‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 25 sur 115 · PASSIF · texte numérisé non relu

PASSIF

Capital Nr 20.000.000 | 20.000.000 | 20.000.000 Réserves MAR EME — — 1239522291 Billets en circulation ..... 11712993 1 153708021822 "6600208 Compte dedépois ere 15.410.468 | 30.084.707 | 66.042.175 Dettes exigibles et intérèts

COUTUS EIRE ES 108.045 9.812.541 40,123. 793 Engagements divers...... — — 1.422.471

Report des soldes bénéficiaires antérieurs ..... — 239.360 —

Solde bénéficiaire de l’exércice MATINS 239.360 1.453.324 2.126.341

Le poste des billets en circulation fait ressortir l’accroissement relativement lent de l’émission, ce que nous avons déjà signalé plus haut. La Banque est dirigée avec beaucoup de prudence, et la politique adoptée tend à constituer une très forte encaisse plutôt qu’à encourager la circulation des billets par des moyens artificiels. La plus grande partie de l’encaisse est conservée à Changhaï et est tout-à-fait distincte des espèces formant la Caisse. Le reste est placé dans des banques en comptescourants à vue, ou dans les succursales de la Banque Centrale de Chine qui peuvent ainsi rembourser en espèces les billets qui leur sont présentés quand il s’agit de montants peu élevés, les remboursements importants ne pouvant être effectués que par le siège de Changhaï. En outre, il est intéressant de noter l’accroissement du compte de dépôts qui a doublé en 1930. Cependant, nous n’avons pas d'éléments pour apprécier l’importance respective des comptes du Trésor et des comptes des banquiers ou de la clientèle. Les bilans appellent encore les remarques suivantes :

Le poste « Réserves » qui est apparu en 1930 correspond à l’article 17 de la charte de la Banque qui exige que 5o % des bénéfices annuels soient mis en réserve.

Le montant des amortissements résulte de l'étude du compte des pertes et profits et non pas du bilan où les éléments d’actif ne figurent que pour leur valeur après amortissement. C’est ainsi que les frais d'impression des billets, les immeubles et aménagements sont réévalués à la fin de chaque exercice. L'importance des sommes

portées au bilan de 1930 aux postes « créances exigibles

= HIOtR

et intérêts courus » et « dettes exigibles et intérêts courus » s'explique par le fait que tous les contrats à terme en cours sur les changes ou les opérations de Bourse figurent à ces comptes (51).

B. — Banques semi-officielles

La création de la Banque Centrale de Chine a fait passer au rang de banques semi-officielles la Banque de Chine qui a été indiquée plus haut et la Banque des Communications, qui sont devenues : l’une, Banque de Change international (52) et l’autre Banque Industrielles (53). « Elles cessent de faire fonction de caissiers du Trésor et continuent de dépendre, non du gouvernement national, mais du Ministère des Finances. Toutefois, etant donné la quantité importante de billets de ces établissements en circulation, elles conservent provisoirement leur droit d'émission. Elles restent d’ailleurs autorisées dans certains cas à agir comme agents du Trésor du Gouvernement. Leur siège est transféré de Pékin à Changhaï » (54). En même temps, le capital de la Banque de Chine a été réduit de 60 à 25 millions de dol-

lars (55) et celui de la Banque des Communications de

(br) Revue Franco-Chinoise, 3° trimestre, 1931, p. 207.

(52) Heou Heou-pei. Tchong-kouo-kin-tai-king-tai-fa-tchen-che, p. 195.

(3) Siu Kin-king. Chang-haï-kin-yong-che, 2° édition, p. 44.

(b4) Revue lranco-Chinoise, N° 4, 4° trimestre 1931, Revue Financière, p. 302.

(55) Article V du Règlement de la Banque de Chine, 1928:

0 à 10 millions (66). Les difficultés auxquelles ces banques ont eu à faire face au cours de leur histoire et qu’elles ont heureusement surmontées sont le meilleur indice de leur puissance financière et de leur importance économique. Nous les décrirons en résumé ci-dessous

1. Banque de Chine. — La Banque de Chine fut créée le 1° août 1912 et reçut sa charte par le Décret présidentiel du 15 avril 1913 à la suite de la liquidation de la Banque de Ta-tsing qui était la Banque du Gouvernement. Le capital autorisé fut fixé à 60 millions de dollars dont cinq millions devaient être fournis par l'Etat (57). lé capital effectivement versé fut de $ : 19.760.000 et ne subit pas de modifications jusqu'en 1928. La crise la plus grave pour la Banque de Chine résulta de l'inflation due aux besoins d'argent de Yuan Shih-kai qui fut obligé, par le moratoire du 12 mai 1916 s'appliquant d'ailleurs également à la Banque des Communications, de l’autoriser à suspendre ses paiements, au moment où l2 Révolution avait éclaté contre la restauration du régime monarchique (58). Seule la succursale de Changhaï de la Banque de Chine échappa aux conséquences de cette mesure grâce à l’habileté de son directeur : les actionnaires de Changhaï, sur son conseil, transférèrent les opérations de la succursale à deux juristes étrangers en

(56) Article I du Règlement de la Banque des Commurucations

(57) Revue Franco-Chinoise, Revue financière, N° 4, 4° trimestre, 1931, D. 303.

(bS8) Tchang Kià-siang. Tchong-houa-pi-lché-che, 2° édition,

qualité de « Trustees », ce qui permit de continuer les paiements en espèces. Cette initiative, commandée par les circonstances anormales contribua grandement à accroître la confiance du public dans la Banque de Chine (59). Ÿ

En Octobre 1928, cette banque perdit son rang de Banque d'Etat au profit de la Banque Centrale de Chine, devenant simplement un Institut semi-officiel, une banque de change international (60). La participation de 5 millions de dollars du gouvernement est maintenue dans le nouveau capital (61).

L’'Administration courante de la Banque de Chine est faite par un Conseil de quinze administrateurs dont trois sont nommés par le Ministère des Finances et douze élus par l’Assemblée des actionnaires possédant plus de cent actions de cette banque ; ce Conseil est renouvelé tous les quatre ans. Parmi eux sont élus les cinq administratcurs-délégués, dont l’un est nommé par le Ministère des Finances pour être le Président de ce Conseil, tandis que le Directeur-général de cette Banque est élu

par les cinq administrateurs-délégués et parmi eux (62). Le

(59) Tchang Kià-siang. Tchong-houa-pi-lché-che, 2° édition, p. 158. Nous l’expliquerons en détail au chapitre des billets de banque.

(60) Article [ de la Charte de la Banque de Chine du 26 octobre

(61) Revue Franco-Chinoise, N° 4, 4 trimestre 195r, Revue financière, D. 304.

(62) Articles XIT, XIII de la Charte de lu Banque de Chine du

26 Octobre 19°8,

dt 107 —

président du Conseil, les administrateurs, les administrateurs-délégués et le directeur-général peuvent ainsi éviter l'influence politique et font, indépendamment d'elle, leurs opérations. Avant la création de la Banque Centrale de Chine, elle remplissait la fonction de celle-ci et avait pu alors rendre sa position très solide par suite de son action indépendante. Il importe aussi d’insister sur le fait que la Banque de Chine a atteint une position de premier rang parmi les banques commerciales modernes de Chine. Actuellement, elle fonctionne comme Banque de Change international et consacre la majeure partie de son activité au financement et au développement du commerce d'exportation et d'importation. Depuis qu'elle à pris ce caractère, des succursales à Londres, à Osaka, etc., ont été établies (63). Nous empruntons aux rapports présentés aux deux dernières Assemblées générales des actionnaires les bilans figurant ci-après (64)

À En Dollars.

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