‹ Étude Sur Le Massage Du Cœur Expérimental Et CliniqueChapitre 13 sur 17 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

Le massage du cœur comporte tout d’abord les mêmes indications que la respiration artificielle, et n’est en somme qu'un moyen différent d'arriver au même but, dans les mêmes circonstances : son efficacité est toutefois plus grande, et peut donner des succès là où la respiration arüficielle serait absolument inefficace : je veux parler des cas où à la suite d'une

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hémorragie très abondante, la syncope se produit par anémie bulbaire.

Les syncopes opératoires, hémorragiques ou chloroformiques — et dans ce dernier cas, qu’elles surviennent au début ou au cours de l’anesthésie — se trouveront bien des manœuvres de massage ; elles devront être faites sur le sujet placé en position déelive, et combinées à la respiration artificielle : dans le cas d'hémorragie, on devra, en même temps, faire des injections intra-veineuses de sérum, et comprimer l'aorte abdominale. 1

D'après la théorie que Goltz fut le premier à formuler, la mort par hémorragie peut survenir alors qu'il reste encore dans le système circulatoire une quantité suffisante d’hémalies pour entretenir la vie ; mais la faible quantité de sang conservé et la'tension vasculaire presque complètement tombée, annihilent d'une façon à peu près absolue le travail du cœur ; la mort, dans ce cas, n’est pas due à la dépréciation globulaire subie, mais à l’impossibilité mécanique de la circulation. Le muscle cardiaque se contracte avec énergie, et bientôt s'arrête épuisé. C’est alors que la transfusion artificielle rend de si grands services : sous son influence, la tension sanguine remonte, et le cœur se remet à battre. Cet heureux résullat peut toutelois ne pas être atteint : le myocarde épuisé par la lutte qu'il vient de soutenir pour essayer les effets de l'hypotension progressive, ne peut plus reprendre ses battements.

C'est à ce moment, la tension sanguine étant relevée par l'injection de sérum, qu'une excitation portée directement sur le cœur lui-même pourra avoir les résultats les plus heureux. On devra d'ailleurs employer concurremment les moyens d’usage en pareil cas : réchauffer le malade, faire des injections hypodermiques répétées d'éther et de caféine, donner des la-

vements de champagne el de cognac, pratiquer la respiratiof

arlificielle et faire des inhalations d'oxygène.

Dans les cas de commotion cérébrale, si une syncope complèle survient par paralysie du buibe, on pourra recourir au massage du cœur, qui, combiné à la respiration artificielle, indiquée en pareil cas, agira utilement sinon sur les lésions mêmes du tissu nerveux, du moins sur la vaso-constr iction qui produit l’anémie des centres. +

Les plaies du cœur sont une bonne indication à l'emploi du massage : après avoir fait la ou les suturés nécessaires, on lutte contre. la syncope — si fréquemment déterminée dans ces cas par l'abondance de l’hémorragie -—— par le massage direct à travers le volet déjà taillé. if

Enfin, la strangulation et les autres causes qui paralysent le bulbe par accumulation dans le sang d’anhydride carbonique, pourront bénéficier de ce procédé, à la condition toutefois d'intervenir avant la coagulation du sang qui si souvent suit de bien près la mort par asphyxie.

Quoi qu'il en soit, dans tous les cas que nous citons, le massage du cœur devra être envisagé non pas comme un moyen unique de reviviscence, mais comme un des moyens à employer, concurremment avec les autres dont nous avons parlé au cours de ce chapitre.

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