CHOG TANGENTIEL SUR LA BASE DE LA PYRAMIDE
FRACTURE PAR ARRACHEMENT. — En plus des deux types de lésions que nous venons de décrire, nous devons en admettre un troisième que caractérise au point de vue de son mécanisme de production, ce fait que la fracture résulte, non plus du choc porté d’aplomb sur la base de la pyramide, mais bien d’un choc tangentiellement dirigé par rapport à elle. Il s’agit de fracture par arrachement de la base du rocher. C’est, du reste, d’après une pièce gracieusement mise à notre disposition par M. Patel qu’il nous est donné de décrire cette lésion (fig. X-XT).
Sur la face supérieure du rocher existe une fissure qui la coupe obliquement en faisant un angle de 45 degrés avec l'axe longitudinal de la pyramide. Son extrémité antérieure se confond avec la trace de la suture pétro-squameuse, puis elle parcourt un peu sur le versant interne le relief des
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1 Cette figure, comme la suivante, a été dessinée par M. le médecinmajor Spire, d'après une pièce mise à notre disposition par le professeur Patel.
Pt canaux semi-cireulaires, vient croiser la gouttière pétreuse et le bord supérieur du rocher à l'union de son quart externe et de ses trois quarts internes, enfin se prolonge sur sa face postérieure où nous la retrouverons tout à l'heure,
Sur la face supérieure du rocher se voit encore une seconde fissure qui forme avec la précédente un angle droit parfait : débutant sur elle, juste en avant du relief des canaux semi-cireulaires, se portant en dehors au delà de la suture pétro-squameuse et bientôt sur la face interne de l'écuille elle s’incurve en avant comme pour contourner par en bas une éminence mamillaire très saillante en avant de laquelle elle meurt après avoir dépassé légèrement le sillon méningé.
Sur la face postérieure de la pyramide, nous reprenons maintenant la fissure la première signalée, laquelle, après avoir coupé le sinus pétreux en suit la lèvre postérieure jusqu'à la gouttière latérale qu'elle rencontre au niveau de sa courbe de plongée vers le trou déchiré postérieur. Après avoir coupé transversalement cette gouttière, la fissure bute et disparait dans la suture pariéto-mastoidienne.
En résumé, lorsqu'on examine la pièce par l’intérieur du crâne, on dirait qu’on a cherché à détacher sous forme d’un mince copeau à biseau dirigé vers le sommet du rocher le tiers externe de la lame osseuse qui, superficiellement, en double la surface supérieure. Or, fait à noter, cette lésion était seule visible lors de la présentation de la pièce par Allain et Patel, à la Société des Sciences médicales de Lyon, le 10 novembre 1909 {Lyon médical, 1910, p. 304) ; secondairement, sous l’action des vibrations provoquées par la scie pour détacher complètement la calotte cranienne apparurent sur la face externe du crâne de nouvelles fissures (fig. XT).