‹ Étude sur le mécanisme des fractures du rocherChapitre 20 sur 23 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

CHOC SUR LE FRONT FISSURES FRONTO-MAXILLAIRE ET PARAMÉDIANE ANTÉRIEURE. — INTÉGRITÉ DU ROCHER OU FISSURE LONGITUDINALE

Comme conséquence d’un choc porté sur le front, on peut relever l'existence d’un trait de fracture qui, superficiellement, divise de haut en bas l’entre-boutant fronto-latéral, coupe l’arcade sourcilière et plus bas divise verticalement la pyramide maxillaire plus ou moins près de sa base, rompant ainsi la fusion normale à ce niveau des deux ares-boutants fronto-nasomaxillaire et fronto-sphéno-malaire. Dans la profondeur, la lésion osseuse se traduit par une fissure paramédiane qui court d’avant en arrière sur l’étage antérieur de la base cranienne intéressant la voûte orbitaire; plus loin, elle coupe l’attache de la grande aile du sphénoïde et de règle s’arrête au trou déchiré antérieur, sans entamer le rocher. Il est même classique de dire que la pyramide pétrée oppose une bar-rière aux fissures qui sillonnent ainsi d’avant en arrière les étages antérieur et moyen de la base cranienne.

En réalité, le rocher résiste à la violence qui a pro-

ET —— voqué les désordres précédents, parce qu’elle ne lui est pas transmise avec une force suffisante pour le briser. Le choc porté sur le front à fait effort pour refouler l'entre-boutant particulièrement atteint, mais celui-ci, maintenu sur ses deux bords par les deux ares-boutants frontaux médian et latéral qui le limitent, n’a pu que se plicaturer suivant la direction des deux lignes de résistance, c’est-à-dire verticalement, puis se briser suivant cette même direction, d’où la fissure frontale verticale, Ainsi, partiellement libéré de son attache à l’arc-boutant médian au niveau du front, mais encore fusionné avec lui à son attache maxillaire, larc-boutant fronto-sphéno-malaire tou jours sollicité par le choc continue à se porter en dehors, exerçant une traction sur la voûte orbitaire. Celle-ci se fissure par suite, suivant une direction antéro-postérieure, c’est-à-dire perpendiculaire à celle de la traction subie dans le sens transversal; de là, la fissure paramédiane basilaire antérieure.

Si le déplacement de l’arc-boutant latéral est suffisant, 1l peut de plus rompre son attache inférieure, c’est-à-dire fracturer la pyramide mawillaire suivant un plan vertical paramédian.

Mais, de plus, le mouvement subi par l’arc-boutant fronto-sphéno-malaire retentit également sur la grande aile du sphénoïde, dont la portion orbitaire se trouve entrainée en dehors et en arrière, grâce à l’ouverture des fissures paramédianes orbitaire et maxillaure, grâce aussi à l'élasticité de l’apophyse zygomatique qui n’immobilise pas complètement le malaire. Par suite, la grande aile du sphénoïde, si l'effort

nd transmis est suffisant, se brise en son point faible, à son attache au corps.

Si maintenant on se demande pourquoi, après la production de ces désordres, le rocher reste intact, il peut être répondu que la violence du front ne peut lui être transmise que par l’arc-boutant en Y antérieur. Or, la branche sphénoïdale de celui-ci en se brisant à son attache au corps du sphénoïde à contribué à amortir l'effort et, d’autre part, sa branche zygomatique constitue un bras de levier relativement élastique, lui aussi, amortisseur de l'effort et, par suite, de règle trop peu puissant dans le cas particulier, pour être efficace.

Parfois cependant, comme conséquence d’un choc sur le front, une fissure parallèle à l’axe, wne fissure longitudinale du rocher, peut se produire, indice de la plicature qui se forme à la limite de la grande aile sphénoïdale mobilisée et de la pyramide restée Immobile. Telle était sans doute la lésion chez un blessé de Hennebert (Presse Médicale, 27 mars 1912, p. 252).

A la suite d'une chute sur la bosse frontale droite, un homme présente un écoulement passager de sang par l'oreille droite; 1l accuse ensuite de la surdité, laquelle, progressivement, s’améliora,

A l'examen, on constate un caillot qui remplit le conduit auditif externe, dont la paroi postérieure est le siège d'une ecchymose. Tous les détails anatomiques du tympan sont perceptibles, mais sa coloration bleu ardoisé indique la présence d’un caillot dans la caisse. Enfin, à la base du pilier antérieur droit du voile du palais, se voit une ecchy-

mose assez étendue,

op Cette dernière lésion du pilier, le, caillot de la caisse, celui du conduit auditif externe et l’ecchymose de la paroi postérieure de ce conduit nous paraissent jalonner une fissure longitudinale du rocher. Il est vrai que l'observation est muette sur la possibilité d’une fissure paramédiane antérieure chez le malade.

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