ET RE
Les indices des variations saisonnières des mois de janvier, février et mars sonit les plus bas ; ceux des mois d'avril, mai et juin montent un peu ; ceux des mois de juillet et d'août, retombent ; ceux des mois de septembre, d'octobre et de novembre marquent la période la plus active et la plus haute de toute l’année, et enfin, vers le mois de décembre, ils retombent. Si nous envisageons la condition générale des demandes saisonnières d’argent, nous pouvons les considérer comme précises, Les mois d'avril, de mai et de juin sont généralement une période de resserrement du marché monétaire de Changhaï où les environs demandent une grande quantité de dollars pour faire des commandes de soie, de blé et de thé. Les cours de change du taël avec le dollar (yang-li) sont na: turellement un peu plus hauts. Les mois de septembre, d'octobre et de novembre sont la période des récoltes d'automne où les commandes de coton et de riz sont toujours abondantes et les demandes de dollars généralement très pressées. C’est pourquoi, pendant cette période, les indices de variations saisonnières montent. Quant au mois de février, dont l'indice est le plus bas, c'est une période correspondant à celle des variations saisonnières du taux d'intérêt, où se place le nouvel an du calendrier ancien de la Chine et où les demandes d'argent sont comparativement un peu plus rares. Le taux d'intérêt local et le cours de change du taël avec le dollar tombent généralement à la fois (18).
(48) Chang-haï-tché-kin-yong-ki-tsie, (Les demandes saisonnières d'argent sur le marché monélaire de Changhaï), article de
« Ying-hang-tcheou-pao » ; (The Bankers’weckIy), n° 100.
fol =
Tout ce que nous avons expliqué ci-dessus constitue un phénomène normal. Les résultats que nous pouvons obtenir sont tirés de l’étude des variations saisonnières de longue durée, tant du taux d'intérêt local que du cours de change du taël avec le dollar. En outre, il y a encore d’autres périodes de variations des demandes d'argent qui résultent de conditions anormales sans qu'il s'agisse là d’une règle absolue.
Ce sont les frappes de dollars aux Hôtels de la Monnaie de Nankin et de Hang-tcheou, l'importation des barres d'argent, les frappes de sycees dans les Lou-fang, les liquidations du commerce international, l’affluence de disponibilités de l’intérieur, les encaisses des banques, etc. Tout cela peut accentuer les demandes saisonnières, ou diminuer les offres d'argent sur le marché monétaire de Changhaï. Par conséquent, les variations saisonnières de courte durée peuvent être quelquefois modifiées par les conditions ou éléments énumérés. De plus, depuis des années, la situation politique est toujours instable. C’est toujours une cause importante d’accroissement ou de diminution des variations saisonnières, tant du taux d'intérêt local que du cours de change du taël avec le dollar !
IV. — COMMENT FAIRE FACE AUX DEMANDES SAISONNIÈRES ET ÉVITER LES CRISES DU MARCHÉ MONÉTAIRE Les méthodes qui ont été souvent employées sur le marché monétaire de Changhaï pour faire face aux de-
mandes saisonnières et qui ont donné de bons résultats,
fl
sont les emprunts ou les prêts à terme d’avance et l'émission des billets de banque (r9) :
La période où les demandes de dollars sont le plus nombreuses est généralement celle de la récolte des cocons, au printemps, dans les provinces de Tche-kiang et de Kiang-sou. Ces demandes, très nombreuses et momentanées, ne peuvent être généralement supportées par les marchés monétaires locaux de l’intérieur. Ces derniers recourent donc au marché monétaire de Changhaï, dont le cours de change, entre le taël et le dollar, et le taux d'intérêt local s'élèvent en conséquence. Pour prévenir le resserrement, il y a donc des prêts à terme sur la période de la récolte des cocons, faits sur le marché monétaire de Changhaï. Au premier mois de la lune, les commerçants empruntent des dollars à terme pour les livrer au bout du troisième mois, et au début du troisième mois, ils empruntent encore de l'argent pour le livrer au bout du quatrième mois. Les taux d'intérêt ou les cours de change entre les taëls et les dollars sont généralement de 0,001 ou de 0,002 taël plus hauts que ceux courants. Au moment de la livraison, à la période des demandes d’argent où le cours de change entre le taël et le dollar est généralement plus haut, la différence entre le cours courant et le cours contracté diminuera peu à peu. À un moment donné, ils seront égaux. D'une
part, les commerçants en cocons, pour éviter les pertes
(19) Kien-fan-ki-yang-liun. (Des prêts à terme sur la période de récolte des cocons), Yfng-hang-lcheou-pao. (« The Bankers'weekly »).
Nom.
du resserrement de l’argent, aux troisième et quatrième mois de la lune, peuvent én acheter d'avance et, d'autre part, les banquiers de Changhaï, pour prévenir le resserrement du marché et éviter les üemandes inattendues, en préparer d'avance. Teut cela pourrait éviter au marché monétaire les fortes variations. C’est un moyen très commode de faire face aux demandes saisonnières et d'éviter la forte hausse du cours de change du taël avec le dollar. Mais, sur le marché monétaire de Changbaï, ces prêts ou emprunts deviennent peu à peu une sorte de spéculation. En dehors des commerçants en cocons, beaucoup de spéculateurs affluent sur ce marché pour faire cette opération. Par suite de cette spéculation, le cours de change du taël avec le dollar varie plus qu’'autrefois à la période de récolte des cocons, au printemps. Aussi, au début de 1927, les banques indigènes de Changhaï ont-elles suspendu formellement cette opération. Mais, en réalité, elle continue secrètement (20).
En dehors de ces prêts à terme, la méthode d’émission des billets de banque permet de faire face aux demandes saisonnières. Il y a plus de huit ans, l'usage des billets de banque n’était pas encore développé. À chaque récolte des cocons, ou aux autres périodes de demandes saisonnières, les demandes de dollars devenaient très
(20) Tsien-yi-yi-kiue-tsing-tso-ki-vang. (Les banques indigènes suspendent les prêts à terme sur la période de récolte des cocons) '; & The Bankers'weekly » n° 537; et Tai-Ngai-jou, Cheng-yi-king
(Manuel des Commerçants), pp. 13 et 29-30.
ho
nombreuses. Actuellement, les paysans de l’intérieur acceptent volontiers les billets de banque. Ainsi, depuis des années, l'émission des billets de banque permet d'éviter la crise des dollars et facilite le relâchement du marché. En outre, l'inflation du crédit, l’effervescence de la spéculation, le manque de dollars ou de taëls et la situation politique, etc... peuvent faire paraître une crise sur le marché monétaire. Toutes les demandes saisonnières peuvent être prévenues d'avance. Mais les crises inattendues créent toujours de grandes difficultés pour le marché monétaire. À Changhaï, ces conditions ont paru à plusieurs reprises. Voici les moyens qu'ont employés les
banquiers pour remédier aux crises monétaires (27)
A) Renforcement des encaisses des banques. — La principale cause de crise sur le marché monétaire est le manque d'argent et ce dernier est dû à l'insuffisance des encaisses tant de dollars que de sycees des banques. Aïnsi, une méthode très importante pour remédier aux crises monétaire ou les éviter est de renforcer les encaisses des banques. Comment cela ? Quatre méthodes sont em-
ployées souvent par les banquiers de Changhaï. 1. Attraction de l'argent de roulement des autres villes
À la fin du mois d'octobre 1921, pour remédier à
l'effervescence ou à la crise des bourses et des Compa-
(or) Weïi-tseu-kin-yong-sie-che-tche-ko-mien-kouan. (Quelques aspects de Ja question des méthodes à employer pour remédier aux
crises monélaires). « The Bankers'weekly », N° 369.
gnies de consignation, le Syndicat des Banques indigènes avait proposé d’adopter cette méthode (22).
>. Interdiclion d'exporter de l'argent dans les autres villes, :
Cette méthode est nécessaire pour renforcer les encaisses des banques de Changhaï. Au mois de novembre 1923, le Syndicat des Banques indigènes et le Syndicat des Banques modernes chinoises décidèrent d’interdire à leurs membres et à leurs collègues d'exporter de l’argent comptant (23).