‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 65 sur 115 · PAGE · texte numérisé non relu

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Si les banques indigènes A et B ont un accord avec la Banque de Chine pour développer ses billets, la Banque À prend 100.000 dollars de billets et la Banque B 50.000 dollars. Au verso: des billets, la Banque de Chine marque secrètement les noms des banques indigènes qui les lui demandent.. Supposons que la somme de 150.000 dollars de billets soit mise en circulation un jour et que le lendemain 15.000 dollars de billets de cette sorte retournent à la Banque de Chine. Elle inscrit donc le montant des rentrées au compte des banques indigènes A et B. Alors, le montant en circulation ce jour-là sera de 135.000. En outre, la proportion entre le montant d'émission : 150.000 et le montant retourné : 15.000 serait de 10 à 1. D’après cela, nous voyons que le montant des billets émis par les banques indigènes A et B et retournés à la Banque est le dixième du total d'émission. Par conséquent, les rentrées de billets émis par la Banque À seraient de 10.000 et celles de la Banque B de b.000. À Ia fin du mois, la Banque de Chine compte le nombre des billets en circulation chaque jour, pour chaque banque, et leur paye de petits intérêts par mois (29). Ainsi, plus la Banque À émet de billets, plus elle peut gagner d'intérêts. Les banques indigènes développent le plus possible l’usage des billets de la Banque de Chine. D'une part, les banques chinoises à Changhaï s'appliquent à renforcer la confiance qu’elles inspirent et, d'autre part, l’usage des billets des banques se développe

beaucoup. Est-il curieux dans ces conditions que les

(9) Ma Ying-tsou ; Tchong-houa-ying-hang-liun, p. 289.

billets des banques chinoises établissent leur souveraineté sur le marché monétaire de Changhaï ? Par contre, depuis des années, le nationalisme se développe. Les Chinois s'efforcent de rendre leur souveraineté indépendante. Le Japon à toujours suscité des difficultés à la Chine, cela menace la paix des deux pays: Aussi les billets de la « Yokohama Specie Bank » à Changhaï sontils absolument refusés depuis 1919, où s’est élevée la question du Chang-tong (30). Depuis 1925, année des massacres anglais à Changhaï, les billets de la « Hongkong and Shanghaï Banking Corporation », qui y avaient occupé une place très importante huit ans auparavant (31), ont été chassés peu à peu du marché monétaire de Changhaï (32). Quant aux autres banques d'émission étrangères à Changhaï, quoique leurs billets circulent encore, leur puissance diminue de plus en plus, surtout depuis dix ans.

La dixième année de la République (1921), certains étrangers s’alarmaient du développement extraordinaire des billets de la Banque de Chine et de la Banque des Communications et conspiraient avec un commissionnaire de leur pays au service de la+ douane chinoise pour envoyer à un autre COmmissionnaire un télégramme lui commandant de refuser le paiement des droits de la douane avec les billets de ces deux banques d'émission chinoises (33). Cette nouvelle avait provoqué l’affolement

(30) Tchang Kia-siang ; Tchong-houa-pi-tché-che, p. 272. (31) Ma Ying-tsou ; Kiang-yen-isi, vol. 1, p. 186. (32) Ma Ying-tsou ; Kiang-yen-tsi, vol. 1, p. 187.

(88) bd p"172:

d’ignorants qui affluaient à ces deux banques pour léur demander le remboursement de leurs billets. Heureuse: ment, la Banque de Chine et la Banque des Communications pouvaient y. faire face complètement. Cela ne fit qu'affermir la confiance qu’elles suscitaient.

D) La vérification publique des réserves des banques chinoises d'émission : Depuis des années, les billets de banque et les chèques deviennent les plus commodes des instiuments de circulation. Leur nombre se développe rapidement sur les marchés monétaires, européens et américains. Les banques chinoises ont suivi avec attention ce mouvement. D'autre part, Changhaï est le centre du marché monétaire de la Chine ; sa circulation doit être assainie. Aussi la Banque de Chine s’efforce-telle d'augmenter son encaisse métallique, surtout les réserves des billets émis afin d'éviter toutes les sortes de crises. En 1924, elle établissait le contrôle public des réserves des billets d'émissions confiées aux banques indiènes et aux autres banques modernes (34). En r928, avec l'autorisation du Ministère des Finances, elle organisait une commission permanente chargée de contrôler les réserves des billets émis par elle-même (35). D'après l'article 1 du règlement de la Commission de contrôle publie des réserves d'émission (36), cette commission est

formée des membres suivants

(34) Ma Ying-lsou ; Techong-houa-ying-hang-liun, p: 295.

(39) Siu Ki-king ; Chang-haï-kin-yong-che, p. 27.

(36) Ma Ying-tsou ; Tchong-houa-ying-hang-liun ; pp. 295-296.

"So 1. — Deux Commissaires de la Chambre de Commerce de Changhaï ; 2. — Deux Commissaires du Syndicat des Banques

modernes chinoises de Changhaï ;

3. — Deux Commissaires du Syndicat des Banques indigènes de Changhaï ;

h. — Deux délégués des Banques indigènes et des Banques modernes auxquelles est confiée l’émission des billets de la Banque de Chine ;

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