ILE. PARTICULARITÉS DES OPÉRATIONS DES BANQUES MODERNES CHINOISES
« Les opérations des banques et leur fonctionnement sont probablement les mêmes dans ce pays que dans
(83) Comple-rendu de cette banque de 1929.
(84) Siu Ki-king. Chang-haï-kin-yong, 2° édition, p. 103,
toutes les autres parties du monde où il y a un système très sain de banques : faciliter le commerce. Mais il y a une différence fondamentale en ce qui concerne l’ap plication pratique du principe des services rendus par ls banque au commerce. En Europe, où l'usage des comptes de virement et des chèques est très développé, l'extension des banques détermine une économie d'’espèces (de billets de banques) qui permet d'opérer un grand nombre de transactions commerciales. En Chine, au contraire, l'extension des banques à pour résultat de développer l'usage d’une grande quantité de monnaie, en billets de banque, en argent ou en cuivre. En Europe et dans les autres parties du monde, le principal but des opérations de banque est de faciliter le plus possible le crédit, tandis qu’en Chine, les banques en se développant restreignent le crédit. En Europe, la tendance des opérations de banque est d'éviter le plus possible d'opérer directement les transactions commerciales, tandis qu'en Chine lextension des banques détermine un accroissement des intérêts des banques en ce qui concerne les opérations directes du commerce. Le résultat de l'extension des banques est, comme on Fa vu en Chine, la réunion des opérations de la banque et du commerce (85). En réalité, les opérations des banques modernes chinoises, suivant la méthode étrangère, s'adaptent naturellement à la coutume chinoise. En dehors de cela, il y a encore d’autres particularités qu'il nous faut exa-
miner immédiatement
(85) S, R. Wagcel, Chinese Currency and Banking, pp. 193-194.
I. — Une grande quantité d'avances se font à découvert. — Les grandes sociétés et les commerçants de notre
pays ne veulent pas, en général, faire d'emprunts sur nantissement, parce que cela leur semble déshonorant (86). Quoiqu'au commencement les banques modernes chinoises ne voulussent pas consentir beaucoup de prêts à terme à découvert, elles y furent obligées à cause de la coutume (85). Auparavant, sur le marché monétaire de Changhaï, le « Chop loan » des Banques étrangères était aussi un prêt à découvert. Quoique actuellement ces prêts soient limités dans celles-ci et faits dans les banques modernes chinoises avec un nantissement de billets à ordre des emprunteurs eux-mêmes, ils ont encore un caractère de découvert (88). En outre, les prêts « overdrawn » par chèques sans nantissement sont nombreux. Les banques modernes chinoises qui veulent s'emparer d’une partie des opérations des banques indigènes, en adoptant complètement leur habitudes commerciales, sont obligées de modifier leur attitude et de consentir des près à découvert aux commençants. D'autre part, en géné ral, à la fin de l’année, date de liquidation des dettes commerciales, les banques reçoivent une grande quanlité d'argent au comptant et cherchent quelquefois des clients pour leur consentir des prêts à découvert, plutôt
(86) Ma Ying-tsou. Tchong-houa-ying-hang-liun, (Traité des Banques de Chine), p. go.
(87) Ibd. p. 86.
(88) Ibd. p. 97.
que d’enfermer cet argent dans les caisses (89). Dans notre pays, l’industrie et le commerce ne sont pas encore développés et les industriels où commerçants manquent partout de capitaux. Ils peuvent faire des opérations dont le montant est troïs ou quatre fois plus fort que leurs capitaux effectifs (go). Ainsi cette opération de banque est-
elle très nécessaire à ce point de vue.
2. — Payement d'intérêls aux comptes courants créditeurs. — Les comptes courants créditeurs ne donnent généralement pas d'intérêts sur le marché monétaire anglais ou américain. Au Japon, à l'exception de la Banque du Japon, les banques commerciales leur servent un peu d'intérêts. Sur le marché monétaire de Changhaï, par suite de la coutume sociale, les banques modernes chinoises sont obligées de leur servir des intérêts dont le taux est en général de $ 0,002 ou de Taël 0,002, quelquefois de $ 0,004 ou de Taël 0,004. Dans les moments de resserrement du marché monétaire, pour attirer une plus grande quantité d'argent au comptant, les banques don-
nent des intérêts un peu plus haut encore (91).
3. — Sur les marchés monétaires européens ou américains, les comptes courants créditeurs forment une
grande partie des dépôts divers, soit un pourcentage de
(89) Ma Ying-tsou. Tchong-houa-ying-hang-liun ; (Traité des Biuques de Chine), p. 89.
(90) Ibd. p. 90.
(ox) Ibd. pp. 64-65.