‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 34 sur 115 · CHAPITRE NI · texte numérisé non relu

CHAPITRE NI

Banques étrangères à Changhaï

Le « Lombard Street », dès le début des commerçanis italiens, fut le centre du marché monétaire de Londres. Autrement dit, la prospérité du marché monétaire de Londres est due à l’origine à des étrangers, Juifs et Italiens. Il en est de même pour le marché monétaire de Changhaï. Par suite de l'établissement successif des banques étrangères à Changhaï, d’un côté les banques indigènes se sont agrandies et, de l'autre, les banques modernes chinoises se sont développées. Actuellement, ce marché monétaire est divisé en trois groupes de puissance : celui des banques étrangères qui finance une grande partie du commerce international, celui des banques modernes chinoises effectuant les services bancaires modernes, et celui des banques indigènes, en relations très intimes avec les commerçants locaux, Les deux dernières ayant été expliquées plus haut, ce chapitre est consacré à l'étude de l’évolution des banques étrangères et de leur condition actuelle.

Quinze ans après l’ouverture du port de Changhaï aux étrangers (1842), une succursale était ouverte par la « Chartered Bank of India, Australia and China » qui est

la première banque étrangère sur ce marché (r). Après

(1) Siu Ki-king. Chang-haï-kin-yong-che (Histoire des Organes

de la circulation monétaire de Changhaï), 2° édition, p 137.

elle, d’autres banques anglaises, françaises, américaines, japonaises, italiennes, elc., s’établirent successive ment (2).

Depuis que les Chinois faisaient du commerce avec les étrangers, il n’y avait dans auéun pays d’organe monétaire assez puissant pour le financement de l'exportation et de l’importation, et les banques étrangères monopolisaient ce service, bien que la Banque de Chine, banque de change international de la Chine, ait ouvert des succursales à Londres, à Osaka, etc... D'autre part, la puissance financière des banques étrangères est généralement plus grande que celle des banques chinoises, tant modernes qu'indigènes et elles ont autrefois dirigé Île mouvement monétaire de ce marché. En raison de leurs privilèges que le gouvernement chinois n’a pu faire disparaître, elles peuvent émettre des billets de banque, investir des capitaux dans quelques constructions industrielles et faire les opérations qui leur conviennent. Depuis vingt ans, à cause du développement des banques modernes chinoises, quoique les conditions aient énormément changé et qu'elles ne puissent plus maintenir leur puissance aussi bien qu'auparavant, les banques étrangères occupent encore une position prépondérante sur le marché du change international de ce port.

En outre, au point de vue historique, l’évolution de leur puissance peut être divisée en trois périodes : D'abord

(2) Heou Héou-pei. Tchong-kouo-kin-tai-king-tsi-fa-tchen-che

(Histoire du développement économique moderne de la Chine), pp. 318-297.

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