CHOCS SUR LA BASE DE LA PYRAMIDE
L’étude de Patel sur les fractures isolées du rocher (Revue de Chirurgie, 1903, p. 482) nous permet d'être bref sur ce sujet qu'il a mis au point. Très justement, 1l a différencié l’action traumatisante d’après la direction même du coup porté. Si la force agit suivant la direction de l’axe de la pyramide, c’est-à-dire
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suivant le diamètre cranien mastoïdo-orbilaire, ou bien si elle agit suivant le diamètre bimastoïdien, c’est-à-dire perpendiculairement à la paroi cranienne et par suite obliquement par rapport à l’axe du rocher, elle provoque des lésions différentes et particuliers sont encore les désordres produits, lorsque la violence agit tangentiellement à la paroi cranienne.
CHOC SUR LA BASE DE LA PYRAMIDE DIRIGÉ SUI- VANT LE DIAMÈTRE MASTOIDO—ORBITAIRE. FRACTURES TRANSVERSALES DU ROCHER. — En provoquant expérimentalement ce traumatisme, Patel a obtenu deux varièlés de fractures transversales du rocher.
La première variété siège à l'union du tiers interne el des deux tiers externes du rocher; la fissure coupe le conduit auditif mterne et aboutit en avant au trou déchiré antérieur.
Son mécanisme, écrit Patel, pourrait s'expliquer ainsi : &« Par le choc suivant le diamètre mastoïdoorbitaire l’arc-boutant pétreux d’un côté et l’areboutant orbitare du côté opposé paraissent devoir s’enfoncer dans l’apophyse basilaire; ils forment une tige osseuse rigide et on conçoit qu un choc interrompe leur continuité au point faible. Du côté de l’are-boutant pétreux, la pointe du rocher cherche à pénétrer dans l’apophyse basilaire; elle est tantôt arrachée, tantôt broyée; puis, lorsqu'une partie plus résistante du rocher vient au contact du plan osseux, la pyramide osseuse incapable de plier se brise au niveau de son point faible, absolument comme se brise, en un point le moins résistant, un bâton tenu d’une main
gt par une de ses extrémités et dont on appuie l’autre sur un plan résistant, »
La deuxième variété des fractures transversales du rocher que nous envisageons se voit plutôt à l'union du tiers externe el des deux tiers internes de la pyraide ; plus exactement, dit Patel, c'est un brotement du tiers moyen du rocher. Son mécanisme parait être un peu différent du précédent. Toujours après broiement de sa pointe, le rocher se fixe sur lapophyse basilaire par une partie solide; mais alors est le tiers externe qui, plus résistant que le tiers moyen, enfonce ce dernier. Il s’agit d’une véritable fracture par pénétration.
CHOC SUR LA BASE DE LA PYRAMIDE DIRIGÉE SUIVANT LE DIAMÈTRE BIMASTOIÏDIEN. FRACTURE TRANSVER- SALE ET FRACTURE LONGITUDINALE DU ROCHER. — À la suite d’un choc porté suivant le diamètre bimastoïdien, Patel a obtenu — toujours avec lésion de la pointe du rocher, lésion qui, du reste, peut être isolée et constituée comme un premier degré du trauma — derègle une fracture parallèle à Paxe longitudinal de la pyramide et parfois sy ajoutait, branchée sur elle vers son milieu, une fracture per— pendiculaire. La première fissure suivait la zone fragile du bord antérieur, la seconde intéressait l'oreille movenne, l’orifice du conduit interne et se termimait au trou déchiré postérieur.
Pour le chirurgien vonnais le mécanisme de la fracture parallèle est le suivant: « La force n’agit pas suivant l’axe du rosh?r, mais suivant la direc-
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ion de sa partie externe la plus résistante. Une mince languette de la face antérieure du rocher reste fixée à l'étage moyen, alors que le rocher s’en éloigne, la fracture parallèle est constituée, » La lésion du sommet de la pyramide prouve, en effet, que dans son entier elle a subi un mouvement de propulsion vers le centre basilaire ; mais de plus l’obliquité du choc par rapport au plan de la base du rocher a, pour effet, de produire sur elle, en outre de l'effort d’enfoncement, un effort de glissement vers l'arrière ; l’axe de la pyramide tendant à pivoter autour de son extrémité supérieure où interne pour soustraire au choc son extrémité basale ou externe. Or, comme à ces mouvements ne participe pas la portion sphéno-écailleuse du plancher de Pétage moyen, il est naturel qu’une ligne de rupture s’établisse à la limite de cette portion immobile et de la face supérieure du rocher mobilisé, ligne qui ne fait que coïncider avec la ligne de fissure préétablie que nous connaissons à Ce niveau.
Quant à lacomplication de la fracture transversale d’après Patel, elle s'explique, comme 1l a été dit précédemment par le bris en:son point fable de la jambe de force dont une extrémité bute contre le massif central basilaire, tandis que l’autre est violemment refoulée vers lui.
Peut-être pourrait-on encore admettre que le choc porté suivant la direction bimastoïdienne, imprimant un effort oblique sur chacun des plans transversaux de la pyramide (plans perpendiculaires à l’axe du rocher et, par suite, obliques par rapport à la ligne bimas-
mEsér tete toïdienne), ceux-ci ont tendance à glisser vers l'arrière les uns sur les autres pour obéir à la violence. Or, tous les plans transversaux qui constituent le tiers externe de la pyramide par leur attache au pied de l’are-boutant en Y postérieur le long de la gouttière du sinus latéral forment bloc et résistent à l’impulsion. Par contre, le bloc constitué par le sommet et le tiers moyen de la pyramide, libéré en avant par la fissure parallèle, libre en arrière grâce au trou déchiré postérieur, cède à l'impulsion et se détache suivant le plan transversal intermédiaire aux deux portions immobile et mobile, c'est-à-dire à hauteur du pôle externe du trou déchiré postérieur.