber

Do même encore, le 15 mars 1282, lorsque, dans les mêmes circonstances, Martin IV remet à Giffrcdus do Vczzano, son nonce en Angleterre, la liste officielle des cens dûs par l' Angleterre, on s'aperçoit, à des différences d'orthographe tout à fait caractéristiques, que c'est du Riccardi 228, et non pas du Vat. 8486, qu'on s'est alors servi (Archives du Vatican, Reg. n* 42, fol. 42).

(1) Cf. Riccardi 228, fol. 305-335.

(2) Le recueil est formé d'un cahier de dix feuillets.

(3) Le dernier document est du 3 avril 1295 : Solulio debiti hominum de Frusinone facta flltis domini Mathie de papa*

(4) Archives du Vatican, Instrumenta Miscellanea du 8 août 1327, foU 6i.

CensHum. Ce document est le Registrum curiae patrimonii beati Petri in Tuscia qui a été composé, en 1334, par les soins du recteur et du trésorier du Patrimoine et dans lequel on a réuni tout ce que les archives déposées au couvent d'Assise pouvaient contenir d'actes relatifs à l'administration de cette province (1). Du fol. 47 au fol. 84 , il renferme un ensemble de copies exécutées en 1327, par Mathieu Benentesi, notaire à Assise, sous les yeux de Pierre d'Artix, trésorier du Patrimoine, et voici ce que nous y lisons : Hoc est exemplum seu transcriptum quarumdam scripturarum re^ perlarum in libro et regeslro antiquo scripto in carlis pecudinis in quadam cassa lignea^ non ferrata, simplici^ signala dcsuper cum numéro LXXVIII in loco fratrum Minorum sive ecclesia beati Francisci de Assisio (2).

Les scripturx qui suivent nous renseignent abondamment sur le registre d^où elles sont tirées. Un simple coup d'œil suffit pour s'apercevoir qu'elles proviennent du Liber Censuum ^ et, parmi les exemplaires que nous possédons, Texemplairc primitif, c'est-à-dire le Vaticanus 8486, est le seul qui réponde pleinement au signalement donné. D'abord, les numéros des rubriques empruntées à ce registrum anttquum correspondent exactement aux numéros du Vat. 8486 ; toutes les rubriques indiquées avec un numéro dans le manuscrit d'Assise sont, en effet, numérotées dans le Yat. 8486, et celles qui ne portent pas do numéro sont celles qui n'en ont pas non plus dans le ms. du Vatican (3). Mais ce qu'il y a de plus signiflcatif, c'est que la rubrique LXXI, absolument modifiée dans l'exemplaire original de Cencius postérieurement à la receusion de 1236, se trouve transcrite dans le Registrum patrimonii Tusciœ sous cette nouvelle forme (4), et il n'est

(1) Archives du Vatican, Arm. XXXV, n* 14. Cf. Mélanges de l'Ecole de Rome, t. IX (1881), p. 299.

(2) Folio 47 et 53 V.

(3) Par exemple, le chapitre intitulé : c Consuetudines et jura que hàbet dominus papa in Burgo Sulrino, 9 qui ne porte pas de numéro dans le Registrum patrimonii Tuscias, n'en porte pas non plus dans le ms. Vat. 8486.

Au contraire, la rubrique LXXXVII, intitulée : ci Reddilus comitatus Narnie et Amélie^ la rubrique LXXXVIII a Reddilus comitatus Sabine, » la rubrique CVI : « Conventiones inter dominum Adrianum papam IHI et Urbevetanos, » la rubrique CXIII : c Transcriptum cartule transactionis quam fecit Geczo de D&miano pape Adriano, » la rubrique CLXXXXVIIII : « De terris Arnulphorum, » etc., ont, dans le Registrum patrimonii Tusciae et dans le ms. Vat. 848Q, les mêmes numéros d'ordre, et ces numéros ne correspondent qu'au seul ordre du ms Vat 8486.

(4) Au lieu du titre < Ex Romano pontificalif > la rubrique LXXI du

204 ÉTUDE SUR LE LTBBR CENSUUM DE l'ÉGLISE ROMAINE.

Le

Vaticanuê 8486 à Avignon.

Le Vaticanu i8486 À la Valic«De.

pas enfin jusqu'à co rapprochement entre le numéro CGLXXII et le numéro CCLXVIII, tenant dans le ms. Vat. 8486 à une faute do relieur, qui ne soit constaté dans le manuscrit alors conservé :i Assise (1). Entre le manuscrit du coffre LXXVIII et le Liber Censuum de la Yaticane, il y a donc identité absolue.

Peu de temps après , le manuscrit original fut transféré à Avignon. Le 28 avril 1339, Jean d'Amelio revint d'Assise à Avignon, cum fardellis plenis registris stimmorum pontificum et UbrisaliiSf privilegiis, et scripturis, et parmi les volumes ainsi apportés se trouve le manuscrit qui porte aujourd'hui le n® 8486 do la Vaticane (2).

Il est curieux , d'ailleurs, qu'il n'en soit pas fait mention dans les nombreux inventaires des archives et de la bibliothèque pontificale dressés à Avignon au quatorzicmo siècle.

C'est seulement au quinzième siècle que nous le retrouvons dans la bibliothèque du Vatican. Sous Sixte IV, il y avait dans la. Prima capsa quinti banchi bibliothecx secretx trois exemplaires on parchemin du Liber Censuum^ deux reliés in albo^ et le troisième sine tabiUis (3). Sous Innocent VIII , nous retrouvons les mêmes manuscrits in prima capsa quarti banchi bibliothecx secretx (4) ; sous Léon X , ils sont placés in prima capsa sexti ban^

ms. 8486 porto inuintcnant le titro : « De civit&tibus et lerriloriis que rex Carolus b. Petto conccssil et pape Adriano tradi spopondit, necnon civUatibus, castris, terris et monasteriis per diversas mundi provincias constitutis et censibus Ecclesie Romane debitis ab eisdem. »

(1) Folio 54 V* et 55 : Item in eodem registro, in rubrica $ignata per numerum CCLXVIII,., Item in eodem registro bequitur quoddam IN8TRU- HENTUM PUBLicuH IBIDEM consumptum cujus tenor tatis est : Inslrumentum Sibilie de venditione cujusdam domus in castro Utriculi,

(2) Ebrie, Historia bibliothecae Romanorum pontificum tum Donifatianm tum, Avinionensis enarrata, t. J, p. 22 : « Unus libor copcrtus cum postibus sine corio, qui incipit in secundo folio et pluviale et finit in eodem adeo^ et incipit in pcnultimo folio fraude et finit pro ; et in dicto libro continentar multa scripta ac transumptum multorum privilegiorum rogum Romanorum et imperatorum. b

(3) Ms. Vat. lat. 3952, fol. 172 :

In prima CAP8A QUINTI BANCHI BIBLIOTHECiE SECHETiE.

Liber Censuum Romanse ecclesise ex membranis sine tabulis.

Census Romans ecclosiœ et privilégia quœdam ex membranis in albo. Census Romans ccclesite ex membranis in albo.

(4) Ms. Vat. lat. 3949. fol. 129 V :

In prima capsa III I^ BANCUI BIBLIOTHECJS SECRETiE.

LÏS MANUSCaiTS DU LIDBR CBNSDUM. 205

chi (1). Or, pendant que ces manuscrits étaient encore in prima capsa quarti banchi (c'est-à-dire avant Tinventairo de Ijcon X), on en fit une description assez détaillée qui nous a été conservée dans lems. Vat. 7136, et où il est aisé do reconnaître le Vaiicanus 8486, le Riccardianus 228 et le ras. Arm. XV, 1 des Archives Yalicanes. Pour le ValicaniÀS en particulier, Tordre des matières, la forme spéciale de certaines rubriques , la présence de quelques documents qu'il est le seul à contenir, rendent l'identification des plus faciles (2).

Vers la fin du pontificat de Léon X, un quatrième manuscrit relié in rubro entre à la Vaticane , où il est d'abord classé in camera bibliothecx secretx (3). Mais, presque à la même époque (très probablement pendant le sac de Rome), le plus ancien exemplaire du Liber Censuum disparait : l'inventaire de 1533 signale trois exemplaires du Liber Censuum^ en donnant VIncipit de chacun d'eux, et nous n*y trouvons pas notre Vaticanus 8486 (4).

Libor Censuum Romanse occlesiœ ox membrano sine tabulis. Census RomansQ ccclosise et privilégia quaedam ex membrano , in albo. Census Romanac ccclcsise, in albo.

Cf. ms. Vat. lat. 3950.

(1) Ms. Vat. lat. 3955 : « Index sou invontarium bibliothecœ Vatican» divi Leonis pontificis optimi fratrc Zenobio bibiiothecario ac L. Parmenio et Romulo Mammacino custodibus » (fol. 71).

(2) Ms. Vat. lat* 713G, qui n*a jamais été cité ni utilisé jusqu*ici. U contient le dépouillement d'un certain nombre de mss. du Vatican dans la première partie du seizième siècle : la date de cet inventaire n*est pas donnée par le ms., mais Tordre dos armoires indique qu'il se réfère à un état de la Vaticane antérieur au catalogue de 1533 (ms. Vat. 3951).

Le ms. original du Liber Censuum y est analysé sous le n* 263 (fol. 69 v*). Le chapitre : Débita census Romanœ ecclesiae in Hispania, et le chapitre : Acta caméras per Jacobum Pisani de VilerbiOf signalés par l'inventaire dans le ms. 263 no se retrouvent que dans le ms. Vat. 8486. La rubrique LXXI, qui est absolument spéciale au ms. 8486, est très exactement signalée dans le ms. 263. Le doute n'est évidemment pas possible; le ms. 263 de Tinventaire anonyme contenu dans le ms. Vat. lat. 7136 est bien identique au ms. Vat. 8486.

(3) Ms. Vat. lat. 7131. Inventaire de B. de Alexandris. Les trois manuscrits que nous avons vu citer dans les inventaires précédents se retrouvent dans celui-ci : c In prima capsa sexti banchi » (fol. 26). C'est au folio 31 qu'on indique In caméra bibliothecad secrelœ un nouvel exemplaire ex membrano^ in rubro. La date de cet inventaire est donnée quelques lignes plus loin par ces mots : c Libri positi in bibliothecœ caméra per Philippum Beroaldum bibliothecarium temporo domini Leonis pape X.

(4) Ms. Vat. 3951, inventaire de 1533 : a Index omnium librorum qui sunt in bibliotheca Palatina a Fausto Sabeo et Nicolao de Majoranis custodibus

^06 ÉTUDE SUR LE LIBER CBNSUU&f OB L*éGLl8E ROMAINE.

Il n'est pas non plus dans le répertoire dressé, quelques années après (1), par le cardinal de Sainte-Croix (le futur Marcel II). Mais le grand cataloque rédigé sous Paul III indique de nouveau quatiH3 manuscrits du Liber Censuum (3), et nous savons que , vers cette époque, Onofrio Panvinio trouvait ofTectivement dans la bibliothèque pontificale le Liber Censuum original auquel il empruntait ÏOrdo ad benedicendum imperaiorem qui, sous la forme où Panvinio nous le donne, ne se rencontre dans aucun manuscrit de Cencius autre que le ms. Vat. 8486 (3).

Un inventaire très détaillé qui aurait été dressé sous Sislc- Quint n'a pas été retrouvé (4); il serait intéressant de savoir s'il mentionnait encore le vieux manuscrit de 1192.

R. D. Braccio Martello episcopo Fesulano traditus prîdie Calendas septembris M.D.XXXIII. >

Fol. 108. LlBRI LATINI REPERT[ IN CaUBERA PARVA SECRETA IN PRIMO AR- MARIO AD SINI8TRAM INOnEDIBNTIDUS...

Fol. 111. In tertio ordinb secundi armarii.

Liber Censuum sancto R. ccclesic, ex membrano , ia albo. — De.

Fol. 112. In primo et superiori ordine tertii armarii ejusoem cambre.

Liber Censuum R. Ecclosie, ex membranis, in rubro. — Destinatum.

Liber Censuum R. Ecclesie, ex membranis, in albo. — Veritatis.

(1) Ms. Vat. lat. 3946.

N* 7. Liber Censuum Ro. ecclesise ex membranis in albo (fol. 114). N* 3. Liber Censuum Ro. ecclesise ex membranis in rubro (fol. 113). N" 12. — Liber Censuum Ro. ecclosite ex membranis in albo (fol. 111).

(2) Vat. lat. 3968 : « Secundum volumcn codicis bibliothecfle apostolicas, qui est bibliothecse parvse secretse ex ordine pluteorum ac alphabet! digestis. »

Fol. 55. In xiii capsa qvm est prima ad pabietem. N* 1840. Ccntii camerarii censuum Ro. ccclesiae liber secundum antiquorum patrum rcgcsta et merooralia diversa.

N* 1848. Centii camerarii vol. liber sicut in numéro 1840 continetur, hujus capsœ ex membrano, sine tegimento (corrigé en in rubro),

N* 1860. Centius do ccnsibus Romans ecclesise et de quibusdapi aliîs ad eam pertinentibus, ex membrano in rubro.

Fol. 55. In xiiii* capsa qum 2* ad parietem.

N* 1879. Liber Censuum Rome ecclesiae et do quibusdam aliis ad eamdem eccicsiam pertinentibus, ex membrano in rubro.

(3) Voy. ms. Vat. lat. 4973, fol. 193 et 167. Cf. infra, p. 224.

(4) De Rossi, De origine, historia, indicibus bibliothecas sedii Apostolicœ (Préf. au catalogue des mss. de la Vaticane), p. czi-cxii.

Lits MA.NUSCRITS DD LIBER CBNSUUII. 207

Aa commencement du dix-septième siècle , il y avait encore à la Yaticane au moins quatre manuscrits sur parchemin, qui tous quatre furent transpoi*tés aux Archives Vaticanes créées par Paul V en 1611.

Parmi les volumes provenant de la bibliothèque et qui furent Disparition remis au préfet du nouveau dépôt, dès le second envoi, figurent vaticatlt sise. en effet quatre exemplaires sur parchemin dû Liber Coisuum (1) : Cencii camerarii de censibus ecclesiœ et aiiis^ volumina quatuor ^ qux in muUis in se differunl : habent enim ex ipsis duo additiones quasdam rerum gravissimarum (2). De ces manuscrits, deux seulement peuvent être identifiés avec certitude : à savoir, le manuscrit actuellement classé Arm. XXXV, 18 aux Archives du Vatican, et le manuscrit Riccardi 228, qui a disparu des Archives dans le courant du dix-septième siècle (3). Le troisième est vraisemblablement celui ; qui est devenu le /{/c^^ardmni» 229; quant au quatrième, c est peutêtre le manuscrit XV, 1 des Archives (4) , peut-être le manuscrit original lui-même : mais il serait téméraire de vouloir préciser.

En tout cas, si le manuscrit original a été versé en 1611 à VArchivio Yaticano, il n*y est pas demeuré.

Marino Marini a déclaré à Pertz que Garampi avait vu Toriginal du Liber Censuum chez un particulier de la Marche d'Ancône (5). En fait, il est certain qu'il a été connu de Muratori, car les documents que les Antiquitates ont empruntés au Liber Censuum ne sauraient provenir d*une autre source (6).

Nous ne pouvons cependant assigner de domicile fixe au précieux original qu'au commencement de ce siècle.

(1) Voyez, dans les Siudi e documenti di sloria e diritto , t. VIII (1887), p. 35 et suiv., l'inventaire des manuscrits qui ont constitué le nouvel Archivio et qui a été dressé par celui-là même qui y fut tout d'abord préposé, Michel Lonigo.

Le ms. de Michel Lonigo, offert au pape Léon XIII , a pris place dans la bibliothèque Vaticane, sous le n* 10247. Nous y voyons, à la page 353, que les quatre manuscrits du Liber Censuum , transportés à VArchivio Vah'cano, furent placés dansl'Arm. XXXVI, — trois dans la première partie, sous les n«* 2383, 2384, 2385, et le quatrième dans la seconde, sous le n* 2389.

(2) Studi e documenti, t. VIII, p. 37.

(3) Voyez plus loin l'histoire de ces deux manuscrits.

(4) Voyez plus loin l'histoire de ces manuscrits.

(5) Pertz, Archiv der Gesellschaft fur altère deutsche Geschichtkunde , t. V, p. 89-90.

(6) Les recherches faites à Modène dans les papiers de Muratori n*ont donné aucun renseignement sur ce point, mais le fait est suffisamment établi la simple comparaison du texte de Muratori avec celui du manuscrit 8486 de la Vaticane.

Retour

du

Vaticanw 8486

à la Vaticaoe.

Le

Hiceardianut 228 an XIII* siècle.

208 ÉTUOB SUR LE LIBBR GBN8UU1C DE L*ÉGLTSB ROMAINE.

En 1821 (I), quatre-vingt quatorze manuscrits grecs et quatre manuscrits latins de la bibliothèque Colonna furent mis en vente.

On trouve, dans le ms. XXXIX, 70 de la bibliothèque Barberiniy une analyse de ces divers manuscrits, qui furent mis en dépôt le 21 juillet 1820 (2) auprès de Guillaume Manzi, bibliothécaire de la Barberine. Le quatrième des manuscrits latins est minutieusement décrit : c'est le Liber Censuum original.

Une note postérieure nous apprend qu'il fut vendu 300 écus (3).

L'acquéreur fut le cardinal Angelo Mai, agissant pour le compte de la Yaticane (4).

Ms. Riccardianus 228.

Comme le manuscrit Vat. 8486 , le manuscrit Riccardi 228 a servi dans la Chambre apostolique à l'enregistrement journalier des cens, et, quoique plus récent, il est demeuré en usage plus longtemps encore. A dater du jour de sa rédaction, il a été tenu régulièrement au courant : on le voit à la succession des écritures. Il a fait ainsi pendant quelque temps double emploi avec le manuscrit original du Liber Censuum^ puis, comme il était plus beau et sm^tout plus commode, il a fini parle remplacer tout à fait (5).

Dès le pontificat de Clément IV, il recevait des documents additionnels qui ne figurent point dans le manuscrit Vat. 8486 (6); sous Nicolas III, il s'accroissait de trois cahiers entiers presque entièrement remplis de documents relatifs à l'acquisition de nom-

(1) Diario di Roma, 21 mai 1821.

(2) Fol. 38.

(3) Fol. 41.

(4) Spicilegium Rom&num, t. VI, p. 228. Cf. Archiv de Portz, t. V, p. 89. Le catalogue des manuscrits Colonna entrés alors à la Vaticane est contenu dans le ms. Vat. latin 9579 (fol. 144-145) : il se termine par la mention sui> vante : Cencii camerarii de Romanœ ecclesiœ censibus sxc. XIV et om^ nium locupletissimus, perg. folio,  la suite, se trouve une note autographe du cardinal Mai relative à l'achat de la collection.

(5) Nous avons vu plus haut (p. 201, note 5) que, dès 1262, ce n*est plus du manuscrit original mais bien du manuscrit Riccardi 228 que se sert la curie romaine. Quand les papes font dresser pour leurs nonces la liste des cens de tel ou tel pays (le sud de la France, l'Espagne, l'Angleterre), c*est au manuscrit Riccardi 228 qu'ils empruntent leurs extraits et non plus à Tancicn registre écrit par Rofio en 1192.

(6) Fol. 223 : « Littora domini pape missa episcopis Terracinensi et Reatino quod Galvanus et Federicus Lancea fratres nolebant obedire mandat is ecclesie. » Fol. 307 : Lettre sur le couronnement de Charles d'Anjou comme roi des Deux-Siciles.

breuJK terrains dans lo voisinage du Vatican (1); et nous apprenons justement par ces actes qu'il se trouvait alors in sala palatii domini camerarii prope basilicam bealri Pelri apostoli, détail qui a son importance pour Thistoire de la chancellerie pontificale (2). Do Tépoque do Nicolas IV, nous avons sur lui deux témoignages officiels dans deux bulles relatives , Tune aux cens des Deux-Sicilos, l'autre aux cens do France (3). Dans ces deux bulles, Nicolas IV mentionne, d'après le registre censier, les lieux et les personnes qui doivent un cens à TEglise romaine , census et no-» mina personarum et locorum ipsorum sicut in Regestis ejusdem RO" maneEcclesie continetur. Or, le registre d'après lequel les différents cens sont énuméyés dans les deux bulles, n'est pas le registre original. Le monastère de Saint-Adrien , au diocèse de Rossano , qui est cité par Nicolas IV, n'est pas enregistré dans le manuscrit Vat. 8486, non pliïs que l'église de Gerboroye au diocèse do Beauvais, ni l'église de Saint-Urbain de Troyes. Au contraire, toutes ces dépendances de l'Eglise romaine sont mentionnées dans le manuscrit Riccardi 228, et il y a même pour l'orthographo irrégulière de certains noms une absolue concordance entre le texte des bulles et celui de notre manuscrit; par exemple, dans l'évêché de Fondi, le monastère in pede Montecelli. Il est donc à peu près certain que le manuscrit qui a servi aux rédacteurs de la bulle était le manuscrit Riccardi 228.

Lorsque la papauté quitta l'Italie pour Avignon, les archives j^

pontificales furent transportées à Assise ; mais lo Liber Censuum ^*^^^C^j^^^^ était d*un usage si constant qu'il parut nécessaire à Clément V de faire venir de Rome le manuscrit alors en usage dans la Chambre apostolique, et le manuscrit Riccardi fut envoyé à Avignon avec les registres de Boniface VIII et de Benoit XI. Parmi les objets consignés le 28 novembre 1307 par le cardinal de Saint- Marcel à Bertrand Desbordos, le nouveau camérier du Saint- Siège, on remarque : les registres de Boniface VIII et de Be-

(1) Fol. 305-335.

(2) Cf. Décrétales de Grégoire IX, lib. Il, t. XXXVI, ch. xiii.

(3) Bulles datées d^Orvieto, Ides de septembre 1290. — La bulle relative à la France est publiée dans la Scriptorum veterum amplissima collectio de Marténe et Durand, t. II, col. 302. — La bulle relative aux Dcux-Siciles a été publiée par Muratori avec l'inventaire des Archives d'Avignon en 1366 {Antiquitales italicœ medii cevi, t. VI, p. 151); elle existe en original aux Archives du Vatican (Arm. XIII, cap. xiv, n» 14), où je l'ai collationnée, et elle présente, avec le texte do Muratori, des variantes orthographiques très importantes.

noît XI (decem volumina registrorum HtUrarum , scilicel VIIII de lempore domini Bonifalii et I de tempore domini BenedicU), et le libre censier de TEglise romaine (item libitum censualem sancle Romane ecclesie). Nous pouvons môme savoir qui avait apporté en France ces précieux parchemins : c'était Jean, évêque élu de Spolète. Or, Jean de Spolôte était encore à Pérouse le 20 septembre 1305, et c'est de là sans doute qu'il emporta les pièces nécessaires à la reconstitution sommaire de la cour pontificale au delà des monts. II les remit à André de Gubbio, trésorier pontifical, qui les consigna lui-même, à Bordeaux, au cardinal de Saint-Marcel (i). Aussi retrouvons-nous notre Liber Censuum dans rinvcntaire du 29 mai 1314, dressé, après la mort de Clément V, par le trésorier Raymond Fabri , archidiacre de Toul (2). On peut d'ailleurs suivre sur le manuscrit lui-même les traces de son emploi à la cour d'Avignon. Nous constatons, par exemple, eu 1327, l'enregistrement d'un cens dû par le monastère de Saint- Antoine devienne; en 1331, la transcription de l'acte relatif à la soumission des habitants de Plaisance (3); en 1341, le monastèi^e de Saint-Claude (monasterium Sancli Eugendi), du diocèse de Lyon , est mis au nombre des monastères qui doivent un cens à l'Eglise romaine; en 1344, c'est le monastère de Saint-Etienne de Caen; en 1346, le monastère de Sainte- Werburge de Chester, et, presque en même temps, le monastère de Cluny, au diocèse de Mâcon (4).

Lorsque fut dressé, en 1369, l'inventaire du trésor et des archives d'Avignon, notre manuscrit se trouvait « in caméra sécréta IhesaurariCy » où il est ainsi décrit : Ilem liber intUulatus Liber Censuum ecclbsib Romane coopertus corio albo qui incipit in nigro

(1) Tout cela résulte des notes qui couvrent le dernier feuillet d*nn livre de comptes (Arch. Vat., CoHectoriœ, n* 314).

(2) Archives Vaticancs {Collectoriœ , n* 467). Fol. 36 v* : « Item dio XXIX mail prcdictus dominus Raymundus Fabri assignavit suprascriptis dominis infrascripta prescntibus penitentiariis et clericis supradictis... »

a Item novcm registra domini Bonifacii pape VIII, unum rcgistrum domini Bencdicti pape XI, et deccm registra domini démentis pape quinti. » n Item librum censualem. )>

a Predicta registra, libelli et quatcrnii posita sunt in tribus cofinis signatis per tj,. » Cf. Ehrle, Schalz, Bibliotheh, und Archiv der Papale im XIV Jahrhundei't, ûaLTisVArchiv fur Litieratur und Kirchengeschichte, 1. 1, p. 42.

(3) Fol. 287.

(4) Cf. dans le Registre chacun des diocèses ici désignés.

LSS MANUSCRITS DU LIBER CEN^UUM. 211

EccLBSiB et finit m penultino folio Maculam (1). Nous savons d*aîlleurs très positivement qu'à cette date le manuscrit Riccardi continuait à ôtre en usage à la Chambre apostolique ; en 1375, on y insérait les droits du Saint-Siège sur le monastère Saint-Pierre d*Afflinghem, au diocèse de Cambrai (2).

Pendant le schisme, le manuscrit Riccardi 228 demeura au pouvoir des papes* d'Avignon , qui y consignèrent leurs prétentions au gouvernement de l'Eglise. Sous Clément VII et Benoît XIII, il s'enrichit d'un grand nombre de mentions nouvelles : en 1379, le monastère de Sainte-Croix d'Edimbourg j en 1390, celui de Mazan, dans le diocèse do Viviers; en 1382, celui do Saint-Pierre de Châlons; en 1391, le chapitre de Sens; en 1390, le doyen et le chapitre d'Abbeville; en 1390, le doyen et le chapitre de Bourges sont inscrits dans le registre censier des papes d'Avignon (3) ; en 1402, le serment d'hommage prêté en 1391 à Clément VII, par le duc de Berry, est enregistré dans notre manuscrit par ordre de Benoit XIII, in presenti libro censuali prefate Romane EccUsie (4). Mais ici s'arrête la fortune de cet exemplaire, et, comme pour marquer la fin de son développement, Benoit XIII en fait exécuter une copie. Dorénavant, ce ne sera plus qu'une pièce d'archivé.

Aussi Benoit XIII ne l'emporta pas à Peniscola ; il le laissa à Avignon, et, dans lUnventairo dressé en 1411, lorsque les troupes de Benott XIII eurent évacué Avignon, il nous est signalé, dans la Caméra bassa thesaurariXy en ces termes : « Primo unus liber vocatus Censuale Romane ecclesie , copertus pelle alba et incipit in secundo folio post rtibricas In episcopatu Tusculano et finit in penultimo Maculam (5). »

(1) Inventaire de 1369, dans Ehrle (Htsf. bibliothecœ Rom. pontif,, t. I, p. 421, n* 1881). Le mot maculam termine, en* efifet, le fol. 333 v*, Tavantdomier du cahier XIV (le dernier cahier grand format). Il se trouve dans une phrase de la bulle adressée, le 30 août 1335, par Benott XII à Mathias, évéque de Leslau.

{2} Voyez, dans le ms. : In episcopatu Cameracensi.

(3) Cf., dans le Riccardi 228, les évéchés auxquels appartiennent respectivement ces différents monastères et chapitres.

(4) Fol. 288.

. (5) Fol. 10 v* de l'inventaire. Je dois cette précieuse indication au R. P. Ehrlc qui a retrouvé aux Archives de saint Pierre (A 76) l'inventaire do 1411 (Cf. Archiv fur LHleralur und Kirchengeschichte^ 1. 1, p. 14). La chambre basse du Trésor se trouvait, ainsi que le R. P. Ehrle l'a établi, à la base de la tour dite' des Saints-Anges {Historia bibliothecœ Rom. pont, y t. I, p. 701-703).

212 ÉTUDE SUR LB LIBER GBNSUUIf OB I<*É0LI8B ROMAINE.

Retour à Rome Dc là, il fut réexpédié à Rome (1), et c'est à Rome sans doute nicçardianiuiis. Qu'oii y iuséfa les décisions du conclave relatives au partage dos à ia"vïïiMne. revcnus de TEglise entre le pape et le sacré collège (mars 1431). C'est d'ailloui*s le dernier document gui y ait été transcrit (2). Il prit aussitôt place dans la bibliothèque d'Eugène IV, et il figure, en 1443, dans l'inventairo de cette bibliothèque sous ce titro : Censuale Romane ecclesie, aclu Gregorii undecimi{sic), certa privile-' gia ecclesie et quedam alia in pergameno bona Ultera grossa cohopertum veluto rubeo et cum clausuris argenteis, qui sic inclpU Ecclbsib RoMrANB(3). La magnificence de cette reliure indique assez le prix qu'on y attachait.

Nous le retrouvons indiqué, quelques années plus tard, dans l'inventaire do la bibliothèque de Nicolas V, parmi les livres « repositi in sexto armario^ » avec ce signalement : Item unam volumen formas regalis ex pergamena cum quatuor seraturis argen^ teis deauratis cum postibus ligneis copertum veluto violato nuncupatum Liber Ccnsuum ecclesie Romane (4).

Mais il paraît que la beauté même de la reliure tenta la cupidité ; sons Sixte IV, ce riche vêtement a disparu, et le précieux Liber Censuum est mentionné dans l'inventaii'e de Platina comme sine tabulis (5), indication qui se retrouve dans l'inventaire d'Innocent VIII en 1484 (6), et dans celui de Léon X en 1518 (7). C'est seulement en 1533, dans l'inventaire de Fausto Sabeo et de Nicolô d' Maggiorani que le ms. Riccardi réapparaît avec une reliure de parchemin blanc in albo (8). L'identification n'est pas douteuse, grâce à l'indication du mot verilatis qui termine en effet la première page du manuscrit. A ce moment, il se trouvait in prima capsa sexti banchi bibliothecx parvse secretx» Dans Tin* ventaire de Paul III (terminé sous Jules III} , il figure encore dans la bibliotheca parva sécréta^ in Xlfl capsa^ et il porte le numéro 1840. Les quelques chapitres indiqués dans le catalogue nous permettent de le reconnaître facilement ; notamment ce ti-

(1) Cf. Theiner, Cod. diplom&t., t. III, p. 349.

(2) Fol. 72.

(3) Archives Vaticanes, n* 490, p. X (Mûntz et Fabro, La Bibliothèque du Vatican au quinzième siècle, p. 20).

(4) Mûntz et Fabre, La Bibliothèque du Vatican au quinzième tiède ^ p. 94.

(5) Cf. supra, Vat. lat. 3952, fol. 172.

(G) Cf. Vat. lat. 3949, fol. 129 V.

(7) Cf. Vat. lat. 3948, fol. 67, et 3955, fol. 71.

(8) Cf. Vat. lat. 3951, fol. 112.

Vatkano.

tro : « Eugenii gtiarti statutum » qu'il est le seul à présenter (1).

Pour la seconde partie du seizième siècle, deux manuscrits de la bibliothèque Vallicellane, I. 48, et N. 38 (2) suppléent ici abondamment à Tabsence de catalogues. Nous savons par eux que le manuscrit Riccardi 228 a porté alors dans le classement de la bibliothèque Yaticane le numéro B, 445. Le manuscrit I. 48 a été, en eiTet, collationné au seizième siècle sur un manuscrit do la Yaticane, qui est dit signatum littera fi. num. 445, et dont la pagination, aussi bien que le contenu, correspond très exactement au manuscrit Riccardi 228; quant au manuscrit N. 38, il contient des extraits empruntés à un manuscrit qu*il appelle le ms. Yat. 445; or, tous les caractères concordent avec ceux de noire manuscrit (3).

En 1611 , Paul V ordonna la fondation des Archives vaticanes, et la plupart des anciens registres conservés jusque-là dans la bibliothèque entrèrent dans le nouveau dépôt. .

Le manuscrit B, 445 fut certainement un des quatre manuscrits Le

de Cencius transportés de la bibliothèque à VArchivio Vaticano, ^ArcMvio en 1611, ainsi que le relate Michel Lonigo (4), car, quelques années après, Contelorien inventoriait soigneusement le contenu aux Archives mômes (5). Le dépouillement qu'en fit Contelori a été conservé ; il ne comprend pas moins de 153 pages , et doime très exactement le titre des documents qui s'y. trouvent, de sorte qu'aucun doute n'est possible. Après la mort de Contelori, c*cst-àdire après 1635, nous ne savons pas combien de temps encore il demeura au Yatican ; ce qui est certain , c'est qu'un des succes-

(1) Vat. lat. 3968, fol. 55. — D'ailleurs, sur le premier des deux feuillets de garde du ms. Riccardi 228, on lit, à la marge inférieure, le numéro d'ordre 1840.

(2) Le ms. I. 48 est un ms. du Liber Censuum. — Le ms. N. 38 est un recueil d'indications de tout genre concernant l'histoire ecclésiastique, extraites particulièrement dos manuscrit du Vatican (XVI* siècle).

(3) Vallicellane , N. 38 , fol. 39 : «c Liber Censuum camerae signatum numéro 445. »

p. 1 : Pro bisantio solvuntur dus partes unius florcni, etc.

p. 65 : Hec sunt nomina episcopatuum assistentium scmper apostolico la-

tcri, nomina episcopatuum pertinentium ad sacram sedoro. p. 67 : Nomina abbatiarum et canonicarum sancti Pétri.

p. 69 : Denarius beati Pétri...

p. 72 : Diploma Eugenii IV de roformanda ecclesia... (1431 et 1434)..., etc.

(4) Studi e documenti di stoHa e diritto, t. VIII (1887), p. 37.

(5) Arm. XXXVI, n- 38, fol. 236.

Le Hiccardianus 228

dans la collection Stosch.

seurs de Gontelori constatait que le manuscrit dépouillé par lui avait quitté les Archives, et ne se trouvait ni à VArchivio Yaticano ni au Castel S. Angelo (1).

Nous le retrouvons , au milieu du dix-huitième siècle, dans la bibliothèque du baron de Stosch ; à la vente de Stosch, vers 1759, il fut acheté par les Riccardi (2).

Le mg. XV, i

des Arcaires Va-

tieanes au XIV* siècle.

Archives Vaticanes, Arm. XV, n® 1.

Le manuscrit classé aux Archives Vaticanes sous le n'* i de l'armoire XV a été écrit, nous l'avons vu, vers la fin du treizième siècle. Il a reçu, lui aussi, un certain nombre de notes additionnelles, quoiqu'on moins grand nombre, pourtant, que le manuscrit Vat. 8486, ou le manuscrit Riccardi 228, et ce fait suffit à nous indiquer qu'il a été, à l'origine , un manuscrit de chancellerie avant d'être un manuscrit d'archivé. Jusqu'à l'exil d'Avignon, il demeure en concordance parfaite avec le manuscrit Riccardi 228 : c'est pour ainsi dire un môme registre tenu en double. Mais, à partir de l'exil d'Avignon, les choses changent. Il est probable que le manuscrit XV, 1 des Archives Vaticanes n'a été transporté à Avignon qu'assez tard ; en tout cas, pendant le cours du quatorzième siècle , il n'a été complété que d'une manière assez intermittente (3). Pour ne prendre qu'un exemple, il ne contient, pour les diocèses de Mâcon et de Châlon, aucune des mentions pourtant assez copieuses dont le Riccardi 228 s'est enrichi à Avignon ; et, d'autre part, pour les cens de cette même .époque dont il a reçu l'indication, il y a, entre son texte et celui du Riccardi 228, des différences telles qu'il est évident, à première vue, que nous avons affaire à deux rédactions bien dis-

(1) « Questo indice fii lavorato dal Gontelori sopra qualche codice di Cencio Camerario chc ora più non esisto negli archivi apostolici, non confrontando la numeraziono délie pagine segnate qui dal Co.ntelori, ne col codice deir archivio segroto Yaticano, ne con quello di Castel S. Angelo. »

(2) Il porto , sur les ais de la couverture (à l'intérieur), un ex libri$ avec les armes du baron de[Stosch, mais on lisait encore^ il y a trois ans. sur le dos de la reliure, à l'encre noire, la cote B 445, qui rappelle le séjour do ce manuscrit à la Bibliothèque Vaticane dans la seconde moitié du seizième siècle. — Il faut noter, d'ailleurs, que ce manuscrit ne figure pas, au moins sous son véritable nom, dans le catalogue des vqlupie^ ipis en vente. le 16 janvier 1759 et jours suivants.

(3) Il faut noter, pourtant, que les extraits du Liber Cenauum dpnnés vçrs 1331, par Raymond de Bonofato, collecteur apostolique en Hongrie, sont empruntés à ce manuscrit (cf. Afonum. Vaticana Hungarix, t. I, p* 406- 407) : HuNOARiA sic est in libro bensuali.

LB6 Manuscrits du liber crnsuum. 215

tinctes (I). D'ailleurs, un certain nombre de documents qui n'ont jamais figuré dans le Riccardi 228 prennent place, à ce moment, dans le manuscrit XV, 1 du Vatican : par exemple le privilège de Tempereur Charles IV en faveur de l'Eglise romaine (2), et une confirmation des droits du Saint-Siège sur Avignon , datée du Louvre, 5 décembre 1368 (3). Quoi qu'il en soit, il retourna à Rome avec Grégoire XI, et c'est lui qui, en 1388, a servi d'original pour la confection du manuscrit Riccardi 229 (4).

Il demeura dès lors dans l'archive de la Chambre apostolique, séjour et ses dernières pages reçurent successivement le serment prêté «pottoiique. à l'Eglise, en 1374 , par Frédéric d'Aragon , roi de Sicile (5), et une lettre écrite au pape Martin V, par le chapitre de Saint-Martin de Tours, en 1418 (6). En 1487, on y transcrivit encore un nouveau document, le testament de la reine de Bosnie (7). Il est daté du 20 octobre 1487; sa transcription sur le registre porto les souscriptions originales du cardinal camérier et de deux clercs de la Chambre apostolique (8), — Annius de Viterbe et Ludovicus

(1) Nous prenons un exemple : In episcopatu Vjennensi :

Riccardi 228 : c Abbas monasterii sancti Antonii Vicnncnsis tenetur ccclesie Romane quolibet anno ratione census in una marcaargcnti, prout in quadam buUa domini Johannis pape XXII continetur sub dat. pontificatus sui anno XIIII, registrata in libro rcgistri bullarum suarum in folio I"IX'XLI et fuit consti tutus dictus census tempore Bonifacii pape VIII pontificatus sui anno III et nii idus junii.

Archiv. Vat., XV, 1 : « Abbas monasterii sancti Antonii Viennensis débet pro censu quolibet anno ecclcsio Romane unam marcam argent! , etc., registrata in folio secundo... XLI libri regestrorum bullarum suarum et fuit constitutus dictus census per dominum Bonifacium papam VIII, etc. >

(2) Fol. 480.

(3) Fol. 484.

(4) C'est ce que nous avons démontré plus haut dans notre classement des manuscrits.

(5) Fol- 484 V.

(6) Fol. 489.

(7) Fol. 347 V.

(8) « R. cardinalis sancti Gregorii domini pape camerarius suprascriptum registratum dicti testamenti cum suo originali fideliter auscultatum subscripsimus.

B Ego An. do Viterbio protonotarius et apostolice caraere clericus supradictum testamentum publieum recognitum ac per me et omnes dominos videlicet Revercndissimum R. camerarium predictum ac clericos camero infrascriptos collationi (sic) et auscultavi fideliter cum suo originali et manu propria subscripsi in presenti registro in caméra apostolica.

V Ego Ludovicus Agnellus prothonotatius et apostolicsc camcrse clericus collacionavi et subsûripsi me ut supra. »

216 ÉTUDE SUR LE LIBER GBNSUUlf DE L'ÉOLISB ROVAINE.

Entrée à la VatiCADO.

Entrée au eh&teaa Saint- Ange.

Âgnellus, — avec une mention qui nous indigue Tendroit où se conservait alors le manuscrit : In caméra apostolica.

Dans le second des inventaires do la Yaticane rédigés sous Léon X , aux trois exemplaires placés in prima capsa sexti hanchi bibliothecx parvx secretae^ s'ajoute un Liber Censuum Romanxecclesix exmembrano in rubro indiqué dansla Caméra bibUothficœsecretx{\)^ et je crois que ce Liber Censuum doit être le manuscrit actuellement conservé aux archives du Vatican sous la cote Arra. XV, 1 . En effet, dans Tin vcn taire do 1533, nous trouvons un Liber Censuum Romanx ecclesix ex membranis in rubro^ classé in primo et superiori ordine tertii armarii camerx parvsR secrelœ^ dont le premier folio se termine par le mot Destinatum, ce qui est justement le cas du manuscrit qui nous occupe (2). Dans l'inventaire de Jules III, ce manuscrit porte le n^ 1860 dans la XIIP caisse de la bibliothè* que parva sécréta (3). A quel moment quitta-t-il la bibliothèque? Il est difficile de le savoir exactement. On peut conjecturer qu*il passa d'abord, en 1611 , comme le manuscrit Riccardi 228 et le manuscrit Riccardi 229, aux Archives Vaticanos, d*où il fut bientôt après transporté aux archives du château Saint-Ange (4). Au château Saint-Ange, en effet, ni dans les inventaires de la fin du seizième siècle, ni dans celui que rédigea en 1610 Silvio de Paolis , il n'est fait mention d'un Liber Censuum.

Mais dans un des volumes relatifs aux changements survenus à VAi'chivio del Castello, au commencement du dix-septième siècle (5), nous trouvons, à la date du 13 mai 1614, un acte de Paul V ordonnant de transporter à la Vaticane un certain nombre de livres placés alors au château Saint-Ange. Parmi ces livres » il y a un Cencio Camerario. Cet exemplaire de Conclus demeura cependant au château Saint- Ange; il fut, avec quelques autres livres (en particulier le Liber privilegiorum de Platina), rayé de la liste do transfert, et nous le retrouvons» dans un document sui«

(1) Vat lat. 7131, fol. 31.

(2) Vat. lat. 3951, fol. 112. — Ce ms. ne figurait pas dans les précédents inventaires de la Vaticane; il y est entré entre 1522 et 1533.

(3) Vat. lat. 3968, fol. 55, n* 1860 : < Gentius de censibus Bomanœ occle«clesise et de quibusdam aliis ad eam pertinent ibns, ex membrano in rubro. »

(4) C'est encore sous le titre de Manuscrit du château S&int-Ange qu'il est désigné par quelques-uns.

(5) Arm. IX, ord. II; titre général : Invent&rium scriptorum et fragmtn^ iorum notàbilium adnotatum $ub indicis diversorum volumine XL

A la page 34 : Indice de* libri e scritiure levate dal Castel S. Angelo e portate nella libreria Vaticana^ avec Tordre donné* à Baldassare Ansidei par le pape lui-mémo d'opérer le transfert en question.

LES MANUSCRITS DU LIBER GBN8UUM. 217

vant, parmi les libri restaU in Castello (1). Un archiviste prit soin, peu de temps après , de consigner en marge la segnatura du manuscrit : Arm. S inf. ad sinisi^^m (2) ; et, do fait, dans Tinvcntairo dressé par Confaloniori , c'est bien la place assignée à Tunique manuscrit do Cencius conservé au château Saint-Ange (3).

Confalonieri nous apprend comment étaient disposées les archives du château Saint-Ânge, et, comme les anciennes armoires établies par Paul III subsistent encore dans leur état primitif; une visite à la vieille salle des Archives (4) permet de se rendre très bien compte du classement général adopté pour l'installation de ce dépôt.

Les murs étaient garnis de hautes armoires, dont le bas seulement, d^accës plus facile, fut tout d*abord utilisé : elles étaient numérotées de I à XVI.

La partie supérieure demeura libre, jusqu'à ce que Confalo-* nieri jugea à propos de s'en servir. Il numérota les différents casiers de A c^ M, mais il n'y plaça que des choses d'importance secondaire.

Le gros de Tarchive continua à reposer dans le bas de l'armoire, où les documents étaient rangés par caisses, capsulœ. Un certain nombre de registres furent laissés en dehoi*s dos caisses, comme formant par eux-mêmes des liasses suffisantes; on les désigna non seulement par le numéro de Tarmoiro où ils se trouvaient, mais par le rang qu'ils y occupaient, et c'est ainsi que dans l'inventaire de la partie inférieure des armoires, « armariorum inferiorum, • dressé par Confalonieri, nous ti*ouvons, à côté do neuf caisses pleines de documents variés, l'indication d'un Liber Censuum

(1) Page 61 : Indice de' libri restati in Castello.

(2) Ibid.

(3) Arm. XI, Ord. II; l'inventaire fut commencé le 26 juin 1624, mais ce fut seulement le 26 novembre 1626, qu'après avoir inventorié le contenu des capsulm renfermés dans TArmoire inférieure n* III , on inventoria les liasses et volumes laissés dans cette armoire en dehors dos capsulas, en distinguant ceux qui étaient au premier rang : Armarii tertii ordo superior capsulis non disiinctuSt et ceux qui étaient au second rang : Armarii ter^ ta ordo inferior capsulis non distinctus. C'est dans cette dernière catégorie que se trouvait : Liber unions in pergameno Cencii camerarii censuum Romanas ecclesiœ debitorum {Inventarium recognitionum armariorum inferiorum, p. 244).

(4) Dans le plan du château Saint-Ange en son état actuel donné par M. Borgatti {Caslel S. Angelo in Roma), cette salle est désignée sous le numéro 113. Elle se trouve à la base même du donjon carré qui domine le mausolée d'Hadrien.

218 ÉTUDE SUR LB LIBER CENSUUM DE l'ÉGLISE ROMAINE.

Çencii camerani incipiens Ecglesie Romane cbnsuum opûs et finiens cum literis capituli S, Martini ecclesie Turonensis Martino pape quinto fol. 486, Ce signalement désigne suffisamment le manuscrit classé actuellement Arm. XV, n** 1 (1). La cote actuelle est réconte. Lorsque, en 1798, les Archives du château Saint- Ange ont été transportées au Vatican, on n*a point conservé pour tous les registres Tancionne coUocation ; de là la formation de cette Armoire n° XV, où ont été placés un certain nombre de pièces provenant des anciennes armoires.

Ms. Riccardianus 229.

Le Le manuscrit actuellement classé à la bibliothèque Riccardi

iccat ^anus ^^^^ j^ ^^ ^^g j^ ^^5 Jq registre censier des papes de Rome durant chambr^ejposto- j^ grand schismo. Tandis que les papes d'Avignon se servaient

de Tancien exemplaire transporté à Avignon par Clément V, les papes de Rome faisaient exécuter un exemplaire rival , et, tandis qu'à Avignon s'enregistraient les cens de France, d'Espagne ot d'Ecosse, à Rome on inscrivait les cens d'Italie et d'Allemagne. Une fois le schisme terminé, ce fut le registre de Rome qui continua à recevoir la mention des cens dus au Saint-Siège, et pendant tout le quinzième siècle il demeura dans la Chambre apostolique, ouvert à Tinsertion constante de mentions nouvelles. Cette fois, comme chaque inscription est datée, rien n'est plus facile que de suivre l'histoire de cet exemplaire. En 1420, le monastère de Saint-Ange, près de Chiusi, est inscrit comme tributaire du Saint-Siège (2) ; en 1456, l'église des saints Firmicus et Rusticus est exemptée du cens qu'elle devait à l'Eglise (3). Sous Eugène IV, le privilège de l'empereur Sigismond est enregistré sur les dernières pages (4), tandis flue F. Lavesius, notaire de la Chambre apostolique, transcrit sur les premières un tableau comparatif des différentes monnaies désignées dans le Liber Censuum

(1) C'est, d'ailleurs, le seul manuscrit du Liber Censuum mentionné alors au château Saint-Ange.

Plus tard, en 1680, le P. Margarini donna à rArchivo du château Saint- Ange un certain nombre do manuscrits, parmi lesquels un Cencii camerarii registrum de censibus et consuetudinibus S. R: E, [Spicilegio Vaiic&no di monumenli inediti e rari, fasc. I, p. 127).

Je pense que ce ms. du P. Margarini est le ms. de papier coté actuellement Arm. XV, n* 2, aux Archives Vaticanes, puisqu'il provient du château Saint-Ange.

(2) Evêché do Pérouse.

(3) Evéchô de Vicence.

(4) Fol. 189 V.

LES MAN08CBITS DU LIBER CBNSUUM. 219

qu'il emprunte au vieil exemplaire enfin revenu d'Avignon (1). Mais c'est surtout sous Paul II et sous Sixte IV que les mentions nouvelles se multiplient, signées chacune par un clerc do la Chambre (2), de^mandato dominipape.Ea 1486, Innocent YIII énumère les cens de l'Eglise dans les diocèses de Limogés et de Rodez, et il les extrait du Liber Censuum camerx aposlolicx qui intitulatur modo infrascripto videlicet Incipil Liber Censuum Romane Ecclesie a Cencio Camerario (3). Or, les cens mentionnés par Innocent VIII se trouvent seulement dans le manuscrit Riccardi 229, et d'ailleurs VIncipit indiqué ne peut correspondre qu'à ce manuscrit. Nous savons, de la sorte, qu'en 1486 le manuscrit Riccardi 229 servait encore à l'usage courant de la Chambre apostolique , et qu'en cette, même année le pape lui accordait une valeur officielle, car la lettre pontificale a justement pour titre : Teslimonialis de Libro Censuum.

Combien de temps le manuscrit Riccardi 229 demeura-t-il à la Chambre apostolique? Il est difficile de le déterminer. Sans doute, entre 1533 et 1550, nous voyons entrer dans la Biblioiheca parva secreia un manuscrit du Liber Censuum , qui ne figurait pas dans

(1) « Declaratio valons monetarum in hoc censuali descriptarum..., etc. Exthraxi do antiquo censuali F. Lavesius camcrae apostolicse notarius tempore S. D« N. Eugenii pape IIII''. »

(2) Gasparo Biondo, Jean do Volterra, P. de Rossi, Jean Gerones, etc.

(3) Diversorum Innocentii VIII, anno primo, fol. 222 :

c Testimonialis de libro censuum.

> Universis et singulis, etc., quia pium et rationi consonum veritati tostimonium pcrhibere, idcirco ad universitatis vcstre et cujuslibet vestrum notitiam deducimus et doduci volumus per présentes, quod in libro censuum camere apostolice qui intitulatur modo infrascripto videlicet : Incipit Liber Censuum Romane ecclesie a Centio Camerario compositos secundum antiquorum patrum regesta et memoralia divorsa anno incarnationis domi-< nice MCCXXXXII, pontificatus Cclestini pape III'' anno II. Ecclesie Romano censuum opus jam retroacto tempore a quibusdam aliis ordinatum, etc., in quo libro inter alias ecclcsias ccnsuales reperiuntur in episcopatu Lemovicensi infrascripto ecclesie obligatc ad solutionem censuum camere apostolice vel ejus in partibus illis collectori pro tempore deputato, et primo videlicet ecclesia sancti Pctri de Ostha I marabutinum, ccclesia Ripensis I marabut., ecclesia Usorticensis I marab., ecclesia Brivcnsis II solidos, ecclesia Grandi montensis II uncias auri ; item ex episcopatu Ruthenensi Icgitur quod hospitali do Âltobracho fuit concessa confirmatio exemptionis alias eidèm hospitali per nonnullos sumroorum pontificum concosse per buUam domini Pauli pape II, sub dat. Rome zi kl. Augusti pontificatus nostri anno II, in qua bulla constat quod dictum hospitale tonetur solvere camere apostolice singulis annis unam unciam auri in fes.to apostolorum Potri et pauli de mense junio^ etc..»

Le

Jiiceardianus 229

ftaMe 'Archivio Vaticaao et le ch&teaii Saint-Ange.

rinventaire de 1533 et que nous trouvons, au contraire, dans celui de Jules III; mais rien ne nous autorise à penser que cet ezem* plaire soit précisément le manuscrit Riccardi 229 (1). H est plus vraisemblable qu*il s*agit moins ici d'une entrée que d'une rentrée^ et je suis porté à croire qu'il y a là un simple retour d'un manuscrit distrait antérieurement: ce manuscrit me paraît être Toriginal lui-même.

Aussi bien^ nous constatons, à la fin du seizième siècle, la présence d*un volume do Cencius dans rarchivo do la Ghambro apostolique. Parmi les livres qui se trouvaient dans la Guardarobba^ et que le pape Sixte Y fît replacer dans l'archive de la Chambre (anqvam ad ipsam cameram pertinentes figure, sous la cote B. 59 (2), un exemplaire de notre Liber Censuum (3).

A en croire la petite notice placée sur la première page de plusieurs copies modernes (telles que manuscrit de Bologne , les manuscrits de la Brancacciana et de la Nationale de Naples, lo manuscrit Corsini 1049 et les deux manuscrits de la Barberiue), le manuscrit de 1388 a été pondant quelque temps dans l'Archive du château Saint-Ange, puisque des exemplaires qui procèdent de lui ont été, nous dit-on, tirés d'un manuscrit conservé au château Saint^Ange, cujus Itbri existentis in Castro S. Àngeli liber iste est exemplum.

Rien, dans les Inventaires du château Saint-Ange, ne nous permet de vérifier ce renseignement : en 1624, ils ne mentionnent qu'un exemplaire du Liber Censuum, celui qui y est demeuré jusqu'à la réunion des Archives du Château à l' Archivio Vaticano (4).

(i) Snr ces inventaires, voy. plus haut, p. 205 et 206.

(2) J'ai trouvé l'indication do cet exemplaire du Liber Censuum dana lo ms. 671 de la Bibliothèque Corsini, fol. 86 : « Inventarium sou deseriptio omnium librorum qui de mandato sanctissimi D. N. Sixti papo quinti extracti fuerunt e vestiario seu guardarobba palatii apostolici et consignait R. P. D. QolTredo LomoUino camcrse apostolicœ genorali commissario tan* quam ad ipsam cameram pertinentes, ad effectum illos reponendi in arcbi* vio camere apostolico ubi aliqui ex eis diu ante extabant, factum sub anno domini 1587, die 25 fobruarii pontificatus ojusdem sanctissimi D. N. anno secundo. »

(3) n est à noter que, parmi les volumes qui , au commencement du dixseptième siècle, furent transportés des Archives camérales soit au chAteaa Saint-Ânge, soit à V Archivio Vaticano^ et dont les Archives du Vatican et l'inventaire de Lonigo ont conservé la liste , il ne se trouve aucun manuscrit de Cencius. Il est probable que, dès ce moment, le n* B 59 avait quitté la Chambre apostolique.

(4) Voy. plus haut l'histoire du ms., Arm. XV, n* 1 des Archives Vaticanas.

LBS lCA.HUfiCRlTS DU LIBBK CBNSUUM.

Pourtant, le 10 octobre 1635, Gonfalonieri extrait d'un a Censius Camerarius » conservé au château Saint-Ange (Arm. III, ord. 2) divers documents qui ne sauraient provenir que du manuscrit Riccardi 229 : la pagination en fait foi (1).

Et d'autre part, comme Michel Lonigo, premier préfet de TArchivio Vaticano, s'est lui-môme constamment servi du manuscrit coté 229 à la Bibliothèque Riccardi, il est permis de supposer que ce manuscrit avait été tout d'abord versé à TArchivio Vaticano, lors de la formation do cet Archivio, en 161 1, co qui explique qu'il ne figure pas dans Tin von taire des Archives du Ghâleaudrosséen 1624.

Do toutes façons , le manuscrit en question disparut dos te

Archives pontificales au cours du dix-septièmo siècle, et nous lo ^*^'^'*Janriâ' ^'^ retrouvons dans la collection du baron Stosch (2), d'où il est passé, collection stosch. à la vente de 1759, dans la bibliothèque des Riccardi (3).

Archives Vaticanes, Arm. XXXV, n° 18.

La copie du manuscrit Riccardi 228 qui est conservée aux archives du Vatican , dans l'Arm. XXXV, date, nouifal'avons vu, de la première partie du quinzième siècle. Dès l'origine, il a figuré à la bibliothèque du Vatican. Nous le trouvons dans l'inventaire de Platina, dans celui de 1484,etdansceuxdeLéon X(4).Bn 1533, il était relié en parchemin blanc et placé in tertio ordine secundi armarii camerx parvx secretx; on lo reconnaît facilement dans l'inventaire à la désignation du mot De^ qui termine le premier folio (5). Au temps de Paul III il est classé dans la Xllh capsa qux est prima alphabeti, sous le \V^ 1848, et le catalogue d'alors signale sa parfaite conformité avec le n« 1840 (Riccardi 228) : Cencii Camerarii liber sicut in numéro 4840 hujus capsss ex membrano in rubro (6). Dans la seconde moitié du seizième siècle, laclassifica-

Le manuscrit XXV, 18 des Archives Vaticanes du XV» au XVllsiècle.

(1) Voy. ms. XXXIII, 7G, à la Barberino; l'acte relatif à Bamberg est empronté au fol. 233 col. 1, et l'investiture delà Pouillc, au fol. 235.

(2) Arcbives du Vatican, Arm. LVIII, n« 2 : Le privilège d'Otton est tiré du feuillet 105 de Conclus; celui de Louis le Pieux, du feuillet 102; la charte relative à Gometo, au temps do Lucius II, du feuillet 123, etc.

(3) Il ne figure pas au moins sous son vrai titre, dans le catalogue des manuscrits biblioihecss Philippi Oaron de Stosch quorum auctio h&bebitur Florentiœ die 16 fanuarii il59 et aequentibus diebus; mais il porte encore, sur les ais de la reliure (à l'intérieur), Vex libris du célèbre collectionneur.

(4) Vat. lat. 3952, 3949, 3955, 7131, Voy. plus haut, p. 204-206.

(5) Vat. lat. 3951, fol. 111 v*.

(6) Vat. lat. 3968, fol. 55 :

N* 1848. Gentil camerarii volumen liber sicut in numéro 1840 hujus capsae ex membrano (in rubro). Les mots sine tegimento ont été biffés et remplacés par in rubro.

.222. ÉTUDB SUR LE LIBER CBNfiUUSC DE L^ÉGLXSE ROICAINE.

tion changea, et c*est au nouveau classement que se réfère la note qui 80 lit encore sur la première page du malnuscrit : Inferius in pluleo XV* bibliolhecx magnx secrelx bibliolhecx apostolicx (1).

En 1611, le manuscrit passa aux archives du Vatican (2), où il a porté quelque temps, au commencement do ce siècle, le n* 2529, sous lequel on Ta fréquemment désigné; aujourd'hui, on lui a rendu la cote qu'il portait au catalogue de Garampi : Arm. XXXV, u« 18.

Bibliothèque nationale de Paris, n<> 4188.

Le Le manuscrit 4188 de la Nationale a été exécuté, nous l'avons

àlpeaiscoia. VU, pour Bcnoît XIII (Picrro de Luna) ; les armes du dernier pape d'Avignon y figurent à deux reprises dans les lettres ornées.

Dans la bibliothèque privée de Peniscola, il y avait un exemplaire du Libei' Censuum sur parchemin : Ilem cmsuale curie Romane in pergameno (3).

Cet oxempla^'e ne se retrouve pas parmi les manuscrits du collège de Foix, li a recueilli la presque totalité des volumes dont Clément VIII, Téphémère successeur de BeaoîtXIII, fit remise au cardinal de Foix, légat de TEglise romaine.

Mais dans le récit de la légation de ce cardinal se trouve précisément un détail fort curieux concernant le Liber Censuum et qui semble s'appliquer à Tcxemplaire exécuté pour Pierre de Luna.

Comme le légat de Martin V venait recevoir Tabdication de Clément VIII, il rencontra, le 6 août 1429, les ambassadeurs du roi d'Aragon, porteurs du désistement de Tantipape, qui lui remirent, en signe de soumission complète^ ce qu*on considérait comme les joyaux les plus précieux du Saint-Siège : tyaram pa-palem sancti Silvestri et censuale sancte Romane ecclesie obtuîerunt , que jocalia idem dominus legatus cujn magno gaudio recepit (4).

(1) Cf. supra f description du manuscrit.

(2) Au moment de la création do l'archive du Vatican par Paul V. — En tout cas , nous ne le retrouvons plus à la Bibliothèque dans l'inventaire d'Urbain VIII. C'est très certainement un des quatre manuscrits du Liber versés en 1611 à VArchivio Vaficano, ainsi qu'en témoigne le custodo Michel Lonigo {Documenti di storia e diritlo, t. VIII, p. 37; Coslituzione deW archivio Vaticano e sua primo indice soito Paolo V.

(3) Bibliothèque Barberini, ms. XXIX, 84, fol. 8 (n- 343). — Cf. Ehrle, Archiv fur Litleratur und Kirchengeschichte, t. I^ p. 15.

Dans la Bibliolheca Major (Faucon, La librairie des papes d'Avignon^ 1887, t. II, p. 43-151), il n'y avait aucun exemplaire du Liber Censuum,

(4) Archives du Vatican, légation du cardinal de Foix (Arm. XVII, n* 2), fol. 87 : « Legatus domini pape... iter suum continuans pervenit ad Villam

L1SS MANUSCRITS DU LIOBR CBNBPUM.

Le Parisinus 4188

chez le cardinal de Foix.

Il semblait, par conséquent, que le Livre censier fût considéré comme un des insignes mêmes du pouvoir pontifical.

Pourtant, il ne paraît pas que le cardinal de Foix se soit empressé de transmettre à Rome le Liber Censuum recouvré. Lorsqu'il mourut, en 14G4, à Avignon, il détenait encore ce « Liber censualis Romanx ecclesix qui finit [in prima pagina] Guidonne (1). » Or, cet exemplaire est bien celui qui figure aujourd'hui à Paris sous le numéro 4188, et dont la première page se termine, on effet, par les lettres Guidon, qui forment les deux premières syllabes du mot GuiooNUM.

Il n*y a pas trace que ce manuscrit ait été dans la suite transporté à Rome ; nous savons seulement qu'il fut vendu, en 1708, aôYvin»' siècle. à la Bibliothèque royale do Paris, par un sieur des Essards, avec deux autres manuscrits, pour 50 livres (2).

On lit, sur l'inventaire de 1682 à la Bibliothèque nationale, cette note marginale datée de 1708 : n^ 8666^ 9*; Liber Censuum

Le

Parisinus 4188

sancti Mathei Dertusonsis dioccsis que fuit vi dies Augusti, ubi recepit obvios sibi prcfati domini Aragonum régis ambaxiatorcs de Paniscola venicntcs , magistrum Alfonsum de Borgia et Pontium de Pontibus qui sibi tyaram papalcm sancti Sylvcstri et censualo sanctc Romane ccclosie obtulorunt, que jocalia idem dominus Icgatus cum magno gaudio recepit. Et dictus magistcr Alfonsus quedam munimenta que pronominatus dominus Egidius super renuntiatione juris ad papatum quod se habero pretendebat fecerat, tradidit eidem domino legato sub bulla et tcnoris sequcntis. »

(1) Communication du R. P. Ehrle.

(2) Cf. Dclisie, Le Cabinet des manuscrits, t. I, p. 332.

Le ms. 4188 de Paris nous a conserve la trace d'un manuscrit perdu, dont nous pouvons entrevoir quelque chose.

La table du ms. perdu signale en effet: un : Instrumentum super donatione per dominum Benedictum papam XJJ collegio dominorum cardinalium de medietate omnium censuum et reddituum ad ecclesiam RO' manam pertinencium.

Cet instrumentum no se trouve dans aucun autre exemplaire. Or, l'ordennanco de Benoît XII dont il est ici question, et qui nous a été conservée par le cardinal d'Aragon , dispose justement que le camérior du sacré collège devra posséder par devers lui un exemplaire du Liber Censuum (CoU Icct. du cardinal d'Aragon, ms. Ottoboni latin 3078, fol. 94). N'y aurait-il pas lieu de supposer que le ms. perdu était justement celui du sacré collégo, puisqu'on y avait enregistré un document qui intéressait tout.spécialement les rapports du sacré collège avec le Liber Censuum? Et, dans cd cas , il y avait bien des chances pour que le Liber Censuum dont Nicolas d'Aragon s'est servi fût précisément l'exemplaire perdu (représenté aujourd'hui par le ms. de Paris), puisque le Liber Censuum. que le cardinal a eu 90US les yeux contenait justement Vinstrumenlum super donatione per dominum Benedictum papam Xll collegio dominorum cardinalium, etc.

224 ÉTUDE SUR LE LIBBn CBNSUUV DB L*É6LISE HOHAINB.

Romane ecclesie a Cencio camerario eompoiilus anno 4492. Exemplar scriptum tempore PU secundi.

Histoire littéraire Maintonant quo nous avons retracé l'histoire dos manuscrits les naseri s. ^j^^ importants du Liber Censuum, il importo de déterminer quels sont les eiomplaires qu'ont eu entre les mains les savants qui ont puisé dans ce recueil. Gela nous permettra de dissiper le mystère qui 9 aux yeux de quelques-uns, plane encore sur les diOeronts exemplaires de la compilation.

J'ignore sur quel témoignage Gallctti pouvait déclarer que Panvinius avait eu Toriginal entre les mains (1). En tout cas, il ne s'est point trompé. Nous avons vu plus haut que le manuscrit Vatican 8486 est le manuscrit original ; nous savons, do plus, que ce manuscrit était^au seizième siècle, à la Bibliothèque Vatican e. Or, le manuscrit de Cencius dont Panvinius s'est servi pour sa collection de Libri riluales était au Vatican (2), et, parmi les manuscrits dont nous avons constate, à ce moment, la ,pré* sence à la Bibliothèque Vaticane, un seul (le manuscrit original) contenait VOrdo ad benedicendum imperatorem transcrit par Panvinius (3).

Cela ne veut pas dire, d'ailleurs, que Panvinius n'ait pas connu et utilisé les autres manuscrits de Cencius conservés de son temps dans la Bibliothèque pontificale. Cenni (4) a eu tort d'identifier le manuscrit le plus ancien de Cencius, codex omnium facile amiqiiissimuSf dont Panvinius s'était servi, avec le manuscrit qu'on conservait au XVIII® siècle dans l'Archive du château Saint- Ange, et qui contient à la page 480 le privilège de Charles IV en fa-

(1) Del primicero, p. 182, note : « Il Liber Censuum ai tempi del Panrinio osisteva nella Biblioteca Valtcana, ma dopo fii portato via, ed ora non si sa dove sia capitato. »

(2) Cf. Mélanges de l'Ecole de Rome, 1883. p. 342.

(3) Biblioth. de Munich, ma. lat. 132 (fol. 102); Vat. lat. 4973 (fol. 167) : « Ex libris Concii cardinalis S. R. E. camcrarii , Liber Ritnalis antiqnns quem cere moniale vocant ante G CGC annos in Romana ecclesia UBurpatua, ex bibliotheca pontificia palatina quse est prope basilicam Sancti Pétri in Vaticano. — Quum vetercs codices bibliothecœ palatinœ evoWerem... forte incidi in pervetustum codicem, etc. » (Cf. Mabillon, Muséum iUlicum^ t. H, p. 165).

(4) Cenni, Codex diplomaiicus pontiflciœ dominationii , t. II, p. 10 : c Cum autom codex omnium facile antiquissimus quo Panvinius usus fait {Mfi. Vat. 3924) bodie extans in tabulario molis Adrianas privilegium exhibeat (p. cccGLXXX) datum a Garolo Auguste anno 1368 editum a Lunigio {Cod, diplom,, t. II, p. 791) Muratorianus multo recentior haberi débet, neque uUatenus ascribendus Cencio. »

LIS MANUS0RIT8 DU LIBBR CBNSUUII. 22S

veur de l'Eglise romaine (celui qui porte maintenaut la cote Arm. XV, n* 1, aux Archives Vaticanes).

Mais, d^autre part, dans un exemplaire de ses Vitœ pontificum conservé à l'Ambrosienne (1), Panvinius a indiqué en marge ses sources principales, et il cite, à plusieurs reprises, le Liber Censuuniy notamment pour Calixte III; or, le manuscrit original de Cencius n*a jamais contenu les vies des papes ; de plus, parmi les autres manuscrits , le ms. Riccardi 229 et ses dérivés sont les seuls qui continuent la série pontificale jusqu'à Calixte III ; c'est donc dans le ms. Riccardi 229 ou dans une de ses copies qu'a puisé Panvinius pour ses biographies pontificales.

Quant à Baronius, c'est du ms. Riccardi 228 (alors à la Bibliothèque Yaticane) qu'il s'est servi le plus souvent. Cela saute aux yeux, pour peu qu'on examine le précieux recueil des notes autographes relatives à l'Histoire ecclésiastique que l'illustre cardinal a laissées à la Bibliothèque de l'Oratoire à Rome (2). Il y est assez souvent question du Liber Censuum^ avec des références plus que suffisantes pour identifier l'exemplaire que Baronius a utilisé. Baronius renvoie, par exemple, pour le serment d'hommage de Jean sans Terre, au folio 312 (3) ; pour la vio d'Innocent II , au folio 279 (4); pour la donation de Tarragone, au folio 244 (5); pour l'acte de restitution do Gubbio à l'Eglise , au folio 245 (6). Or, ces indications ne conviennent qu'au ms. Riccardi 228, alors classé Vat. B. 445, et, par conséquent, quand Baronius parle du Liber Censuum bibliolhecœ Vaticans, c'est do cet exemplaire qu'il est question ; remarque qui a bien son importance , car Baronius a fait dans ses Annales de nombreux emprunts au Liber Censuum.

A la fin du dix-septième siècle, l'ancien manuscrit B, 445 ayant disparu , on fut tout naturellement amené à se servir du manuscrit le plus ancien après lui, et conservé alors au château Saint- Ange. Déjà, dans une compilation manuscrite du seizième siècle, qui figure à la Vaticane sous le n° 3924, les extraits du Liber Censuum relatifs aux donations impériales étaient empruntes à ce ma-

(1) Bibl. Ambrosienne, P. 244, infr.

Les références an Liber Censuum se trouvent en face des noms do papes qui suivent : Paschal II, Calixte III, Honorius III, Grégoire IX.

(2) Bibliothèque Vallicellane, Q. 6, de 629 pages.

(3) Vallicellane, Q. 6, p. 24.

(4) Ibid., p. 25.

(5) /Md., p. 26.

(6) ma., p. 26.

226 ÉTUDE SUR LE LIBER GBNSUUM DB L*fiaLISB ROlfAINB.

nuscrit (1). Dans la seconde partie du dix-septième siècle, ce fut bien autre chose encore. II y a, dans le manuscrit Vat. 7031, plusieurs documents empruntés à Gencius, qui proviennent tous de Texomplairo du château Saint-Ânge (2); de même dans le ms, Vat. 8234 (3).

Plus tard, pourtant, Muratori retrouvait, sans le savoir, le Liber Censuum original (4). Il n*a jamais décrit ni vanté le manuscrit dont il s*est servi ; mais , comme il a extrait du Liber Censuum des documents qui sont contenus seulement dans le manuscrit Vat. 8486, comme il donne plusieurs fois les rubriques dans la forme qu*elies ont seulement dans ce manuscrit, et comme le Provinciale publié par lui dans ses Anliquitates est exactement celui du manuscrit en question , je crois impossible de ne pas admettre qull a connu et utilisé le manuscrit Colonna- Vatican.

Au commencement de ce siècle , Niebuhr signala Timportance du manuscrit Colonna (5), et, en 1821, Angelo Mai l'acheta pour la Bibliothèque Vaticane (6). Mais, bien qu'il n'en ait tiré qu'un petit nombre de documents, il le garda avec un soin si jaloux que personne n'en put obtenir communication (7). Pertz dut se contenter do décrire les manuscrits de l'Archive (8), et c'est du plus ancien de ces manuscrits (Arm. XV. n® 1) qu'on a extrait les divers fragments du Liber Censuum insérés dans les Monumenta Germanix.

(1) Le ms. Vat. lat. 3924 (p. 43) reproduit le chapitre Ex Rom&no ponh'/icali qu'il emprunte au fol. CIII du Liber Censuum, La pagination ne répond qu'au manuscrit des Archives coté Arm. XV, i.

(2) Fol. 335 et 336 : Ex libro censuum Romane ecclesie qui in castra S. Angeli asservatur,

(3) Fol. 153.

(4) J'ignore si ce fut dans la bibliothèque Colonna que Muratori on prit connaissance. Garampi avait signalé la présence du Liber Censuum original chez un particulier de la Marche d*Ancône, et sans doute le ms. signalé par Garampi est justement le Vat. 8486, entré à la bibliothèque Colonna dans le courant du dix-huitième siècle ; mais nous ne pouvons savoir si Ma* ratori en a pris connaissance dans la Marche d^Ancône ou bien chez les Colonna.

(5) Pertz, Archiv der Gesellschaft fur àllere deutsche Geschichihunde, t. V» p. 89.

(6) Spicilegium Romanum, t. VI, p. 228. Cf. supra, p. 208.

(7) Il faut faire exception pour quelques savants romains, tels que Marino Marini (Nuovo Esame deW autenticità de' diplomi di Ludovico Pio^ Ot^ ione I, e Arrigo II sul dominio temporale de' Romani pontefici, Rome, 1822, p. 124) et Coppi (Dissertazioni delV Accademia pontificia, U XIV.)

(8) Pertz, Archiv, t. V, p. 89-99.

LBS KANUSGRITS DU LIBBR GBNSUUM. 227

La conduite d'Ângelo Mai out pour conséquence d'augmenter encore Tobscurité qui enveloppait les manuscrits du Liber Censuum (1). Les savants allemands traitèrent de mythe Texistence d'un manuscrit original ^que personne n'avait jamais vu, et naguère encore M. de Sickel, représentant de cette tradition, attribuait moins d'importance au manuscrit Yat. 8486 qu'aux deux manuscrits des archives (2).

J'ai pu, pour ma part, consulter les pièces du procès, et examiner tout à loisir le manuscrit du Vatican que personne ne cache plus aujourd'hui. C'est ce qui m'a permis de hasarder cette étude.

(i) Il faut cependant rendre justice à la sagacité de Wattcrich {Vitœ pontificum Rom&norum ab œqualibus conscriptœ, t. I, p. lxxiii). (2) Das Privilegium Otto I fur die rômische Kirche^ p. 57.

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