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CHAPITRE I

RECHERCHES EXPERIMENTALES

Avant le jour où, pour la première fois, un chirurgien oSa laire le massage du cœur, des expériences de laboratoire en avaient déjà démontré la possibilité, el jusqu'à un certain point fixé la technique. De nombreux auteurs, parmi lesquels Cyon, Prus, Gilis, Hédon, Batelii, Bourcart, se sont livrés à l'étude de cette si intéressante question. Toutefois, les travaux les plus documentés et les recherches les plus précises sont dues à d'Halluin, et c'est à ses observations de laboraltoire que nous avons emprunté le plus grand nombre des documents de ce chapitre.

Nous allons successivement éludier le mode d'action du massage du cœur, les procédés de massage et les causes d’in-

succès.

$ 1%. — Comment agit le massage du cœur ?

Le massage peut agir @n FAVORISANT LA DÉPLÉTION d'un cœur arrêté, peut-être par simple distension de ses cavités. On sait que le myocarde distendu détermine normalement, par voie réflexe, en même temps qu'un ralentissement de son rythme, une vaso-dilatalion générale, grâce à laquelle il se vide plus facilement. Mais, sous l'influence de certaines causes, telles que l'insensibilité de l’endocarde, ou peut-être, dans certains cas d’anesthésie, par suppression du pouvoir

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réflexe, ce phénomène peut très bien ne pas se produire. Si d’après Wertheimer et Lepage, des doses considérables d’anesthésique sont nécessaires pour provoquer l'abolition de ce réflexe, sa diminution est un fait à peu près constant dans toutes les anesthésies.

La distension du cœur provoque son arrêt. Ce phénomène, que l’on pourrait a priori, déduire des données de la physiologie générale, trouve sa démonstration dans l’expérimentalion. Deux chiens sont'asphyxiés, et dix minutes après l'arrêt du cœur, on leur injecte du sérum de Locke par la carotide. Le cœur ne tarde pas à rebattre d’une façon très faible, mais ces battements cessent bientôt à cause de la distension du cœur el n'apparaissent de nouveau que grâce à une incision de la jugulaire chez le premier chien et de l'oreillette droite chez le second, permettant l'issue d’une certaine quantité de sang.

Du reste, la dilatation aiguë du cœur el son arrêt consécuif est le seul moyen d'expliquer les heureux résultats de la ponction du ventricule droit dans les cas de syncope chloroformique. Au dernier Congrès de chirurgie, Vidal déclarait avoir obtenu 15 résultats positifs sur 20 essais expérimentaux, mais 1l insistail sur la nécessité de faire une soustraction de sang rapide et copieuse.

Toutelois, l'unique mérite du massage du cœur ne réside pas dans son aclion adjuvante de la déplétion, car dans ce cas on devrait lui préférer le procédé plus simple et plus anodin de la ponction ; son mécanisme est plus complexe.

L'ACTION MÉcANIQUE du massage sur le cœur est jusqu'à un certain point analogue à celle que subirait un muscle ordinaire. Le cœur répond par une contraction au scalpel qui le pique légèrement où à la main qui le comprime, ainsi qu'il est hien facile de le vérifier : il faut toutefois se défier des contractions fibrillaires, car si l'excitant les provoque, on ne

MO peut plus réveiller de systoles régulières. Si l’on soumet un muscle à l’action d’un courant continu, il se contracte soit au moment de la fermeture du courant, soit au moment de son ouverture. Mais le cœur répond par une série de systoles à une excilation continue, et ses contractions persistent encore quelque temps après la suppression de l'excitation. C’est Marey qui a donné l'explication de ce phénomène en montrant due le cœur, dans sa révolution, passe par deux phases pendant lesquelles son excitabilité varie ; pendant sa phase systolique, le myocarde est inexcitable, et toute excitation qui est portée sur lui durant cette période reste inefficace ; pendant la phase diastolique au contraire, il devient excitable, ei les excitalions qui lui parviennent alors sont efficaces et peuvent provoquer sa contraction. Telle est la loi de la variation périodique de l'excitabilité cardiaque formulée par Marey.

Voici, comme preuve de l'excitation mécanique du cœur par le massage, une observation démonstrative.

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