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ANIMAUX QUI IMITENT LES FLEURS

S'il nous semblait a priori très dificile à un animal d’imiter l’apparence d’une feuille, combien n’avons-nous pas de peine à ‘nous figurer l’imitation d’une fleur ! La feuille avait encore de commun avec la plupart des animaux d’être un objet à symétrie bilatérale, tandis que la structure généralement radiée de la fleur s'accorde peu avec la-constitution morphologique des animaux. Il n’y à guêre que parmi les Zoophytes qu'il faudrait espérer rencontrer des exemples de frappante ressemblance, mais comme ce sont là précisément des animaux peu connus, on n’a, à notre connaissance, cité aucun cas de mimique parmi les animaux de ce groupe. Il ne faut donc pas nous attendre à renconter ici cette similitude parfaite que nousavons constatée à propos des tiges et des feuilles. Cependant, il y à des animaux qui par certains côtés prennent l'apparence de fleurs et limitation pour être moins parfaite n’en est pas moins flagrante. |

Cionst d’abord parmi les Lépidoptères (car c'est ce groupe qui à été surtout étudié à ce point devueetquisemble lemieux se prêter à ces modifications), la Piéride Aurore (Antocharis cardamine) qui se pose souvent sur les têtes vertes et blanches d’une plante ombellifére ; dans cette position les marbrures de la partie inférieure de ses ailes s’assimilent avec la Couleur des fleurs de façon à la dissimuler presque entièrement à la, vue. Ce fait avancé par T. Wood est facile à vérifier, car ce Lépidoptère n’est pas rare et présente en effet à la face infé-

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rieure de l’aile postérieure dans les deux sexes, des arborisations d’un vert de mousse sur fond blanc. En regardant le papillon en dessus on aperçoit même la couleur verte par transparence. Nous ajouterons qu’une seconde espèce (Antocharis où Zegris Eupheme) à aussi les ailes maculées de vert en dessous et présente sans doute les mêmes habitudes.

M. Andrews Murray (cité par Walace) fait remarquer que les chenilles du Petit Paon de nuit (Saturnia Paronia minor) ressemblent par leur couleur principale aux bourgeons de bruyère dont elles se nourrissent et que les taches roses qui les couvrent rappellent les fleurs et les boutons de la même plante.

Nous avons pu faire la même observation sur un petit coléoptère herbivore (Gonioctena litura), qui se rencontre abondamment sur les genêts croissant dans les landes, au moment où ces plantes sont en floraison. On rencontre en effet parmi ces insectes des teintes fort diverses. Les uns sont d’un beau jaune comme la fleur du genêt bien épanouie, d’autres présentent une couleur blanchâtre comme celle qui commence à se faner, il en est enfin qui sont d’un rouge orange bien caractérisé comme les boutons à la naissance. Nous ignorons si ces derniers disparaissent lorsque la saison est assez avancée pour qu’il ne se produise plus de boutons.

Citons encore les cas suivants rapportés par M. Gounelle (Bulletin entomologique) :

Conognatha compta (Perty.) Corselet et dessous du corps roses ; se trouve sur les fleurs roses de ZLavoisiera pulcherima.

Conognatha Percheroni (Guer.) Corselet et dessous du corps roses ; se trouve sur les mêmes plantes et en même temps. Conognatha insignis (Perty).Corseletetdessous du corps violets, se trouve sur les fleurs violettes de Diplusodon buæifolius.

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Conognatha parallelogramma (Perty). Corselet et dessous du corps roses, sur ZLavoisiera pulcherrima. Comme on le voit, les espèces où la couleur rose domine se nourrissent de fleurs roses ; celles à couleur violette, de fleurs violettes; enfin, dans une autre espèce le Conognatha vulnerata (Perty) qui se nourrit des unes et des autres, les deux couleurs se mélangent. |

Les auteurs ne signalent pas non plus, comme imitant la couleur des fleurs qu'ils habitent, certains représentants indigènes de la classe des arachnides. M. Bates rapporte seulement au sujet de cette famille, que quelques araignées de la zône torride ressemblent aux bourgeons des fleurs et se tiennent immobiles, guettant leur proie dans les aisselles des feuilles. Dans nos pays plusieurs espèces présentent des habitudes analogues. Les Théridions qui habitent les fleurs et les plantes basses, les haies des buissons surtout, présentent une couleur blanche avec des lignes noires qui sharmonisent parfaitement avec leur habitat. On trouve aussi communément à l'été, sur les fleurs de Daucus carotta, dans les ombelles, une araignée dont l’abdomen est environ de la grosseur d’un pois et qui est d’une éclatante blancheur avec une tache rouge foncé au milieu. C’est exactement la même disposition des couleurs que dans l’ombelle qu’elle habite. Dans quelques espèces ou variétés voisines, la tache est brune, verte ou prolongée en une ligne rouge.

Puisque nous parlons en ce moment des arachnides, nous ferons remarquer que les couleurs protectrices se rencontrent assez fréquemment dans cette classe d'animaux. On rencontre souvent à la lisière des bois le Sparasus virescens,

grande araignée d’une couleur vert tendre chez la femelle,

mêlé de rouge chez le mâle qui présente la teinte des herbes où elle se réfugie. La famille toute entière des Saltcides ou

Saltigrades présente aussi une livrée bigarrée éminemment favorable à leur protection.

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