‹ Étude sur le Liber pontificalisChapitre 23 sur 67 · Anatolus eps egolismensis obiit XII. kal. mai · texte numérisé non relu

Anatolus eps egolismensis obiit XII. kal. mai

... 993. Ugo eps egolismensis obiit VIII non. decembr. (2).

F® 138. Incipiunt g esta apostolicorum romanorum. Suit un texte abrégé du Liber Pontificalis, dans lequel chaque notice est précédée d’un titre : de Callisto, de Silvestro, etc. Le dernier pape qui en ait une est Hadrien II (f 872) ; le recueil se termine comme il suit :

Johannes CVIIII sed. ann. X.

Marinas CX sed. anno I. m. III.

Tertius Adrianus CXI sed. an. I. m. IIII.

Stefanus CXII sed. anno I. Require , obsecro , lector , cæteros pontifices in scrinio scæ romanæ ecclesiæ usquead tuam ætatem ut cum eis particeps esse merearis in regnum dni nri, etc.

19. Parisinus 2268 (anciennes cotes : Reg. 3803, 2 ; Lemerre 152). Il provient aussi de Saint-Martial de Limoges , et avait été donné à cette abbaye par Jacques Joviond , abbé de 1433 à 1464 (3), comme on peut le voir par une note écrite f° 41 v°. Membr. in-f° min. de 89 feuillets ; écriture du onzième siècle. Le Liber Pontificalis s’y trouve fos 42-89. C’est exactement le même texte que dans le manuscrit précédent, avec les deux lettres de Jérôme et de Damase, mais sans la chronique d’Angoulême,

(1) Vignoli, t. III, préf.

("2) Gall. Christ., t. II , p. 985.

(3) Gall, Christ., t. II, p. 56f.

20. Parisinus 5517 (anciennes cotes : Reg. 4503, 6 ; Colbert. 5267 ; une note de Baluze indique qu’il fut apporté de Tulle en 1687 dans la Golbertine) . Membr. in-f° de 141 feuillets ; écriture de la lin du onzième siècle. Contenu : — a) fos 1-46 : le Liber Ponlificalis , même texte que le précédent ; — b) f°s 46-141 : recueil de textes sur la primauté de l’Eglise romaine ; la dernière pièce de cette collection est une lettre d’Urbain II au clergé et au peuple de Limoges : « Veniens ad nos confrater noster Humbaldus vestræ civitatis episco pus.... » quelques lignes seulement, le manuscrit étant mutilé à la lin (1).

Les sept manuscrits 14-20 ont entre eux une parenté évidente. Tous sont français ; et autant qu’on peut se renseigner sur leur origine, ils proviennent des diocèses d’Angoulême et de Limoges. Us s’arrêtent tous à la même date, c'est-à-dire à la première année d’Etienne Y, qui a siégé six ans. L’original commun a donc été écrit en 885. Les abrégés prolongent jusqu’à Hadrien II la série des notices qui dans les manuscrits complets s’arrêtent au milieu de la vie de Léon IY ; cette différence nous oblige à conclure que les uns ou les autres ne dérivent pas immédiatement de l’original commun. Quant aux manuscrits complets, ils remontent évidemment à celui qui fut exécuté par Adhémar pour l’évêque Rohon ; est-ce bien le même que VAlentianus 18 ? Je n’ose l’affirmer : la corruption du texte est telle dans le petit poème acrostiche, que je ne saurais y voir la main de l’auteur lui-même. — Toute cette recension d’ Adhémar dépend d’un manuscrit de la même famille que le Parisinus 13729, avec laquelle elle a en commun quelques particularités remarquables , par exemple le passage sur le tombeau de sainte Pétronille , dans la vie de Paul Ier; ce passage n’était connu jusqu’à présent que par la collation d’un manuscrit maintenant perdu de Marquardt Fréher ; il n’est entré dans le texte d’aucune édition (2). Il est d’ailleurs évident que le manuscrit qui a servi à la recension d’Angoulême était différent de tous ceux que nous avons cités comme constituant la famille du Parisinus 13729 , puisqu’aucun de ces derniers ne va au delà d’Hadrien Ier.

(1) Cette lettre ne figure pas dans les Regesta Pontificum de Jaffé. Humbaldus , évêque de Limoges en 1087 ; élection contestée; déposé par Urbain II, le 23 décembre 1095, dans un concile tenu à Limoges. G ail. Christ., t. II, p. 518.

(2) On le trouvera dans les variantes de l’édition de Mayence et de l’édition Bianchini (Migne, II, p. 1139).

LES MANUSCRITS DE LA CLASSE B

La valeur critique de cette famille dérivée est assez médiocre ; l’auteur de la recension ne s’est pas abstenu d’introduire çà et là dans le texte des corrections de son cru. C’est ainsi que le passage de la vie d’Urbain : Hic vero confesser , qui , à la vérité , est inintelligible tel qu’on le trouve dans les manuscrits B, est changé en Hic vero bis confessor et relié à ce qui suit , de manière à donner un sens acceptable ; ici Adhémar s’est trop souvenu des actes de sainte Cécile.

5° Famille du manuscrit de Berne.

21. Bernensis 408. Membr. in-4° de 86 feuillets ; écriture de la fin du neuvième siècle. Il commence par les deux lettres de Jérôme et de Damase, puis vient une liste de noms seulement, sans les années, qui s’arrête au bas du f° lv°; le dernier nom est celui de Zosime, mais la série se prolongeait au delà ; deux feuillets ont disparu entre le premier et le second. Avec le f° 2 commencent les notices sous ce titre de première main : LIBER DE GESTIS PONTIFICY ROMANORY. Le texte s’arrête dans la vie d’Etienne II aux mots ... ad recipiendas vero ipsas civitates — , n° 253 , 1. 4. On est alors au milieu du f° 85 v° , ce qui montre que le manuscrit dérive très-probablement d’un original mutilé à partir de cet endroit. Sur le f° 86, on trouve un fragment d’hymne liturgique avec une notation musicale en écriture du douzième siècle.

22. Guelferbytanus (August.) 10. 11. Membr. in-4° de 118 feuillets, écriture du neuvième siècle; il provient de l’abbaye de Saint- Pierre et Saint-Paul de Wissembourg. Ce manuscrit commence par les deux lettres de Jérôme et de Damase, puis vient un catalogue de papes (les noms seulement, précédés de numéros d’ordre) qui se termine par XCVIII. Léo (Léon III). Suit, sans aucun titre, la série des notices, de première main jusqu’à Etienne II inclusivement et d’une seconde main, à peu près contemporaine de la première, jusqu’à ces mots de la vie d’Etienne III : ... pro batissimos viros scilicet — (1).

(1) N° 276, 1. 7. Le manuscrit de Cologne décrit ci-dessus, p. 67, se termine précisément à ces mots ; il est possible qu'il ait quelque relation avec le Guelferbytanus. N’ayant vu ni l'un ni l’autre, je ne saurais rien affirmer à cet égard. D'autre part, le manuscrit B de Marquardt Fréher, qui appartenait certainement à la recension A , se terminait au môme endroit que ces deux manuscrits. 11 y a donc lieu de constater ici que des manuscrits appartenant îi des familles et même à des recensions dilïérentes pour le commencement ont été

23. Parisinus 5140. Anciens numéros : Reg. 3900, 4; Colb. 417. Membr. in-f° de 150 feuillets; écriture du onzième siècle. Il ne contient que le Liber Pontificalis sans aucun titre, mais précédé des pièces suivantes :

1° Une table des sépultures pontificales, de saint Pierre à Zacharie (f 752), publiée par Bianchini et Yignoli en tête de leurs éditions, d’après le manuscrit Vaticanus 3764, et par M. de’ Rossi (■ Roma sott ., t. II , p. XXIII) , d’après le même manuscrit collationné à nouveau.

2° Un catalogue des papes avec les années, mois et jours; il s’arrête ici à Agapitus II (*j- 956), mais on l’a continué plus loin, f° 46 v°, sur un espace laissé en blanc et là il se termine à Sylvestre II (Silv ester qui et Gerberthus vocabatur) dont les années ne sont pas indiquées. C’est une date pour le manuscrit dont la transcription se place ainsi de 999 à 1003.

3° Les deux lettres de Jérôme et de Damase.

4° Une table des patriarches de Constantinople, depuis Alexandre jusqu’à Constantin (vers 675).

La série des notices se poursuit sans interruption depuis saint Pierre jusqu’à Léon IY, dont la notice s’arrête en haut d’une

page à ces mots cum orbiculis. Amen . (n° 553, 1. 15), f° 131v°

du manuscrit. A la page suivante commence la vie de Nicolas Ier, puis vient celle d ’Hadrien II avec laquelle se termine le manuscrit ; il lui manque donc la notice de Benoît III et la fin de celle de Léon IY.

Le Bernensis 408, le Guelferbytanus et le Parisinus 5140 ont des caractères spéciaux qui les distinguent nettement de tous les manuscrits de la classe B. D’abord ils ne contiennent pas (je ne puis l’affirmer absolument en ce qui concerne le Guelferbytanus sur lequel je n’ai que des renseignements incomplets) dans les notices de saint Pierre et de saint Clément les passages assez longs où il est question de Simon le Mage, de Linus et de Cletus et de l’ordination de Clément lui-même. La même omission se remarque dans le Vaticanus 3764 qui appartient à une recension mixte à laquelle ont concouru les deux recensions A et B. Le Vaticanus 3764 et le Parisinus 5140 sont les seuls qui contiennent

continués d'après un texte identique (v. p. 40). J’ai reçu quelques renseignements sur le Guelferbytanus par l'intermédiaire de M. Fôrster, professeur à l’université de Rostock , qui a bien voulu les solliciter pour moi de M. le docteur v. Heinemann, bibliothécaire à Wolfenbüttel,

LES MANUSCRITS DE LA CLASSE B

l’index des sépultures papales et la table des patriarches de Constantinople. Il est donc naturel de croire que le manuscrit B qui a servi à constituer le texte du Vaticanus 3764 était un manuscrit de la même famille que le Bernensis , le Guelferbytanus et le Parinus 3764(1).

Outre ces particularités , les trois manuscrits de cette famille ont une chronologie un peu différente des autres en ce qui concerne le nombre d’années, de mois et de jours afférents à chaque pontificat. Leurs chiffres, d’accord en général avec ceux du Vaticanus 3764, sont suivis par quelques autres manuscrits. Ils ont aussi des variantes spéciales et intéressantes parmi lesquelles j’en citerai une qui a sa valeur pour l’histoire et la topographie des cimetières romains.

Dans la notice de Marcellus la plupart des manuscrits lisent : Hic fecit cymiterium fou cymiteria) via Salaria , mais ils ne donnent pas le nom du cimetière. Le manuscrit de Wolfenbüttel porte : Hic fecit cymiterium novelle via Salaria ; au lieu de novelle , le Bernensis lit mille. Ce nom de mille est changé en nobile dans le manuscrit de Paris qui du reste se permet bien d’autres altérations , mais au fond nobile et mille reviennent au même. Il s’agit évidemment ici du cimetière Novellæ , indiqué par les Gesta Liberii papæ comme situé au troisième mille de la voie Salaria et qui n’était connu que par cet écrit apocryphe (2) . Le livre pontifical n’est pas sans doute plus ancien que lui, mais ici son témoignage est indépendant et peut être considéré comme s’appuyant, soit sur la notoriété publique , soit sur quelque inscription qui attribuait à Marcellus la fondation du cimetière de Novella.

Nous venons de voir comment le Parisinus 5140 défigure le texte plus correct du Bernensis et du Guelferbytanus . C’est un trait propre à ce manuscrit que, sans s’écarter pour le fond de la tradition de la classe B et de la famille du manuscrit de Berne, il présente un texte perpétuellement remanié. L’ordre des mots est changé ; çà et là quelques modifications se produisent dans l’orthographe ; les phrases si souvent coupées du livre pontifical sont réunies par des expressions conjonctives. Il est évident que l’on s’est appliqué aie rendre plus lisible; cette préoccupation, qui semblera extraordinaire à la date où elle se révèle, donne au Parisi-

(1) Les limites de la table des patriarches de Constantinople qui s'arrête à 677 sont peut-ctre une indication sur la date de l’original commun à toute la famille du Bernensis.

(ï)V. Bosio, Borna soit., p. 483; de’ Rossi, Borna sott., I, p. 189.

nus 5140 une physionomie qui ne se retrouve dans aucun des autres manuscrits du Liber Pontificalis .

6° Famille du Parisinus 5516.

24. Parisinus 2769. Il a appartenu d’abord à Saint-Pierre de Beauvais : sci Pétri belvacensis (dernier f°) ; plus tard, au seizième siècle sans doute, il fut mis en morceaux , et ce qui en reste fut vendu à Bâle en 1563: empt. Basileæ 1563 (1er f.). Depuis il passa dans la bibliothèque de Colbert (n° 3653) , et enfin dans la bibliothèque du roi (4335, 3).

Membr. in-4° dont il reste vingt-quatre feuillets ; écriture du neuvième siècle, plutôt du commencement que de la fin. Actuellement il occupe les feuillets 30-54 au milieu d’une quantité de fragments qui, réunis ensemble, constituent le n° 2769 de la bibliothèque nationale. Les cahiers sont numérotés : le dernier porte le n° XI ; il en a donc perdu huit. Le texte commence dans la notice de Constantin : In die autem qua se vicissim... (1), et va jusqu’à la fin d’Etienne II.

25. Leydensis Vulcanii 58 (2). Il provient aussi de Saint-Pierre de Beauvais : au commencement et à la fin on lit : Sci Pétri belvacensis. Membr. in-f° de 14.2 feuillets; écriture du douzième siècle. Il a perdu trois cahiers entre les mots : Joannes natione grecus de pâtre Platone — (3) et — et adsumens secum (4). Le titre, le catalogue jusqu’à Paul Ier et le sous-titre se présentent comme dans le Parisinus 5516 ; 1a, série des vies se termine par celle d’Etienne IL

26. Parisinus 5516 (autrefois Thuanus , puis Colb. 1925, puis Reg. 4060). Au treizième siècle il appartenait à l’abbaye de Saint- Martin de Tours : Iste liber est de armario beati Martini tur. (PI); plus anciennement encore il faisait partie de la bibliothèque de l’église cathédrale : Hune librum ded. Herardus sco Mauricio turons (f° 16, v°) ; sco m|| M 1 1| |o ded. erard. eps hune lïbru{ f° 88) . L’évêque Herardus mourut le 1er juillet 871 ; il siégeait depuis 855 ou 866 (5) ; l’écriture des deux notes qui le mentionnent doit être de ce même temps.

Membr. in-4° de 170 feuillets; écriture du neuvième siècle. Les cinquante-cinq derniers feuillets contiennent d’une main diffé-

(2) Pertz, Archiv , VII, p. 358.

(3) Jean VII , n° 167, 1. 1.

(4) Etienne II, n° 238, 1. 10.

(5) Gall, Christ., t. XIV, p. 40.

LES MANUSCRITS DE LA CLASSE B

rente, mais contemporaine, le concile de Paris de l’an 829. Le Liber Pontificalis commence au premier feuillet par le titre : In nomine dni nri ihu xpi incip. lib. episcopalis in quo continentur acta beatorum pontificum urbis Romæ. Suivent les deux lettres et un catalogue avec les années, mois et jours , jusqu’à Paul Ier : XCV. Paulus sed. an. X. m. I ; puis le sous-titre Gesta suprascriptorum pontificum et enfin les notices qui se poursuivent jusqu’à ces mots de celle de Léon IV : ... in qua si , ut diximus , manere cupitis — (1). Dans la marge inférieure du f° 115v°, où ce texte finit, une main de peu postérieure à la première a écrit ce qui suit :

Benedictusnationeromanus ex pâtre petro sedit an. II. m. VI. d. VIIII. cessavit episcopatus ejus d. XV.

Nicholaus natione romanus ex pâtre theodoro sedit an. VIIII. m. VI. d. XXI.

Les mots manere cupitis sont , il est vrai , à la fin du f° 115v°, mais comme le concile commence immédiatement sur le feuillet suivant, dans le même cahier, je pense que l’interruption subite du Liber Pontificalis est due au manque de place , et que l’exemplaire sur lequel il a été copié n’était pas incomplet. C’est aussi ce que montrent les deux lignes sur Benoit III et Nicolas Ier , lesquelles sont certainement empruntées à un Liber Pontificalis qui contenait les vies de ces deux papes.

Ce manuscrit original n’allait pas au delà de Nicolas Ier, car Hadrien II, son successeur, mourut en 872 , et le Parisinus 5516 était au moins depuis les premiers mois de l’année 87 1 dans la bibliothèque de Saint-Maurice de Tours. Nous avons ici un exemple de la rapidité avec laquelle se répandaient au neuvième siècle les vies ajoutées au Liber Pontificalis. Nicolas Ier était mort le 13 novembre 867 ; trois ans après , sa biographie , d’une étendue considérable, était rédigée et déjà copiée dans l’ouest de la France.

Il y a une âutre observation à faire sur les limites du Parisinus 5516, Nous avons vu que dans ce manuscrit le catalogue initial s’arrête à Paul Ier, comme dans la plupart des manuscrits qui ne vont que jusqu’à Etienne II. Une seconde main , il est vrai, a profité d’un blanc pour prolonger ce catalogue jusqu’à Nicolas Itr inclusivement, mais c’est là une retouche postérieure. Dans la série des notices , celle de Paul Ier commence un cahier (f° 56) , et on remarque à partir de ce moment un changement dans

l’écriture. Toutefois , comme le manuscrit a été écrit par cahiers , des changements analogues se produisent souvent d’un cahier à l’autre. S’il y avait réellement lieu de discerner deux écritures séparées par un intervalle de quelques années, je n’hésiterais pas à dire que le Parisinus 5516 s’est d’abord terminé à Etienne II , et que tout le reste est une adjonction postérieure; dans l'état, il est plus prudent de ne rien conclure.

La leçon de ce manuscrit est connue. Fabrot en a donné une collation complète sous le nom de ms. Thuanus. Elle a été reproduite par Bianchini sous la rubrique ex Thuano altero ; en réalité il n’y a jamais eu qu’un seul Thuanus collationné par Fabrot : Bianchini a été ici induit en erreur par les titres assez mal disposés dans l’édition parisienne.

Ces trois manuscrits forment une famille à part dans la classe B. Leur caractère distinctif consiste dans certains emprunts faits au texte des manuscrits A, là où ceux-ci s’écartent de la classe B. Je citerai en particulier la notice de Pontianus. Le manuscrit de Leyde est vraisemblablement une copie du Parisinus 2769 , et tous les deux présentent dans leurs limites respectives actuelles un texte tout à fait semblable à celui du Parisinus 5516. Si celui-ci n’a pas été copié sur le plus ancien des deux manuscrits de Beauvais, il dérive certainement du même original.

Dans le chapitre II j’ai signalé les principales particularités qui distinguent la classe B de la classe A ; il reste maintenant à déterminer à quelle date on doit placer la séparation de ces deux classes. Nous avons vu que sur six familles dont la classe B se compose cinq remontent à des manuscrits terminés à Etienne II (f 757) , c’est-à-dire à des originaux du huitième siècle , seconde moitié. Le manuscrit de Naples est de la fin du septième siècle : il nous transporte donc un siècle plus haut ; mais il s’en faut de beaucoup qu’il représente la plus ancienne rédaction de la classe B. Si l’on compare son texte à celui des autres manuscrits de cette classe , on voit tout de suite que bien qu’il ait conservé çà et là des leçons intéressantes , il leur est inférieur et dérive d’un original moins parfait que celui auquel remontent les autres familles de sa classe (1). Il y a donc lieu de reculer vers le com-

(1) Feu le docteur Pabst avait déjà fait cette remarque , que j’ai pu vérifier par mes observations personnelles (Lipsius, Chronologie der rômischen Bischôfe , p. 84).

LES MANUSCRITS DE LA CLASSE B

mencement du septième siècle la séparation des deux traditions conservées dans le manuscrit de Naples et dans les cinq autres familles de la classe B , et à plus forte raison la séparation des deux classes A et B. Si maintenant on se rappelle que ces deux recensions ne présentent plus de différences notables à partir du commencement du sixième siècle, on sera fondé à conclure que la date de leur séparation est très-voisine des origines du Liber Pontificalis.

Si le manuscrit de Naples ne représente qu’imparfaitement le texte originaire de la classe B , on peut se demander quels sont parmi les autres manuscrits de cette classe ceux auxquels on doit s’adresser de préférence pour le constituer. Je répondrai que, seule , la famille des manuscrits d’Angoulême , dérivée d’un manuscrit analogue au Parisinus 13729 , peut être mise de côté (1). Quant aux autres familles , 2 , 3 , 5 et 6 , qui remontent toutes à des originaux différents, il n’en est aucune qui n’ait conservé quelque bonne leçon à elle particulière. Un éditeur prudent devra donc collationner avec soin et comparer entre eux d’abord les manuscrits de chacune de ces quatre familles , puis les familles entre elles.

(1) Je ne parle ici, bien entendu , que de la partie primitive du Liber Pontificalis ; pour les notices du huitième et du neuvième siècle, ces manuscrits ont évidemment une grande importance et ne sauraient être négligés.

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