IV. — MONNAIES SECONDAIRES D'ARGENT
« L'émission de la monnaie secondaire d’argent en Chine, proprement dite, commença en 1890 » (75). Autrefois, sur le marché monétaire de Changhaï, il y en avait plus de dix sortes. Actuellement, quoique le nombre de sortes diminue, leur valeur est dépréciée. Il existe un cours de change avec le dollar ou le taël, analogue à celui du dollar avec le taël. Pour bien faire connaître sa condition actuelle, nous étudierons d’abord son évolution.
Le premier Hôtel de la Monnaie qui frappa de la monnaie secondaire d'argent est celui de Canton. Au commencement, elles étaient divisées en quatres sortes dollar 0,5; dollar 0,2; dollar o,r et dollar 0,05, appelés en CHAOS RIO nr (76) 02- CL kioz ns 1 "kio : » °° et 5 « fèn » (77) (78). Leur titre était de 820 millièmes pour celles de 2 kio et 1 kio et de 8oo millièmes pour celles de b « fèn » (59). Ces divers titres étaient de 8o millièmes environ inférieurs aux titres des « dragon dollars ». Aussi l'Hôtel de la Monnaie pouvait-il en tirer des profits, et ceux de Houpé et des autres provinces l’imitèrentils. « 1 en résulta un afflux de monnaie secondaire d’argent sur le marché et une baisse de prix. Originellement dix kio équivalaient à un dollar. Par suite de la dépré-
(75) The China Year Book, 1991, p. 398.
(76) Le « Kio » vaut un dixième de dollar. (1 kio = $ 0.1). (77) Le « fèn » vaut un centième de dollar. (1 fèn — $ o,o1).
Gé) Kann Th A Currencies ofeChint, 2ÉNÉd puy
(79) S. R. Wagel. Chinese Currency and Banking, p. 957.
ciation, ce règlement fut annulé, et le change varia suivant les conditions de l'offre et de la demande » (80). La trente-troisième année (1907) du règne de Kouangsiù, quoiqu'il existât un décret fixant à un dollar le change de dix kio, et à un kio celui de dix pièces de 10 sapèques, il n’était pas appliqué (81). « Au mois de février de la troisième année (1914) de la République, le gouvernement publia une loi monétaire dont l’article IV indique que les « monnaies nationales sont décimales, la dixième partie du dollar s'appelle kio ; la centième s’ap pelle fèn, et la millième s’appelle « If », et tous les changes, tant publics que privés y sont soumis ». Mais par suite des difficultés financières du gouvernement, elle ne pouvait être mise tout de suite à exécution. « Vers la cinquième année de la République, la Banque de Chine et la Banque des Communications, suspendaient le remboursement des billets qu'elles avaient émis et, au nord de la Chine, l’argent manquait (82) ». L'Hôtel de la Monnaie de TFien-tsin commençait à frapper de nouvelles monnaies secondaires d'argent, pour faire face à la demande du marché. Tous les changes étaient fixés par dix. À ce moment-là, elles avaient été déjà mises en circulation à Changhaï ; mais elles ne pouvaient réus-
sir (83). La principale cause en était l'inflation, Tous les
(8o) E. Kann. The currencies of China, trad. chinoise, p. 184.
(81) Tchang Kaïi-siang, Tehong-houa-pi-lché-che, »° éd., Vol. I. p. 20.
(82) Kin Kouo-pao ; Tchong-kouo-pi-ché-wén-li : (Questions re-
latives au Système Monétaire de la Chine, p. 45.
Hôtels de la Monnaie des provinces s'étaient aperçus qu'ils tiraient beaucoup plus de profit de la frappe des monnaies secondaires d'argent que de celle des dollars. Par conséquent, d'un côté, par suite de l'inflation, la valeur de la monnaie était dépréciée et, d’un autre côté, par suite de la baisse du titre, les Hôtels en frappaient davantage et leur dépréciation s’accentuait.
Nous pouvons consulter le tableau suivant : (84)