‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 63 sur 115 · V. — MONNAIE SECONDAIRE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

V. — MONNAIE SECONDAIRE DE CUIVRE

« À Ja fin de la dynastie Ts’ing (1644-1911), le prix du cuivre augmentait et l'émission des sapèques était suspendue ; il en résultait partout une crise de déflation. Vers la vingt-troisième année (1897) de Kouang-siù le censeur du circuit de Kiangsi demandait au gouvernement de frapper trois sortes de monnaies de cuivre : la première pesant 4 tsien (0,4 taël), la deuxième 2 tsien et la troisième r tsien, afin de faire face au manque de sapè ques. Mais cela ne fut pas mis à exécution. La vingtsixième année (1900) de Kouang-siù, le vice-roi des provinces de Kouang-tong et de Kouang-si, Li Houngtchang, était envieux des monnaies anglaises, shillings et pence, qui valent plus et pèsent moins, et voulait les imiter. Aussi demanda-t-il au gouvernement l’autorisation de frapper des monnaies divisionnaires de cuivre. C’est la première fois que la Chine frappait des monnaies divisionnaires de ro sapèques, en cuivre (89). « Vers la fin de la dynastie Ts’ing, sous le règne de Kouang-siù (1875-1908), sur le marché de Changhaï circulaient encore les sapèques, petite monnaie de cuivre dont Île cours de change avee le dollar d'argent était de 700 ou 800

sapèques environ (90) ». Plus tard, le commerce deve-

(89) Tchang Kaïi-siang ; Tchong-houa-pi-tché-che, 2° édition, VoIP #0 ES" (go) Yang Yim-pou ; Yang-tchou-lchong-kouo-kin-yang-liun,

Die

nant plus prospère dans cette ville, les sapèques, dont le poids était lourd et la valeur faible, furent jugés incommodes pour les paiements, tandis que l'Hôtel de la Monnaie de Canton frappait des pièces de 10 sapèques qui pesaient moins lourd et valaient davantage. Par conséquent, vers la fin du règne de Kouang-siù, sur le marché monétaire de Changhaï, les pièces de 10 sapèques eireculaient davantage et peu à peu remplacèrent complètement les petites sapèques en circulation. Après cela, en raison du profit plus grand qu'elle tirait de l’émission des pièces de 10 sapèques, chaque province établissait elle-même Vers la

trente et unième année (1905) de Kouang-siùü, l'émission

un Hôtel de la Monnaie pour en frapper (91).

des pièces de 10 sapèques avait atteint son maximum. À ce moment-là, en Chine, douze provinces avaient établi des Hôtels de la Monnaie pour en frapper et ces Hôtels étaient au nombre de 15 (92). « Le titre et le poids de ces pièces étaient différents, mais ces différences limiites; ainsi, elles pouvaient maintenir leurs valeurs originales. Au commencement de l’émission leur valeur de change avec les dollars était plus haute que leur valeur réelle. À la fin du règne de Kouang-Siü, le change de chaque dollar ne pouvait donner que soixante-dix ou quatre: vingts pièces de 10 sapèques environ. Quand ce nombre augmentait, la valeur de change se dépréciait, Au début

de la République (@à partir de 1912), le change de chaque

(g1) Bulletin du Comilé de l'Asie Française, octobre 1910.

(92) Kin Kouo-pao ; Thong-kouo-pi-tché-wén-ti, p. 64.

dollars pouvait donner 130 pièces de ro sapèques (93) ». S. R. Wagel, dans son ouvrage : « Chinese Currency and Banking », a dit : « La dépréciation des monnaies divisionnaires d'argent, résultant de l’établissement d’Hôtels: de la Monnaie dans les provinces, n'était pas encore très forte. Le système monétaire de Chine subissait un mal plus grand, du fait de l'inflation des monnaies secondaires de cuivre (94) ». Attirés par le profit plus grand qui résultait de l'émission des pièces de 10 sapèques, les Hôtels de la Monnaie avaient suspendu celle des monnaïñes secondaires d’argent pour frapper davantage des premières (95). Vers la huitième année (1919) de la République, le marché monétaire de Changhaï était ainsi inondé de pièces de 10 sapèques avec un titre et un poids très inférieurs (96). D'après la statistique de M. D. Mccoll (97), nous pouvons voir que le pourcentage des pièces de 10 sapèques de titre inférieur augmentait de plus en plus dans la recette des pièces de titres divers de la Compagnie des Tramways (concession étran:oère) de Changhaï (98) :

(93) Tchong-kouo-king-tsi-wen-li, p. 200.

(94) S. R. Wagel, Chinese Currency and Banking, p. 6x.

(95) Ibid. p. 62.

(06) Siu Tsang-chouci ; Tchong-kouo-kin-je-lehé-houo-pi-wénli, p. 290.

(97) General Manager, Shanghaï Electric Construction Company limited (Shanghaï).

98) British Chamber of Commerce Journal, march. 1921, p. 90.

1919 1920 1921 TALENTS — Dar 10.04 % ÉÉVHETE LME ME EL". ET 2MOMRS G, 14 » 11.84% » DAT RE eu ere Et Et 3.44% » RON — AVI GES NE Te PRES Cr SDS MR 6.87 » = LA LA ME RE LT DL PE IRON FO — TRANS ET DEN SE D 00 T0 0) == UE apr USE 4.07 >» FA — AO NE ee RRE NERT ETES 4.83 » LEE » 2 SÉPICMOTEERE HET DU » 7.68 > — octobre . : S : : : A2 > 1-56 » — HONOR EUR A Fa » 1100 » — JéCeMOTE MR NT US » 8.4h4 \ —

Du I-54 février 1921 au 5 mars 19271, le pourcentage était de 12.33 %.

Par conséquent, sur le marché de Changhaï, les pièces de ro sapèques se dépréciaient fortement depuis lors. Nous présenterons un tableau établi par M. EF. Mecoll dans le « British Chambre of Commerce Jour nal » (Changhaï, pour essayer de faire comprendre quelle était la dépréciation de cetie sorte de monnaie à

Changhaï, à ce moment-là (99)

(99) Ibid. p. o7,

DÉPRÉCIATION DES PIÈCES DE ro SAPÈQUES

(nombre par dollar)

: 19 19 1920 1921 Janvier 13242 136.27 141.35 février 154.67 135.05 443.50 DES #8 Lac DORN SES Gt 137.18 — avril 4 Sr 135.24 137.59 — DAS ALL EST ÉRQ 138.08 —— US RO EE 135.86 138.91 == II se SRI A 135.95 139.3% — BONE? LE SL NE EURE 136.19 139.74 —= SÉISMES CR 136.43 139.65 == OCIODÉC MER ER LE > 136.56 139.87 = DONNE 136.91 10.42 = TÉCONTDIEMERR EET E0e 136.18 141:36 =

Au 5 mars 1921, le cours de change des pièces de 10 sapèques avec un dollar était de 144.47.

Ainsi, les prix comptés en dollars augmentaient, tandis que les revenus de l'établissement moins variable de leurs droits fixes subissaient une grande perte. D'après le calcul de M. Mccoll, du 5 mars 1908 à février 1921, la Compagnie des Tramways de Changhaï (concession étrangère), perdait 4.102.933 dollars (100) par suite de la dépréciation des pièces de 10 sapèques. Maintenant, cette

dépréciation s'aggrave encore. Au cours des dix dernières

(100) British Chamber of Commerce Journal, march 1921, p. 91,

années, ces pièces ont perdu plus de la moitié de leur valeur.

Ce cours de change avec le taël et le dollar est publie tous les jours par le Syndicat des Banques indigènes. Nous donnons ci-dessous ceux d’une période de quelques

jours (rot) :

pour 100 taëls

; pour un dollar Date de Changhaï

(en sapèques)

(en sapèques) 1931. Novembre {1 333.000 2.785 « « 2 382.200 2.780 « « 3 380.000 2.760 « « % 317.000 2.701 « « 5 317.900 2.143 « « 6 371.000 à. 14

Le 19 mai 1930, ce cours de change avec le dollar

avait atteint 298.7 pièces de 10 sapèques pour un dollar (102). D'autre part, à cause de leur faible valeur, on ne fait plus de distinction entre les diverses sortes en ciculation, alors que pour les monnaies secondaires d’argent, on distingue celles frappées autrefois à l'Hôtel de

le Monnaie de Kiang-nan, de celles de Canton.

(ior) Slalistiques économiques du mois de nov, 1931, de « The Bankers'iweekly » de Changhaï, p. 6.

(102) Hbid, du mois de mai 1930, p. 9.

Sur le marché monétaire de Changhaï, nous savons qu'il y a trois sortes de monnaies métalliques proprement dites : le dollar d’argent, les monnaies divisionnaires d'argent et de cuivre. Mais chacune a un cours de change particulier qui varie tous les jours avec les autres sortes !

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