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Hyménoptères.— Les Hyménoptères sont les mieux armés de la classe des insectes. Aussi servent-ils souvent de modèle etsontils souvent imités par ceux des autres ordres, moins bien doués sous le rapport de la défense ou de l'attaque. Par contre, on n’a observé chez eux que quelques cas de mimétisme. Citons en premier lieu les Psithyrus. Ce sont des Hyménoptères si voisins des Bowrdons qu'on les a confondus trés longtemps avec eux et que, même aujourd'hui, ilest très difficile de distinguer les mâles des deux genres. Ces Psithyrus vivent en parasites chez les Bourdons comme les Volucelles chez les guêpes. Ils prennent l'aspect de l'espèce chez laquelle ils vont déposer leurs œufs, de telle facon que la couleur d'un Psithyrus indique à peu près de quel Bourdon il est parasite. Les femelles des Psithyrus se distinguent assez bien de celles des Bourdons par l'absence de brosses et de corbeilles aux pattes postérieures, mais les mâles ne différent que par des nuances presque insaisissables. Le Psithyrus vestalis présente en grande partie la coloration du Bombus hortorum. Le Psithyrus rupestris celle du B. lapidarius; le P. campestris celle du B. terrestris, etc.
Certaines abeilles, dites Abeilles coucous (genre Nomada sont parasites d'Hyménoptères du genre Andrène. Elles ressemblent soit aux guêpes, soit aux Hyménoptères du genre Andrena (Wallace). M. Bates rapporte qu’il a rencontré sur les bords de J'Amazone un assez grand nombre d’abeilles coucous, ainsi que de mouches coucous, c’est-à-dire allant déposer leurs œufs dans le nid d’autres espèces et que toutes portaient la livrée particulière aux abeilles ouvrières de ce pays.
IIÏ.. ANIMAUX INFÉRIEURS
Les Myriapodes ont un faciès tellement spécial qu’il leur est fort difficile de copier un autre animal. Aussi ne trouvons-
nous point chez eux de mimique proprement dite. Tout au plus TS
pourrait-on rapprocher de ces phénomènes la ressemblance parfaite qui existe entre ie genre Cloporte et le genre Gloméris. Le Gloméris marginé e8t très commun en Europe et ne se distingue guere des Cloportes ainsi d’ailleurs que les autres especes du genre que par son appareil respiratoire.
Bates prétend sans citer d'exemples précis à l’appui de son dire que les araignéés de la zône torride ressemblent très souvent à d’autres insectes et prennent des attitudes étranges et trompeuses. [l existe, d’après Wallace dans les régions intertropicales des araignées qui ressemblent absolument à de petites fourmis dont elles font leur nourriture. Dans ces derniers temps, on à cité d’ailleurs quelques cas nouveaux de mimique dans cette famille.
Les Crustacés nous offrent quelques cas de mimétisme et 1ls imitent les animaux marins les plus divers.
Les Sacculines sont des Cirrhipèdes absolument dégradés qui prennent la couleur des crustacés sur lesquels ils vivent. Ils habitent sur les crabes de nos côtes et ont l’aspect d’un petit Sac. ,
Un crabe de la famille des Maïa, le Pisa Styx, habite dans l’épaisseur d’un polypier (Melithiæa). Les Melithæa sont des polypiers pierreux, de la famille des Zsidées corticifères, munis de couleurs rouges, roses, jaunes. Là, à côté d’un mollusque, le crabe prend exactement la couleur du polypier dans lequel il habite, ce qui le rend difficile à distinguer et lui permet de saisir au passage les animaux qui font sa proie. Il est commun aux Iles Viti.
Un crustacé décapode macroure, la Galathea spinirostris, famille des cuirassés, habite lui aussi dans une Comatule dont il prend la couleur ce qui lui procure les mêmes avantages. Un dernier exemple nous est fourni parmi les crustacés Isopodes par les Anilocres. Ce sont de petits crustacés qui, sans
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être à proprement parler parasites, se collent sur la peau d’un animal bon nageur, d’un poisson en général et suppléent ainsi aux moyens de locomotion que la nature leur a refusés. La plupart, lorsqu'ils sont fixés sur un poisson, sans qu'ils subissent d'ailleurs aucune dégradation ni aucun développement régressif, prennent comme simple moyen de protection la couleur exacte de leur hôte. Les Amphipodes offrent aussi des cas analogues.
Pendant longtemps, se basant sur l'aspect extérieur de cer-. tains animaux qui vivent en parasites dans les fosses nasales du chien et du cheval, les anatomistes et Cuvier lui-même les avaient fait entrer dans le genre Tœnia (Tænia lanceolata). Van Beneden à démontré qu'avec l'aspect de Cestodes ces animaux sont des Helminthes. A côté de cette ressemblance peu concluante vient se placer un autre exemple plus remarquable. Les Æpibdelles sont des animaux qui ont environ 1 centimètre de longueur et une forme lancéolée. Ils sont munis de ventouses qui leur permettent de se fixer sur la peau d’autres animaux et de faire corps en quelque sorte avec elle. On en trouve une espèce sur les poissons appelés Flétans, une autre sur les poissons appelés Maigre d'Europe ou Poisson Sainte-
; Vierge. L’Epibdelle se couvre de tâches de façon à ressembler
absolument au poisson sur lequel elle à élu domicile. Leur forme les rapproche déjà de celle des grandes écailles de l’animal, et peu importe la place que choisit le parasite, car la couleur du poisson (Sciæna aquila) est la même sur le dos et au ventre. ’
Les mollusques offrent peu de ces adaptations parfaites aux couleurs d’autres animaux. Citons cependant une Cypræa qui habite en compagnie du Pisa styæ cité plus haut, un polypier dont elle prend la couleur. Les Cypræa sont ces mollusques à coquille bariolée que l’on nomme vulgairement Porcelaines.
Parfois la ressemblance d’un animal avec ceux d’une autre classe tient au genre de vie qu’il à adopté. C’est ce que nous remarquons pour le Magile. Les Magiles sont des mollusques. Pendant très longtemps on les a classés parmi les Annélides (V. Beneden). La coquille des Magiles, en effet, consiste en + erande partie en un long tube qui ressemble absolument au tube calcaire d’une serpule. La coquille est contournée en spirale, courte, ovalaire, héliciforme, à spire de 4 tours contigus et convexes, dont le dernier se prolonge en un long tube droit. L’habitat du magile nous rend compte de cette particularité. L'animal se loge en effet dans un madrépore à croissance plus rapide que la sienne et qui l’aurait bientôt étoufté s’il n'avait soin de se maintenir toujours en communication avec l’eau au moyen du tube dont il à été parlé.
Nous ajouterons que d’autres genres voisins offrent une ressemblance plus grande encore au point de vue de la coquille avec les Annélides tubicoles.Tels sont les Serpulorbis, les Silicaria, les Vermetus dont les amas de tubes contournés expliquent les noms qu’on leur à donnés et qui rappellent cette ressemblance. On trouve dans le Traité de Conchyliologie de Chenu, des figures qui expriment fort bien l'aspect serpuloïde de ces animaux. Enfin nous ferons remarquer que cette particularité se retroûve chez quelques espèces fossiles. On rencontre notamment dans les faluns de la Gironde le Serpulorbis arenarius et le Vermetus contortus qui sont caractéristiques à cet égard.
Certains Bryozoaires du genre Loxosoma prennent si bien l'apparence extérieure de vers Trématodes, qu’on les avait classés parmi ces derniers et que leurs véritables affinités n’ont été reconnues que plus tard.
Un échinoderme l’Hémieuryale impustulata (signalé par Môbiüs) vit sur un polype du genre Vorucella ( V. quadalupensis) et prend exactement la couleur de son hôte.
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Parmi les Rotateurs citons le commensal de la Mébalie de Geoffroy ( crustacé) dont parle Van Beneden et qui, suivant cet auteur, au lieu d'être une Zistriobdelle, comme le prétend M. Hesse, est un rotateur qui aurait pris par mimique l’apparence de ces animaux.
Rappelons encore que Van Beneden classe aussi parmi les animaux mimétisants les Zichnophora qui sont des infusoires voisins des Vorticelles dont ils prennent la forme exacte.
L'imitation ne se borne même point parfois aux animaux, mais s'étend même à leurs détritus. Certains petits buprestides d'Orient se reposent d'ordinaire sur la nervure médiane des feuilles et ressemblent à tel point à des morceaux d’excréments d'oiseaux que le naturaliste hésite à les saisir. M. A. Sidgwick (cité par Wallace) fait cette observation : J’ai pris plus d’une fois la Cilix compressa, petit papillon de nuit blanc et oris, pour de la fiente d'oiseau tombée sur une feuille et vice versa. Nous ajouterons que la même confusion serait possible avec beaucoup de microlépidoptères de la famille des Noctuelles et des Pyralides, et qu’il est aussi fort difficile de distinguer des excréments de chenilles ou d’autres insectes, certains petits lignivores qui sont comme coupés à angle droit à leurs deux extrémités. Ceux qui nous ont paru le plus frappants sous ce rapport sont ceux du genre ÆHypôborus (H. ficûs, du figuier, notamment) et ceux du genre Phæosinus qui vivent sur les conifères (surtout les genévriers).
Après avoir examiné et énuméré quelques-uns de ces phénomènes pris à peu près dans tous les groupes du règne animal, nous allons voir à quelles considérations générales ils donnent lieu et quelles explications en ont fourni les auteurs,