‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 15 sur 115 · IT. — ORGANISATION DES BANQUES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

IT. — ORGANISATION DES BANQUES INDIGÈNES

La Banque indigène est organisée soit par un ban-

quier seul, soit par quelques banquiers dont la responsa-

(41) Li Kiuen-ch'’e. Chang-haï-tche-ts'iên-tchouang (Banques indigènes de Changhaï), p. 5o.

(42) Yang yin-p'ou, Chang-haï-kin-yong-lsou-tcheu-k'ai-yao, p.82.

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bilité est illimitée (43). Pour s'organiser, il leur faut avoir un répondant qui est un banquier de réputation et qui certifie que toutes les actions souscrites et tous les règlements établis sont conformes à la coutume bancaire. Ce répondant est, pour d’autres raisons encore, très nécessaire à la Banque indigène qui s'établit. Si le capi

tal de celle-ci n’est pas suffisant, il doit lui donner des secours en temps nécessaire. Ainsi un banquier de réputation qui consent à être répondant (44), « Kien-yi » en chinois, d’une banque indigène nouvelle est obligé de prendre tous les renseignemients sur son capital souscrit et la condition de son organisation. Après s'être adressée à un de ces banquiers, une banque indigène nouvelle doit l’inviter à assister à une séance des actionnaires pour: fixer le règlement des opérations, le nom de la banque, et la méthode de distribution des actions. Après, il lui faut présenter un rapport au Syndicat des Banques indigènes pour obtenir son inscription (45).

Les banques indigènes par actions avec responsabilité illimitée sont constituées généralement par des actionnaires, deux au moins ou dix au plus. La plupart n’ont que 4, 5 ou 6 actionnaires (46).

Parmi les banques indigènes à Changhaï, il y en a

vingt-sept organisées par quatre actionnaires, vingt-trois

(43) Tchong-kouo-gnien-kien (The China Year Book) n° F, p. Sur.

(44) Li Kiuen-che, Chang-haï-tche-kien-tchouang (Banques indigènes de Chang-haï), p. 7.

(45) Ibid. p. 8.

(46) Yang Yin-p'ou, Chang-haïi-kin-youg lsou-tcheu-k'ai-yao, p.36.

par cinq, dix-huit par six. En raison de la responsabilité illimitée, les actionnaires investissent quelquefois une grande quantité de capitaux en temps de resserrement d'argent. En apparence, leur capital n’est pas important, mais en réalité elles peuvent faire face à toutes les crises plus Eabilement que les banques modernes.

Chaque banque indigène à un directeur et un ou deux sous-directeurs, au-dessus desquels on trouve quelquefois un Inspecteur général qui est envoyé par les actionnaires et n'a pas d’autre service réel que celui de la surveillance des travaux du directeur et de tous les autres employés, ou l'établissement de rapports aux actionnaires (47). Le directeur occupe un poste très important et est responsable de tous les services de cette banque. Une convention bancaire règle sévèrement ses fonctions : ce règlement a été fixé par l'assemblée annuelle des banques indigènes dädu mois de févr'er 1927. Il spécifie que, désormais, si un directeur de banque du premier ou du deuxième rang ne liquide pas sa dette avant sa démission ou au moment d’une faillite, et veut revenir comme directeur, toutes les banques, d’un plein accord, refuseront de le reconnaître comme banquier dans le cercle bancaire. Quelquefois, le directeur est un des actionnaires (48).

Au:dessous d’un directeur, il y a généralement de

ho à 5o employés environ. En dehors des apprentis et des

(47) Li Kivên-ch’e, Chang-haï-lche-lsi'èn-tchouang. (Banques iadigènes de Changhaï), p. 8.

(48) Yang Yin-p'où, Chang-haï-kin-youg-lsou-lcheu-k'ai-yao, p.38,

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domestiques, les employés peuvent être divisés en huit calégories : 1) des comptables, qui tiennent les comptes el préparent tous les comptes rendus ; >) des courtiers qui sont spécialisés dans la recherche des” clients ; 3) des employés chargés d'emprunter de l’argent du marché des transactions de l’argent au syndicat des banques indigènes ; 4) des employés chargés de faire l’inventaire des effets de commerce de compensation, ou de vérifier les papiers bancaires où commerciaux ; 5) des trésoriers, chargés de recevoir ou de donner de l'argent ; 6) des courtiers qui courent emprunter aux banques modernes ; 7) des secrétaires, et 8) des employés chargés de la réception des visiteurs et des autres hôtes, ou aux divers autres services (49).

D'après les investigations de 1926, parmi les banques indigènes de Changhaï, les capitaux sont au moins de 20.000 et au plus de 36.000 taëls. IT y en à 112 de prenier et de deuxième rang, ou « Houo-houei-tchouang » et « Yuen-{zéu-tchouang », parmi lesquelles deux ont des capitaux de 240.000 taëls, deux autres de 360.000 taëls, 24 dé 100.000 taëls, 18 de 120.000 taëls, 14 de 60.000 taëls, 11 de 200.000 taëls, 11 de 40.000 taëls et les trente autres de 20.000 à 38c0.000 taëls. Leurs capitaux peuvent être classés en deux sortes : capitaux principaux et capitaux secondaires (bo). Ceux-là sont fixés d'avance par les

actionnaires et ceux-ci, appelés « Fou-pèn » en chinois,

(49) Li Kiuên-che, Chang-haï-tche-l'ieu-lchouang, p. 10. (bo) S'iu Kin-king, Chang-haï-kin-youg-che. (Histoire des org: nes

de cireulalion monétaire de Changhui), 2° éd. pp. 172-180,

offerts volontairement par les actionnaires (61) et doivent porter des intérêts fixés annuellement sans avoir de relation avec l’état favorable ou non de cette banque. Quelquefois, les capitaux ‘secondaires sont beaucoup plus importants que les principaux : telle est la Banque indigène de P'iao-Tch'eng, dont le capital principal n’est que de 60.000 taëls et dont le secondaire atteint 140.000 taëls. Actuellement, il y a 112 banques indigènes de premier et de deuxième rang à Changhaï dont le montant du capital atteint 12.570.000 taëls. Nous pouvons les étudier dans le tableau suivant :

(51) Pour bien comprendre la formation des capilaux des banques indigènes, nous pouvons voir : S. R. Wagel, Chinese Currency and

Benking, np. 185-188,

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STATISTIQUE DE LA DISTRIBUTION DES CAPITAUX PARMI LES 112 BANQUES INDIGENES DE CHANG-HAT (52)

Montant des Capitaux

Capitaux (en tael: Nombre de banques P ue an ‘ q (en taels)

360.000 2 720.000 300.000 I 300.000 260.000 1 260.000 240.000 2 © 480.000 220.000 3 660.000 200.000 Al 2.200.000 160.000 4 640.000 150.000 , 450.000 130.000 1 130.000 120.000 18 2.160.000 110.000 i 110.000 00.000 24 2.400.000 80.000 6 #S0.000 72.000 | 72.000 60.000 (er 840.000 40.000 11 440.000 30.000 * 120.000 24.000 l 24.000 22.000 2 44.000 20.000 2 40.000 TOMATE 112 12.570.000

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0) S'iu King, Chang-haï-kin-yong-che, »° édition, pp. 172-180.

En dehors des dividendes distribués en intérêts des capitaux et des réserves publiques, le reste est divisé en trois.parts : une pour les employés et deux pour les actionnaires."Celte répartition des profits des grandes banques a lieu une fois tous les trois ans, et celle des autres plus petites, une fois tous les deux ans ou tous les ans. Leurs dépenses ne sont pas élevées. Celles des grandes banques indigènes ne sont annuellement que de 30.000 dollars et celles des petites de 10.000 dollars. C’est pourquoi toutes les banques indigènes peuvent réaliser des profits très gros.

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