‹ Étude sur le mécanisme des fractures du rocherChapitre 7 sur 23 · AR · texte numérisé non relu

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Sur cette face supérieure du rocher encore, près de son extrémité articulaire occipitale, on remarque comme autres points faibles la paroi supérieure et plus encore lorifice même du canal carotidien, comme aussi parfois au niveau de la fossette gassérlenne des déhiscences osseuses plus ou moins étroites et plus ou moins nombreuses paraissant favorables à l’arrachement ou: à lécrasement de la pomte de la pyramide.

Près de l’écalle également, par suite d’une minceur excessive du toit de la caisse, certains crânes présentent des déhiscences en « trous de mites », et il convient encore d’y signaler que la trace de la suture pétro-squameuse risque quelque peu d’être prise à tort pour une fissure, De règle, c’est un trait léger, snueux et interrompu, qui dans son ensemble encadre l’attache du rocher à l’écaille et le long duquel fréquemment s’observent de petites déhiscences, orifices de canaux vasculaires reliant la caisse et la cavité cranienne. Disons de plus que, dans l’épaisseur de l'os, le plan de cette suture pétro-squameuse est incliné en bas et en dedans vers le sommet pétreux et que parfois, à son niveau, persiste une fente obliquement dirigée de l’écaille vers l’intérieur de la caisse qu’elle n’attemt pas. C’est là encore une condition de fissuration dont la valeur mériterait d’être recherchée.

Vue par sa face Imférieure, malgré ses différences d'aspect suivant les sujets, la pyramide Imspire plutôt confiance dans sa solidité ; Pon redoute plutôt et la brisure de l’apophyse styloïde et la fracture du mas-

que relativement mince qu'est pour la paroi rocheuse le segment de l’os tympanal qui constitue la paroi inférieure du conduit auditif externe et au-devant duquel la scissure de Glaser simule déjà une fracture. Toutefois l’évidement de la fosse jugulaire et lorifice du conduit carotidien légitiment quelque suspicion de fragilité.

Enfin, reste à envisager la base du rocher, c’està-dire la mastoïde, tout au moins son tiers antérieur. Sur la face externe de cette apophyse l’œil perçoit plus ou moins la différence d’aspect du tissu mastoïdien rugueux à nu dans les segments postérieur et inférieur de l’apophyse et du tissu brillant et lisse du revêtement que l’écaille lui fournit sur sa partie antéro-supérieure. Entre les deux zones, la trace de la suture mastoïdo-squameuse, d’abord oblique en bas, puis remontant pour rejomdre en avant la tympano-squameuse, parait déterminer dans certains cas sinon le siège exact, du moims la direction générale de la fissure mastoïdienne.

Si maintenant nous envisageons la structure intime du rocher, nous y relevons une pièce résistante, sorte de poutre qui semble destinée à servir d'appui aux autres parties constitutives de la pyramide. Cette pièce résistante (fig. I-1) n'est autre que la paroi postérieure du rocher, véritable mur de tissu compact, complètement nu sur sa face postéro-mterne ou cérébelleuse que jalonnent l’orifice du conduit auditif interne et l’ouverture fissuraire de laqueduc du vestibule. La face antéro-externe par contre est masquée par les pièces qui y sont appendues, tout d’abord à partir du sommet

A de la pyramide, le canal carotidien (fig. 1-2). Ce conduit à parois supérieure et externe minces est collé

F1G. 11, — Vue intérieure du rocher gauche après abrasion de sa paroi supérieure.

1, paroi postérieure du rocher, — 2, canal carotidien. — 3, pointe

-du rocher. — 4, flèche traversant le conduit auditif interne. — 5, limaçon. — 6, premier coude de l’aqueduc de Fallope. — 7, vestibule. — 7-8, canaux demi-circulaires. — 9, trompe d'Eustache. — 10, caisse.du tympan. — 11, adilus ad antrum et massif du facial. — 12, cellules mastoïdiennes. — 13, antre.

1 Cette pièce a été dessinée par M. le médecin-major Spire.

en dedans et en bas sur un bloc spongieux (fig. [-3) qui lui-même adhère au mur sauf au niveau de la fente verticale, de profondeur variable suivant les

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sujets, destinée à la suture pétro-basilaire. De plus, le eoude initial de ce canal carotidien se trouve quelque peu refoulé en dehors en regard du méat auditif interne pour laisser place au conduit auditif interne (fig. 1-4) et au limaçon (fig. 5).

Ces dernières cavités, comme la première portion de l’aquedue de Fallope (fig. 1-6), le vestibule (fig. 1-7) et les canaux semi-circulaires (fig. 1-7 et 8), sont creusées dans un bloc de tissu osseux compact soudé au mur sus-visé entre les deux jalons déjà signalés : la lèvre antérieure de Porifice du conduit auditif interne et l’ouverture fissuraire de l’aqueduc du vestibule. Ce bloc qui loge l’oreille interne, bloc labyrimthique, par sa face externe répond à l’origme tympanique de la trompe d’Eustache (fig. 1-9), constitue la paroi interne de la caisse (fig. 1-10), puis limite en dedans l’aditus ad antrum (fig. 1-11). Son extrémité antérieure, nous l’avons vue buter contre le canal carotidien, et la postérieure, avec son prolongement inféro-externe destiné à loger le facial, sert d'attache profonde à la mastoïde qui se trouve comme appendue à Pextrémité externe de la poutre pétreuse.

Le bloc osseux labyrimthique est pour ainsi dire miné par de nombreuses cavités qui, pour la plupart, communiquent entre elles, Dans sa moitié antérieure se voient, accolés suivant le diamètre transverse de la pyramide d’une part le conduit auditif mterne (fig. I-4) que nous avons vu perforer obliquement la poutre d'appui, de Pautre le limaçon (fig. I-5), dont le premier tour de spire forme relief sur la paroi interne de la caisse dans laquelle il s’ouvre par la fenêtre ronde,

tandis que sa base dirigée en dedans est reliée, comme du reste son axe, au conduit auditif interne par de multiples canalicules. Ainsi juxtaposés, le conduit auditif mterne et le limaçon, sus-jacents au golfe de la veine jugulaire si profond parfois, constituent avec la caisse du tympan un point faible ; leur ensemble réduit dans le sens transversal la résistance du rocher vers sa partie moyenne. Au même niveau du reste, il n’est pas jusqu'à la première portion du canal de Fallope, quelque peu sus-jacente au limaçon qui mérite d’être incriminée, comme aussi l’aqueduc du limaçon par le fait de sa plongée, de la terminaison vestibulaire de la rampe tympanique vers le sillon de la fossette du ganglion d’Andersch, peut être accusé, ainsi que son ou ses deux congénères, de favoriser la rupture transversale du rocher à hauteur de son porte àfaux.

Dans sa moitié postérieure, le bloc labyrinthique offre le vestibule (fig. 1-7) et les canaux semi-circulaires (fig. [-7 et 8), ceux-ci plus rapprochés de la base pétreuse que le premier et aussi, dans leur ensemble, placés à un niveau quelque peu plus élevé que celui des autres cavités. Accolé en dehors à la caisse du tympan, le vestibule en est séparé par une mince paroi que perforent les deux fenêtres ovale et ronde, tandis que, en dedans, 1l est séparé de la face postérieure du rocher par une couche osseuse, relativement épaisse, dont la résistance n’est guère diminuée du fait de la présence de l’étroit canal qui, sous le nom d’aqueduc du vestibule, s'étend de l'extrémité supérieure de la gouttière sulciforme (paroi interne

ETS à — du vestibule) au débouché fissuraire que nous avons déjà signalé sur la face postérieure du rocher.

De fait, la présence de la cavité vestibulaire, dont le toit est relativement épais, est moins dangereuse pour la résistance transversale de la pyramide que les deux cavités : limacon et conduit auditif mterne, dont 1l vient d’être question. Toutefois, comme le fond du conduit auditif interne présente deux fossettes superposées que relient au vestibule, à travers sa paroi interne, de multiples pertuis, l’on est conduit à admettre dans la pyramide un plan de moindre résistance qui la coupe obliquement suivant l’axe du conduit auditif interne, le vestibule et la caisse, et à incriminer de plus, en faveur d’une fissuration possible suivant cette direction, la présence du conduit pétromastoïdien, vestige de la fossa subarcuata, lequel court parallèle à la paroi postéro-supérieure du conduit auditif interne, entre le vestibule et le canal demi-circulaire supérieur, étendu de la face postérieure du rocher à la paroi interne de l’aditus ad antrum.

Quant à l’influence des canaux semi-circulaires sur une diminution de la solidité du rocher, elle ne doit pas être considérable en raison de leur position réciproque au sein du massif labyrinthique particulièrement épais à leur niveau. Lorsqu'on a usé à la Jime le dos de la pyramide de façon à ouvrir par leur paroi supérieure le conduit auditif mterne et le limacon, puis en arrière d’eux le vestibule, on voit que le canal semi-cireulaire supérieur surplombe la paroi postérieure de ce dernier et constitue une étroite fente en are verti-

RTE cal dirigée transversalement par rapport à la pyramide, dont il soulève d’une façon parfois très accentuée la paroi supérieure. Le canal externe horizontal dessine son are à la hauteur de la paroi supérieure du vestibule, faisant quelque peu relief dans la caisse audessus de laquedue de Fallope et masqué plus en arrière par le massif du facial (fig. I-11). Enfin le canal postérieur se trouve noyé profondément suivant un plan vertical parallèle au mur.

Au delà du pôle postérieur du bloc labyrinthique, entre lui et la paroi superficielle du crâne, se voit le tissu spongieux de la mastoïde (fig. 1-12) dont les aréoles sont plus ou moins larges suivant les variétés de structure de cette apophyse. |

Pour nous résumer, nous venons de décrire dans la pyramide suivantson axe longitudinal deux tranches accolées : l’une constitue la paroi postérieure, la solide poutre de charpente du rocher ; autre est formée par le tissu spongieux mastoïdien à l’une de ses extrémités, est largement évidée par le canal carotidien à l’autre, enfin elle paraît fort solide en son centre au niveau du bloc osseux labyrinthique que miment de fait de nombreuses cavités. Il nous reste à décrire une troisième tranche, parallèle aux deux autres, laquelle est fragile dans toute sa longueur.

Cette tranche répond au bord antérieur où, si l’on veut encore à la face antérieure de la pyramide. Super-ficiellement, les gouttières des nerfs pétreux en jalonnent la portion antérieure. Pour bien la reconnaître, il suffit de faire sauter la mince lamelle qui recouvre et le conduit du muscle du marteau etla trompe d’Eustache

osseuse, puis, plus près de la base du rocher, le toit de la caisse dont nous avons déjà signalé la minceur, enfin la pellicule compacte qui recouvre l’aditus ad antrum (fig. I-11), Vantre (fig. 1-13) et les cellules mastoidiennes (fig. [-12). Ainsi mise au jour, cette gouttière parait bien être un tracé tout préparé pour la fissuration du rocher parallèlement à son axe lonoitudinal. Seul le #nassif du facial décrit par Gellé présente une solidité de fait plus apparente que réelle.

De la face externe du bloc labyrmthique, près de son extrémité postérieure, émane un prolongement lamellaire dans lequel plonge, se dirigeant en bas et en dehors, la portion termimale de Paqueduc de Fallope dont la portion précédente a longé d'avant en arrière, la paroi interne de la caisse. La lame osseuse, épaisse de 3 à Æ millimètres, se trouve orientée de dedans en dehors entre la caisse du tympan en avant, l’antre et les cellules mastoïdiennes en arrière. Par son bord interne, elle émerge du bloc labyrinthique ; externe va se fusionner avec la corticale externe et la paroi postérieure du conduit auditif externe, le supérieur, oblique en bas et en dehors, constitue le plancher de laditus ad antruin (fig. I-11); l’inférieur se perd en avant et en arrière du trou stylomastoïdien.

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