‹ Étude sur le mécanisme des fractures du rocherChapitre 12 sur 23 · STE · texte numérisé non relu

STE

FRACTURE DU ROCHER AVEC FISSURES DU PLANCHER DE L’ÉTAGE ANTÉRIEUR DE LA BASE DU CRANE. — Nous avons précédemment signalé sur la pièce n° 40 du musée Dupuytren (fige. VITT) que, en plus des fissures de l’étage moyen de la base, on notait des lésions de l'étage antérieur. Berger et Klumpke les décrivent en ces termes : « Il existe en outre des fractures absolu— ment indépendantes, constituées par des fissures partant à droite et à gauche de la fente sphénoïdale rompant la petite aile du sphénoïde, présentant au niveau des bosses orbitaires droites el gauches plusieurs irradiations peu étendues et réunies par une fissure transversale qui coupe en travers la partie postérieure de la lame criblée. La continuité de cette fissure est néanmoins interrompue par l’apophyse crista-galli qui est restée mtacte. »

Schématiquement, nous pourrions dire que, sur cette pièce, la base du crâne présente deux coupures transversales, une postérieure au niveau des deux rochers, — nous en avons donné le mécanisme de production, — l’autre antérieure sphéno-frontale, dont le mode de formation ne contredit pas la théorie que nous avons admise. En effet, consécutive à un coup porté sur le vertex, cette lésion de létage antérieur résulte de l’effort qui lui a élé transmis par le trépied frontal dans l’intérieur duquel 1 se trouve fiæe.

Le choc a déprimé le vertex et provoqué le renilement de la zone sous-jacente fronto-pariéto—occipitale. Il y a eu allongement du diamètre antéro-postérieur du crâne, c’est-à-dire, au point de vue qui

nous occupe pour le moment, projection en avant du trépied frontal. Mais les trois ares-boutants de ce trépied frontal, l’arc-boutant médian antérieur ou frontonaso-maxillaire et les deux ares-boutants antérolatéraux ou fronto-sphéno-malaires, avons-nous déjàdit, sont à leur extrémité inférieure fusionnés en un socle, le massif facial qui, solidement attaché à l'étage moyen de la base cranienne, ne peut se porter en avant. Par suite, le mouvement se passe surtout à hauteur de la portion frontale des ares-boutants. Le trépied frontal repoussé en avant tend de plus à basculer en avant, par le fait de l’allongement de la voûte cranienne. Ajoutons encore que, toujours comme conséquence du choc porté au vertex, 1l y a tendance à l’affaissement du trépied, dont les branches, à hauteur de la base cranienne, s’écartent quelque peu.

Or, entre ces trois branches du trépied frontal se trouve soudé le plancher de l’étage antérieur qui, par suite, subit l'effort complexe dont il a été question dans les lignes précédentes. Le trépied repoussé et tendant à basculer en avant, sur le plancher une plicature se forme quelque peu en arrière de la ligne de jonction de ses deux pieds postérieurs, les deux arcsboutants antéro-latéraux, et cette plicature intéressant les minces lamelles osseuses des petites aïles du sphénoïde, de son bee ou de la partie postérieure de la lame criblée de Pethmoïde en provoque la rupture suivant une ligne transversale brisée comme dans la pièce n° 40, où encore, comme on le voit sur la figure : (tig. IX), suivant une succession de fissures qui à distance se prolongent en ligne nettement transversale,

Ne Mais en plus (fig. VIIL), peuvent exister sur les bosses orbitaires des fissures irradiées qui traduisent l’éclatement de ces voûtes. Celles-ci, en effet, en raison de

F1G. IX, — D’après Berger et Klumpke.

leur insertion périphérique aux arcs-boutants antérieur et antéro-latéral, en ont suivi le mouvement excentrique. Par suite, elles se sont affaissées et une voûte qui s’affaisse se fissure plus où moins en étoile.

HT

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