‹ Étude sur le marché monétaire de Changhaï: au début du XXe siècleChapitre 98 sur 115 · SM · texte numérisé non relu

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HoMHonembanker ere cree 171.309 24.180.468 5 Kiangsu Bank...... PRIT à 760.208 12:5b5.708 6 % Ko Hwa Bank..00r La 12922000 14.200.428 TI), Chinese Industrial Bank.... 498.362 6.784.191 D À Pah Hwei Commercial and :

SAVINTSM PANNE ee ; 191.549 1.708.002 120 Sing Tung Commercial & Savings Bank..... RATER 1.094.0b1 4.905.258 DL Agricultural and Industrial Pan ERA En 2.109.063 DS DUT) TOM l'otaliee ar .1164.627.830 |2.056.94-.6o1 Sn

D'après le tableau ci-dessus, les vingt-six banques chinoises ont conservé 164.627.830 dollars de valeurs mobilières, soit 8 % du total de leurs actifs : 2.056.947. 6or dollars, en dehors des valeurs mobilières qu'elles ont gardées en couvertures d'émissions de billets de banque. Si ces dernières étaient ajoutées à ce caleul, le montant serait sensiblement plus élevé. En outre il y a encore d’autres banques qui tiennent plus où moins de titres. Ainsi, sur le marché monétaire de Changhaï, la hausse ou la baisse du prix des valeurs mobilières à une influence

très grande sur les opérations des banques.

B. — Les valeurs mobilières et les avances des Banques chinoises :

Les avances sur nantissements sont plus commodes que les avances à découvert. Aussi se fait-il un grand nombre de prêts dans lesquels le prêteur reçoit en ga-

rantie, outre l'engagement personnel de l’emprunteur,

NE

un dépôt de titres ou de marchandises dont le prix est affecté par privilège au remboursement de la somme prêtée. On emprunte de cette manière sur dépôt d’inscriptions de rentes, d'actions industrielles, etc... sur dépôt de matières d’or et d'argent, sur gage ou nantissemient proprement dit, sur Warrants ou certificats des docks en Angleterre, sur certificats des Magasins généraux et Warrants agricoles en France (3), ou enfin sur actes légalisés de possession de terrains ou de maisons sur le marché de Changhaï. Mais sur ce dernier ce sont surtout les titres qui sont employés pour la garantie des avances. [ls sont cotés tous les jours à la Bourse. Depuis dix ans, la confiance qu'inspirent les emprunts du gouvernement s’affermit et les garanties de ces emprunts sont conservées dans des organes spéciaux (8). Parce que les Compagnies par actions industrielles ne sont pas développées, en Chine, les principales sortes de valeurs mobilières sont les emprunts du gouvernement Quant aux actions et aux obligations, elles sont peu cotées à la Bourse. D'un côté, les bons du gouvernement constituent la principale part des valeurs mobilières, et d'un autre côté, ils sont très facilement acceptés ou vendus dans les moments de demande extraordinaire de l'argent. Enfin, toutes les autres sortes de nantissement, telles les matières d’or et d'argent, les warrants, les

effets de commerce, etc... ne sont pas encore dévelop-

(7) 4. G. Courcelle-Seneuil. Les opéralions de Banque, 19° 6di OTHER D-ALTT

(8) Ma Ying-tsou. Kinng-yèn-lsi, vol. IV, p. 253.

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pées (g). Par conséquent, sur le marché monétaire de Changhaï, les avances des banques chinoises sur Îles emprunts du gouvernement constituent le phénomène principal des avances sur nantissement.

En outre, les spéculateurs empruntent de l'argent aux banque: pour faire les opérations de reports à la Bourse. C’est aussi une relation très importante entre le marché des valeurs mobilières et le marché monétaire de Changhaï (10). Pour faire des spéculations sur le marché des valeurs mobilières, « au moment de la liquidation, le spéculateur qui prévoit une tendance favorable à ses prévisions, au lieu de régler ou de dénouer son opération, a la faculté de la reculer à une liquidation ultérieure en payant une certaine somme appelée « report » (11). Le spéculateur, dans cette situation, recourt à des banques qui consentent à fournir les fonds nécessaires pour lever l'inscription et la conserver jusqu'à la fin d’une période convenue, moyennant je prix du report. Ce point arrêté, on prend livraison : la rente est remise ou transférée aux banques qui en avancent les fonds et vendue à terme pour la fin du mois suivant au spéculateur, au prix auquel il l’avait primitivement achetée, augmenté de celui du report. Le spéculateur à un mois devant lui pour trouver un acquéreur ou

des fonds el liquider son opération avec le banquier qui

(9) Ma Ying-tsou. Tchorg-houa-ying-häng-liun, pp. 139-152. (10) Yang Yin-pou. Chang-haï-kin-yong-tsou-tcheu-kai-yao, DH TE

(11) Michel Carsow. Les Bourses de valeurs mobilières, D 020:

à — "or —

lui à fourni les premiers ; s’il ne trouve ni l’un ni l’autre, c'est à recommencer, Autrement dit, les banquiers qui font le report ne spéculent point, à proprement parler ils prêtent sur dépôt de rentes ! (12).

Par contre, sur le marché monétaire de Changhaï, il y a encore une autre opération de banquier sur le marché des valeurs mobilières, qui est un peu différente de l'opération de report et dans laquelle le banquier spécule aussi, à proprement parler. Mais en ce qui concerne le motif des prêts au spéculateur et le procédé de la première moitié des opérations, ils ressemblent plus ou moins à l’opération précédente. C’est l'opération de « Tao-téou » en chinois (13). Supposons qu’un spéculateur À ait spéculé à la baisse et, ne calculant que les différences probables du cours, ait vendu 1.000 actions fixée chacune À 90 dollars et convenu avec le spéculateur B de les livrer au bout de deux mois. Le spéculateur B. spéculant à la hausse, les achète et, en même temps les revend au spéculateur C au prix de 100 dollars par action. Quand la date de liquidation est arrivée, Île prix des actions s'élève à rro dollars. Ainsi B et C gaenent chacun un profit de 10 dollars par action et À perd 0 dollars. Le spéculateur C qui spécule à la hausse et est le dernier acheteur devant liquider au comptant, recourt donc au banquier pour emprunter de l'argent. Mais

C ne veut pas vraiment acheter. Il continue de spé-

(12) Pour cette opération, nous ‘pouvons consulter aussi : J. G. Courcelle-Seneuil. Les opéralions de Banque, 18° édition, p. 1/9.

(13) Ma Yin-isou ; Kiäng-yèn-lsi, vol. I, p. 75.

culer à la hausse. L'opération du banquier qui donne de l’argent au spéculateur C sur la présentation des actions ne ressemble pas absolument à l'opération du « report », comme nous l'avons dit. Le spéculateur C vend les actions qu'il a achetées au banquier au prix de 110 dollars par action et emploie ce fonds pour liquider la dette avec À et B. En même temps, le banquier revend les mêmes actions au spéculateur C au prix de 140 dollars. À ce moment, le spéculateur C spécule encore à la hausse, C’est pourquoi il veut les vendre pour gagner de l'argent et les racheter pour encaisser un profit À la date suivante. Si, au moment de la liquidation, le prix des actions s'élève, une fois de plus, à 100 dollars, le banquier et le spéculateur C ont chacun un profit de 20 dollars par action ! L'opération du spéculateur € est celle de « Tao-téou » proprement dite, et le banquier fait les avances sur l'opération de « Tao-téou ». Le banquier est en même temps un spéculateur, il espère gagner sur ja différence probable du cours (14). C’est un point très important qui différencie celte opération de celle de « report » indiquée plus haut.

Enfin, en raison de la relation très intime qui existe entre cette opération et celle des avances des banques sur les valeurs mobilières du marché de la Bourse, une influence mauvaise paraissant sur l’un, se répercute ImImédiatement sur l’autre. Si, sur le marché monétaire le

fonds de roulement est abondant, les prêts des banques

(4) Yang Yin-rou ; Chang-haï-kin-yong-tsou-tcheu-kai-yas,

pp. 991-392,

deviennent probablement très faciles, et les opérations sur le marché des valeurs mobilières seront en conséquence très actives. Par suite de ce phénomène, la confiance qu'inspirent les valeurs mobilières deviendra plus grande et les avances des banques sur elles seront faites sans

aucune difficulté !

C. — Valeurs mobilières et investissements directs des banques

La demande d'argent, sur le marché monétaire, est saisonnière, en ce qui concerne le mouvement de grandes quantités de fonds. Aux moments de resserrement du marché, on ne peut trouver des monnaies suffisantes pour faire face aux demandes. Au contraire, aux moments de relâchement du marché, on cherche des moyens pour employer les disponibilités. A Changhaï, la méthode la plus commode pour investir les capitaux est, pour le banquier, l’achat de valeurs mobilières (15) quis sont très faciles à revendre au moment où il a des demandes extraordinaires. D'une part, il peut gagner des intérêts fixés, ou des profits probables de la différence des cours entre temps. D'autre part, il peut les changer en argent immédiatement à la Bourse. En dehors de ces raisons, il y en a d’autres qui le font investir volontairement ses disponibilités à la Bourse. Premièrement, les intérêts des valeurs mobilières sont quelquefois un peu plus hauts que ceux du marché

(market rate) (16). Dans les périodes de relâchement du

(15) Ma Ying-tsou ;Kiàang-yèn-tsi, vol. IT, p. 149.

(16) Ma Ying-tsou ; Kéäng-yèn-lsi, vol. FE, p. 150,

marché, les fonds de roulement y sont abondants. Chacun veut en avancer. Ainsi le taux des intérêts du marché est naturellement plus ou moins bas, et les banquiers placent donc leurs disponibilités à la Bourse, où les valeurs mobilières portent les intérêts fixés. Au contraire, ils peuvent les revendre au moment où le taux des intérêts du marché s'élève, pour faire des avances. À cet égard, le mouvement monétaire vers le marché monétaire ou vers le marché des valeurs mobilières suit la hausse ou fa baisse des taux des intérêts sur ces deux marchés, ou bien suit le mouvement de resserrement ou de relâchement du marché monétaire. Le marché des valeurs mobilières est donc un placement des disponibilités du marché monétaire de Changhaï !

Ensuite, les valeurs mobilières constituent presque ho % des réserves d'émission des billets de banque des banques chinoises (17). Cette partie de garanties peut produire, plus ou moins, des intérêts ; cela équivaut, pour les banquiers, à investir presque 4o % de leurs émissions à la Bourse, Outre que les spéculateurs ou les capitalistes font des opérations sur les valeurs mobilières, les banquiers sont aussi obligés d’en demander pour leurs émissions. Par conséquent, ces derniers sont une des principales causes de placement des disponibilités à la Bourse.

(7) Voir les règlements d'émission des billets de banque de

diverses banques d’émission à Changhaï.

Enfin, les banquiers font des opérations de report (18) sur les valeurs mobilières. Elles investissent leurs disponibilités en ces dernières avec l’espoir de gagner un profit de la différence des cours entre temps, quand ces derniers s'élèvent, Mais la hausse ou la baisse des cours est difficilement prévue. Si la tendance du mouvement du prix est contraire à la prévision, le banquier qui à spéculé subit une perte. À cet égard, le meilleur moyen, pour.le banquier, d'éviter cette perte, est l'opération du report. Sur le marché des valeurs mobi- Bières de Changhaï, le cours des emprunts dans l’opération À long terme est généralement un peu plus haut que celui des opérations à court terme ou au comptant. Si le cours de l'emprunt de la vingtième année (1931) sur les cigares et les cigarettes pour livraison juin est de 8c dollars, pour livraison juillet 82 dollars, tandis qu'il est au comptant de 79 dollars, le banquier peut faire facitement l’opération du report. En outre, le banquier, prévoyant que les mois de juin et de juillet sont en géncral le moment de relâchement du marché de Changhaï et qu'il pourrait avoir des disponibilités à investir, achète au comptant au cours de 79 dollars et revend immédiatement pour livraison juillet au prix de 82 dollars : quand la date de livraison est arrivée, il peut gagner 3 dollars par titre. En soustrayant la perte d'intérêt de garantie gner un profit net de

le

et de courtage, etc..., il pourrait ga

(18) Yang Yin-pou ; Yang-lchou-lchong-kouo-kin-yong-liun, p. 382 et J. C. Courcelle-Seneuil, Les opérulions de Banque, 19° éci-

tion, D. 147.

tt

plus de 16 %. U’est une opération fréquente chez les banquiers sur le marché de Changhaï et appelée « Tao-li » en chinois. |

Par contre, en même temps, le banquier peut faire les Tao-li » doubles dans la même dpération (19), Selon la condition normale du marché monétaire de Changhaï, en été, l’usage ou la demande des dollars est limité” et le cours du change entre taëls de Changhaï et dollars d'argent est généralement faible ; autrement dit, un petit nombre de taëls permet d'acheter un peu plus de dollars (20) Alors, le banquier peut vendre des taëls pour acheter des dollars et employer ces derniers à acheter des emprunts au comptant au prix de 79 dollars, comme nous l'avons dit. En même temps, il les revend pour un terme un peu long, par exemple livraison août, au prix de 84 doilars. Le mois d'août est le moment des récoltes, et la saison de demande de dollars des commerçants chinois pour effectuer des achats aux compagnies. Ainsi, le cours du change en taëls et dollars serait un peu plus haut, c'est-à-dire que peu de dollars permettent d’acheter un peu plus de taëls. Au moment où la livraison août est effectuée, le banquier pourrait utiliser ces dollars pour acheter des taëls. Dans le premier cas, il gagne un profit de la différence des cours des emprunts aux opérations à terme et au comptant, et dans le deuxième cas, il encaisse

un profit de la différence des cours du change entre dol-

(9) Yang VYin-pou ; Vang-ichou-tchong-kouo-kin-yong-liun, p.383.

(20) Féi-léang-kai-yuën-wén-lf, p. 119.

MOT Ee

lars et taëls aux différentes périodes. Par conséquent, en même temps le banquier a fait l'opération double de « Tao-li » avec la même somme d'argent, tant au marché des valeurs mobilières qu’au marché monétaire. Ce phénomène est très important sur le marché de Changhaï. Nous étudierons la condition réelle du, mouvement monétaire. Il nous faut observer attentivement cette opération |!

Quant aux investissements en bons ou emprunts à long terme, ils présentent encore un autre profit beaucoup plus important que ceux indiqués ci-dessus. Ce sont les intérêts des bons ou des emprunts eux-mêmes. Par exemple : l'emprunt sur les cigares et les cigarettes porte un taux d'intérêt de 0,8 % et.est payé chaque mois (21). Vers le mois de décembre 1929, il y avait encore douze mois, c'est-à-dire douze tirages de l’amortissement (22). Le cours courant est de 4o % au-dessous du pair (23). Mais ce dernier est intégralement payé au moment de l'amortissement, Ainsi, en dehors de l'intérêt normal, on peut encore réaliser un profit de 4o % du pair. Si un banquier achète au mois de décembre 1929 des emprunts sur les cigares et les cigarettes pour un pair de 12.000 dollars, il ne lui faut payer que 7.200 dollars (= 60 %

de 12.000). Chaque mois, un douzième se trouve amorti,

(21) Tong Tchong-kià ; Tchong-kouo-néi-wai-tchai-kiuen-yao-làn

(2) Ibd. pp. 76-77.

(23) « The Economical Slalislies » de « Ying-hang-lcheou-pao »,

au mois de décembre 1929, p. 11.

c’est-à-dire 1.000 dollars au pair dont les 4o % ou $ 400 constituent le profit de ce banquier. Si ce profit est calculé d’après le fonds, 7.200 dollars que le banquier à cmployé à acheter les emprunts, le taux réel des intérêts serait de 5,5 % environ. Quant au taux nominal d’intérêt 0,8 %, il est compté au pair. Mais si l’on calcule d'après le prix réel il est de 1,3 % environ. Le banquier peut donc réaliser le profit d’un taux réel d'intérêt de GS PM par mois (T3 2055 7e 0 8 C0 CenEeSr que le résultat à la fin du premier mois de rembourse ment. Après cela, les arrérages diminuent, Mais le profit de chaque tirage est encore de 100 dollars. Le taux réel de l'intérêt augmenterait peu à peu. Au dernier mois de l'amortissement, les arrérages des fonds employés pour acheter ces emprunts ne sont que de 70 dollars. Si nous les calculons d’après le profit de {oo dollars, le taux réel de l'intérêt de ce dernier mois serait de plus de 55,5 % ! Est-il curieux que les banquiers de Changhaï affluent au marché des valeurs mobilières pour y investir leurs disponibilités ?

D. — Valeurs mobilières et réserves d'émissions

des billels de banque

Dans les conditions indiquées ci-dessus, il y a encore une chose très importante : C’est l'emploi des valeurs mobilières pour garantir les émissions de billets de banque. Sur le marché monétaire de Changhaï, il y a actuelle-

ment treize banques chinoises d'émissions dont le mon-

(24) Voir le Chapitre des Billets de Banque.

iris Se RE

Re

tant lotal des billets mis en circulation à atteint 296.692.839 dollars (24). Environ 4o % des réserves sont constitués par les valeurs mobilières d’après le règle. ment d'émission des billets de banque (25). Selon la condition réelle sur ce marché, 10 % des réserves d’émissions confiées aux autres ‘banques sont constitués par les billets à ordre des banques indigènes et les autres 30 % des réserves d'émissions confiées, par les bons ou rentes du gouvernement et les actes légalisés de possession de terrains et de maisons. Mais le montant des émissions conliées ne constitue qu'une petite partie des émissions totales. Ainsi, il y a au moins 30 % des réserves constituées uniquement par les rentes ou bons du gouvernement. Autrement dit il y a au moins 77.007.851,7 dollars de rentes ou bons du gouvernement pour Îles garanties d’émissions ! Mais ce chiffre est calculé d’après les cours courants, à la Bourse, selon la condition de cette partie des réserves (26). Si nous les comptons d’après le pair il serait de plus de cent miilions de dollars ! Peut-on penser quel serait le résuitat de la dépréciation des cours des bons ou rentes à la Bourse ? Cette dépréciation ébranlerait le pourcentage réel des réserves d'émissions ! Autrement dit, la confiance dans les billets de banques pour-

rait tomber |!

(25) Art. 7 du règlement modifié d'émissio s de billets de banque du 27 Juin 1920.

(26) Article 4 du règlement de la Commission chargée de contrôler les réserves d'émissions des billets de banque d° la Banque de

Chine.

Depuis fe mois de septembre 1931, les Japonais se sont emparés de la Mandchourie et une crise du marché monétaire en est résultée. Les cours des bons ou des rentes cotés à la Bourse sont tombés brusquement. L’emprunt sur les droits de douanes de la vingtième année (1931) était coté à 3r dollars au 23 décembre 1931, au lieu de 68,7 dollars au 26 août 1931 (27). Ce phénomène a forcé la Banque de Chine à réorganiser, à partir du 14 janvier 1932, la partie des réserves où emprunts intérieurs et à les remplacer par les emprunts extérieurs dont les cours ne sont pas ébranlés à cause de la solidité de

leurs fouds d'amortissement (28).

E. — Les valeurs mobilières et les autres sortes de disponibilités en dehors des banques

Depras quelques années, le marché des valeurs mobiiéres se développe rapidement. En dehors de la spéculation, les investissements des particuliers en valeurs mobilières devient une habitude courante. Il ne manque pas encore d’autres fonds disponibles placés sur le marché des valeurs mobilières, tels les disponibilités des caisses d'épargne, les fonds des écoles et des rentiers, etc... (29), surtout les premières. Les dépôts de la Caisse

G'Epargne de la Poste, placés en valeurs mobilières ont

rn + ETUEA URSS s (27) The Economical slalisties de « Ying-hang-lcheou-pao », au mois de décembre 19571, p. 15.

EYA J » » | mc Mare A 3 1 (28) Ying-hang-tcheou-pao, N° 539, Marché monélaire, p. D. (9) Yang Yin-pou ; Yang-lsou-lchong-kouo-kin-yong-liun,

constitué plus de 95 % du montant total de l'épargne (30), tandis que ceux de la Caisse d'Epargne Internationale, placés de la même façon, un peu plus de 37 % (31). Si nous consulions tous les états des autres caisses d'épargne attachées aux banques commerciales, il est évident que le placement de cette sorte de disponibilités sur le marché des valeurs mobilières devient la principale méthode pour utiliser leurs fonds. Depuis 10 ans, les capitaux des caisses d'épargne attachées aux banques commerciales sont retenus, en grande partie, indépendamment de ceux des banques. Les placements en valeurs mobilières, comparés avec l'actif total de chaque caisse,

forment un pourcentage extraordinaire (32) :

Placements è Total :

Caisses d'Epargne de : en valeurs % mobilières dessActifs The Nationat Commercial BARRE Tr er 2 170 . 790 ÉLÉMENTS Chekiang Industrial Bank... 4.012.469 8.710.803 46 % Yien Yiech Commercial Bank. 1.856.491 >.926.650 63 % Chung Foo Union Bank.... 606./50 1.416.720 1259 unesalPant. ere 256.400 hho.t14 58 Continental Bank ec EEPeere 200) 00 5.102.893 h5 1 Ningpo Commercial Bank...! 2.808.494! 11.869.286 TON Shanghaï Commercial and SAVINSS BANDE PE EE Te 4.887.483 |108.085.687 | Tr Kin Cheng Banking Corpo TAOT Re ere ee CL 3.989.045 12.09.0974 33 Y

Lire les notes 30, 31 et 32 page suivante.

9° En taëls de Changhaiï.

rest à ER

D'après le tableau ci-dessus, sauf pour les Caisses d'Epargne de la « Shanghaï Commercial and Savings Bank » et la « Ningpo Commercial Bank », les pourcentages des placements en valeurs mobilières par rapport aux actifs totaux de leurs caisses d'épargne varient de 33 A à 63 %. Par contre, en dehors des neuf principales ban. ques commerciales citées plus haut, les conditions de placement des Caisses d’Epargnes des autres banques commerciales à Changhaï sont similaires (33).

En résumé, les valeurs mobilières employées pour les nantissements des avances, les investissements directs des banquiers, les réserves d’émission des billets de banque, les placements des disponibilités sociales, etc... et constituant une partie principale des actifs des banques, deviennent un instrument très important pour diriger

le mouvement monétaire sur le marché de Changhaï.

I. — OPÉRATIONS DU MARCHÉ DE VALEURS MOBILIÈRES ET LEURS RAPPORTS AVEC LE MARCHÉ MONÉTAIRE DE CHANGHAI

À Changhaï, il y a deux marchés des valeurs mobi:

lières ; l'un est à la Bourse des valeurs mobilières de

(30) Rapport de la Caisse d'Epargne de la Poste en 1925. 2 an , à p Taicecen *’Fnoro a : x 1 ; (81) Rapport de la Caisse d'Epargne Internationale du mois d'Octobre 1927.

(832) D'après les bilans des banques citées, au 3r décembre 1990. 9 En taël de Changhaï.

(38) Voir les bilans des diverses banques commerciales au 34

décembre 1930.

Changhaï et l’autre à la Bourse des valeurs mobilières et du commerce.

Les opérations peuvent être divisées en deux sortes les opérations au comptant et les opérations à terme (34). Le mécanisme des premières est fort simple, le règlement et la livraison des titres se font immédiatement, ou dans un délai très court. L'acheteur doit préalablement, en principe, verser le montant de son achat, le vendeur livrer les titres qu'il désire vendre. Quant aux opérations à terme, le règlement et la livraison des titres se trouvent veculés à une échéance déterminée qui s'appelle liquidation. Tout cela ressemble aux opérations des bourses européennes ou américaines, Nous ne voulons pas en décrire les conditions générales dans cet ouvrage. Ce que nous expliquerons ici, ce sont leur particularités.

Les opérations au comptant rendent un grand service au marché des valeurs mobilières, en ce qui concerne le mouvement monétaire du marché entier. Pour éviter les grandes variations de cours, toutes Îles valeurs mobilières qui n’ont pas encore de position très solide à la Bourse ni de confiance publique sont généralement cotées ou négociées au comptant. À la Bourse des valeurs mobilières de Changhaï, les emprunts sur Îles cigares et les cigarettes sont cotés depuis le 11 juil-

let 1928, mais ils étaient tout d’abord cotés uniquement

(34) À la Bourse des valeurs mobilières de Pékin, il y a encore une outre sorte d'opérations. C’est l'opération à terme et livrée n’importe quel jour avant la date fixée selon la volonté du vendeur, appelée « Pien-ki-kiao-yi », en chinois.

aux opérations au comptant. À partir du 1° février 1929, ils commençaient à être cotés en opérations à terme (35). Par contre, si les opérations du marché signalent des fluctuations ou une condition très faible, les négociations sont toujours faites au comptant afin d'éviter des pertes imprévues. Dans la dernière moitié de l’année 1927 Où apparaissait une crise dans le pays entier, la Bourse des Valeurs mobilières de Pékin ne faisait plus sur son marché que des opérations au comptant. I ny avait guère de négociations à terme : le montant n'en était que de 125.000 dollars contre 174.693.000 dollars en opérations au comptant pendant cette période (36). Ainsi, il faut revenir aux opérations au comptant pour éviter les crises du marché, autrement dit pour atténuer le plus possible les difficultés du mouvement monétaire. En outre, pour prévenir l’effervescence des spéculations, la Bourse des valeurs mobilières de Changhaï a mis en vigueur, depuis le premier janvier 1928, le règlement provisoire des opérations au comptant, dont l’article IV indique que si le montant des négociations est très grand, la Bourse peut, si elle le juge bon, demander à l’agent de change de présenter la garantie de livraison. Quant aux heures de livraison, elles sont fixées à 2 h. de l’après-midi

pour le marché du matin et avant midi, le lendemain,

(35) Yang Yin-pou ; fe.ong-houo-kiao-yi-sou-liun ; (Bourses de li Chine), p. 136.

(86) Yang Yin-pou ; Yang-lchou-tchong-kouo-kim-yong-liun, p. 366.

pour le marché du soir (37). Cette réglementation est très sévère et les opérations de ce genre ont pris une grande importance sur le marché des valeurs mobilières de Changhaï (38). Ce marché est un peu différent des marchés de valeurs mobilières des autres pays comme la France où «les opérations au comptant sont moins importantes que celles du terme et se prêtent moins à la spéculation (39) ».

Quant aux opérations à terme, leur date de livraison ne peut dépasser les trois mois (40) pendant lesquels les titres peuvent être rachetés, revendus ou reportables. Il n’y a pas d'opérations à prime, comme celles de la Bourse de Paris (41). Pour le marché ferme, il y à deux sortes de livraisons : l’une à date fixée au dernier jour de chaque mois ; l’autre à date convenue entre les deux parties, après la négociation.

La couverture des opérations est fixée au minimum à 15 % des valeurs négociées. Si les cours des titres négociés varient davantage, la Bourse pourrait demander aux deux parties de présenter un supplément de couverture (42).

(37) Art. V du règlement provisoire des opérations au comptant de la Bourse des Valeurs mobilières de Changhaï.

(38) Yang Yin-pou ; Yang-lchou-tchong-kouo-kin-yong-liun,

‘39) Michel Carsow. Les bourses de valeurs mobilières, p. 22. ‘4o) Chap. V, l’article 28 de la loi de la Bourse du 3 Octobre 1929. ‘h1) M. F. Carabelli. La Bourse et ses principes, p. 130.

42) Article 33 du règlement des opérations de la Bourse des

valeurs mobilières de Changhaï.

ET

Les opérations de bourse ne sont permises qu'aux agents de change dont le nombre est limité à 55, à la Bource des valeurs mobilières de Changhaï. Leurs fonctions peuvent être remplies par leurs représentants, admis d'avance par la Bourse (43). Sur le marché de Changhaï, il n’y a pas d’autres agents ou courtiers pour faire ïes opérations de valeurs mobilières comme les coulissiers de Paris, les « dealers » ou « traders » de New- York, et les « jobers » de Londres (44).

Enfin, il y a une particularité très importante sur le marché des valeurs mobilières de Changhaï. Ce sont les bons du Trésor ou les emprunts intérieurs qui constituent les seuls instruments de négociation à la Bourse. Quant aux autres sortes de valeurs mobilières, telles les actions des compagnies industrielles ou commerciales et leurs obligations, elles ne sont guère cotées sur ce marché comme nous avons dit. Dans notre pays où l'industrie et le commerce ne sont pas encore développés, les compagnies par action ne peuvent occuper une position aussi importante que dans les pays américains ou européens. Ainsi, la circulation des actions n’est pas encore très répandue. Quoique les actions de quelques compagnies industrielles ou commerciales soient très connues, elles sont gardées par leurs actionnaires, Leur prix est stable et varie peu à

la Bourse. Quant aux actions qui n'inspirent pas con-

(43) Article 12 du règlement des opérations de Ja Bourse des valeurs mobilières de Changhaï.

(44) Michel Carsow, DD 10109002

fiance, elles ne peuvent être acceptées couramment. C’est pourquoi, sur le marché des valeurs mobilières, on ne négocie guère d'actions des compagnies industrielles ou commerciales. Les obligations sont des titres permettant aux compagriies de développer leurs opération ou de faire face à leurs nécessités ; mais il leur en faut payer les annuités périodiquement. Ces dernières ne peuvent varier selon l’état des opérations, chaque année, comme les dividendes d’actions. En outre, la fixation du taux des intérêts des obligations est une autre question difficile. Si ce taux est assex, ce n’est pas favorable aux Compagnies. Si, au contraire, il est trop bas, il ne peut attirer une quantité suffisante de souscripteurs. En Chine, les conditions économiques ne sont pas semblables à celles e l’Europe, les Compagnies peuvent avoir d’autres méthodes pour gagner de l'argent. Elles ne veulent pas recourir aux obligations pour obtenir les fonds qui leur permettent de faire face à leurs demandes. D'autre part, l'investissement des disponibilités en obligations des Compagnies industrielles ou commerciales n'est pas encore une habitude courante pour nos com: patriotes. Tout cela rend donc impossible sur le marché des valeurs mobilières la cotation où la négociation des Gbligations (45).

D'après cela, nous ne pouvons avoir de négociations

des actions, ni des obligations à la Bourse de Changhaï.

(45) Yan Yin-pou ; Yang-tchou-lchong-kouo-kin-yong-liun,

Mais quelle est la condition réelle en ce qui concerne les bons du Trésor ou les emprunts du gouvernement ? S'agit-il des émissions des gouvernements locaux ? provinciaux ? ou central ? Parce que les souscriptions publiques aux emprunts ne sont pas encore une habitude courante, peu de gouvernements locaux ou provinciaux réussissent à placer avec succès des emprunts publics pour faire face à leurs besoins. D'autre part, en raison de la condition politique, les emprunts du gouvernement ne peuvent obtenir une grande confiance publique. Le gouvernement central à fait beaucoup d’émissions depuis quarante ans (46), mais leurs résultats n’ont pas été heureux. Quant aux émissions des gouvernements locaux ou provinciaux, il y en a peu qui soient ædmises par le public sans aucune difficulté. Nous n'avons jamais vu d'emprunts de gouvernement local ou provincial, négociés ou cotés à la Bourse de Changhaï, depuis sa fondation ! Quel est donc l'élément qui constitue les valeurs mobilières à la Bourse de Changhaï ? Actions ? Obligations des Compagnies industrielles ou commerciales ? Emprunts des gouvernements locaux ou provinciaux ? Rien de tout cela ! Ce sont uniquement les emprunts ou les bons du Trésor du gouverne: ment central ! Nous voyons par là quel est le principal caractère du marché des valeurs mobilières de Changhaï : il est le plus sensible, parmi les marchés des valeurs mobilières du monde, à l'influence de la situation politique !

(46) Tong Tchong-kià, Tchong-kouo-néi-wai-tchai-k&uen-yao-lanstu-lsien ; (Supplément au Manuel des bons et des emprunts du Gou-

vernement chinois, pp. 1-3,

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