‹ Étude sur le Liber pontificalisChapitre 17 sur 67 · Parisinus 16982, XVIIIe s · texte numérisé non relu

Parisinus 16982, XVIIIe s

LES MANUSCRITS DE LA CLASSE A

DESCRIPTION

1. Luccensis. Bibl. capitulaire, n° 490 (1). Il contient un grand nombre d’écrits et meme de manuscrits divers réunis sous la même reliure. Le Liber Pontificalis commence avec le cahier n° XXII; les cahiers XXII, XXIII et XXIV forment un manuscrit distinct de ce qui précède et de ce qui suit ; ils comprennent le Liber Pontificalis jusqu’au pape Constantin inclusivement. Titre : In xpi nomine inc épiscopale epistula hieronimi ; suivent les deux lettres de Jérôme et de Damase , puis les notices. Celle de Constantin finit avec le XXIVe cahier. Dans la marge inférieure du dernier feuillet v° , on lit de première main : Hucusque C XX VI III anni sunt quod langobardi venerunt et VII menses. L’écriture est la minuscule antécarlovingienne ; mais comme le manuscrit a été copié par cahiers , le copiste arrivant trop tôt au bout de son texte à la fin de chaque cahier emploie alors l’onciale, pour ne pas laisser de blanc; c’est donc un mélange d’onciale et de minuscule. — Les cahiers XXV-XXVII forment un manuscrit tout différent de ce qui précède, et portent même une numérotation particulière, I , II , etc. Ils contiennent la suite du Liber Pontificalis de Grégoire II à Hadrien , en onciale plus grande que celle de l’autre copiste. Les deux parties sont contemporaines de la mort des deux papes auxquels elles s’arrêtent , c’est-à-dire que la première a été écrite vers l’an 715, l’autre vers l’an 795. La note sur l’arrivée des Lombards , qui se lit à la fin du premier manuscrit , provient , sans doute , de l’original de ce manuscrit , car en ajoutant 129 ans et 7 mois à la date connue de l’invasion lombarde (568), on arrive à l’année 697 et non à 715. Ce renseignement peut servir à dater l’original du manuscrit de Lucques. L’année 697 tombe dans le pontificat de Sergius Ier , successeur de Conon ; or, nous avons deux autres exemples de manuscrits du Liber Pontifi calis qui n’allaient pas plus loin que ce dernier pontife ; il est donc naturel de croire qu’il en était de même de l’original du Luccensis . La note chronologique qu’on y avait ajoutée à la fin aura été transportée mal à propos par le copiste du Luccensis après les vies de Sergius à Constantin , empruntées à un autre texte.

(1) Vignoli, Liber Pont., t. III, préface; — de' Rossi. Roma sotl., t. I, p. 123; — Bethmann, Archiv , t. XII, p. 704; — Mansi, De insigni codice Caroli M. œtate scripto, dans la Raccolta d’opusculi scientifici e fUologici de Calogiera, Venise, 1751, t. XLV, p. 76 et suiv.

La leçon de ce manuscrit , de beaucoup le plus important de la classe A , et en général de tous les manuscrits du Liber Pontifi calis , n’est connue que d’une manière très-insuffisante par une mauvaise collation insérée à la fin du troisième volume de l’édition Vignoli. C’est Joseph Bianchini qui avait fait exécuter cette collation , en 1751 , pour le cinquième volume de la grande édition de son oncle ; il la communiqua au continuateur de Vignoli. Plus tard, en 1759, il parvint à obtenir copie complète du manuscrit, et se proposait même de l’éditer intégralement dans son cinquième volume ; celui-ci n’ayant jamais paru, la copie est restée à Romedans la bibliothèque de l’Oratoire , parmi les papiers de Joseph Bianchini.

2. Florentinus (biblioteca nazionale, fonds Magliabecchi) , I. ni. 17, membr. in-f° , 355mm sur 255; écriture de la fin du onzième siècle. Il a appartenu à la biliothèque du couvent de Saint-Marc , où il porta successivement les numéros 193 de XII banco , plut. XV. n° CXCIX et 581. C’est là que le trouvèrent Holste, qui en tira un choix de variantes , et Fr. Bianchini , qui en donne un fac-similé (t. II, p. lix), auquel il ne faut pas se fier. Antérieurement à l’année 1437, il appartenait à Nicolas Nicoli, comme le dit la note suivante écrite au quinzième siècle, sur le v° du feuillet de garde.

In hoc volumine continentur per ordinem infrascripti libri s.

Liber qui dicitur pontificalis editus a bto Jeronimo (2de m. a. b. Damaso pp.).

Expositio santi Ambrosii super cantica canticorum .

Liber Johannis crisostomi de reparatione lapsi.

Liber ejusdem de compunctione ad Demetrium.

Liber ejusdem de eadem materia ad Stellevium.

Liber Anselmi qui appellatur prologyon id est alloquium.

Conventus sci Marci de Florentia ordinis predicatorum de hereditate doctissimi viri Nicolai Nicoli Florentini.

Le Liber Pontificalis occupe les sept premiers cahiers , c’est-àdire les cinquante-six premiers feuillets. Il commence par tes deux lettres de Jérôme et de Damase , puis vient 1e titre INCIP LIB PONTIFICALIS. Cette dénomination , qui a passé en usage, ne se rencontre que dans ce manuscrit et dans ses copies. Les vies s’étendent jusqu’à Hadrien Ier inclusivement , précédées chacune d’un simple numéro, sauf pour Benoît Ier, où il y a un titre : Vita vel acta benedicti pp.

La leçon n’est connue que par tes variantes recueillies çà et là par Holste (Flor. 1) et publiées par Schelstrate, Bianchini et Vignoli. Copie : Laurentianus XXIII. 4.

LES MANUSCRITS DE LA CLASSE A

3. Vaticanus 629 (1). Membr. in-f°, 478mm sur 364, comprenant deux manuscrits distincts. Le premier (fos 1-119) se termine par la chronique d’Isidore , suivie de deux listes , l’une des empereurs d’Allemagne jusqu’à la dix -huitième année d’Henri III (1056) , l’autre des empereurs d’Qrient jusqu’à Alexis Comnène (1081-1118). Le second, le seul qui nous intéresse, commence, f° 120 , par un catalogue de papes jusqu’à Urbain II (1088-1099) , dont les années ne sont pas indiquées , ce qui montre que le manuscrit a été écrit sous ce pape ; diverses mains ont depuis prolongé le catalogue jusqu’à Eugène IV (1431). Ensuite commence la collection des décrétales pseudo-isidoriennes , avec les vies des papes distribuées en tête des lettres attribuées à chacun d’eux. A partir de Félix IY, il n’y a plus de décrétales , et les notices se suivent dès lors sans interruption jusqu’à Hadrien Ier inclusivement. Le manuscrit se termine par dix chapitres du concile romain de 1078, un ordo pœnitentiæ de Grégoire YII (inédit, d’après M. Hinsch) , et le concile de Plaisance sous Urbain II (1095) , ce qui achève de dater l’écriture. Ainsi, la rédaction de ce manuscrit se place entre les années 1095 et 1099 ; on peut en dire à peu près autant du précédent , qui m’a paru de la même main.

Yignoli a eu le Vaticanus 629 à sa disposition : il le cote Vat. III , et en donne quelques maigres variantes , suivant sa coutume.

4. Vindobonensis 632, autrefois Hist. eccl ., n° 161. Membr. in-8°, de 117 feuillets, écrit en l’année 1100, d’après M. Pertz. Il fut donné par Jean Dorstayner, chanoine de Ratisbonne, à l’église de Saint-Magnus , près de cette ville. Dorstayner mourut en 1433. — F0 1 . Description de plantes, l’hysope, le saxifrage, etc. — F0 1 v°. Isidore de Séville : De ortu vel obitu scorum Patrum in novo testamento. — F0 12. Le Liber Pontificalis précédé des deux lettres de Jérôme et de Damase, et d’une simple liste des papes depuis saint Pierre jusqu’à Eugène Ier (f 656). Aucun titre : le texte ne va pas non plus au delà d’Eugène Ier. Sur son successeur Yitalien , il n’a que les mots : « Vitalianus natione Signiensis provinciæ Campaniæ de pâtre Anastasio sed. ann. mens. » Une main bien postérieure a ajouté les chiffres XIIII et YI , puis continué la série par un catalogue , avec les années , mois et jours, jusqu’à l’élection de Grégoire IX (1227) (2).

(1) Faustinus Arevalo, Opp. S. Isidori Hispalensis , t. I , p. 244; — Hinsch, Décrétâtes Pscudo-Isidorlanœ, p. xlix ; — Bethmann, Archiv , XII, p. 220.

(2) V. sur ce manuscrit, Pertz, Archiv, III, p. 668. Je dois de bons rensei-

5. Vaticanus 5269. Membr. in-4°, 249mm sur 158, 99 feuillets, écriture du treizième siècle. C’est le Vatic. 2 de Vignoli. Il contient : a ) le Chronicum Venetum de Sagornini, p. 1-40 ; b) le Chronicum Aquilegiæ du même auteur , p. 41-48 ; c) le Liber Pontificalis , p. 49-96 , précédé des deux lettres de Jérôme et de Damase, et d’un catalogue de papes jusqu’à Grégoire II : Gregorius an. XVI. m. VIIII. d. XI. La dernière notice est celle de Constantin (f 715) ; sur son successeur Grégoire II, il n’y a que les lignes suivantes : « Gregorius natione romanus ex pâtre Marcello sedit ann. XVI. ms. VIIII. d. XL ; fuit autem temporibus Anastasii , Theodosii , Leonis atque Constantini au gustorum. » d) Le manuscrit se termine par une liste chronologique des empereurs romains , puis des empereurs de Constantinople jusqu’à Baudouin II (1228-1261) : « Post mortem vero Johannis Balduinus gener ejus filius supradicti Pétri imperavit ann. »

6. Laurentianus , fonds Saint-Marc, n° 604. Membr. in-8°, 222mm sur 138, en écriture lombarde du dixième siècle. Il a porté un autre numéro dans la bibliothèque de Saint-Marc, comme on le voit par la note suivante écrite au quinzième siècle , sur le f° 4v°.

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