‹ Étude sur le Mouvement Patronal Catholique FrançaisChapitre 1 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Cet ouvrage se propose de dépeindre d’une manière objective les activités, trop peu connues encore, d’une organisation professionnelle en plein essor bien que n'ayant peut-être pas encore atteint le stade d’un épanouissement complet de son activité. Longtemps nous avons songé à présenter une étude internationale. Ce n’est pas en France seulement mais dans plusieurs autres pays que les patrons catholiques se sont groupés. A la réflexion, il nous a paru toutefois qu’une telle présentation offrirait plus d’inconvénients que d’avantages. Quelques explications sont nécessaires à ce sujet. Elles serviront en même temps d’éclaircissements sur l’ensemble de la question que nous nous proposons de traiter.

Toutes les associations de patrons catholiques ont à leur base la doctrine sociale de l’Eglise, telle qu’elle découle de ses enseignements et en particulier des Encycliques Rerum Novarum et Quadragesimo Anno. Toutes ont eu des précurseurs qui ont, par le rayonnement de leurs idées, par l'exemple qu'ils ont donné, créé le mouvement d'opinion mondiale qui en appela au Souverain Pontife. « Alors — dira Pie XI, rappelant la promulgation de Rerum Novarum — le 15 mai 1891 retentit la voix si longtemps attendue, voix que ni les difficultés n'avaient effrayée, ni l’âge affaiblie, mais qui, avec une vigoureuse

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hardiesse, orientait sur le terrain social l’humanité dans les voies nouvelles ».

En France, comme dans les autres pays où des organisations catholiques du patronat ont vu le jour et prospéré, la doctrine sociale de l'Eglise a été non seulement respectée mais suivie pas à pas. Décrire la « Confédération française des professions », sa situation vis-à-vis des groupements patronaux non confessionnels, ses méthodes de collaboration avec les syndicats ouvriers, son attitude à l’égard de l’organisation corporative professionnelle à représentation patronale et ouvrière, aboutissement des principes de collaboration, c’est, à quelques variantes près, donner la structure et le fonctionnement de l’ensemble du patronat catholique organisé. Une étude internationale aurait donc entraîné un grand nombre de redites, sans apporter beaucoup de matériaux nouveaux. Nous nous bornerons à donner quelques brèves indications sur les associations similaires de Belgique, d’Espagne et des Pays-Bas, quand ilsera parlé des efforts, couronnés de succès, de l’organisation française pour établir des contacts permanents avec elles.

Des considérations qui précèdent découle la distribution de l’ouvrage : la base doctrinale ; les précurseurs et, au premier rang d’entre eux, Léon Harmel, le «Bon père », l’apôtre du mouvement professionnel catholique. Puis viendra la description de l’organisation centrale des patrons catholiques français, son organisation intérieure, son action nationale et internationale, sa situation à l'égard du patronat en général, enfin son attitude devant le problème d'actualité : l’organisation corporative, ou

mieux corporatiste suivant une terminologie qui tend à s'établir.

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